Vendredi 20 janvier 2012
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«Je ne sais pas pourquoi ils me laissent tout seul. Alors que c'est ici que cela se passe.» Ce sont les propos tenus jeudi matin par Nicolas Sarkozy à l'usine Seb de Pont-Evêque, avant qu’il ne présente ses vœux aux forces économiques. Il dit s'étonner
que ses concurrents à la présidentielle le «laissent tout seul» aller dans les usines. Mais non Sarkozy, pas tout seul, puisque traînent autour de vous caméras et journalistes pour votre
opération de communication. Là vous faites le malin, mais pourquoi n’allez vous pas faire la même chose là où les patrons voyous ferment les usines ?
Pourquoi n’êtes vous pas retourné à Gandrange ? Vous l’aviez pourtant promis. Mais c’est vrai que vos promesses … Sarkozy c’est, courage fuyons !
Avez vous rencontré les 104 ex-salariés de l’entreprise de lingerie Aubade de St Savin dans la Vienne, victimes de licenciements
boursiers ?
Avez vous rencontré les 182 salariés de Fralib à Gémenos qui proposent une solution alternative à la délocalisation de leur usine en
Pologne décidée par le groupe Unilever ? NON ! Entreprise en difficulté ? Pas du tout, car en 2010, année durant laquelle la fermeture du site de Gémenos a été décidée, Unilever
France (Lipton, Miko, Amora, Knorr, Alsa, Sun, Dove…) a versé au groupe Unilever 1,3 milliard d’euros de dividendes.
Et les 184 d’Amora-Maille à Dijon, et les 77, toujours d’Amora-Maille, à Appoigny dans l’Yonne ? Et les 1100 salariés de Freescale
à Toulouse, les 283 salariés de Molex à Villemur sur Tarn, les 366 salariés de New-Fabris à Chatellerault, les 1120 Conti à Clairoix, les 600 de Caterpillar à Grenoble et Echirolles, les 350 de
Celanese à Pardies, les 330 de chez Delphi à Strasbourg, les 290 de Faurecia à St Nicolas de Redon, les 450 de Plysorol à Lisieux, etc. etc. Et ce sont des centaines d’entreprises comme ça, la
dernière étant l’entreprise de lingerie Lejaby dont on a pu entendre les cris de colère et voir les pleurs d’ouvrières dont le groupe
vient d’être cédé pour l’euro symbolique à un fond de pension italien qui a décidé l’arrêt des productions en France. Trente ans de leur vie pour ça ! Tout ça s’est passé ou se passe pendant
votre mandat Monsieur Sarkozy ! Vous n'êtes capable que de sauver les financiers.
Malheureusement, sur ces milliers de salariés jetés à la rue, certains ne sont plus là pour vous demander des comptes. Cette semaine
c’est un nouveau suicide parmi les anciens salariés de Conti à Clairoix, et combien de drames familiaux ! Chez les Conti, c’est 140 divorces.
Que faisiez-vous Monsieur le Président Sarkozy ? Personne ne vous a vu dans les usines au moment où tous ces salariés étaient en
lutte. Il est plus facile de pavaner devant un parterre trié sur le volet, dans des lieux protégés par les forces de l'ordre, à vouloir faire croire que vous êtes seul à vous intéresser aux
usines. Non Monsieur Sarkozy, vous êtes l’homme du Fouquet’s mais certainement pas celui des usines.
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