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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 23:17

«On nous raconte que les caisses de l’État sont vides, qu’il y a une dérive insupportable des dépenses publiques. C’est une contre-vérité ». Voilà les propos que tenait l’économiste Dominique Plihon, lors de la présentation du rapport « Rendez l’argent ! », réalisé par Attac. Ce rapport présente six propositions pour « récupérer » plus de 200 milliards d’euros d’argent public en France et par an.

 

Oxfam, association de solidarité internationale, rappelle qu'en France, la perte due à l’évasion fiscale des entreprises et des particuliers est estimée entre 60 et 80 milliards d’euros, soit plus que le budget de l’Éducation nationale. Pour les pays en développement, l’évasion fiscale des multinationales se chiffre à plus de 100 milliards de dollars par an. En refusant de payer leur juste part d’impôt, les grandes entreprises, dont les banques, privent les États de recettes fiscales nécessaires aux financements des services publics.

 

Faut-il rappeler qu'en France, 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté ! Qu'il y a plus de 140 000 SDF dont plus de 30 000 enfants ! Qu'il y a plus de 6 millions de chômeurs ! Le journal La Croix publiait il y a un peu plus d'une semaine les noms des personnes, adultes ou enfants, morts dans les rues de France en 2016. Ils sont au nombre de 501, et probablement bien plus nombreux assure le journal. La liste comprend 46 femmes et 11 mineurs (6 avaient moins de 5 ans).

 

La même semaine le magazine économique américain Forbes publiait le classement des milliardaires français en 2017, au sein d’un palmarès mondial qui recense précisément 2 043 personnalités. La richesse nette totale de l’ensemble des « heureux élus » s’élève à 7 670 milliards de dollars, soit une progression conséquente de l’ordre de 18 % par rapport au palmarès 2016.

 

Pour les entreprises du CAC 40, les résultats sont exceptionnels. Le CAC 40 a généré un profit de 75,8 milliards d'euros en 2016. Les grands groupes français retrouvent leur niveau de 2012. Au fait, le taux réel d'impôt sur les sociétés du CAC 40 n'est que de 7% alors qu'il est de 30% pour les PME.

 

Alors disons NON aux Fillon, Macron ou Le Pen qui s'en prennent aux dépenses publiques et disent qu'il y a  trop de dépenses en solidarité (eux emploient le mot assistanat). Utilisons lors de la présidentielle le bulletin Jean-Luc Mélenchon qui veut redonner le pouvoir au Peuple et s'attaquer résolument à cette finance qui dicte ses lois dans notre économie. OUI à une autre répartition des richesses. 

 

 

NON il n'y a pas trop de dépense publique, l'argent il y en a, à condition de le prendre où il se trouve

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 18:49

[Communiqué Attac]

« I want my money back » : c’est la fameuse formule de Margaret Thatcher en 1979 qui réclama et obtint une « ristourne » de la quote-part du Royaume-Uni au budget européen. Aujourd’hui, « we want our money back » : nous demandons que les centaines de milliards d’euros confisqués par l’évasion fiscale, par le Crédit impôt compétitivité emploi (CICE), par une fiscalité trop généreuse à l’égard des plus riches, par l’absence de taxe sur les transactions financières… nous soient restitués ! Et qu’ils servent aux urgences sociales et écologiques, à la réhabilitation des services publics, à la création des dizaines de milliers d’emplois nécessaires à la transition écologique ou encore au respect du droit au logement et à la solidarité internationale..

« Les caisses de l’État sont vides », « je dirige un État en situation de faillite » : ce refrain revient avec chaque plan d’austérité budgétaire et salariale, chaque renoncement à l’action écologique. Pour François Fillon, la « dérive de la dépense publique » justifierait 100 milliards de coupes sur 5 ans. Emmanuel Macron et Marine Le Pen n’en proposent « que » 60 milliards. Ce qui veut dire diminuer le nombre de postes de fonctionnaires, couper les vivres aux collectivités locales, reculer encore l’âge de la retraite (François Fillon) ou supprimer la Sécurité sociale pour les étrangers arrivant en France (Marine Le Pen et François Fillon).

Fin février, un rapport commandité par l’Institut de l’entreprise demande à nouveau de « réduire la dépense publique pour renouer avec la prospérité » : il a été rédigé par Michel Pébereau, ex-président de BNP Paribas, la banque n°1 de l’évasion fiscale.

En réalité, de l’argent, il y en a beaucoup, concentré entre quelques mains. L’actuel président de la République, autoproclamé « ennemi de la finance », n’a quasiment rien fait pour le récupérer. Pire, il a offert aux entreprises plus de 40 milliards de cadeaux fiscaux supplémentaires. Exaspérée, une partie des classes populaires se réfugie dans l’abstention ou, comme aux États-Unis, dans un vote nationaliste et raciste.

Pourtant, rien n’oblige à détruire l’emploi et les droits sociaux, à appauvrir les services publics ou à bloquer les investissements dont nous avons désespérément besoin pour engager la transition. L’argent est là, accumulé, dissimulé, évadé par les plus riches et les multinationales. L’impôt, qui devrait être vu comme une « contribution citoyenne », est discrédité par la fraude et l’évasion auxquelles se livrent les privilégiés. L’injustice fiscale sape les fondements du contrat social.

Contrairement au discours dominant, il n’y a pas eu de « dérapage » des dépenses publiques, qui sont restées stables depuis 25 ans, autour de 55 % du PIB. Le niveau élevé des dépenses publiques en France correspond à un choix de société, auquel la population est attachée, avec une éducation et une santé publiques. Evidemment toute dépense publique n’est pas bonne par principe et on ne doit pas se passer d’un examen des dépenses inutiles. Certaines sont certainement à réorienter ou à supprimer. Mais il est indispensable de rappeler une réalité trop souvent ignorée : si les déficits et la dette ont flambé, c’est que les recettes publiques ont été progressivement érodées par les cadeaux fiscaux, l’évasion et la concurrence fiscales.

Dans ce rapport, nous montrons qu’il est possible de récupérer plus de 200 milliards d’euros par an. Comment ? Par des mesures balisées et crédibles, qui pourraient être mises en œuvre par un gouvernement volontariste et poussé par les citoyen·ne·s, associations, mouvements et syndicats mobilisé·e·s en ce sens. Ce rapport en dresse une liste, non exhaustive :

  • une lutte efficace contre l’évasion fiscale (80 milliards d’euros)
  • une taxation de l’ensemble des transactions financières (36 milliards d’euros)
  • la suppression des niches fiscales les plus injustes et inefficaces (15 milliards d’euros, hors Pacte de responsabilité et CICE)
  • parmi ces niches, en particulier, la suppression du Pacte de responsabilité et du CICE (40 milliards d’euros)
  • des réformes fiscales visant une plus juste distribution des revenus et des richesses (20 milliards d’euros)
  • la suppression des subventions directes et indirectes aux énergies fossiles (10 milliards d’euros)

À toutes ces mesures il faut ajouter la nécessaire restructuration de la dette publique française : annuler la part de la dette détenue par les fonds spéculatifs, restructurer l’autre part détenue par des fonds de retraite et des épargnants moyens et petits, permettrait d’économiser une part substantielle de la charge des intérêts (environ 50 milliards d’euros par an) et de protéger l’État français de la pression des marchés financiers.

Une autre source importante d’argent public à récupérer est constituée par les grands projets inutiles (GPI), qui concernent les autoroutes, aéroports, réseaux ferrés, etc. Réalisés le plus souvent dans le cadre de partenariats public privé (PPP), ces GPI représentent un surcoût considérable pour l’État et les collectivités publiques, sous forme de redevances exorbitantes payées à des grands groupes comme Vinci. Remettre en cause ces GPI et PPP serait un moyen efficace de récupérer l’argent du contribuable. 100 millions récupérés grâce à l’arrêt d’un GPI tel que la LGV Lyon-Turin représentent le coût de deux collèges ou d’un parc éolien permettant d’alimenter en électricité plus de 100 000 habitants.

Ces dizaines de milliards d’euros susceptibles d’être récupérés par une restructuration de la dette publique et par un arrêt des GPI ne sont pas comptabilisés dans les 200 milliards d’euros à récupérer chaque année, mais peuvent utilement les compléter. In fine, cet argent permettrait de réellement changer la donne pour l’ensemble des citoyen·ne·s, s’ils étaient alors affectés aux urgences sociales et écologiques, à la consolidation de services publics de qualité, à la création des dizaines de milliers d’emplois nécessaires à la transition écologique ou encore au respect du droit au logement ou à la solidarité internationale.

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 18:02

En amont du forum économique mondial à Davos, qui réunit quelques 3.000 leaders économiques et politiques mondiaux, l'association Oxfam (association de solidarité internationale qui agit sur les causes de la pauvreté et des injustices) a publié un rapport pour « Une économie au service des 99 % ». Ce rapport révèle que huit personnes dans le monde détiennent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Vous avez bien lu, 8 milliardaires possèdent autant de richesses que les 3,6 milliards de personnes les plus pauvres du monde. Les plus fortunés accumulent ces richesses à un tel rythme, que le premier « super-milliardaire » du monde pourrait voir son patrimoine dépasser le millier de milliards de dollars dans 25 ans à peine. Pour mettre ce chiffre en perspective, Oxfam a calculé qu’il lui faudrait débourser un million de dollars par jour pendant 2 738 ans pour pouvoir dépenser 1 000 milliards de dollars.

 

La France n’échappe pas à ce constat et ne marche pas davantage vers plus d’égalité. En 2016, 21 milliardaires français[1] possèdent autant que les 40 % les plus pauvres de la population française.

 

Cette tendance a l'enrichissement des plus riches est confirmée par le journal Les Echos du mardi 10 janvier qui révèle que « Les entreprises du CAC 40 ont distribué aux actionnaires 56 milliards en 2016 ». Ce n'est pas un record mais presque, puisque ce chiffre se rapproche des 57,1 milliards distribués en 2007, juste avant la crise financière. Et l'article poursuit avec une bouffée d’optimisme, envisageant qu'en 2017, les dividendes distribués par le CAC 40 au titre de 2016 pourraient encore progresser au vu de la hausse de 11 % des profits au premier semestre.

 

A tous ceux qui vont nous expliquer durant la campagne présidentielle que le coût du travail est trop élevé, que le SMIC est un frein à l'embauche, qu'il faut flexibiliser, restructurer, donner plus de libertés aux entreprises sinon il faudra délocaliser etc. eh bien, il y a une réponse : S'attaquer à la loi de la finance pour une plus juste répartition, et la première solution est un changement radical de notre système. Il faut avoir le courage de s'attaquer au capitalisme. Pour commencer, il y aura le bulletin de vote J-L Mélenchon, et ensuite il faudra envoyer à l'assemblée nationale des députés qui auront le même esprit et qui seront notre relais.

 

 

[1] Les 21 milliardaires français les plus riches sont, en ordre décroissant de leur patrimoine net :

Liliane Bettencourt : héritière de la marque de cosmétiques l’Oréal ; Bernard Arnault : propriétaire du groupe de luxe LVMH ; Serge Dassault : président du groupe aéronautique Dassault ; Francois Pinault : fondateur de Kering un des leaders mondiaux de l'habillement et des accessoires ; Alain Wertheimer et Gerard Wertheimer : propriétaires de Chanel et des cosmétiques Bourjois ; Xavier Niel : fondateur du fournisseur d’accès internet et opérateur mobile Free ; Emmanuel Besnier : PDG de Lactalis ; Jean-Claude Decaux : fondateur de la société JCDecaux ; Patrick Drahi : président-fondateur du consortium luxembourgeois Altice, principal actionnaire du groupe SFR, de Virgin Mobile; Vincent Bolloré : PDG du groupe Bolloré et à la tête des conseils de surveillance de Vivendi et du groupe Canal+ ; Pierre Bellon : fondateur et président d'honneur de Sodexo ; Carrie Perrodo, propriétaire et co-fondatrice du groupe pétrolier Perenco, Martin & Olivier Bouygues : respectivement PDG et Directeur général délégué du groupe Bouygues ; Michel Leclercq : fondateur de Decathlon ; Alain Merieux : fondateur de bioMérieux, leader mondial de la microbiologie ; Bernard Fraisse, fondateur de Fareva, important sous-traitant pharmaceutique ; Marie Besnier Beauvalot, une des héritières du groupe Lactalis ; Jean-Michel Besnier : un des héritiers du groupe Lactalis ; Jean Pierre Cayard : directeur de la Martiniquaise, spécialisée dans la fabrication et la distribution de vins et spiritueux ; Louis Le Duff : fondateur du Groupe Le Duff, qui regroupe des enseignes de restauration et d'alimentation telles que Brioche Dorée, Del Arte, Bridor, etc.

 

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 18:37

L'année 2016 se termine, et, sans surprise dans ce monde capitaliste, les chiffres confirment que l'année 2016 aura mieux réussi aux plus riches de la planète que 2015. Selon le groupe financier américain Bloomberg, les 500 personnes les plus riches du monde ont gagné 237 milliards de dollars au total en 2016. À eux-seuls, les 500 plus riches détenaient le 27 décembre dernier 4 400 milliards de dollars, soit 5,7% de plus qu'il y a un an.

 

Et parmi ceux-ci, c'est le milliardaire Warren Buffett qui a remporté la mise la plus grosse, avec 11,8 milliards de dollars supplémentaires engrangés en 2016, portant sa fortune à 74,1 milliards de dollars. C'est lui qui avait déclaré « Il y a une guerre des classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner. »

 

L'homme le plus riche de la planète demeure Bill Gates avec une fortune s'élevant à 91,5 milliards de dollars, soit pas tout à fait 10 milliards de plus que l'année dernière. Quant à l'homme d'affaires français Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH, il arrive en cinquième position.

 

L'on apprend également en cette fin d'année que Carlos Ghosn, le patron de Renault, s'est offert un joli cadeau de Noël en exerçant 132 720 stock-options juste avant les fêtes. Les stock-options sont des options d’achat d’actions attribuées par une entreprise à un salarié à un prix fixé. Une fois l’option exercée, l’action peut être vendue au prix du marché et offrir à son détenteur une plus-value. Montant de la plus-value potentielle, 6,35 millions d’euros.

 

Je suis désolé que le dernier billet que je publie pour l'année 2016 soit porteur d'aussi mauvaises nouvelles. Mais il tient à chacun d'entre nous de changer le cours des choses, car les richesses accaparées par une poignée d’oligarques sont celles produites par le travail.

 

Ça ne peut plus durer !

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 17:36

Le transport de marchandises par le rail, le fret ferroviaire, est en train de mourir. Trois décennies de concurrence avec la route l’ont fortement affaibli.

C’est que la route ne coûte pas cher aux transporteurs routiers, tandis que le rail coûte à l’entreprise publique qu’est la SNCF.

Alors même que le fret ferroviaire était diminué, les politiques néolibérales européennes et françaises l’ont ouvert à la concurrence, comme pour mieux l’achever.

C’est pourtant la route qui pollue le plus et qui coûte le plus cher à la collectivité. Le fret ferroviaire revêt un intérêt stratégique pour le pays, tout en étant écologiquement viable. Combien d’activités industrielles peuvent-elles aujourd’hui se prévaloir de tels mérites ?

Sa sauvegarde suppose du courage politique : celui de mettre un terme au déséquilibre rail-route, pour que les marchandises voyagent massivement sur des trains , et sur des camions pour les derniers kilomètres uniquement.

 

 

La destruction organisée du fret ferroviaire, Gilles Balbastre ( réalisateur avec Yannick Kergoat des Nouveaux Chiens de garde ) l'a mise en images.


 

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 16:14

Suite de ce billet et de celui-là

Nicole Ferroni s'adresse à Matthias Fekl, Secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur.

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 16:02

Droite, centristes et socialistes soutiennent la mise en oeuvre provisoire du CETA

Par Michel Billout, Eric Bocquet et le groupe CRC (Communiste Républicain et Citoyen)

 

Il aura fallu l’initiative du groupe communiste républicain et citoyen pour qu’un débat autour du très important et controversé projet d’accord global commercial et d’investissement entre l’UE et le Canada (CETA) ait enfin lieu au Sénat.

 

Et encore, ce débat se sera limité à une audition de Matthias Feckl, Secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur et de la discussion, aujourd’hui, de la proposition de résolution n° 862 (2015-2016) déposée par le groupe CRC devant la commission des affaires européennes.

 

Or, le CETA, négocié dans l’opacité la plus absolue entre la Commission Européenne et le gouvernement fédéral canadien n’a jamais fait l’objet d’une quelconque présentation devant les parlements nationaux avant ou après le 26 septembre 2014, date de l’arrêt négociation. Cet accord de plus de 1000 pages n’est toujours disponible qu’en anglais.

 

Pourtant il porte sur la presque totalité des activités économiques et aura des conséquences très importantes dans la vie des citoyens des deux côtés de l’Atlantique.

 

Alors que les parlements nationaux ne disposent que de très peu d’informations, qu’aucune étude d’impact économique n’a été réalisée sur les conséquences de l’application d’un tel accord, les Chefs d’Etat s’apprêtent à signer l’accord le 27 octobre prochain lors du sommet UE-Canada.



Pire, cette signature sera suivie par une application provisoire de l’accord pendant au moins 3 ans sur la partie de compétence communautaire de l’accord, qui représentera au moins 80 % du contenu de l’accord. L’étendue du périmètre de la compétence communautaire n’est même pas définie à ce jour.



La ratification qui sera demandée, par la suite, aux parlements nationaux n’aura d’incidence que sur la partie des compétences nationales.

 

C’est pourquoi le groupe communiste républicain et citoyen a proposé une résolution demandant notamment au gouvernement français « de refuser toute mise en œuvre provisoire du CETA sans consultation préalable des Parlements nationaux ».

 

Cette proposition, qualifiée pourtant de modérée par le président de la Commission des affaires européennes, a été rejetée par les sénateurs de droite, centristes et socialistes. Seuls les sénateurs écologistes ont apporté leur soutien à notre initiative.

 

Ce faisant le Sénat renonce à sa prérogative politique pour intervenir sur le contenu même d’un accord essentiel. C’est une démission et un véritable déni de démocratie.

 

C’est pourquoi nous appelons les élus et les citoyens à réagir à cette dérive et à se mobiliser contre l’application provisoire du CETA.

 

 

 

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 17:14
Nous, personnalités publiques et citoyen-ne-s, nous opposons par cette tribune à la signature, la ratification et la mise en application de l’accord économique et commercial global (AECG ou CETA) entre l'Union Européenne et le Canada. Nous appelons les chefs d’Etats des 28 pays membres de l’Union Européenne et notre gouvernement à ne pas signer cet accord, et appelons à la mobilisation citoyenne.
 
Le Comprehensive Economic Trade Agreement ou CETA est un traité commercial de libre échange entre l’Union Européenne et le Canada engageant l’ensemble des pays de l’Union et des provinces Canadiennes. Cet accord contesté doit être signé le 27 octobre, lors de la venue du Premier ministre canadien Justin Trudeau à Bruxelles, si les ministres des finances européens l'approuvent lors du conseil du 18 octobre. Il passera ensuite par une ratification du Parlement européen fin 2016 ou début 2017, puis par celles des Parlements nationaux.
 
Négocié depuis 2009 dans une atonie médiatique, le CETA est en réalité le prototype du plus célèbre TTIP (ou TAFTA), traité similaire entre l’Union Européenne et les Etats-Unis. Comme toute convention internationale, une fois ratifié, il primera sur les lois nationales (et européennes) des deux côtés de l'Atlantique.
 
Ce traité entraînera notamment :
  • La perte de souveraineté de la sphère judiciaire, via l’abandon du pouvoir des tribunaux des Etats et de l’UE, dans le jugement des litiges opposant les Etats membres aux entreprises et investisseurs privé, au profit d'arbitrages privés à travers la mise en place d'une Cour de justice des Investissements sur le modèle ultra-controversé de l'ISDS, notoirement détourné par des multinationales pour s'attaquer aux choix politiques des Etats. 
  • L’uniformisation par le bas des normes environnementales, sanitaires et sociales, en termes de santé et de droits sociaux notamment.
  • L’ouverture à une concurrence plus grande entre les pays membres de l’UE et les provinces du Canada.
 
Si l'accord national de chacun des 28 états membres n’est pas acquis pour l'heure, l'accord décisionnel à venir du Conseil Européen semble déjà joué, malgré la résistance de certains gouvernements. Ce traité sera partiellement effectif pendant trois ans dès sa ratification par les Parlement Européen et Canadien, et ce avant même les ratifications par les Etats membres, court-circuitant de facto la faculté d’opposition des Parlements nationaux ou des provinces canadiennes. Les Etats se verraient donc potentiellement contraints d'appliquer des accords que leurs représentants ont rejetés.
 
Moins d’un an après les accords de Paris lors de la COP21, alors que la question climatique et la transition énergétique sont des enjeux contemporains majeurs, cet accord propose un nivellement par le bas des normes environnementales. 
 
Au moment où l’Europe voit son modèle social menacé par la dérégulation, à travers les différentes lois « Travail », une nouvelle vague de libéralisation s'apprête à aggraver la course à la compétitivité dans un processus de mondialisation non contrôlée.
 
À l'heure où la représentation démocratique traverse une crise de légitimité, cet accord consacre explicitement la perte d’influence de la sphère législative au profit de grands groupes multinationaux dans les domaines clés de la politique économique. 
 
Les scandales concernant les lobbys industriels et financiers se succèdent et s'accélèrent : Luxleaks, Panama Papers, constructeurs automobiles ne respectant pas les normes environnementales, etc. Cet accord œuvre contre l'intérêt général en offrant une forme juridique plus conforme aux intérêts de grands groupes, ce qui convertira les infractions commises aujourd'hui en actes légaux demain.
 
Sur la forme, les négociations du CETA, comme celles du TTIP, ont été d’une opacité sans précédent : les citoyens européens n’ont pas eu l’occasion d'exprimer leurs avis sur ces questions ni même l'opportunité de s'en forger un, seules les institutions industrielles privées ont eu accès aux salles de négociation. Les parlementaires eux-mêmes sont mis devant le fait accompli. Dépouillés de leurs prérogatives, ils devront prendre une décision en quelques semaines sur un sujet dont les implications restent floues. Nos représentants devront ainsi engager l'État à long terme, sans avoir le temps du débat nécessaire à une prise de décision éclairée, ce qui constitue un détournement puissant de la démocratie représentative.
 
Sur le fond, ce traité est une étape de plus dans la mise en concurrence entre les peuples. Sous couvert de Libre échange, il se traduira en pratique par une baisse successive des droits sociaux et des normes environnementales. En laissant libre cours à la gouvernance du marché et en instituant une justice ad hoc, cette convention favorise le moins disant social et environnemental, faisant ainsi obstacle à la liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes.
 
Nous refusons de mettre en compétition nos acquis sociaux, nos systèmes de santé, nos systèmes éducatifs et l’ensemble des services et biens communs. 
Notre démarche est citoyenne et transcende ici les clivages politiques. Nous avons des raisons différentes de nous opposer à ce traité : écologiques, sociales, économiques, politiques ou démocratiques.
 
Par-delà nos divergences, ce qui nous guide est la volonté de préserver nos biens communs. 
Nous appelons donc notre gouvernement et les chefs des Etats membres de l’Union Européenne à ne pas accepter la ratification de ce traité lors du Conseil européen du 18 octobre 2016.
 
Premiers signataires : Commission démocratie Nuit Debout, Commission écologie Nuit Debout, Commission économie politique Nuit Debout
 
Signataires : Laurence Abeille, députée Europe Ecologie Les Verts ; Marina Albiol, députée européenne European United Left - Nordic Green Left; Brigitte Allain, députée Europe Ecologie les Verts; Pouria Amirshahi, député ; Martina Anderson, députée européenne European United Left - Nordic Green Left; Jean-Noël Aqua, conseiller de Paris Front de Fauche; François Asensi, député ; Isabelle Attard, députée; Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble-Front de Gauche, conseillère régionale Ile-de-France; Guillaume Balas, député européen PS; Julien Bayou, Porte parole Europe Ecologie les Verts; Judith Bernard, journaliste ; Michel Billout, sénateur Front de Fauche; Jean-Pierre Blazy, député PS; Frédéric Boccara, économiste, membre du Conseil Economique social et environnemental ; Christophe Bonneuil, historien ; Michèle Bonneton, députée Europe Ecologie les Verts; Benoit Borrits, journaliste; Jean Bouyssou, Ligue des Droits de l’Homme Paris 12; Lynn Boylan, députée européenne European United Left - Nordic Green Left; Jean-Jacques Candelier, député Front de Gauche; Robert Cantarella, metteur en scène; Matt Carthy, député européen European United Left - Nordic Green Left; André Chassaigne, député Front de Fauche; Jean Hugues Chezlemas, Directeur de CES; Eric Coquerel, conseiller régional d'Île-de-France Parti de Gauche; Benjamin Coriat, économiste; Sergio Coronado, député Europe Ecologie les Verts; C215, street artiste ; Caroline De Haas, militante féministe ; Luc Delahaie, gérant de Chantier naval grand Val; Karima Delli, députée européenne EELV, candidate à la primaire des Verts; Fabio De Masi, député européen European United Left - Nordic Green Left; Cecile Duflot, députée Europe Ecologie les Verts, candidate à la primaire des Verts; Pascal Durand, député européen Europe Ecologie les Verts; Enercoop, Société Coopérative d’Intérêt Collectif; Ethiquable, Entreprise Coopérative, Citoyenne et Solidaire; Gerard Filoche, candidat à la primaire PS ; Eleonora Forenza, députée européenne European United Left - Nordic Green Left; Nicolas Framont, sociologue ; Jacqueline Fraysse, députée Front de Fauche; Susan Georges, essayiste ; Benoit Hamon, député PS, candidat à la primaire PS; Srećko Horvat, philosophe ; Yannick Jadot, député européen les Verts; Romain Joron, député PS; Jerome Lambert, député PS; Jean Lassalle, député, candidat à l’élection présidentielle; Laury-Anne, journaliste Gazette Debout; Marc Lavoie, Professeur d’économie Université d’Ottawa et Université Paris 13; Patrick Le Hyaric, député européen Front de Gauche; Marie Noëlle Lienemann, sénatrice PS, candidate à la primaire PS; Paloma Lopez Bermejo, députée européenne European United Left - Nordic Green Left; Sabine Lösing, députée européenne European United Left - Nordic Green Left; Noël Mamère, député écologiste ; Sophie Mazas, avocate, Ligue des Droits de l’Homme 34; Dominique Meda, sociologue ; Jean Luc Melenchon, député européen; Anne-Marie Mineur, députée européenne European United Left - Nordic Green Left ; Luke Ming Flanagan, député européenne European United Left - Nordic Green Left; Mouvement des Jeunes Socialistes; Liadh Ní Riada, députée européenne European United Left - Nordic Green Left; Philippe Nogues, député ; Osons Causer, youtubeurs; Dominique Plihon, porte-parole d’ATTAC France; Thomas Porcher, économiste ; Christophe Premat, député PS; Raphaëlle Primet, conseillère de Paris Front de Fauche; Monique Rabin, députée PS; Laura Raim, journaliste ; Christophe Ramaux, économiste ; Michèle Rivasi, Députée européenne Européen Ecologie les Verts; Jean Louis Roumegas, député Europe Ecologie les Verts; François Ruffin, journaliste ; Nicolas Sansu, député Front de Gauche ; Eva Sas, députée Europe Ecologie Les Verts; Catherine Sinet, journaliste ; Sortir du silence, Association; Henri Sterdyniak, économiste; Bernard Stiegler, philosophe; Sud Commerces et Services; Tatiana, présentatrice du fil d’actu; Isabelle Thomas, députée européenne PS; Marie Christine Vergiat, députée européenne Front de Gauche; Sébastien Villemot, économiste.

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 01:38

Pour opérer le « redressement » du pays, François Hollande a pourtant renié l’essentiel de ses promesses de campagne pour ne jurer que par la baisse des « charges des entreprises ». L’objectif : améliorer la compétitivité-coût, répondant favorablement aux exigences du Medef. Dès 2012, le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) est lancé. Il consiste à réduire « les charges » par diminution de l’impôt sur les sociétés. Un dispositif qui n’a cessé de monter en puissance et a été accompagné par d’autres mesures incluses dans le pacte de responsabilité.

 

Pour cette année, 34 milliards d’euros d’« aides » seront attribués aux entreprises, après 24 milliards en 2015, 10 milliards en 2014. Soit un total de 109 milliards d’ici la fin du quinquennat. Joli pactole pour quels résultats ? Cette politique d’urgence devait se traduire selon le gouvernement, par la création de quelque 500 000 emplois. Un bide. Le nombre de chômeurs, toutes catégories confondues, est de 6 611 300 en août, en hausse de 2,6% sur un an.

 

Le tableau ci-dessous (Source Trendeo : Observatoire de l'emploi et de l'investissement en France) montre que la désindustrialisation n'a pas cessé depuis 2009, et que la politique de l'offre voulue par le gouvernement Hollande-Valls ne produit pas les effets escomptés.

 

Par contre, le capital se porte bien. Chaque année en France, environ 298,9 milliards d'euros (soit 30,41% de la richesse nationale) sont prélevés par le capital en frais financiers et dividendes. A cela s'ajoutent les exonérations de cotisations patronales qui sur 20 ans atteignaient en 2012 le montant de 280 milliards d'euros. A cela s'ajoutent depuis chaque année les 20 milliards du CICE.

 

La baisse du coût du travail est une impasse.

 

J'ai rédigé ce billet à partir d'éléments publiés dans l'Humanité du 28 septembre. Et comme le conclut l'éditorial de ce jour-là, « la nécessité d'un grand projet industriel innovant s'avère d'une urgence absolue. Un projet délié des requins de la finance, en phase avec les mutations mais non soulmis à elles. La renaissance du travail et l'instauration d'une nouvelle économie politique et sociale n'ont rien d'un rêve : c'est une obligation. »

 

Le coût du travail n'est pas la cause de la débâcle industrielle

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 18:25

Après de longues années de recul et d'affaiblissement de cette grande entreprise nationale, la fermeture annoncée de l’établissement d’Alstom Belfort est un désastre pour les 500 salariés. Un désastre pour un territoire qui voit disparaître tout un pan de son histoire ouvrière et industrielle. Elle est symptomatique de l’état catastrophique de l’industrie de notre pays et d’une stratégie de niche qu’a incarné la loi Macron et qui sacrifie la production au bénéfice des services. Notre pays est en train de laisser détruire son savoir faire et sa culture industrielle, et les dégâts peuvent devenir irréversibles.

 

Sans industrie, la France ne pourra répondre aux besoins humains et au défi des transitions écologiques, urbaines, démographiques et numériques. Comment répondre aux besoins de mobilité, d’aménagement du territoire et de réduction des gaz à effet de serre, sans industrie et production ferroviaires, sans une coopération renforcée répondant aux objectifs de services publics, entre une SNCF libérée des contraintes d’une concurrence stérile et Alstom ?

 

Notre pays a besoin d’une stratégie nationale de développement basée sur des filières stratégiques, un continuum entre service et industrie, comme de porter en Europe les principes de coopération entre sociétés de transports ferroviaires et industries. C’est pourquoi l’État doit prendre toutes ses responsabilités en empêchant la fermeture du site d’Alstom, y compris en nationalisant Alstom en tant que groupe stratégique pour l’avenir de notre pays.

 

Le Parti communiste français sera de toutes les initiatives pour empêcher cette nouvelle saignée industrielle.

 

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