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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 17:56
Des gens ont faim et soif, laissez les crever, message décodé de la SNCF

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 18:02

En amont du forum économique mondial à Davos, qui réunit quelques 3.000 leaders économiques et politiques mondiaux, l'association Oxfam (association de solidarité internationale qui agit sur les causes de la pauvreté et des injustices) a publié un rapport pour « Une économie au service des 99 % ». Ce rapport révèle que huit personnes dans le monde détiennent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Vous avez bien lu, 8 milliardaires possèdent autant de richesses que les 3,6 milliards de personnes les plus pauvres du monde. Les plus fortunés accumulent ces richesses à un tel rythme, que le premier « super-milliardaire » du monde pourrait voir son patrimoine dépasser le millier de milliards de dollars dans 25 ans à peine. Pour mettre ce chiffre en perspective, Oxfam a calculé qu’il lui faudrait débourser un million de dollars par jour pendant 2 738 ans pour pouvoir dépenser 1 000 milliards de dollars.

 

La France n’échappe pas à ce constat et ne marche pas davantage vers plus d’égalité. En 2016, 21 milliardaires français[1] possèdent autant que les 40 % les plus pauvres de la population française.

 

Cette tendance a l'enrichissement des plus riches est confirmée par le journal Les Echos du mardi 10 janvier qui révèle que « Les entreprises du CAC 40 ont distribué aux actionnaires 56 milliards en 2016 ». Ce n'est pas un record mais presque, puisque ce chiffre se rapproche des 57,1 milliards distribués en 2007, juste avant la crise financière. Et l'article poursuit avec une bouffée d’optimisme, envisageant qu'en 2017, les dividendes distribués par le CAC 40 au titre de 2016 pourraient encore progresser au vu de la hausse de 11 % des profits au premier semestre.

 

A tous ceux qui vont nous expliquer durant la campagne présidentielle que le coût du travail est trop élevé, que le SMIC est un frein à l'embauche, qu'il faut flexibiliser, restructurer, donner plus de libertés aux entreprises sinon il faudra délocaliser etc. eh bien, il y a une réponse : S'attaquer à la loi de la finance pour une plus juste répartition, et la première solution est un changement radical de notre système. Il faut avoir le courage de s'attaquer au capitalisme. Pour commencer, il y aura le bulletin de vote J-L Mélenchon, et ensuite il faudra envoyer à l'assemblée nationale des députés qui auront le même esprit et qui seront notre relais.

 

 

[1] Les 21 milliardaires français les plus riches sont, en ordre décroissant de leur patrimoine net :

Liliane Bettencourt : héritière de la marque de cosmétiques l’Oréal ; Bernard Arnault : propriétaire du groupe de luxe LVMH ; Serge Dassault : président du groupe aéronautique Dassault ; Francois Pinault : fondateur de Kering un des leaders mondiaux de l'habillement et des accessoires ; Alain Wertheimer et Gerard Wertheimer : propriétaires de Chanel et des cosmétiques Bourjois ; Xavier Niel : fondateur du fournisseur d’accès internet et opérateur mobile Free ; Emmanuel Besnier : PDG de Lactalis ; Jean-Claude Decaux : fondateur de la société JCDecaux ; Patrick Drahi : président-fondateur du consortium luxembourgeois Altice, principal actionnaire du groupe SFR, de Virgin Mobile; Vincent Bolloré : PDG du groupe Bolloré et à la tête des conseils de surveillance de Vivendi et du groupe Canal+ ; Pierre Bellon : fondateur et président d'honneur de Sodexo ; Carrie Perrodo, propriétaire et co-fondatrice du groupe pétrolier Perenco, Martin & Olivier Bouygues : respectivement PDG et Directeur général délégué du groupe Bouygues ; Michel Leclercq : fondateur de Decathlon ; Alain Merieux : fondateur de bioMérieux, leader mondial de la microbiologie ; Bernard Fraisse, fondateur de Fareva, important sous-traitant pharmaceutique ; Marie Besnier Beauvalot, une des héritières du groupe Lactalis ; Jean-Michel Besnier : un des héritiers du groupe Lactalis ; Jean Pierre Cayard : directeur de la Martiniquaise, spécialisée dans la fabrication et la distribution de vins et spiritueux ; Louis Le Duff : fondateur du Groupe Le Duff, qui regroupe des enseignes de restauration et d'alimentation telles que Brioche Dorée, Del Arte, Bridor, etc.

 

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 01:31

Il y a quelques jours, je suis allé voir le dernier film de Ken Loach « Moi, Daniel Blake ». Ce film qui a obtenu la palme d'Or au dernier festival de Cannes tient plus du documentaire que de la fiction. On en ressort avec la boule au ventre en pensant au nombre de Daniel Blake que cette société capitaliste tue.

 

Le cinéaste de 80 ans porte la classe ouvrière à l'écran pour en faire une héroïne. Ken Loach raconte l'histoire d'un ouvrier, Daniel Blake, menuisier expérimenté qui fait face à une injustice. Ses problèmes cardiaques ont conduit son médecin à lui interdire de travailler alors qu'il a perdu sa pension d'invalidité. Lors de ses démarches pour recouvrer ses droits, il rencontre Katie, mère célibataire de deux enfants, elle aussi mise hors système après un retard succinct à un entretien. Ces deux écorchés de la vie s'entraident, sans assurance de pouvoir maintenir totalement la tête hors de l'eau.

 

Comme le dit Ken Loach dans une interview à L'Humanité, le système se sert de la santé des citoyens pour faire baisser les statistiques. Si les gens malades font appel de leur radiation des listes de chômage, ils gagnent. Mais beaucoup sont démoralisés ou se sentent trop faibles pour faire appel. Les tentatives de suicide augmentent. Mais le gouvernement gagne puisque ces gens perdent leurs allocations. Le problème est idéologique. Ils veulent faire croire aux pauvres qu'ils sont des incapables et feignent d'ignorer que près de 2 millions de personnes sont sans emploi. « Si vous n'avez pas de travail, c'est parce que votre CV n'est pas bon, parce que vous êtes arrivé en retard à un rendez vous, parce que vous ne maîtrisez pas la technologie ou parce que vous n'avez pas postulé pour tel travail. Quelle que soit la raison, vous avez échoué par votre propre faute. »

 

Cela se passe en Grande-Bretagne, mais la situation dans notre pays n'a rien à envier. Tout est bon pour faire baisser les chiffres du chômage. Ce film est un fort témoignage. A VOIR ABSOLUMENT.

 

Peut-être serons-nous plus nombreux ensuite à nous dire qu'on ne peut rester spectateur de ces situations et qu'on doit faire quelque chose pour changer cette société.

 

Rappelez-vous les propos du milliardaire américain Warren Buffet qui il y a quelques années déclarait « Il y a une guerre des classes, c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner ».

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 08:30

Selon la société d'investissement "Henderson Global Investors", les entreprises françaises ont versé 40 milliards de dollars de dividendes au deuxième trimestre 2016. Une progression de plus de 10 % que seuls les Pays-Bas et la Corée du Sud ont réussi à surpasser.

 

Voilà déjà trois ans que la France est le champion d'Europe des dividendes. C'est le pays qui en verse le plus. Cette année encore, elle occupe la première place du podium, avec 40 milliards de dollars distribués (35,35 milliards d'euros) au cours du deuxième trimestre.

 

Dans le détail, toujours selon l'étude d'Henderson, quasiment neuf sociétés françaises sur dix ont augmenté leurs dividendes ou les ont maintenu. Les banques françaises, la Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole ont notamment continué de reconstruire leurs paiements de dividendes suite à la crise financière, avec des distributions en hausse de 50 à 70 %. La situation a été aussi bonne sur une vaste gamme de secteurs, des sociétés aussi variées que Renault, LVMH, et Safran ont toutes augmenté leurs dividendes.

 

Au niveau mondial, ce sont 421,6 milliards de dollars (372 milliards d'euros) de dividendes qui ont été versés aux actionnaires entre avril et juin, en hausse de 1,2 % par rapport au deuxième trimestre 2015.

 

Si bien que l’année en cours devrait rapporter au total quelque 1 028 milliards d’euros de dividendes partout dans le monde, soit près de la moitié des richesses produites en France.

 

C'est sans doute la raison pour laquelle Gattaz et le Medef réclament une baisse massive des charges, la restauration des marges des entreprises, la réduction des dépenses publiques, le déverrouillage du marché du travail. Selon Gattaz, ces postulats de départ sont assumés par tous les politiques qui sont allés à l'université d'été du Medef.

 

Ce qui me rassure, c'est qu'aucun politique de la vraie gauche (celle à la gauche du PS) n'y était.


 

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 21:33
Je vous invite à lire cet entretien réalisé par Pierre Chaillan pour L'Humanité. Je l'ai trouvé pour ma part très instructif dans l'analyse des événements dramatiques récents, mais également dans les préconisations concernant notre société. Oui " il y a la nécessité de réinventer la démocratie par l’humanisme, c’est-à-dire par la promotion de valeurs qui placent l’humain au centre des manières de gouverner. "
 
Le psychanalyste, initiateur de l’Appel des appels, souligne le besoin de rassurer face à cette tentative massive de déstabilisation par la « fabrique de la terreur », au travers de notre vie ordinaire par de nouveaux « théofascismes ». S’il faut prendre les mesures de protection et de vigilance, il insiste sur la nécessité de soigner la maladie, la guerre néolibérale du tous contre tous, et pas seulement de traiter le symptôme aussi horrible.
 
 

Après Nice et le 14 Juillet, les attaques dans les transports et dans un festival de musique en Allemagne, c’est maintenant l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen, comment réagissez-vous à ces deux dernières semaines de l’horreur ?

ROLAND GORI Mon sentiment est d’abord de la tristesse et de la sidération. Sans pour autant être étonné. Je suis triste car l’idée de personnes égorgées dans un moment de recueillement, d’espoir et de promesse est horrible et effrayant. Sidéré car c’est un choc. Il y a quelque chose qui rend les mots et tout ce que l’on peut dire bien en dessous de l’émotion que cela provoque. Mais je ne suis pas étonné et je l’ai déjà dit et écrit. Cette forme de djihadisme, qui est finalement une guerre extrême à l’Occident en général, et à l’Europe en particulier, considérée comme le ventre mou, fait partie d’une stratégie théorisée par Abou Moussab Al Souri. Fin 2004, il a appelé à une sorte de révolution mondiale islamiste de toutes les populations musulmanes contre les autres populations. C’est un appel à la guerre civile porté au niveau mondial. C’est une nouvelle stratégie à utiliser les autochtones pour frapper et à renverser les gouvernements libéraux en Europe ou plus tyranniques ailleurs, voire même ceux d’autres orientations musulmanes, que ce soient les chiites ou les Frères musulmans par exemple. Cette stratégie est mise en œuvre depuis plus de dix ans avec un certain nombre de succès dans la fabrique de la terreur.

 

En quoi consiste cette fabrique de la terreur ?

ROLAND GORI C’est le défi lancé à tous les gouvernements autour de la planète. C’est la fabrique de la terreur qui surgit de l’ordinaire, ce que le procureur Molins appelait le « terrorisme de proximité ». Je parlerais plutôt d’une espèce d’« ubérisation » des techniques de destruction, d’anéantissement et de terreur. N’importe qui peut se saisir de n’importe quel objet pouvant se transformer en arme de guerre. L’horreur peut surgir de n’importe quel point de la planète et n’importe quelle séquence de l’existence. La promenade des Anglais durant le feu d’artifice, les terrasses de café, les concerts, une église, etc. N’importe quel lieu dans sa banalité peut devenir scène de tragédie. C’est une manière de déstabiliser à la fois les citoyens et ceux qui les gouvernent. Vous allez sécuriser les synagogues, les églises, les mosquées, les lieux scolaires, les hôpitaux… Au final, on va tout sécuriser ! Et en même temps, rien ne peut l’être totalement puisque l’horreur peut surgir de n’importe quel point de la vie quotidienne. C’est cela la terreur ! La terreur n’est pas la même chose qu’une peur qui a un objet et qui mobilise une préparation pour y répondre. Quand on prend sa voiture, on peut avoir une disposition psychique de vigilance et de préparation à affronter un danger plus ou moins grand. Mais, là, ce qui est déstabilisant, c’est l’émergence d’une menace à n’importe quel moment du jour ou de la nuit, n’importe où, par n’importe qui et avec n’importe quoi. Il faut bien prendre toute la mesure que c’est un défi politique en général, lancé à la démocratie en particulier. Le défi lancé à une société de la marchandise et du spectacle.

 

Ces attentats nous pousseraient dans un agenda que nous ne contrôlons plus ?

ROLAND GORI On voit bien comment les médias et les politiques sont pris par une stratégie de l’émotion et de la réaction immédiate. On peut se demander jusqu’à quel point on ne tombe pas dans le piège tendu par Daech. Le président de la République, le premier ministre et le ministre de l’Intérieur doivent-ils tous se rendre sur la scène des tragédies ? Je n’ai pas de réponse toute faite, mais nous devons bien penser, réfléchir aux ripostes politiques à apporter à une situation de crise absolument tragique. Cette Star Academy de l’horreur est le moyen pour un certain nombre d’individus d’obtenir une reconnaissance sociale qu’ils n’avaient pas par ailleurs. Nous sommes confrontés à une logique d’information calquée sur celle du marché : l’Audimat. Il faudra prendre la peine d’y réfléchir et de savoir si c’est toujours la bonne mesure de faire de la publicité au meurtrier.

 

Dans ces meurtres de masse, la religion est convoquée par ces groupes terroristes, comment comprendre cette instrumentalisation ?

ROLAND GORI Dans mon livre l’Individu ingouvernable (1), j’ai appelé des « théofascismes » ces groupes terroristes qui veulent accomplir une révolution conservatrice internationale par une minorité agissante et sanglante que rien n’arrête. Ils n’ont aucune morale, ni aucune sensibilité. Au contraire, ils font l’éloge de la cruauté et de sa mise en spectacle. On a déjà connu cela. Cela s’appelait le fascisme. Quand je parle de « théofascismes », je ne fais pas appel à des formes particulières d’embrigadement mais je fais référence à ces mouvements révolutionnaires conservateurs qui apparaissent dans le « clair-obscur » d’une crise de civilisation, celle de la démocratie libérale. Face à une civilisation matérialiste qui se réclame des valeurs du commerce, de la finance, de la technique, de la raison pratique, tous les laissés-pour-compte de la planète cherchent des alternatives et ce, d’autant plus que les alternatives progressistes que pouvaient représenter le communisme, le socialisme, l’humanisme ont beaucoup de peine à se faire plébisciter par les peuples. On ne peut pas définir un profil type. Il n’y a pas que des populations opprimées qui vont dans les bras de Daech, pas que des jeunes de banlieue. Il y a aussi des convertis issus de la jeunesse de la classe moyenne ! Par contre, on peut définir les conditions d’émergence de ce type de mouvements qui pour moi rappellent étrangement les mouvements nationalistes, antisémites, populistes de la fin du XIXe siècle et les partis qui se sont constitués dans l’entre-deux-guerres. Comparaison n’est pas raison. C’est une analogie. Dans les trois cas des crimes fascistes ou nazis, des pogroms antisémites ou des crimes de ces sectes sanguinaires, il y a quelque chose de commun : ce sont des crises des valeurs et pratiques libérales. Je ne crois pas que le ressort soit la religion. L’habillage religieux, la rhétorique jettent un sens, donnent une direction à des meurtres de masse qui sont déterminés par bien d’autres choses que le religieux voire l’idéologique. De la même façon que le nationalisme n’est pas forcément l’amour de la nation et de la patrie, le djihadisme n’est aujourd’hui pas forcément l’amour de l’islam.

 

La question qui se pose aujoud'hui, à ceux qui y croient et à ceux qui n’y croient pas, est de trouver ensemble une réponse progressiste et humaniste à cette terreur... Mais, comment faire ?

ROLAND GORI Nous sommes allés tellement loin dans le désenchantement du monde et dans la désacralisation de l’univers et des objets et êtres vivants qui nous entourent, que nous sommes maintenant face à la nudité d’une raison purement instrumentale. Le terrorisme tombe d’ailleurs lui aussi dans cette rationalité instrumentale puisqu’il fait feu de tout bois et ramasse tout pour nourrir son combustible de la terreur. Ils appartiennent bien à la même civilisation, notamment dans une certaine lucidité féroce dans la conception du monde actuel. Cette perte de sens de l’existence, de direction et de valeurs. Cette perte de morale et d’intelligence critique du monde est quand même ce qui nourrit aussi bien la guerre de tous contre tous sur le marché de la compétitivité et de la flexibilité, qui démolit les protections et qui favorise l’émergence de révolution conservatrice, qui en définitive fait partie de la même niche culturelle que la montée des extrêmes droites, des racismes, des nationalismes, etc. Nous avons perdu des raisons d’espérer. Or il faut redonner à la jeunesse des motifs d’espérer qui ne peuvent reposer que sur une promesse et une confiance. De ce point de vue, le politique est en panne. À mon avis, il y a la nécessité de réinventer la démocratie par l’humanisme, c’est-à-dire par la promotion de valeurs qui placent l’humain au centre des manières de gouverner. Montesquieu avait dit que le propre des dictatures et des tyrannies, c’est le gouvernement par la terreur. Le danger aujourd’hui est que les démocraties multiplient les mesures sécuritaires et en arrivent à perdre leur âme de liberté et de confiance. Après le pacte de stabilité, nous avons eu le pacte de sécurité. Je proposerai aujourd’hui le pacte d’humanité. La vision néolibérale de l’humain, la logique d’austérité, la financiarisation généralisée des activités humaines ont fabriqué ces monstres de Daech, du Front national et des extrêmes droites et racismes en Europe. Il faut tirer un trait sur le néolibéralisme, il faut établir son acte de décès. Il a accru les inégalités sociales, les divisions.

 

Quelles réponses peut-on apporter à ce défi ?

ROLAND GORI Il n’y a pas de réponses uniques. Il faut évidemment rassurer les populations devant le caractère de plus en plus sanglant. Le familier devient de plus en plus menaçant. Cette perte de stabilité intérieure peut conduire à la pire des catastrophes et à des réactions terribles de type raciste ou à des stratégies autoritaires. En même temps, on ne peut pas sous-estimer le besoin de protection, de sécurité, des populations. Ces mesures de vigilance sont insuffisantes. Elles traitent le symptôme mais ne traitent pas la maladie. Je le redis, c’est dans le clair-obscur de la crise du néolibéralisme que sont nés ces monstres. Il faut considérer que la sécurité c’est aussi ce que peut apporter notre environnement social, culturel, symbolique, matériel. Prenons un exemple. Je trouve terrible que l’état d’urgence ait été prolongé au même moment que passait quasiment sans réactions la loi El Khomri avec le 49-3. Avec cette loi, on a divisé, on a produit un dissensus dans l’opinion publique, on a créé un fossé entre le gouvernement et l’opinion publique. C’est une mesure d’insécurité. La sécurité, c’est aussi la protection sociale, la santé, l’éducation, la culture, la justice, etc. Quand j’entends l’opposition prôner le renforcement des mesures sécuritaires alors qu’ils ont diminué les effectifs de la fonction publique, je trouve qu’il y a quelque chose d’obscène. Cela fait partie justement de la société du spectacle, qui discrédite complètement la parole politique. De ce point de vue, il faut que le politique réhabilite sa parole. Cela passe par prendre des décisions, ce n’est pas de confier sa décision à des indicateurs quantitatifs de performance économique et financière ou de sondage d’opinions. Réhabiliter sa parole c’est avoir la capacité de prononcer une parole vraie, authentique, ce n’est pas simplement faire une déclaration à responsabilité limitée aux chaînes de télévision. Donner des raisons d’espérer, de penser l’avenir. « Vivre sans avenir, disait Camus, c’est vivre comme des chiens contre les murs. » Il faut rétablir « le langage de l’humanité ». Pour reprendre en le paraphrasant encore l’écrivain qui parlait de cette « éternelle confiance qui fait penser à un humain qu’il peut tirer d’un autre humain des relations d’humanité » à partir du moment où on lui parle « un langage d’humanité ». La culture a une grande importance, l’art et tout ce que l’on peut considérer comme religion laïque, au sens de relier les hommes entre eux. Quand ils ne sont pas reliés entre eux, ils sont dans un désert. Ils se retrouvent esseulés, désespérés, prêts à se jeter dans les bras de n’importe qui pour y trouver une identification. Être ensemble cela veut dire que l’on ne risque rien. On peut toujours rencontrer un fou qui vous tire dessus, un fanatique soi-disant religieux qui se fait exploser, mais la présence de l’autre nous rassure sur la manière d’être au monde. De ce point de vue, il y a vraiment toute la copie à revoir dans la manière de gouverner les humains. En Europe, nous avons la nécessité d’opérer ce que Stefan Zweig appelait « une désintoxication », de repenser l’Europe, non plus à partir d’un dispositif pour faire des affaires, mais en étant un lieu d’histoire, de culture partagée et de construire une « fraternité européenne », comme disait Victor Hugo en 1848. Seule une fraternité européenne pourra faire face au défi de la modernité.

 

D’aucuns ressortent le « choc des civilisations » et voudraient nous embarquer dans une guerre de religion ?

ROLAND GORI Je voudrais rappeler cette phrase extraordinaire de Sébastien Castellion que cite Zweig, ce protestant qui s’est opposé à Calvin à la suite du meurtre de Michel. Je cite cette référence pour dire qu’il n’y a pas que Daech. On peut avoir des groupes audacieux qui se revendiquent d’une doctrine ou d’un dogme pour pouvoir imposer la terreur à une ville ou à un pays, aujourd’hui au monde entier. Zweig reprend Castellion : « Tuer un homme n’est pas défendre une doctrine, tuer un homme c’est d’abord et avant tout un homicide. » Ce qui se produit aujourd’hui, ce ne sont pas des guerres de religion ou bien de civilisation. Nous sommes face à quelque chose de l’ordre du meurtre et ces meurtres ont un rapport étroit avec les passions nihilistes d’une époque qui a justement oublié les grandes valeurs de l’humanisme, valeurs de l’humanisme qui ne sont pas propres à l’Occident mais qui sont partagées par bien des cultures et des civilisations.

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 09:46

 

Trouvez-vous ça normal ???

Les banques et les découverts

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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 18:22

Les syndicats ouvriers, notamment la CGT, sont soumis à de la répression dans le cadre de luttes menées pour la défense de leurs emplois, avec à l'arrivée une criminalisation de l'action syndicale.

 

Colère ouvrière et sanctions, quelques exemples

 

En octobre 2015, des salariés d'Air France profitent de la tenue d'une réunion pour manifester contre les 3000 suppressions de postes envisagées. Un DRH d'Air France est bousculé et se fait déchirer sa chemise. Cela engendre dans les médias des cris d'orfraie. Six salariés seront interpellés à leur domicile à 6h du matin, comme des malfrats, et mis en garde à vue. Des poursuites judiciaires sont engagées, actuellement en cours, le jugement ayant été mis en délibéré. La direction a déjà procédé à des licenciements.

 

En 2014, chez Goodyear à Amiens, les salariés en lutte pour la sauvegarde de leur site retiennent une trentaine d'heures dans l'usine le directeur des ressources humaines et le directeur de la production. Aucune violence n'est commise, sinon celle de la direction de Goodyear qui a finalement fermé l'usine et a licencié les 1143 salariés. Début janvier 2016, le tribunal correctionnel d'Amiens vient de condamner à deux ans de prison, dont neuf mois fermes huit anciens salariés ayant participé à l'action.

 

Lundi dernier, une manifestation était organisée par la CGT devant une agence Pôle emploi à Mulhouse dans le cadre de la visite gouvernementale de Manuel Valls et Myriam El Khomry pour dénoncer le projet du gouvernement de casse du Code du travail. Un déploiement policier de grande ampleur entourait cette visite et les manifestants étaient empêchés de s'approcher de l'agence Pôle emploi en étant parqués pendant deux heures sur un parking. Un ancien responsable syndical CGT de chez PSA avait alors haussé le ton pour dénoncer ce gouvernement qui s’aplatit devant les patrons en attaquant nos droits et en facilitant les licenciements. Le militant syndical a été interpellé et a passé la nuit en garde à vue. Il a été libéré le mardi matin et comparaissait devant le tribunal vendredi dernier pour "outrages à personnes dépositaires de l'autorité publique". Ce syndicaliste CGT, Joël Morreau, a été condamné à 750 euros d'amende dont 500 euros avec sursis.

 

Ce ne sont que quelques exemples des poursuites à l'encontre de militants syndicaux. Des militants traités de voyous par Manuel Valls et souvent mis à l'index dans les médias, alors qu'ils ne font que lutter pour défendre leur emploi.

 

 

Colère agriculteurs et …

 

Parallèlement, le monde agricole connaît lui aussi des difficultés, notamment parmi les petits exploitants. Si les agriculteurs manifestent, c'est aussi pour défendre leur gagne-pain. On ne peut pas dire que leurs actions passent inaperçues. Ce ne sont pas seulement les magasins de la grande distribution qui sont bloqués ou visités. Des administrations publiques, centres des impôts, Direction des territoires, et même des mairies ont vu pneus et tas de fumiers déversés devant leurs accès. Et sur certains axes routiers, les pneus qui ont été enflammés entraînant parfois de sérieuses dégradations. Et c'est l'argent public qui est réquisitionné pour remettre en état.

 

Les dernières actions en date se sont déroulées au salon de l'agriculture. Le stand du ministère de l'agriculture a été mis sens dessus dessous. En entendant aux infos que des manifestants avaient été interpellés puis relâchés et qu'il n'y aurait pas de poursuites, étant donné qu'il n'y avait que des dégâts légers, je me suis dit qu'il n'y avait aucune crainte à mener ce type d'actions lorsqu'on est à la FNSEA. Voir ci-dessous des extraits rapportés par France-info et Le Parisien.

 

Les uns et les autres, ouvriers ou paysans, défendent le droit de vivre de leur travail. Mais comment se fait-il que les uns et les autres ne soient pas considérés de la même manière

 

Le titre de France-info suite à la destruction du stand du Ministère de l'agriculture au salon international de l'agriculture.

 

 

Le titre repris sur le site de France-info

Le titre repris sur le site de France-info

L'information donnée par Le Parisien

 

 

Mieux vaut être un agriculteur en colère de la FNSEA qu'un ouvrier en colère de la CGT
Le stand du ministère de l'agriculture Photo AFP/ Joel Saget

Le stand du ministère de l'agriculture Photo AFP/ Joel Saget

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 08:03
Salaires trop élevés ou quand Bernard Arnault délocalise

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 17:37

C’était un 1er février, que l’abbé Pierre poussait un cri de détresse sur les ondes de Radio Luxembourg, créant un soulèvement de solidarité populaire. C'était en 1954. Il y a quelques jours, la Fondation présentait son 21e rapport annuel sur l'état du mal-logement : 3,8 millions de mal-logés, 15 millions de personnes touchées par la crise du logement, 8,6 millions de pauvres. L’Insee vient de confirmer cette nouvelle augmentation de la pauvreté : 14,2 % de la population y est désormais confronté. En 2015, 448 « SDF » sont morts, leur moyenne d'âge était de 48,6 ans.

 

Parallèlement à cela, en 2015, les 10 premières fortunes de France possédaient près de 200 milliards d'euros. La fraude fiscale est un manque à gagner pour la France entre 60 et 80 milliards chaque année. Les 62 personnes les plus riches du monde possèdent autant que 50% de la population mondiale (source Oxfam). Le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde dépasse désormais celui des 99% restants.

 

Et pendant ce temps, les associations doivent faire face à des demandes d’aides toujours plus nombreuses. Il existe aujourd’hui à travers le monde des écarts de richesse qui apparaissent comme scandaleux face à la misère présente. La libéralisation de l’économie capitaliste est sans foi ni loi. Ce système renforce la paupérisation de la population.

 

A côté, il y a les associations qui occupent une place irremplaçable dans notre société. Elles complètent, voire pallient les carences des pouvoirs publics. Même si je ne pense pas que tous les moyens sont bons pour faire rentrer l'argent. Je pense au spectacle des enfoirés où un certain Zlatan Ibrahimovic, pour une soirée, a enfilé des gants de boxe pour défier à l'occasion d'un sketch le rugbyman Sébastien Chabal.

 

J'imagine qu'il a été sollicité, mais quel était l'objectif ? Faire croire que même les pétés de thunes sont solidaires ? Pour ma part, je trouve choquant cette présence au vu du contrat paraphé quelques jours plus tôt par ce joueur. Le Suédois touchait depuis juillet environ 800 000 € brut par mois, il bénéficie depuis janvier d'un salaire de 1,5 M€ brut, soit un peu plus de 1 M€ mensuels net de charges sans compter des bonus possibles en supplément selon les résultats. Oups !

 

Ce genre de mise en scène apporte quoi pour en finir avec la pauvreté et les discriminations ?

 

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 07:26

Réunis le 27 mai, les ministres européens chargés du développement ont adopté une position commune sur le financement des futurs Objectifs du Développement Durable (ODD), en amont de la conférence d’Addis-Abeba de juillet sur le financement du développement. Malheureusement,celle-ci ne va pas dans le bon sens.

Christian Reboul, responsable du « Financement du développement » à Oxfam France, association qui agit pour un monde solidaire, revient sur les conclusions de ce Conseil européen.

« En ne se fixant aucun calendrier pour parvenir à l’objectif de consacrer 0,7% de leur revenu national brut à l’aide au développement, les Etats européens cèdent au diktat de la France et signifient leur refus de s’engager plus massivement dans la lutte contre la pauvreté au niveau mondial. »

« La France, historiquement promotrice d’une Union européenne exemplaire et ouverte sur le monde, a aujourd’hui poussé le consensus européen vers le plus petit dénominateur commun, au détriment des populations les plus vulnérables. D’autres Etats européens, tels que le Royaume-Uni, encourageaient pourtant une aide au développement ambitieuse, de vrais moyens pour relever les défis que sont la lutte contre les inégalités, le changement climatique ou les conflits armés. »

« L’aide au développement est essentielle pour des pays fragiles ou en crise, tels que la République centrafricaine. Pourtant les Etats membres de l’UE, sous l’impulsion de la France, ont décidé de repousser à 2025 l’allocation de 0,20% de leur revenu national brut aux pays les moins avancés. Or, c’est bien aujourd’hui que ces pays ont besoin d’être soutenus. »

« Il appartient désormais à François Hollande de se saisir du dossier, en participant en personne à la conférence d’Addis-Abeba de juillet et en y exposant une feuille de route précise amenant la France à consacrer 0,7% de son revenu national brut à l’aide au développement en 2020, dont la moitié à destination des pays les plus pauvres. C’est à cette condition seulement que la France pourra rester un interlocuteur crédible dans ces négociations internationales. »

 

 

 

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