Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Réagir - Blog militant de joseph coutant
  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
  • Contact

Rechercher

Tags

5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 22:24

Les distributions de dividendes dans le monde ont explosé de 7,7 % en un an. C’est historique, selon le cabinet de gestion d’actifs Janus Henderson, qui scrute trimestriellement les 1 200 plus grosses entreprises au monde. Celles-ci versent à elles seules 90 % du total des dividendes. Le cabinet publie chaque année un genre d’indice du bonheur des actionnaires, le JHGDI (indice Janus Henderson des dividendes mondiaux). Et il n’a jamais été aussi haut, à 171,2. « Ce qui signifie que les dividendes ont augmenté de quasiment trois quarts depuis 2009 », se réjouit Janus Henderson dans sa dernière édition parue en février.

 

Pas moins de 11 pays, parmi les plus grosses économies mondiales, ont battu leurs records historiques de distribution. « Ce qui est frappant dans cette étude, c’est le caractère assez global de la hausse des dividendes, souligne justement l’économiste Dominique Plihon, membre du conseil scientifique d’Attac. On est bien dans un capitalisme financiarisé mondialisé, dominé par le rôle de plus en plus central accordé à l’actionnaire. »

 

« Le fait que le secteur financier distribue le plus de dividendes est totalement à l’image de notre capitalisme actuel, explique Dominique Plihon. Et la France est le pays européen qui en distribue le plus (42,7 milliards d’euros), bien davantage que l’Allemagne (31,2 milliards d’euros). Ce qui est symptomatique du fait que nous avons une économie plus financiarisée, avec de très grandes banques notamment. »

 

Ces distributions spectaculaires de dividendes en 2017 sont à mettre en parallèle avec la croissance des inégalités dans le monde, En 2017 il y a eu une augmentation du nombre de milliardaires la plus importante de l’histoire contemporaine grâce aux revenus financiers, alors que 90 % de la population n’en bénéficient pas.

 

Les dirigeants parlent sans cesse des coûts salariaux, mais c'est bien le coût du capital qui est le vrai problème.

 

La France est le pays européen qui distribue le plus de dividendes
Partager cet article
Repost0
30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 16:58

J'ai déjà eu l'occasion de parler des frères Bocquet sur mon blog dans le cadre de leur lutte contre l'évasion fiscale. Tous deux rapporteurs de commissions d'enquêtes parlementaires sur cette question, ils ont également publié un livre  "Sans domicile fisc" où ils décryptent et démontent les mécanismes de spéculation.

 

Les élus communistes Alain et Eric Bocquet ont reçu le vendredi 26 janvier le prix Anticor de l’éthique, venant récompenser leur « combat pour l’égalité des citoyens devant l’impôt ». « Il y a eu unanimité pour vous remettre ce prix afin de saluer votre combat contre la fraude fiscale », a lancé Lionel Bretonnet, administrateur d’Anticor, association fondée en 2002 pour lutter contre la corruption. L’apport des travaux parlementaires des deux frères (Alain a été député jusqu’en 2017, Eric est toujours sénateur), et de leur ouvrage "Sans domicile fisc", pour dénoncer le fléau de la fraude fiscale a été souligné par les organisateurs.

 

« On continue notre tournée, sans paillette, partout en France autour du livre », a raconté Eric Bocquet. « Il est primordial de sonner l’alerte. La fraude fiscale coûte 80 milliards d’euros par an à la France, soit plus que son déficit, au nom duquel on nous impose une austérité qui mine partout notre société ».

 

L’action déterminée des deux élus pour supprimer le verrou de Bercy (qui place le ministre du Budget au dessus de la justice en matière de poursuites contre la fraude fiscale), leur proposition de COP de la finance mondiale et de la fiscalité, ou encore leur volonté d’ajouter des normes fiscales obligatoires dans l’attribution de marchés publics ont aussi été vivement appréciées par Anticor.

 

Si certains se demandent à quoi peuvent servir des élus communistes, en voici un élément de réponse.

 

Partager cet article
Repost0
24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 18:09

L'Europe avait promis une liste crédible des Paradis Fiscaux. Au rythme de ses révisions, il n'y aura bientôt plus un seul pays dans la liste noire des paradis fiscaux. Ne restent plus que les Samoa, Samoa américaines, île de Guam, Bahreïn, îles Marshall, Namibie, Palaos, Ste LUcie et Trinité-et-Tobago. Ne cherchez pas, il n'y a même plus le Panama, oublié les Panama's Papers.

Les ministres européens des finances se moquent vraiment du monde.

Ci-dessous l'article de Thomas Lemahieu dans l'Humanité

Paradis fiscaux, où ça ???
Partager cet article
Repost0
6 décembre 2017 3 06 /12 /décembre /2017 08:29

« La liste des paradis fiscaux publiée hier par l'UE serait une plaisanterie si elle n'était pas une insulte aux peuples et à la démocratie!!. » C'est par ces mots sur son compte twitter que le sénateur communiste Eric Bocquet réagit à la liste promise par l'UE sur les paradis fiscaux. C'est un sujet qu'il connait, puisqu'il a été rapporteur de deux commissions d’enquête du Sénat, en 2012 et 2013, sur l’évasion des capitaux, puis sur le rôle des banques dans l’évasion des ressources financières. Avec son frère Alain, qui a été corapporteur, en octobre 2013, d'une mission d'information de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale sur les paradis fiscaux, ils ont publié l'ouvrage "Sans domicile fisc" faisant le décryptage et le démontage des paradis fiscaux. Ils analysent les mécanismes de spéculation et préconisent des mesures directes concrètes pour la France, pour l'Europe, pour le monde.

 

Malheureusement, après le scandale des Panama Papers et des Paradise Papers, ce n'est pas la voie prise par l'UE. Pour Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, à la Fiscalité et à l'Union douanière, "il n'y a pas de paradis fiscal à l'intérieur de l'Union européenne". L'ancien ministre socialiste de l'Économie et des Finances ajoute, « on ne peut pas qualifier tel ou tel pays de l'Union européenne de paradis fiscal au même titre que les pays qui sont sur la liste et qui ont refusé de prendre tout engagement. »

 

Les 17 désignés sont dans les Caraïbes : Sainte-Lucie, Grenade, la Barbade, Trinidad et Tobago. En Amérique centrale, Panama. Dans le Pacifique, plusieurs îles et archipels, souvent de très petits territoires. Épinglés aussi : la Corée du Sud, la Mongolie, Macao, les Émirats arabes unis, Bahreïn, mais aussi la Tunisie et la Namibie.

 

Mais sont exclus de cette liste des pays comme l'Irlande, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Suisse, les Iles Caïman, Hong-Kong, l'île de Man, les Bermudes, Bahamas, Gibraltar, Taiwan, Singapour, Delaware, Albanie, Jersey etc.

 

Et pas de sanctions, elles restent à définir, aucune pénalité n'est décidée.

 

L'UE et l'évasion fiscale, c'est du genre « Attention à vous, on va faire un malheur ». Quoi ? Non, rien ! On ne sait ni quand ni comment, et on voudrait nous faire croire qu'il y a une lutte de menée contre l'évasion fiscale ... Je sais bien qu'on approche de la période, mais vous croyez encore au père Noël ?

 

Partager cet article
Repost0
22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 16:52

Les dividendes versés aux actionnaires dans le monde ont bondi de 14,5% au troisième trimestre 2017 pour atteindre 328,1 milliards de dollars, représentant un record en termes de paiements.

 

Dans le même temps, même si l'extrême pauvreté recule, selon ATD Quart Monde, 2,8 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, vivent avec moins de 2 dollars par jour.

 

Est-ce pour autant que les gouvernements prennent une autre orientation ? En France, le ministre de l'économie Bruno Le Maire concédait : "Nous disons : 'l'économie française a besoin de capital', eh bien, on taxe moins le capital. Nous disons 'l'économie française doit investir', nous lui donnons les moyens d'investir.". Même s'il ne prononce pas le mot ruissellement, c'est bien l'idée qu'il défend. Cette expression était apparue avec Thatcher et Reagan : "Donner les réductions d'impôts aux tranches supérieures, aux individus les plus riches et aux plus grandes entreprises, et laisser les bons effets 'ruisseler' à travers l'économie pour atteindre tout le monde." Cette fable des années 1980, même le FMI n'y croit plus. Et pourtant c'est l'orientation prise par le gouvernement Macron.

 

Les entreprises optimisent leurs bénéfices, notamment en allégeant le plus possible leur charge fiscale, privant ainsi les États des ressources essentielles pour financer les politiques et les services nécessaires pour réduire les inégalités. Et ce n'est pas le dernier scandale des Paradise Papers qui peut me contredire.

 

Mais tant que les gens voteront pour les candidats qui mènent ces politiques économiques centrées sur la finance et non sur l'humain, la seule théorie du ruissellement qui vaudra pour nous, sera celle illustrée par le dessin ci-dessous.

Vous croyez à la théorie du ruissellement ?
Partager cet article
Repost0
13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 08:34

Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a contribué à révéler le scandale des "Paradise Papers", l'utilisation de sociétés écrans par des personnalités, pour mettre leur fortune dans des paradis fiscaux, via des pratiques d'optimisation fiscale. En France, le journal Le Monde est un partenaire de l'ICIJ.

 

Alors n'est-il pas paradoxal que le journal Le Monde qui contribue à ces révélations et dénonce comme une faute morale ces pratiques, propose parallèlement dans ses pages un dossier pour échapper au maximum à l'impôt sur la fortune.

 

C'est ce qu'on peut appeler un langage de Tartuffe ?

Evasion fiscale, le double langage
Partager cet article
Repost0
7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 16:10

Cela fait 1 an que les frères Bocquet, deux élus communistes du Nord l'un député l'autre sénateur, sortaient le livre "Sans domicile fisc". Évasion, optimisation et fraude fiscale font perdre chaque année entre 60 et 100 milliards d'euros au budget de la France et plus de 1 000 milliards en Europe.

Ce sont à présent les révélations sur les Paradise Papers. Il est plus que temps d'en finir avec l'indécence de l'évasion fiscale.

Il y a eu HSBC, UBS, les Offshore Leaks, les LuxLeaks, les SwissLeaks, les Panama Papers et aujourd'hui les Paradise Papers ...

Comme le demandent les députés communistes, le gouvernement doit prendre ses responsabilités, et rapidement. La réponse n'est pas en supprimant 3000 postes au contrôle fiscal comme l'ont fait les gouvernements successifs depuis 2010. Où est la volonté politique à lutter contre l'évasion fiscale ?  Ça suffit !

Le gouvernement va t-il se décider à agir contre la finance ?
Le gouvernement va t-il se décider à agir contre la finance ?
Partager cet article
Repost0
30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 18:05

Des éléments accablants ont mis en lumière les liens entre le groupe industriel Lafarge et l’organisation terroriste Daesh. Dans un communiqué fin mars 2017, le groupe a d'ailleurs reconnu avoir financé « indirectement » des groupes armés syriens pour conserver son activité dans le pays en 2013 et 2014. Par ailleurs, plusieurs dirigeants auraient reconnu que des versements auraient été effectués, jusqu'à 100 000 dollars par mois.

 

Dans un courrier adressé mi-octobre au 1er ministre, le député communiste de Seine-Maritime Jean-Paul Lecoq, rappelle que sur la même période, « ce groupe industriel a bénéficié en France de fonds publics, notamment dans le cadre du CICE. » ce qui ne l'a pas empêché d'appliquer un plan social récemment, aucunement motivé par de prétendues difficultés financières ou industrielles. Lafarge, numéro un mondial du ciment, se livre à des délocalisations et des licenciements qui nuisent aux intérêts de notre pays, malgré son excellente santé financière.

 

Aussi le député communiste « demande d'envisager la nationalisation de ce groupe pour préserver l'outil industriel et ses emplois en France, ce qui ne dispenserait en rien les responsables de ces délits de répondre pénalement de leurs actes ».

 

Comment ne pas faire un parallèle avec le fondateur et patron de Renault pendant la seconde guerre mondiale ? Louis Renault avait collaboré avec les nazis. Le 16 janvier 1945, une ordonnance du Gouvernement provisoire de la République française, présidé par le général de Gaulle, prononçait la saisie, la dissolution et la nationalisation de la société Renault. Cette mesure avait permis de sauvegarder l'outil industriel mis au service de l'occupant tout en punissant les responsables coupables de collaboration avec l'ennemi.

 

Alors qu'attend le gouvernement pour prendre une telle mesure à l'encontre de Lafarge ?

 

Partager cet article
Repost0
29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 23:17

«On nous raconte que les caisses de l’État sont vides, qu’il y a une dérive insupportable des dépenses publiques. C’est une contre-vérité ». Voilà les propos que tenait l’économiste Dominique Plihon, lors de la présentation du rapport « Rendez l’argent ! », réalisé par Attac. Ce rapport présente six propositions pour « récupérer » plus de 200 milliards d’euros d’argent public en France et par an.

 

Oxfam, association de solidarité internationale, rappelle qu'en France, la perte due à l’évasion fiscale des entreprises et des particuliers est estimée entre 60 et 80 milliards d’euros, soit plus que le budget de l’Éducation nationale. Pour les pays en développement, l’évasion fiscale des multinationales se chiffre à plus de 100 milliards de dollars par an. En refusant de payer leur juste part d’impôt, les grandes entreprises, dont les banques, privent les États de recettes fiscales nécessaires aux financements des services publics.

 

Faut-il rappeler qu'en France, 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté ! Qu'il y a plus de 140 000 SDF dont plus de 30 000 enfants ! Qu'il y a plus de 6 millions de chômeurs ! Le journal La Croix publiait il y a un peu plus d'une semaine les noms des personnes, adultes ou enfants, morts dans les rues de France en 2016. Ils sont au nombre de 501, et probablement bien plus nombreux assure le journal. La liste comprend 46 femmes et 11 mineurs (6 avaient moins de 5 ans).

 

La même semaine le magazine économique américain Forbes publiait le classement des milliardaires français en 2017, au sein d’un palmarès mondial qui recense précisément 2 043 personnalités. La richesse nette totale de l’ensemble des « heureux élus » s’élève à 7 670 milliards de dollars, soit une progression conséquente de l’ordre de 18 % par rapport au palmarès 2016.

 

Pour les entreprises du CAC 40, les résultats sont exceptionnels. Le CAC 40 a généré un profit de 75,8 milliards d'euros en 2016. Les grands groupes français retrouvent leur niveau de 2012. Au fait, le taux réel d'impôt sur les sociétés du CAC 40 n'est que de 7% alors qu'il est de 30% pour les PME.

 

Alors disons NON aux Fillon, Macron ou Le Pen qui s'en prennent aux dépenses publiques et disent qu'il y a  trop de dépenses en solidarité (eux emploient le mot assistanat). Utilisons lors de la présidentielle le bulletin Jean-Luc Mélenchon qui veut redonner le pouvoir au Peuple et s'attaquer résolument à cette finance qui dicte ses lois dans notre économie. OUI à une autre répartition des richesses. 

 

 

NON il n'y a pas trop de dépense publique, l'argent il y en a, à condition de le prendre où il se trouve
Partager cet article
Repost0
28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 18:49

[Communiqué Attac]

« I want my money back » : c’est la fameuse formule de Margaret Thatcher en 1979 qui réclama et obtint une « ristourne » de la quote-part du Royaume-Uni au budget européen. Aujourd’hui, « we want our money back » : nous demandons que les centaines de milliards d’euros confisqués par l’évasion fiscale, par le Crédit impôt compétitivité emploi (CICE), par une fiscalité trop généreuse à l’égard des plus riches, par l’absence de taxe sur les transactions financières… nous soient restitués ! Et qu’ils servent aux urgences sociales et écologiques, à la réhabilitation des services publics, à la création des dizaines de milliers d’emplois nécessaires à la transition écologique ou encore au respect du droit au logement et à la solidarité internationale..

« Les caisses de l’État sont vides », « je dirige un État en situation de faillite » : ce refrain revient avec chaque plan d’austérité budgétaire et salariale, chaque renoncement à l’action écologique. Pour François Fillon, la « dérive de la dépense publique » justifierait 100 milliards de coupes sur 5 ans. Emmanuel Macron et Marine Le Pen n’en proposent « que » 60 milliards. Ce qui veut dire diminuer le nombre de postes de fonctionnaires, couper les vivres aux collectivités locales, reculer encore l’âge de la retraite (François Fillon) ou supprimer la Sécurité sociale pour les étrangers arrivant en France (Marine Le Pen et François Fillon).

Fin février, un rapport commandité par l’Institut de l’entreprise demande à nouveau de « réduire la dépense publique pour renouer avec la prospérité » : il a été rédigé par Michel Pébereau, ex-président de BNP Paribas, la banque n°1 de l’évasion fiscale.

En réalité, de l’argent, il y en a beaucoup, concentré entre quelques mains. L’actuel président de la République, autoproclamé « ennemi de la finance », n’a quasiment rien fait pour le récupérer. Pire, il a offert aux entreprises plus de 40 milliards de cadeaux fiscaux supplémentaires. Exaspérée, une partie des classes populaires se réfugie dans l’abstention ou, comme aux États-Unis, dans un vote nationaliste et raciste.

Pourtant, rien n’oblige à détruire l’emploi et les droits sociaux, à appauvrir les services publics ou à bloquer les investissements dont nous avons désespérément besoin pour engager la transition. L’argent est là, accumulé, dissimulé, évadé par les plus riches et les multinationales. L’impôt, qui devrait être vu comme une « contribution citoyenne », est discrédité par la fraude et l’évasion auxquelles se livrent les privilégiés. L’injustice fiscale sape les fondements du contrat social.

Contrairement au discours dominant, il n’y a pas eu de « dérapage » des dépenses publiques, qui sont restées stables depuis 25 ans, autour de 55 % du PIB. Le niveau élevé des dépenses publiques en France correspond à un choix de société, auquel la population est attachée, avec une éducation et une santé publiques. Evidemment toute dépense publique n’est pas bonne par principe et on ne doit pas se passer d’un examen des dépenses inutiles. Certaines sont certainement à réorienter ou à supprimer. Mais il est indispensable de rappeler une réalité trop souvent ignorée : si les déficits et la dette ont flambé, c’est que les recettes publiques ont été progressivement érodées par les cadeaux fiscaux, l’évasion et la concurrence fiscales.

Dans ce rapport, nous montrons qu’il est possible de récupérer plus de 200 milliards d’euros par an. Comment ? Par des mesures balisées et crédibles, qui pourraient être mises en œuvre par un gouvernement volontariste et poussé par les citoyen·ne·s, associations, mouvements et syndicats mobilisé·e·s en ce sens. Ce rapport en dresse une liste, non exhaustive :

  • une lutte efficace contre l’évasion fiscale (80 milliards d’euros)
  • une taxation de l’ensemble des transactions financières (36 milliards d’euros)
  • la suppression des niches fiscales les plus injustes et inefficaces (15 milliards d’euros, hors Pacte de responsabilité et CICE)
  • parmi ces niches, en particulier, la suppression du Pacte de responsabilité et du CICE (40 milliards d’euros)
  • des réformes fiscales visant une plus juste distribution des revenus et des richesses (20 milliards d’euros)
  • la suppression des subventions directes et indirectes aux énergies fossiles (10 milliards d’euros)

À toutes ces mesures il faut ajouter la nécessaire restructuration de la dette publique française : annuler la part de la dette détenue par les fonds spéculatifs, restructurer l’autre part détenue par des fonds de retraite et des épargnants moyens et petits, permettrait d’économiser une part substantielle de la charge des intérêts (environ 50 milliards d’euros par an) et de protéger l’État français de la pression des marchés financiers.

Une autre source importante d’argent public à récupérer est constituée par les grands projets inutiles (GPI), qui concernent les autoroutes, aéroports, réseaux ferrés, etc. Réalisés le plus souvent dans le cadre de partenariats public privé (PPP), ces GPI représentent un surcoût considérable pour l’État et les collectivités publiques, sous forme de redevances exorbitantes payées à des grands groupes comme Vinci. Remettre en cause ces GPI et PPP serait un moyen efficace de récupérer l’argent du contribuable. 100 millions récupérés grâce à l’arrêt d’un GPI tel que la LGV Lyon-Turin représentent le coût de deux collèges ou d’un parc éolien permettant d’alimenter en électricité plus de 100 000 habitants.

Ces dizaines de milliards d’euros susceptibles d’être récupérés par une restructuration de la dette publique et par un arrêt des GPI ne sont pas comptabilisés dans les 200 milliards d’euros à récupérer chaque année, mais peuvent utilement les compléter. In fine, cet argent permettrait de réellement changer la donne pour l’ensemble des citoyen·ne·s, s’ils étaient alors affectés aux urgences sociales et écologiques, à la consolidation de services publics de qualité, à la création des dizaines de milliers d’emplois nécessaires à la transition écologique ou encore au respect du droit au logement ou à la solidarité internationale.

Partager cet article
Repost0