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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 17:38

J'ai eu maintes fois l'occasion de rédiger des billets sur la justice de classe à l’œuvre dans notre pays. Que ce soit pour délit de solidarité, que ce soit à l'encontre de syndicalistes, que ce soit à l'encontre de personnes ayant volé de la nourriture pour se nourrir etc.

 

Mais la justice sait aussi être expéditive. Mais, pas pour tout le monde. Ce n'est pas la famille Balkany qui me contredira. Leurs affaires s'accumulent, mais pour l'instant pas la moindre condamnation et ils dirigent toujours la mairie de Levallois, lui comme maire, elle en tant que 1ère adjointe.

 

Mais par contre, la justice n'a pas traîné pour condamner le jeune breton qui a voulu gifler Manuel Valls. En déplacement à Lamballe dans le cadre de la primaire du PS, c'est en sortant de la mairie accompagné de plusieurs personnes, dont Jean-Yves Le Drian, qu'un jeune homme mêlé à un groupe a porté la main au visage de l'ancien premier ministre. Les images diffusées par les médias ne sont pas violentes, moins que le placage qu'a subi le jeune homme par les forces de sécurité.

 

Son avocate a rapporté qu'au départ il voulait interpeller Manuel Valls sur la jeunesse, le 49-3. Mais dans ces cas-là, donner une gifle ne résout pas les problèmes, la preuve avec ce qui a suivi. Même si l'envie de gifler ce gouvernement ne manque pas à beaucoup d'entre nous.

 

Le jeune homme a été placé 24 heures en garde en vue et est passé en jugement sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Il a été condamné à trois mois de prison avec sursis auxquels s’ajoutent 105h de travaux d’intérêt général et un euro de dommages et intérêt à Manuel Valls qui s’était constitué partie civile. Cette indemnisation symbolique a été demandée par l'ancien Premier ministre. Le jeune breton a accepté les conditions proposées par le parquet plutôt que d’attendre son procès en détention. D'autres ont fraudé ou détourné des millions, mais sont toujours libres.

 

Tout cela semble bien disproportionné ! Il n'y a pas eu d'incapacité de travail pour Valls. Mais la justice sait se montrer expéditive pour les faibles.

 

Dessin Placide

Dessin de Placide

Dessin de Placide

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 18:02

En amont du forum économique mondial à Davos, qui réunit quelques 3.000 leaders économiques et politiques mondiaux, l'association Oxfam (association de solidarité internationale qui agit sur les causes de la pauvreté et des injustices) a publié un rapport pour « Une économie au service des 99 % ». Ce rapport révèle que huit personnes dans le monde détiennent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Vous avez bien lu, 8 milliardaires possèdent autant de richesses que les 3,6 milliards de personnes les plus pauvres du monde. Les plus fortunés accumulent ces richesses à un tel rythme, que le premier « super-milliardaire » du monde pourrait voir son patrimoine dépasser le millier de milliards de dollars dans 25 ans à peine. Pour mettre ce chiffre en perspective, Oxfam a calculé qu’il lui faudrait débourser un million de dollars par jour pendant 2 738 ans pour pouvoir dépenser 1 000 milliards de dollars.

 

La France n’échappe pas à ce constat et ne marche pas davantage vers plus d’égalité. En 2016, 21 milliardaires français[1] possèdent autant que les 40 % les plus pauvres de la population française.

 

Cette tendance a l'enrichissement des plus riches est confirmée par le journal Les Echos du mardi 10 janvier qui révèle que « Les entreprises du CAC 40 ont distribué aux actionnaires 56 milliards en 2016 ». Ce n'est pas un record mais presque, puisque ce chiffre se rapproche des 57,1 milliards distribués en 2007, juste avant la crise financière. Et l'article poursuit avec une bouffée d’optimisme, envisageant qu'en 2017, les dividendes distribués par le CAC 40 au titre de 2016 pourraient encore progresser au vu de la hausse de 11 % des profits au premier semestre.

 

A tous ceux qui vont nous expliquer durant la campagne présidentielle que le coût du travail est trop élevé, que le SMIC est un frein à l'embauche, qu'il faut flexibiliser, restructurer, donner plus de libertés aux entreprises sinon il faudra délocaliser etc. eh bien, il y a une réponse : S'attaquer à la loi de la finance pour une plus juste répartition, et la première solution est un changement radical de notre système. Il faut avoir le courage de s'attaquer au capitalisme. Pour commencer, il y aura le bulletin de vote J-L Mélenchon, et ensuite il faudra envoyer à l'assemblée nationale des députés qui auront le même esprit et qui seront notre relais.

 

 

[1] Les 21 milliardaires français les plus riches sont, en ordre décroissant de leur patrimoine net :

Liliane Bettencourt : héritière de la marque de cosmétiques l’Oréal ; Bernard Arnault : propriétaire du groupe de luxe LVMH ; Serge Dassault : président du groupe aéronautique Dassault ; Francois Pinault : fondateur de Kering un des leaders mondiaux de l'habillement et des accessoires ; Alain Wertheimer et Gerard Wertheimer : propriétaires de Chanel et des cosmétiques Bourjois ; Xavier Niel : fondateur du fournisseur d’accès internet et opérateur mobile Free ; Emmanuel Besnier : PDG de Lactalis ; Jean-Claude Decaux : fondateur de la société JCDecaux ; Patrick Drahi : président-fondateur du consortium luxembourgeois Altice, principal actionnaire du groupe SFR, de Virgin Mobile; Vincent Bolloré : PDG du groupe Bolloré et à la tête des conseils de surveillance de Vivendi et du groupe Canal+ ; Pierre Bellon : fondateur et président d'honneur de Sodexo ; Carrie Perrodo, propriétaire et co-fondatrice du groupe pétrolier Perenco, Martin & Olivier Bouygues : respectivement PDG et Directeur général délégué du groupe Bouygues ; Michel Leclercq : fondateur de Decathlon ; Alain Merieux : fondateur de bioMérieux, leader mondial de la microbiologie ; Bernard Fraisse, fondateur de Fareva, important sous-traitant pharmaceutique ; Marie Besnier Beauvalot, une des héritières du groupe Lactalis ; Jean-Michel Besnier : un des héritiers du groupe Lactalis ; Jean Pierre Cayard : directeur de la Martiniquaise, spécialisée dans la fabrication et la distribution de vins et spiritueux ; Louis Le Duff : fondateur du Groupe Le Duff, qui regroupe des enseignes de restauration et d'alimentation telles que Brioche Dorée, Del Arte, Bridor, etc.

 

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 16:55

En plein plan social chez Marks and Spencer, la ministre du Travail a autorisé le licenciement d’un délégué syndical. Ce n'est hélas pas la première fois que Myriam El Khomri prend une décision à l'encontre de l'inspection du travail au détriment de salariés. En poste au ministère du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social depuis le 2 septembre 2015, elle a déjà sévi à l'encontre de délégués CGT de Goodyear, de Sodexo, d'Air France, ou tout dernièrement d'un travailleur handicapé.

 

Le 8 novembre 2016, l’enseigne britannique Marks and Spencer (M&S) annonçait la fermeture d’une centaine de magasins dans le monde, parmi lesquels les sept points de vente installés en France depuis le retour de l’enseigne fin 2011. Le même jour, le ministère du Travail signifiait à Yasin Leguet, délégué du Seci-Unsa dans l’enseigne, qu’il rouvrait le dossier de son licenciement refusé par l’administration trois semaines plus tôt. Un mois plus tard, le ministère donnait son aval au licenciement du représentant du syndicat très actif, fraîchement implanté dans l’entreprise.

 

Jusqu'à début 2015, seule la CFDT était présente dans l’entreprise. C'est alors que le Seci-Unsa s’implante et rafle près de 70 % des voix aux élections professionnelles partielles, notamment grâce à la figure populaire de Yasin Leguet. Il a lancé trois grèves sur les salaires qui ont été bien suivies, il est devenu la bête noire de la direction et les avertissements se sont multipliés alors qu’il n’en avait jamais eu avant son mandat.

 

En février 2016, la direction demande à l’administration l’autorisation de le licencier pour faute grave. Elle accuse le délégué du personnel et membre du comité d’entreprise d’avoir « gravement insulté » le directeur général de M&S France, reproche fondé sur les publications sur la page Facebook du syndicat. D’autre part, il aurait, selon la direction, « agressé verbalement puis physiquement » sa supérieure hiérarchique, lors d’une altercation en décembre 2015 au cours de laquelle il lui aurait même fait un croche-pied. « A cette époque, je savais que j’étais sur la sellette et je faisais très attention, mais ce jour-là, j’ai commis l’erreur de me rendre dans son bureau sans être accompagné, raconte Yasin Leguet. Le ton est monté, en sortant du bureau, je lui ai marché sur le pied involontairement. L’agent de maîtrise présent a subi des pressions pour écrire que j’avais fait un croche-pied. J’ai demandé les images d’une caméra de vidéosurveillance placée à cet endroit, mais la direction ne les a jamais produites ».

 

En avril l’inspectrice du travail avait refusé le licenciement, en pointant que les propos sur Facebook ne pouvaient être attribués au délégué et relevaient de la « liberté d’expression étendue » d’un syndicat. Quant à l’accusation d’agression, la fonctionnaire estimait que la matérialité des faits reprochés n’était pas établie puisqu’ils ne reposaient que sur le témoignage de la cadre elle-même et de l’agent de maîtrise.

 

Marks and Spencer ayant formé un recours contre cette décision, le ministère du Travail disposait de quatre mois pour se prononcer. Mi-octobre, le délai était écoulé, le délégué était en principe tranquille, puisque le silence de l’administration vaut décision implicite de rejet du recours. Mais le 8 novembre, le dossier ressort de l’ombre et le ministère revient sur sa décision en estimant que la matérialité des faits est établie concernant des propos irrespectueux et le fameux croche-pied envers la cadre, justifiant ainsi le licenciement pour faute grave. Contacté par l’Humanité, le cabinet de la ministre du Travail Myriam El Khomri n’a pas donné suite.

 

Après la trahison avec la loi travail, El Khomri montre une nouvelle fois quelle est la véritable image des dirigeants PS. Plutôt du côté du patronat que des syndicats ou du salariat !

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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 22:36

« Dans une France libérée, nous libérerons les Français des angoisses du lendemain. » Ainsi s'exprimait Ambroise Croizat, ministre du Travail communiste du général de Gaulle, et bâtisseur de la Sécurité sociale au lendemain de la guerre. Une figure historique essentielle et pourtant oubliée au profit du haut fonctionnaire Pierre Laroque, le « père » officiel de la Sécu.

Déjà auteur d'un documentaire sur le programme du Conseil national de la Résistance (Les Jours heureux, 2013), Gilles Perret continue son travail de mémoire. Il donne la parole à des historiens des institutions sociales, mais aussi à un sinistre et farouche opposant qui voit des rouges partout : son plaidoyer ultralibéral ne vaut pas tripette face à la vigueur militante de Jolfred Fregonara, ouvrier métallurgiste né en 1919, adhérent du Front populaire, et qui continue, à 96 ans, de défendre l'intérêt général.

Critique de Jérémie Couston dans Télérama

La projection sera suivie d'un débat avec le réalisateur Gilles Perret également réalisateur du film Les Jours Heureux.

Projection du film " La Sociale " au Moulin du Roc  à Niort le lundi 16 janvier à 20h00

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 17:34

Le groupe CRC ( Communiste Républicain et Citoyen ) au Sénat avait déposé une proposition d'abrogation de la loi Travail. La présidente du groupe a rappelé que cette proposition est un appel à refuser la résignation, à poursuivre la lutte pour placer la question de l'abrogation au cœur des élections présidentielle et législatives. En effet, cette loi imposée par le 49-3 comporte des mesures régressives concernant par exemple les règles du licenciement économique.

 

« Quel sens y aurait-il à abroger aujourd’hui une loi qui vient tout juste d’entrer en vigueur ? » a demandé dans son intervention la ministre El Khomry. Elle a rappelé que le gouvernement « croyait plus que jamais au bien-fondé et à l’utilité de cette loi ». « Ce texte renforcera nos syndicats, ce texte renforcera les protections des salariés et ce texte renforcera nos entreprises », martèle-t-elle, avant de conclure, droite dans ses bottes : « C’est un choix que le gouvernement assume pleinement : celui d’avancées sociales réelles, inscrites dans le temps long, plutôt que la défense du statu quo et le vacarme parfois vain du temps présent ».

 

Bel exemple d'avancées avec le quotidien La Voix du Nord : son plan social retoqué l'an dernier, est désormais autorisé. La Voix du Nord a annoncé la mise en place d'un plan social prévoyant la suppression de 178 postes, soit 25% des effectifs, qui devait être présenté le 10 janvier lors d'un comité d'entreprise extraordinaire. Pourtant, l'entreprise est bénéficiaire, avec 5 millions d'euros de résultats net d'exploitation en 2016. L'entreprise utilise donc la réforme des plans sociaux prévue dans la loi Travail, qui permet désormais de licencier en cas de baisse du chiffre d'affaire, même si l'entreprise est bénéficiaire. Merci El Khomry, Macron, Valls qui ont porté cette loi Travail.

 

Le vote du Sénat, malheureusement pas surprenant, n'a pas adopté cette abrogation de loi proposée par les communistes. Voir ci-dessous le détail des votes. La droite n'a pas participé au scrutin, à l'exception du milliardaire Dassault qui a apporté son soutien à El Khomry en votant contre l'abrogation. Les élus FN qui prétendent défendre les salariés étaient absents. Les écologistes se sont abstenus. Quant au groupe PS, à l'exception de 4 d'entre eux, ils ont été 99 à voter contre la proposition communiste.

 

Le vote à gauche pour la présidentielle, c'est le vote Jean-Luc Mélenchon qui s'est engagé à abroger la loi Travail. Et pour les législatives, plus il y aura d'élus communistes au parlement, plus les intérêts des salariés seront défendus.


 

Abrogation de la Loi travail –  Quels élus étaient favorables à l'abrogation ?
Abrogation de la Loi travail –  Quels élus étaient favorables à l'abrogation ?

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 16:47

Scandaleux jugement de classe à Amiens ! La Cour d'appel a condamné 7 des 8 salariés de Goodyear à 12 mois de prison avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve, avec inscription au casier judiciaire. Un seul a obtenu la relaxe totale.


 

Pour rappel, en 2014, les ouvriers de Goodyear Amiens étaient en lutte depuis sept ans pour sauvegarder l’usine de pneus d’Amiens Nord. Les dirigeants de la multinationale venaient alors d’annoncer leur refus de rouvrir les négociations sur les licenciements devant plusieurs centaines d’ouvriers. Les salariés avaient alors retenu durant trente heures, sans violence, les deux cadres venus leur donner cette information. Après avoir déposé plainte, la société Goodyear et ses cadres l’avaient retirée, mais le Parquet avait poursuivi. Le Parquet, c'est le procureur qui agit dans le cadre d'instructions générales qui sont données par le Garde des Sceaux; le gouvernement est donc directement responsable de cette décision.


 

En première instance le 12 janvier 2016, les huit salariés poursuivis, dont cinq militants CGT, avaient été condamnés à deux ans de prison dont neuf mois ferme. Les salariés poursuivis avaient fait appel de ce jugement. L'avocat général avait requis à l'audience en octobre dernier deux ans avec sursis. Le jugement rendu ce jour est donc une condamnation de 12 mois de prison avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve, avec inscription au casier judiciaire.


 

C'est une condamnation scandaleuse ! Quelle différence de traitement avec le jugement récent concernant Christine Lagarde, coupable mais pas responsable selon la justice, et dispensée de peine alors qu'elle a couvert 400 millions de détournement d'argent public au profit de Tapie !


 

Non les ouvriers de Goodyear ne sont pas des voyous mais des salariés qui défendaient leur usine et leurs emplois ! Les vrais voyous sont ceux qui liquident l'industrie et les droits des salariés dans ce pays.


 

Avec leur avocat, ils devraient se pourvoir en cassation.


 

Lien vers le billet du 12 janvier 2016 qui relatait l'historique et la condamnation en 1ère instance

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 16:21

Pourquoi le SFA (Syndicat français des artistes interprètes, affilié à la Fédération CGT du spectacle) assigne le SYNDEAC (Syndicat national des Entreprises artistiques et culturelles) et 15 CDN (Centres dramatiques nationaux ) ?

 

 

Dans un communiqué daté du 4 janvier le SYNDEAC déclare : « l’emploi des artistes est plus que jamais la priorité naturelle des directions des Centres dramatiques. » En vérité, c'est parce que le volume d'emploi des Artistes interprètes, que sont tenus de respecter les Centres dramatiques nationaux (CDN), a atteint un déficit considérable au cours des 10 dernières années, que le SFA et la Fédération CGT du spectacle ont assigné il y a plus d'un an le SYNDEAC et 15 CDN devant le Tribunal de Grande Instance. L'accord relatif aux artistes interprètes dans les CDN, signé par le SYNDEAC en 2003, est annexé à la convention collective nationale des entreprises artistiques et culturelles. La CFDT et FO se sont joints à cette assignation.

Le SFA et la Fédération du Spectacle CGT ont déjà expliqué publiquement que plusieurs centaines de milliers d’heures avaient manqué ces dernières années aux comédiennes et comédiens vivant dans notre pays, soit plus de 4500 mois de travail (1 an de travail pour 375 comédiennes et comédiens) ! Bagatelle. Pendant plus de dix ans, sans relâche, nous nous sommes battus pour améliorer l'application de l'accord de 2003, la veille de l'assignation encore... et sur la vitrine du SYNDEAC, toujours le même panneau "Demain on rase gratis"... et nos barbes ont poussé. La situation n’était plus tolérable.

Aujourd'hui, avec un art consommé du retournement, le SYNDEAC s'emploie à présenter la situation "catastrophique" dont des CDN seraient victimes par suite de l'assignation, occultant ainsi toute responsabilité des directeurs de CDN et du SYNDEAC lui-même. C'est une falsification pure et simple de la réalité qu'il est nécessaire de rétablir. Pour n'être pas nouvelle, cette présentation de l'histoire sans la moindre référence à l'Histoire justement relève d'une conception de l'information que nous ne partageons pas et que nous combattons partout où elle est à l'œuvre. Venant d'une organisation dont certains membres sont des artistes dirigeant des entreprises chargées de missions d'intérêt général, on serait en droit d'attendre moins de traficotage et un peu plus de rigueur intellectuelle.

 

Mais revenons aux explications données il y a un an déjà. Et d'abord ce rappel : notre action s'inscrit dans la défense des missions des CDN dont la première est de créer, produire et coproduire des œuvres dramatiques en direction des publics les plus larges. Il n'y a pas de théâtre sans comédiens. Ce n'est pas une déclaration théorique, une affirmation emphatique pour la galerie, c'est l'évidence d'une réalité concrète, le crédo qui fonde notre action : Notre bataille pour l’emploi des artistes interprètes est tout à fait indissociable de celle pour la pérennisation des missions de service public d’intérêt général des CDN.

Ce sont pour des raisons analogues que, devant le délabrement et le non-respect, déjà, d'un premier accord sur l'emploi des artistes interprètes dans les CDN datant de 1975, que le SFA avait assigné le SYNDEAC en 1999. Le présent accord de 2003 est né de cette assignation-là. Nous sommes fidèles à notre combat, le SYNDEAC est fidèle au sien, reconnaissons-lui ce mérite.

Selon l’organisation patronale et certains directeurs, le SFA et la CGT ainsi que les autres syndicats qui se sont joints à la procédure seraient responsables de la situation "catastrophique" en réclamant près de 8 millions d’Euros à une quinzaine de CDN. Ils prétendent que des entreprises seraient menacées de fermeture et que les personnels technique et administratif risquent d’être licenciés suite à notre action en justice. Pourtant ils n'ont pas attendu l'assignation, cela fait longtemps que nombre de CDN externalisent de nombreux postes et services et demandent aux salariés de faire autant avec moins de moyens, appliquant une politique qui ressemble fort au libéralisme qu'ils dénoncent par ailleurs. Dresser les salariés les uns contre les autres en maniant le chantage et le mensonge est une très mauvaise guerre menée par des apprentis sorciers.

Mais, à y regarder de près, il y a une certaine cohérence entre ces autoproclamés-défenseurs-de-l’emploi-des-artistes et ceux qui n’ont pas trouvé un mot pour défendre le métier d’acteur, de chanteur, de danseur et de circassien professionnels face à la volonté destructrice du gouvernement de permettre l'engagement de bénévoles dans des spectacles exploités commercialement.

C'est seulement en regardant l'Histoire en face que, après que Justice soit passée, nous trouverons les moyens de construire ENSEMBLE, dans le respect de chacun, le théâtre public sur des bases saines.

 

Publié le 9 Janvier 2017 par le syndicat français des artistes interprètes

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 17:34

Si la France est bien le pays de la déclaration des Droits de l'homme et du citoyen, il y a longtemps qu'elle n'est plus la patrie de ces mêmes droits de l'homme.

 

Et ceux qui ont l'outrance de dénoncer des agissements des forces de l'ordre allant à l'encontre de ces droits, s'attirent les critiques du ministre de l'Intérieur. C'était le cas de Manuel Valls quand il prenait la défense des forces de l’ordre face aux violences policières lors des manifestations des opposants à la loi travail, c'est le cas ces derniers jours avec son successeur Bruno Le Roux par rapport aux pratiques inacceptables des forces de l'ordre à l'encontre des migrants dans la capitale.

 

Comme a témoigné Médecins sans frontières, « Les policiers harcèlent les migrants en leur confisquant leurs couvertures, utilisant parfois des gaz lacrymogènes pour les disperser, allant jusqu'à leur interdire de s'asseoir dans la file d'attente du centre humanitaire de La Chapelle où ils attendent une place d'hébergement ». L'ONG précise que ses équipes ont pris en charge 8 personnes proches de l'hypothermie.

 

Alors que les températures étaient négatives, confisquer les couvertures qui leur ont été fournies par des associations humanitaires est tout simplement inhumain, même si le but est de les empêcher de reconstituer un campement.

 

La réponse de B Le Roux ressemble étrangement aux propos que pouvaient tenir son prédécesseur : « Il faut arrêter ce sport national de mise en cause des policiers ». «  Ce que font aujourd'hui les forces de police, c'est de la mise à l'abri de personnes qui sont vulnérables. » Ajoutant « c'est vrai, quelquefois, il peut y avoir une forme de contrainte à mettre à l'abri quelqu'un ».

 

Sauf que le centre d'hébergement affiche complet, le nombre de places étant sous-dimensionné. Pour la coordinatrice de programmes à MSF, « en plein cœur de l'hiver, les pouvoirs publics devraient être en mesure de fournir des places d'hébergement à tous les migrants, en urgence ». Les forces de l'ordre se livrent à l'inverse à « une tentative dérisoire de soustraire cette population en détresse à la vue du public », a-t-elle accusé, jugeant que « ce déni de réalité par la violence doit cesser ».

 

C'est ce qu'est devenue la patrie des Droits de l'homme ?

 

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 18:03

Hier soir, Valls était l'invité sur France 2 de « L’Émission politique ». Peu probable que les gens dégoûtés de la politique aient trouvé matière à réconciliation avec l'émission d'hier soir. Valls a fait une démonstration de ce qu'est la politique politicienne. Valls candidat à la primaire socialiste était en opposition avec Valls encore premier ministre il y a quelques semaines.

 

Après avoir utilisé six fois le 49-3 durant ses trois ans à Matignon pour faire passer les lois Macron et El Khomri, l'entendre dire qu’on lui a « imposé le 49-3 » est risible. Comme lui a rappelé le secrétaire de la CGT Philippe Martinez , invité surprise de l'émission, c’est bien qui lui a voulu le recours au 49.3 car il n’avait pas de majorité à l’Assemblée Nationale. Et aujourd'hui il veut en supprimer l'usage.

 

Il a contesté son libéralisme. Interrogé sur le fait de savoir pourquoi il avait pu défendre la suppression de l’impôt sur la fortune lorsqu’il était candidat à la primaire socialiste de 2011, pour désormais y être opposé, il déclare n’avoir « jamais été un libéral ». « La social-démocratie est en crise, aux Etats-Unis, en Italie, un peu partout en Europe, et donc en France, peut-être que cette gauche a trop cédé, à la puissance du marché, à des forces de l’argent, au libéralisme », a déclaré l’ancien Premier ministre.

 

Mais quelle gauche a trop cédé à la puissance du marché, aux forces de l'argent si ce n'est la gauche socialiste. Et qui dirigeait le gouvernement ? Et qu'avait déclaré Hollande par rapport à la finance ? Qui a permis le versement de milliards d‘euros aux grandes entreprises sans contrepartie, celles-ci versant même des dividendes aux actionnaires. Et le « travailler plus pour gagner plus » que Valls a emprunté à Sarkozy ? Qui s'est toujours refusé à donner un coup de pouce au SMIC ? Qui depuis cinq ans a gelé le point d'indice des fonctionnaires ? Etc.

 

C'est à croire que Valls n'a jamais été premier ministre.

 

C'est pourtant bien cette gauche socialiste qui était au pouvoir depuis cinq ans et qui aujourd'hui veut solliciter nos suffrages, en nous promettant comme Valls l'inverse de ce qu'ils ont appliqué.

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 16:53

Le Conseil constitutionnel est une institution créée par la Constitution française de la Ve république de 1958, qui a pour mission, entre autres, de contrôler la constitutionnalité des lois. Il est formé de neuf personnalités nommées pour neuf ans (trois par le Président de la République, trois par le Président du Sénat et trois par le Président de l'Assemblée nationale). Les anciens Présidents de la République en sont membres de droit à vie. Le président du Conseil constitutionnel est désigné par le Président de la République.

 

Eh bien ce Conseil constitutionnel, dont les membres sont communément appelés « les sages », a censuré, entre Noël et le jour de l'an, un article du projet de loi de finances 2017 qui visait à renforcer la taxation des bénéfices détournés par les multinationales sur leur activité réalisée en France. Motif, l'administration fiscale n'a pas " le pouvoir de choisir les contribuables qui doivent ou non entrer dans le champ d'application de l'impôt sur les sociétés " . Cette taxe visait les grands groupes tels Google, Facebook, Amazon, Airbnb, Uber … qui jouent sur les différents taux d'imposition sur les sociétés des pays de l'Union européenne, en installant leur siège dans les pays favorables comme le Luxembourg ou l'Irlande, et exfiltrent leurs bénéfices réalisés en France pour éviter notre fiscalité.

 

Pourtant, cette mesure aurait permis de faire entrer entre 500 millions et 1 milliard d'euros. Grâce à leurs montages complexes, ces multinationales ne payent que 3% d'impôts sur les sociétés, quand des PME en payent 30% !

 

Pour rappel, c'est ce même Conseil constitutionnel qui avait censuré en décembre 2013 trois dispositifs de lutte contre l’optimisation fiscale. Il s'agissait alors de les forcer à déclarer leurs schémas d'optimisation fiscale. Las ! Le Conseil constitutionnel avait estimé que cette mesure était "contraire à la liberté d'entreprendre" .

 

Cela ne fait que confirmer que cette 5ème République est vraiment à bout. Comment ces personnes non élues peuvent abroger des lois votées par les parlementaires élus par le peuple. Qui plus est des lois allant dans l'intérêt général. La constitution de 1958 stipule: "article 2 - Son principe est: gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple".

 

Grâce aux « sages », les champions de l'évasion fiscale peuvent continuer à voler l’État français en toute tranquillité.

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