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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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2 février 2018 5 02 /02 /février /2018 17:41

Les études s’accumulent pour démontrer par les chiffres ce que tout le monde pressentait : la politique fiscale d’Emmanuel Macron favorise plus que jamais les contribuables les plus riches. L’association Attac jette un nouveau pavé dans la mare, pour alerter sur les risques de régression sociale et dessiner les contours d’une politique alternative.

 

Ils annoncent la couleur dès la première phrase : « Jamais un gouvernement de la Ve République n’avait osé décider d’une politique fiscale aussi clairement en faveur des riches et de la finance. » Dans leur dernier ouvrage (« Toujours plus pour les riches. Manifeste pour une fiscalité juste »), les économistes d’Attac passent à la moulinette les options économiques du pouvoir actuel, qui ne cache plus son orientation ultralibérale en la matière. Hasard du calendrier, l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) vient de sortir un nouveau rapport qui tente d’estimer l’impact de la réforme fiscale d’Emmanuel Macron sur les revenus des contribuables. Résultat des courses : tout le monde en profite, certes, mais les plus modestes en profitent un peu, et les riches beaucoup plus que les autres !

 

« En 2019, les ménages les plus aisés devraient rester les premiers bénéficiaires des réformes entamées, écrit l’OFCE. À eux seuls, les 5 % de ménages les plus aisés, et au sein d’eux, les 2 % les plus riches, capteraient 42 % des gains à attendre de la mise en place des mesures. » Dans le détail, les 5 % les plus aisés rafleraient, en 2018, 3 190 euros par ménage en moyenne, grâce à la réforme de l’imposition du capital – suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et introduction d’un prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital. Une fois déduite la hausse de la CSG et de la fiscalité indirecte (tabac et environnement), la ristourne fiscale s’élève à environ 1 700 euros. Rappelons qu’il ne s’agit que d’une moyenne : les milliardaires empocheront beaucoup plus…

 

Les partisans de ­Macron (et les libéraux en général) invoquent souvent la « théorie du ruissellement », selon laquelle une réduction de la fiscalité pour les plus aisés finirait par profiter à tous, grâce à un regain d’investissements. Hélas, cette fable n’a jamais été démontrée. Pire, dans le cadre du capitalisme boursier, les cadeaux fiscaux faits aux plus riches risquent surtout d’alimenter les bulles financières. « La richesse ne ruisselle pas vers le bas, elle est pompée vers le haut ! » résument les économistes d’Attac.

 

Comment savoir si un système fiscal est juste ? Quand il est « composé de taxes prenant en compte la situation des différentes catégories de contribuables », écrivent-ils. Or c’est la loi inverse qui régit la fiscalité française : en 2017, la TVA (impôt le plus injuste car ne tenant pas compte de la situation financière de chacun) représentait 51 % des recettes de l’État, alors que l’impôt sur le revenu (le plus juste car progressif) ne représentait que 25 %.

 

Pour Attac, les dégâts collatéraux de cette politique fiscale ne se limitent pas au creusement – dramatique – des inégalités : par son iniquité revendiquée, elle risque aussi de miner le « consentement à l’impôt », en accréditant l’idée que ce dernier est nécessairement injuste et contraire à l’intérêt général.

 

Comment faire face au danger ? En modifiant de fond en comble le système fiscal. Dans leur livre, les économistes avancent plusieurs pistes de réformes répondant, selon eux, à un double impératif d’équité sociale et d’efficacité économique. Pas question de révolution ici, mais d’une remise à plat complète. Au programme : réforme de l’impôt sur le revenu (avec suppression de la plupart des niches et augmentation de sa progressivité) ; élargissement de l’ISF à l’ensemble des actifs (immobilier, produits financiers…) ; réforme de l’impôt sur les sociétés (avec maintien d’un taux réduit pour les PME et suppression du crédit d’impôt compétitivité) ; baisse de la TVA… Sans oublier une réforme de la fiscalité verte, qui renchérisse la tonne de CO2 (gaz carbonique) produite, tout en prévoyant des mesures compensatoires pour les plus modestes.

 

Pour que ces pistes ne se limitent pas à un catalogue de bonnes intentions, et l’exigence de justice fiscale à un vœu pieux, il reste encore à construire un rapport de forces politique, ce qui n’est pas une mince affaire. Comme le disent justement les auteurs, la fiscalité est bien l’affaire de tous…

 

Par Cyprien Boganda - Journaliste à l'Humanité Dimanche

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 16:58

J'ai déjà eu l'occasion de parler des frères Bocquet sur mon blog dans le cadre de leur lutte contre l'évasion fiscale. Tous deux rapporteurs de commissions d'enquêtes parlementaires sur cette question, ils ont également publié un livre  "Sans domicile fisc" où ils décryptent et démontent les mécanismes de spéculation.

 

Les élus communistes Alain et Eric Bocquet ont reçu le vendredi 26 janvier le prix Anticor de l’éthique, venant récompenser leur « combat pour l’égalité des citoyens devant l’impôt ». « Il y a eu unanimité pour vous remettre ce prix afin de saluer votre combat contre la fraude fiscale », a lancé Lionel Bretonnet, administrateur d’Anticor, association fondée en 2002 pour lutter contre la corruption. L’apport des travaux parlementaires des deux frères (Alain a été député jusqu’en 2017, Eric est toujours sénateur), et de leur ouvrage "Sans domicile fisc", pour dénoncer le fléau de la fraude fiscale a été souligné par les organisateurs.

 

« On continue notre tournée, sans paillette, partout en France autour du livre », a raconté Eric Bocquet. « Il est primordial de sonner l’alerte. La fraude fiscale coûte 80 milliards d’euros par an à la France, soit plus que son déficit, au nom duquel on nous impose une austérité qui mine partout notre société ».

 

L’action déterminée des deux élus pour supprimer le verrou de Bercy (qui place le ministre du Budget au dessus de la justice en matière de poursuites contre la fraude fiscale), leur proposition de COP de la finance mondiale et de la fiscalité, ou encore leur volonté d’ajouter des normes fiscales obligatoires dans l’attribution de marchés publics ont aussi été vivement appréciées par Anticor.

 

Si certains se demandent à quoi peuvent servir des élus communistes, en voici un élément de réponse.

 

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6 décembre 2017 3 06 /12 /décembre /2017 08:29

« La liste des paradis fiscaux publiée hier par l'UE serait une plaisanterie si elle n'était pas une insulte aux peuples et à la démocratie!!. » C'est par ces mots sur son compte twitter que le sénateur communiste Eric Bocquet réagit à la liste promise par l'UE sur les paradis fiscaux. C'est un sujet qu'il connait, puisqu'il a été rapporteur de deux commissions d’enquête du Sénat, en 2012 et 2013, sur l’évasion des capitaux, puis sur le rôle des banques dans l’évasion des ressources financières. Avec son frère Alain, qui a été corapporteur, en octobre 2013, d'une mission d'information de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale sur les paradis fiscaux, ils ont publié l'ouvrage "Sans domicile fisc" faisant le décryptage et le démontage des paradis fiscaux. Ils analysent les mécanismes de spéculation et préconisent des mesures directes concrètes pour la France, pour l'Europe, pour le monde.

 

Malheureusement, après le scandale des Panama Papers et des Paradise Papers, ce n'est pas la voie prise par l'UE. Pour Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, à la Fiscalité et à l'Union douanière, "il n'y a pas de paradis fiscal à l'intérieur de l'Union européenne". L'ancien ministre socialiste de l'Économie et des Finances ajoute, « on ne peut pas qualifier tel ou tel pays de l'Union européenne de paradis fiscal au même titre que les pays qui sont sur la liste et qui ont refusé de prendre tout engagement. »

 

Les 17 désignés sont dans les Caraïbes : Sainte-Lucie, Grenade, la Barbade, Trinidad et Tobago. En Amérique centrale, Panama. Dans le Pacifique, plusieurs îles et archipels, souvent de très petits territoires. Épinglés aussi : la Corée du Sud, la Mongolie, Macao, les Émirats arabes unis, Bahreïn, mais aussi la Tunisie et la Namibie.

 

Mais sont exclus de cette liste des pays comme l'Irlande, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Suisse, les Iles Caïman, Hong-Kong, l'île de Man, les Bermudes, Bahamas, Gibraltar, Taiwan, Singapour, Delaware, Albanie, Jersey etc.

 

Et pas de sanctions, elles restent à définir, aucune pénalité n'est décidée.

 

L'UE et l'évasion fiscale, c'est du genre « Attention à vous, on va faire un malheur ». Quoi ? Non, rien ! On ne sait ni quand ni comment, et on voudrait nous faire croire qu'il y a une lutte de menée contre l'évasion fiscale ... Je sais bien qu'on approche de la période, mais vous croyez encore au père Noël ?

 

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22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 16:52

Les dividendes versés aux actionnaires dans le monde ont bondi de 14,5% au troisième trimestre 2017 pour atteindre 328,1 milliards de dollars, représentant un record en termes de paiements.

 

Dans le même temps, même si l'extrême pauvreté recule, selon ATD Quart Monde, 2,8 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, vivent avec moins de 2 dollars par jour.

 

Est-ce pour autant que les gouvernements prennent une autre orientation ? En France, le ministre de l'économie Bruno Le Maire concédait : "Nous disons : 'l'économie française a besoin de capital', eh bien, on taxe moins le capital. Nous disons 'l'économie française doit investir', nous lui donnons les moyens d'investir.". Même s'il ne prononce pas le mot ruissellement, c'est bien l'idée qu'il défend. Cette expression était apparue avec Thatcher et Reagan : "Donner les réductions d'impôts aux tranches supérieures, aux individus les plus riches et aux plus grandes entreprises, et laisser les bons effets 'ruisseler' à travers l'économie pour atteindre tout le monde." Cette fable des années 1980, même le FMI n'y croit plus. Et pourtant c'est l'orientation prise par le gouvernement Macron.

 

Les entreprises optimisent leurs bénéfices, notamment en allégeant le plus possible leur charge fiscale, privant ainsi les États des ressources essentielles pour financer les politiques et les services nécessaires pour réduire les inégalités. Et ce n'est pas le dernier scandale des Paradise Papers qui peut me contredire.

 

Mais tant que les gens voteront pour les candidats qui mènent ces politiques économiques centrées sur la finance et non sur l'humain, la seule théorie du ruissellement qui vaudra pour nous, sera celle illustrée par le dessin ci-dessous.

Vous croyez à la théorie du ruissellement ?
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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 16:10

Cela fait 1 an que les frères Bocquet, deux élus communistes du Nord l'un député l'autre sénateur, sortaient le livre "Sans domicile fisc". Évasion, optimisation et fraude fiscale font perdre chaque année entre 60 et 100 milliards d'euros au budget de la France et plus de 1 000 milliards en Europe.

Ce sont à présent les révélations sur les Paradise Papers. Il est plus que temps d'en finir avec l'indécence de l'évasion fiscale.

Il y a eu HSBC, UBS, les Offshore Leaks, les LuxLeaks, les SwissLeaks, les Panama Papers et aujourd'hui les Paradise Papers ...

Comme le demandent les députés communistes, le gouvernement doit prendre ses responsabilités, et rapidement. La réponse n'est pas en supprimant 3000 postes au contrôle fiscal comme l'ont fait les gouvernements successifs depuis 2010. Où est la volonté politique à lutter contre l'évasion fiscale ?  Ça suffit !

Le gouvernement va t-il se décider à agir contre la finance ?
Le gouvernement va t-il se décider à agir contre la finance ?
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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 01:46

 

C'est aujourd'hui que sort le livre "Sans domicile fisc".

 

Évasion, optimisation fiscale et fraude font perdre chaque année entre 60 et 100 milliards d'euros au budget de la France et plus de 1 000 milliards en Europe. Conséquences de la lutte molle de nos gouvernements, l'école, la culture, l'hôpital, la justice, les équipements publics, les collectivités perdent des moyens pour répondre aux besoins des citoyens. Cette austérité qui mine l'État gangrène la démocratie et ouvre la porte aux extrémismes.

 

Et si l'on passait des paroles aux actes ? Deux frères, l'un député, l'autre sénateur, tous deux communistes, nordistes et maires de leurs communes, hommes politiques de terrain et militants engagés, font bouger les lignes dans le cadre de leur mission sur la piste des « sans domicile fisc ». Décryptage et démontage des paradis fiscaux par ces experts, tous deux rapporteurs de commissions d'enquête parlementaires sur le sujet, ce livre s'appuie, notamment, sur leur dialogue inédit avec des personnalités de toutes sensibilités, à travers une série d'interviews-témoignages. Au-dessus des positions partisanes, ils analysent ici des mécanismes de spéculation et préconisent des mesures directes concrètes pour la France, pour l'Europe, pour le monde.

Evasion fiscale, si l'on passait de la parole aux actes
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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 08:30

Selon la société d'investissement "Henderson Global Investors", les entreprises françaises ont versé 40 milliards de dollars de dividendes au deuxième trimestre 2016. Une progression de plus de 10 % que seuls les Pays-Bas et la Corée du Sud ont réussi à surpasser.

 

Voilà déjà trois ans que la France est le champion d'Europe des dividendes. C'est le pays qui en verse le plus. Cette année encore, elle occupe la première place du podium, avec 40 milliards de dollars distribués (35,35 milliards d'euros) au cours du deuxième trimestre.

 

Dans le détail, toujours selon l'étude d'Henderson, quasiment neuf sociétés françaises sur dix ont augmenté leurs dividendes ou les ont maintenu. Les banques françaises, la Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole ont notamment continué de reconstruire leurs paiements de dividendes suite à la crise financière, avec des distributions en hausse de 50 à 70 %. La situation a été aussi bonne sur une vaste gamme de secteurs, des sociétés aussi variées que Renault, LVMH, et Safran ont toutes augmenté leurs dividendes.

 

Au niveau mondial, ce sont 421,6 milliards de dollars (372 milliards d'euros) de dividendes qui ont été versés aux actionnaires entre avril et juin, en hausse de 1,2 % par rapport au deuxième trimestre 2015.

 

Si bien que l’année en cours devrait rapporter au total quelque 1 028 milliards d’euros de dividendes partout dans le monde, soit près de la moitié des richesses produites en France.

 

C'est sans doute la raison pour laquelle Gattaz et le Medef réclament une baisse massive des charges, la restauration des marges des entreprises, la réduction des dépenses publiques, le déverrouillage du marché du travail. Selon Gattaz, ces postulats de départ sont assumés par tous les politiques qui sont allés à l'université d'été du Medef.

 

Ce qui me rassure, c'est qu'aucun politique de la vraie gauche (celle à la gauche du PS) n'y était.


 

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 22:23

Dans le courrier des lecteurs du Télérama n° 3463 du 25 mai, la mère de Stéphanie Gibaud, lanceuse d'alerte, fait part du choc qu'elle a eu en parcourant dans le Télérama précédent l'article « Seuls au monde » relatif aux lanceurs d'alerte.

 

Pour rappel, Stéphanie Gibaud était directrice marketing de la société de services financiers UBS France. Avec documents à l'appui mettant au jour un système d'évasion fiscale massif organisé par la banque, elle a dénoncé les pratiques illégales de son employeur UBS et porté plainte contre lui. Elle a permis à l'état de retrouver 12 milliards d'euros que la banque avait caché au fisc.

 

Sa fille licenciée par la banque vivant à présent dans une situation de précarité avec les minima sociaux, sa mère indique avoir écrit au président de la République après sa récente déclaration sur la protection des lanceurs d'alerte qui doivent être protégés. Le président lui a répondu qu'il a pris bonne note et demande à M. Sapin de recevoir sa fille, sans résultat pour l'instant. Elle dit qu'elle n'en peut plus des promesses, qu'elle est désespérée.

 

On la comprend et on ne peut qu'être solidaire. Dans le Cash investigation diffusé le 5 avril sur France 2, le ministre Michel Sapin déclarait qu'il "ne peut s'engager à rien" et "ne peut rien promettre". La loi anti-corruption "Sapin II" actuellement en préparation, devrait donner à l'avenir un statut protecteur aux lanceurs d'alerte.

 

Attendre, toujours attendre, mais que deviennent ces lanceurs d'alerte en attendant ? On ne peut manquer de rapprocher cette situation des propos tenus par F. Hollande lors de sa campagne électorale.

 

Il y avait eu le discours du Bourget en janvier 2012 avec son ennemi la finance. Aujourd'hui on peut parler de foutage de gueule. Mais il y a eu aussi ces petites phrases :

 

« Nous demanderons à l'Europe de lutter contre la spéculation, de lutter contre la finance! » Le 19 avril 2012

 

« Qu'est ce qu'on préfère? Protéger les plus riches ou protéger nos enfants? Moi, j'ai fait le choix de protéger nos enfants! » Le 24 avril 2012

 

« La colère est là par rapport à une mondialisation sans règles, par rapport à la finance qui veut nous dominer. » Le 24 avril 2012

 

« Je veux en terminer avec l'arrogance, avec les privilèges, avec la brutalité, avec les injustices! » Le 29 avril 2012.

 

Je dirai qu'on partage la colère de la famille Gibaud et que nous sommes nombreux à être en colère également contre ce gouvernement qui fait le contraire des engagements de campagne. D'ailleurs c'est toujours le même qui déclarait le 24 avril 2012 à Hirson devant des salariés en lutte « La colère est là par rapport à une mondialisation sans règles, par rapport à la finance qui veut nous dominer … La colère est là par rapport à des promesses qui n'ont pas été tenues. »

 

A propos de promesses non tenues, Hollande et les siens en connaissent un rayon et nous avons mille raisons d'être en colère.

 

 

 

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 15:38
 
Et pourquoi le boulanger et le café du coin ne se domicilieraient pas aussi dans un paradis fiscal ? Ecœurés par l’impunité de l’évasion des multinationales, les commerçants d’un village ont choisi de copier les techniques de Facebook et consorts pour dénoncer cette injustice.
 

L’épicier du village anglais de Crickhowell, bourgade de 2800 habitants du Pays de Galle, a découvert un matin en ouvrant son journal qu’il payait sept fois plus d’impôts que Facebook en Grande Bretagne, malgré les résultats colossaux de la multinationale.
Ecœuré, il se concerte avec le boulanger, le patron de café, l’opticien, le libraire et d’autres artisans du village pour agir. L’idée est de créer un montage fiscal afin de copier les stratégies d’évasion des multinationales et de médiatiser l’affaire. Comme les honoraires des avocats fiscalistes sont énormes, les petits commerçants se sont regroupés et font leur montage par eux même.


La BBC prépare d’ailleurs un documentaire à paraître début 2016.  Ils espèrent que d'autres villes feront de même afin de forcer le gouvernement à sévir contre l'évasion fiscale des grandes entreprises.

 

Jo Carthew, qui tient un atelier de fumaison de saumon à Crickhowell, explique la démarche : "Nous voulons payer nos impôts mais nous croyons fermement que les grandes compagnies devraient également payer leur juste part. Le montage que nous avons trouvé devrait montrer que les petits commerces, s'ils se regroupent, peuvent payer moins d'impôts en imitant les stratégies utilisées par les multinationales. Nous voulons que cela sonne comme une menace pour le gouvernement, pour le pousser à combler les lacunes de la législation fiscale".

 

Le café du village contre Starbucks

Le propriétaire du café du village se sent tout à fait concerné. "J’ai toujours payé chaque centime des impôts que je devais, et je n’ai aucun problème avec ça. Ce qui ne me convient pas, c’est que mes énormes concurrents ne payent pas les leurs." En ligne de mire : Starbucks et Caffè Nero, deux chaines extrêmement présentes en Grande Bretagne qui ne payent quasi aucun impôt, grâce à un montage fiscal basé sur des filiales.

 

Ces chaines de café se débrouillent ainsi pour afficher des résultats négatifs dans tous les pays d’Europe depuis des années, mais un bilan global extrêmement bénéficiaire. Chaque enseigne estampillé Starbucks ou Caffè Nero paye à une première filiale, basée en Irlande, au moins 20 % de ses résultats au titre de propriété intellectuelle (pour l’utilisation de la marque et du concept). Sur cette île, les bénéfices liés aux « royalties » ne sont pas imposés. Chaque café doit ensuite obligatoirement acheter ses matières premières au prix fort dans une autre filiale extrêmement rentable. C’est ainsi que la Suisse, pays très généreux en matière d’impôt sur les bénéfices, est devenu un leader européen en matière de vente de grains de café… Résultat, Starbucks est déficitaire en France comme au Royaume-Uni, donc n'y paye que très peu d'impôts, mais réalise un bénéfice net de plus de 2 milliards d'euros au global.

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 16:58

Sylvie* ne s’attendait pas à trouver la brigade anti-criminalité devant son domicile. Ce 5 novembre, à 11h, cette femme de 59 ans est arrêtée et placée sept heures en garde à vue. Motif : sa participation le matin même, avec 21 autres militants, à une réquisition de cinq chaises dans une agence de la Société générale de Bordeaux. Un braquage citoyen : cette action répond à un appel à la désobéissance civile, lancé par plusieurs personnalités, pour « en finir avec l’évasion fiscale » et dégager des financements publics « pour des politiques de transition écologique et social »

 

L’objectif est de réquisitionner 196 chaises au sein des banques qui comptent des filiales dans les paradis fiscaux : une chaise pour chaque État et groupe d’États représentés au sein des négociations sur le climat lors de la COP21. Les chaises « réquisitionnées » serviront à organiser une action pour dénoncer l’immobilisme des États et mobiliser les citoyens sur le sujet. Pourquoi la Société générale est-elle visée en particulier ? Selon le Tax Justice Network, la banque française a « multiplié par trois le nombre de ses filiales situées dans des paradis fiscaux », détenant désormais 787 sociétés « offshore », rappellent les Amis de la Terre dans un communiqué (lire notre enquête : Évasion fiscale, fraudes et manipulations : découvrez le casier judiciaire de votre banque).

 

« Les moyens déployés pour des chaises sont ahurissants »

En réaction à la réquisition de ses chaises, l’agence bordelaise a déposé plainte pour « vol en réunion », indiquent les policiers de la Bac à Sylvie au moment de son arrestation. Elle est la seule militante interpellée à l’issue de l’action, réalisée une heure plus tôt à visage découvert. Propriétaire de la camionnette dans lequel ont été placées les cinq chaises, elle a probablement été identifiée par sa plaque d’immatriculation. « La seule question qui préoccupait la police, c’était qu’elle puisse donner l’identité des gens ayant procédé à la réquisition des chaises », indique un proche, contacté par Basta !. « Elle a rappelé qu’elle agissait dans le cadre d’une action civique et citoyenne et n’a pas donné les noms. Ils sont revenus à plusieurs reprises pendant la garde à vue lui poser la même question. »

 

Une perquisition de son domicile, en présence de Sylvie, a lieu l’après-midi en vue de vérifier si les chaises sont chez elle. Aucune ne s’y trouve. Sylvie est finalement libérée à 18h sans poursuite immédiate. La police annonce continuer l’enquête pour identifier les mystérieux participants à l’action et retrouver le précieux butin... « Les moyens déployés suite à cette réquisition de chaises sont ahurissants », déplore son entourage. « On aimerait une réaction aussi incisive pour lutter contre l’évasion fiscale. » En France, la fraude fiscale représente un manque à gagner pour les fonds publics de 60 à 80 milliards d’euros, et atteindrait 2000 milliards d’euros au niveau européen.

 

Vingt réquisitions similaires de chaises ont été menées dans des agences de BNP ou de HSBC, pour un butin de 109 chaises. Avec un message : « L’argent pour le climat existe, il est dans les paradis fiscaux ». Les dangereux braqueurs à visage découvert de ces précédents hold-up ont été convoqués à de multiples reprises au commissariat, en particulier les militants de l’association Bizi !, à Bayonne, suite à une réquisition au sein d’une agence HSBC. « On attend de voir quand la police mettra les mêmes moyens pour lutter contre les banques qui organisent l’évasion fiscale et qui privent les finances publiques de milliards d’euros. On voit qu’il y a deux poids deux mesures selon qu’on réquisitionne des chaises à visage découvert, où qu’on vole des milliards », s’insurge Jon Palais, porte-parole d’Action non-violente COP21.

 

@Sophie_Chapelle dans Bastamag

 

*Le prénom a été modifié

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