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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 23:09

Non content des milliards que Hollande et Valls donnent au Medef sans contrepartie dans le cadre du pacte de responsabilité (?), Pierre Gattaz le patron du Medef plaide à présent pour l’instauration d’un salaire «transitoire» inférieur au Smic pour permettre notamment aux jeunes d’entrer sur le marché du travail.

 

Lors de son discours de politique générale, Manuel Valls avait pourtant ajouté dans la corbeille de mariage du gouvernement PS avec le Medef une exonération totale des cotisations sociales patronales pour les salaires au niveau du Smic. Manifestement, ce n'est pas encore assez puisque même sans les cotisations, Gattaz trouve le SMIC encore trop élevé. Mais puisque ce gouvernement cède aux demandes du Medef à la vitesse grand V, Gattaz devrait aller plus loin encore dans ses demandes. Pourquoi pas le rétablissement de l'esclavage ?

 

N'est ce pas le socialiste Pascal Lamy qui prône d'« aller vers plus de flexibilité et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic ». Car « un petit boulot, c’est mieux que pas de boulot ». Pendant les huit années qu'il a passé à la tête de l'OMC, il a fait les louanges de la mondialisation capitaliste et avait même osé en 2009 en pleine crise financière mondiale, demander une augmentation de 32 % de son salaire (316 000 euros), qui lui sera finalement refusée. Et c'est cet homme-là qui trouve le SMIC trop élevé ! Cela n'a pas empêché François Hollande de lui remettre en 2013 les insignes de commandeur de la Légion d'honneur.

 

Si c'est Lamy du Président, pas plus que Gattaz il ne sera Lamy des smicards.

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 16:53

Veolia Environnement, c'est l'eau, la propreté, l'énergie, le transport, avec un chiffre d'affaires de 22,3 milliards d’euros en 2013. L'entreprise figure bien entendu au CAC40. Son PDG, Antoine Frérot, figure au 51è rang des 120 principales sociétés cotées en France et donc celles du Cac 40. Pour 2012, dernier chiffre connu, sa rémunération s'est élevée à 1 580 610 €.

 

Si j'évoque les revenus de son PDG, c'est pour signifier que ce monsieur ne doit pas connaître des fins de mois difficiles, contrairement à certaines familles clientes de Véolia. Et à ce sujet, un salarié de Véolia qui ne voulait pas couper l’eau à des centaines de foyers incapables d’honorer leurs factures a été licencié.

 

C’est l’amère expérience qu’a vécue Marc Fazio, salarié pendant vingt ans sur le site avignonnais de la division Eau du groupe. Le tort de ce cinquantenaire désabusé : avoir refusé pendant plusieurs années de couper l’eau à des centaines de foyers incapables d’honorer leurs factures. Pour cette « insubordination », le « chargé de clientèle terrain » a payé le prix fort : en juillet 2013, il recevait sa lettre de licenciement. « Pour mon intégrité morale et rester en paix avec moi-même, je trouvais le moyen de ne pas imposer les coupures à des foyers déjà accablés : des familles monoparentales avec enfants, des gens qui venaient de perdre leur emploi », justifie-t-il.

 

Soutenu par la CGT, il contestera ce jour son licenciement devant les prud’hommes d’Avignon.

 

Peut-on empêcher un être humain d’avoir accès à l’eau ? Ce salarié doit être réintégré et mériterait d'être décoré pour ces actes solidaires.

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 16:23

En titrant ainsi, je fais allusion à un précédent billet où De Closets considérait que « les Français pleurent la bouche pleine ». De Closets se posait en défenseur de sa classe sociale car ce sont bien les actionnaires qui ont la bouche pleine et en réclament toujours plus.

 

Après les 20 milliards d'euros du crédit d'impôt compétitivité emploi (Cice), F Hollande a annoncé dans sa dernière conférence de presse l'allègement des charges des entreprises avec notamment la suppression des cotisations de la branche famille pour une valeur de 30 à 35 milliards. Que croyez-vous que dit le patronat aujourd'hui ? Insuffisant ! Le Medef par la voix de Pierre Gattaz réclame désormais 60 milliards d'euros de baisse des prélèvements obligatoires, tout en ajoutant « N'attendons pas des mesures presse-bouton pour créer de l'emploi demain matin. »

 

Il n'y a bien que ce gouvernement social-libéral et la droite pour croire et faire croire qu'en accordant toujours plus d’allègements pour les entreprises on résoudra le problème de l'emploi.

 

Hollande voulait inverser la courbe du chômage fin 2013. C'est raté ! Le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 6% en 2013. Pourtant, les diverses aides publiques versées aux entreprises au nom de l'emploi atteignent un chiffre record avec 230 milliards d'euros. Ça suffit ! Cette politique qui consiste avec des allègements de cotisations à remettre l'avenir économique de notre pays entre les mains des entreprises ne mène à rien. Le coût du travail n'est pas la cause du chômage, c'est le coût du capital.

 

Mais Hollande poursuit sur le même voie et satisfait les ambitions du Medef qui, malgré ses poches pleines, en réclame encore plus.

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 23:02

A en croire François de Closets, « les français pleurent la bouche pleine ». C'est ce que titrait le quotidien local « La Nouvelle République » en rubrique locale économie, relatant la conférence donnée (à quel prix ?) par le journaliste-écrivain-essayiste à l'occasion des vœux des Chambres consulaires des Deux-Sèvres.

 

Le thème de sa conférence était, France le retour à la réalité en 2014, "Maintenant ou Jamais", titre de son dernier ouvrage. Selon lui « La France était en déclin depuis vingt ans, elle se trouve maintenant en phase de décrochage. Menacée d’être un pays en voie de sous-développement. Comme l’Italie ou l’Espagne, elle va connaître le choc de l’austérité. Une épreuve qui n’est imposée ni par la politique gouvernementale, ni par l’Europe, ni par l’Allemagne, mais par la réalité ». Ah bon ? Rien d'imposé par le gouvernement, par la troïka (Fonds Monétaire International, Banque centrale européenne et Commission européenne) ? La suite du constat est qu'il y a 35 ans, les prix étaient encadrés par l'État, les salaires indexés sur l'inflation et tout licenciement était soumis à autorisation administrative. Autant de « verrous » qui ne sont plus là. Mais ce n'est pas assez à ses yeux, nous aurions une institution judiciaire trop « antipatronale ». Vraiment ? Nous serions dans une situation difficile, une situation de guerre, qui n’a aucune raison d’être. Pour lui, la France a tous les atouts de la prospérité en main et la solution passe par une réduction des dépenses publiques de 1% par an pour revenir à l’équilibre.

 

Toujours ce même discours pervers. Le monde politique libéral et social-libéral, économique et médiatique est quasi unanime pour souligner que le coût du travail serait trop élevé en France et qu’il nuirait à la compétitivité des entreprises nationales. Par contre, on ne l'entend jamais parler du coût du capital, véritable obstacle au développement économique du pays. Pour la majorité de ces "experts", le principal obstacle au développement de la nation serait le coût du travail, c’est-à-dire les salaires et les cotisations sociales trop élevés. Cette réalité empêcherait les entreprises nationales d’être compétitives dans un marché mondialisé où la concurrence est de plus en plus féroce, et serait l’une des causes du déclin du pays.

 

Pourtant, le problème de la France n’est pas le coût du travail mais le coût du capital, c’est-à-dire la part des bénéfices versée aux actionnaires, qui a augmenté bien plus vite que les salaires et qui a atteint des sommets inégalés depuis trente ans. Selon l’INSEE, de 1980 à 2010, la part de dividendes est passée de 3% de la richesse nationale à 9%, ce qui représente une hausse de 180 milliards d’euros par an pendant trois décennies. En 30 ans, les dividendes payés aux actionnaires ont augmenté de 200%. Sur la même période, en euros constants, les salaires n’ont progressé que de 20%.

 

De Closets se pose en défenseur de sa classe sociale. Et ce sont bien les actionnaires qui ont la bouche pleine et qui en réclament encore et non pas les salariés ou les 8 millions de français qui vivent en dessous du seuil de pauvreté selon les derniers chiffres de l'INSEE.

 

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 23:41

Philippe Varin, le futur ex-PDG de Peugeot, a annoncé mercredi qu’il renonçait « aux dispositions actuelles de ses droits à retraite ». Pour Hollande, « c'est une sage décision ». Le président du Medef, Pierre Gattaz, estime quant à lui que le renoncement de Philippe Varin à sa retraite chapeau montre que le patronat français sait s'autoréguler et demande de ne surtout pas légiférer sur cette question.

 

En quoi le patronat s'autorégule ? La somme de 21 millions avait bien été provisionnée par le conseil d'administration de Peugeot. Et même plus puisque c'est 70 millions d’euros qui ont été provisionnés pour les retraites de 6 membres du directoire, selon le document rendu publique par la CGT de Peugeot à Sochaux.

 

Des membres du gouvernement ont exprimé leur désapprobation, mais malheureusement, les retraites-chapeaux sont un dispositif légal. Il avait été question de les encadrer mais les pouvoirs publics se sont contentés d'un « code de bonne conduite » du Medef. C'est comme faire garder les frontières par des contrebandiers.

 

C'est bien parce que la CGT de Peugeot-Sochaux a rendu publique cette information et que cela a suscité un tollé général que Varin a reculé. Pour désamorcer le scandale, il affirme qu'il renonce "aux dispositions actuelles", mais il laisse la porte ouverte à la fixation de "nouvelles dispositions" en accord avec la famille Peugeot.

 

La CGT a raison de demander que ces 21 millions qui étaient mis de côté servent à débloquer le gel des salaires en vigueur dans l'entreprise. Ce ne serait que justice. La lutte des classes est bien toujours d'actualité.

 

 

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 07:54

« Le moment est venu de s’interroger sur un modèle qui a longtemps garanti, avec un certain succès, des protections sociales supérieures à la moyenne, mais touche désormais ses limites et finit par entraver nos mouvements. »

 

Ces propos sont de Christophe de Margerie, le PDG de Total. Après Denis Kessler, PDG du Groupe SCOR et ancien vice-président du Medef dont l'objectif était « de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance » voilà un autre PDG qui ne voit les difficultés de notre pays que dans le modèle social français. Il ajoute d'ailleurs dans cet interview : « la France n’est pas considérée comme un pays où l’on peut investir sans risque... Qui aurait envie de s’implanter dans un pays où l’on invente des lois interdisant de fermer des sites ou de quitter le territoire national ? » (Les Echos28/08/2013)

 

A priori les lois interdisant de fermer les sites dont parle Christophe de Margerie n'ont pas empêché Total de liquider sa raffinerie de Dunkerque en 2010 et de prévoir -cela a été annoncé mercredi dernier lors d'un CCE) – la fermeture du dernier vapocraqueur de la plate-forme pétrochimique de Carling en Moselle avec la suppression de 210 postes, ce quin fera 600 postes avec les emplois indirects. Et ce n'est pas l'ANI voté malheureusement par les députés socialistes qui mettra des bâtons dans les roues du PDG de TOTAL. Que veut-il de plus ?

 

Faut-il rappeler que Christophe de Margerie fait partie des PDG les mieux payés, 4,9 millions d’euros en 2012 (en hausse de18 % sur l’année précédente).

 

 

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 16:03

Le motif économique invoqué par le groupe Continental pour justifier la fermeture de l’usine de Clairoix et le licenciement de 1120 salariés en 2010 a été invalidé par le conseil des prud'hommes de Compiègne. « Continental a été condamné pour défaut de motif économique et pour non-respect de leurs obligations de reclassement » a déclaré l’avocate aux salariés présents. Le conseil des prud'hommes a également estimé que Continental n'avait pas respecté un accord de 2007 sur le temps de travail qui prévoyait un retour aux 40 heures hebdomadaires, contre des assurances sur le maintien de l'emploi dans le site jusqu'en 2012.


Hélas, le site est fermé et ne rouvrira pas. Hélas, la Loi contre les licenciements boursiers présentée au Parlement par les députés Communistes-Front de Gauche n’a pas été votée. Si la loi donnait la possibilité aux ouvriers d'aller devant la justice pour contester un plan social avant les licenciements, l'usine serait encore là. L'actuel gouvernement a fait tout l'inverse avec l'ANI accord qui limite les possibilités de recours contre les plans sociaux. C'est une attaque inédite contre le code du travail, et c'est un gouvernement socialiste qui l'a fait !


Des ouvriers de Conti qui ont lutté pour sauver leur usine ont été condamnés pour des dégradations et la loi d’amnistie sociale présentée par les députés communistes-Front de Gauche a été rejetée par le PS. L’un d’eux, Xavier Mathieu, l’emblématique délégué syndical CGT, rappelait après le jugement que plus de 500 de ces salariés licenciés abusivement pointent encore à Pole emploi, sans oublier non plus les drames humains, car il y a eu des suicides.


Et faut-il rappeler que la société Continental a réalisé des milliards de bénéfices.


Voilà où mène la recherche de toujours plus de profits des entreprises capitalistes, peu importe pour elles les drames humains. Et comble de cynisme, la société Continental a décidé de faire appel de ce jugement qui la voit condamnée à devoir verser des indemnités.

 

La lutte de classes est bien toujours d'actualité.

 

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 14:59

Dans le supplément Cactus de l'Humanité quotidienne du jeudi, j'ai apprécié "le grain de sel" de Aline Pailler. J'aimerais entendre ces mêmes propos dans la bouche des dirigeants de mon parti. Un changement radical est indispensable pour notre société, on voit à quoi nous mènent les compromis, voire les compromissions. La capitalisme n'apporte que désespoir, on ne peut se contenter d'accompagner ses victimes.

Aline Pailler est journaliste et productrice à France-Culture. Elle a été députée européenne du Parlement européen (1994-1999) sous les couleurs du Parti communiste français.

 

Cactus Le grain de sel d' Aline Pailler

 La colère a ses raisons...

  

La planète croule, les esprits sont enchaînés par la peur, les élites et les contre-pouvoirs attablés dans les médias ou les salles de réunion surchargées par l’agenda des relations sociales et autres négociations de pactes sociaux ! Allons-nous réciter longtemps encore la litanie des ­récriminations sur les effets du capitalisme ? Allons-nous finir par vivre en charognards sur le dos des ­cadavres du ­capitalisme et ­recycler notre colère en fonds de commerce ? Transformons nos innombrables débats en combats. Combattons ce que nous dénonçons, transformons la conscience et l’analyse en outil de destruction de ce qui nous opprime. « Oh  ! mais quelle violence  !  », diront effarouchés ceux qui ne veulent pas changer le système mais le réformer et/ou accompagner ses victimes tout en les laissant glisser inexorablement vers l’abattoir.

 

La violence est partout, dans la rue, sur les trottoirs, dans les entreprises, les bidonvilles. La guerre est mondiale et la dignité humaine partout bafouée. Ça suffit ! Groupons-nous, fédérons notre énergie à combattre le même ennemi : le capitalisme. Jaurès qui, comme Marx, est expurgé de ce qui pourrait déranger l’ordre établi, publiait en 1895 l’article « Plutôt l’anarchie que le despotisme ». Il y mettait notamment en cause le salariat, comme Marx, qui prônait son abolition. Il y a des pistes pour déboulonner le capitalisme. Et si la première étape était de le saboter ? Que tous les débats critiques consacrent la meilleure partie de leur temps à inventer et organiser la riposte. Cessons de faire semblant de croire à ce qui a donné de nombreuses preuves de son inefficacité à transformer le monde : les partis de gouvernement, les syndicats réformistes, les élections en régime ­capitaliste, la démocratie délégataire. Puisons certes dans le passé mais ne nous y enterrons pas avec nos rêves bafoués et trahis ! Nous honorons Mandela mais que savons-nous de l’organisation Abahlali baseMjondolo qui construit l’autonomie avec les populations des quartiers délaissés par les services publics en Afrique du Sud ?

 

Nous allons commémorer une défaite, les quarante ans du coup d’État au Chili, mais que savons-nous des luttes des Mapuche ? Si nous fêtions une révolution qui dure depuis le 1er janvier 1994 au Chiapas (Mexique), la révolution zapatiste qui construit de manière autonome une société avec son système de santé, d’éducation, de justice, de gouvernement ? Pourquoi taire ces ­victoires et ces chemins vers l’autre monde que nous revendiquons dans nos slogans ? Mais l’Europe, la France même ne sont pas un désert en matière d’initiatives, d’expériences et de construction théorique et pratique d’une société non capitaliste. Il nous reste à inventer dans nos pays les chemins buissonniers pour construire des territoires libérés et autonomes : quelle belle perspective que de cesser de seulement survivre ! Enfin nous allons ressentir au plus profond de soi et collectivement la joie de vivre !

 

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 18:32

Après le festival de Cannes, où la palme d'or a été décernée au film d’Abdellatif Kechiche, « La vie d’Adèle », le canard enchaîné titrait sur « Le revers de la palme » dénonçant les conditions de tournage, « des journées de seize heures payées huit, du travail non payé imposé le samedi », « le doublement du temps de tournage prévu » mais avec un budget qui ne bouge pas.

 

Le cinéma ne peut  pas être une zone de non-droit.

 

Ces problèmes devraient trouver une réponse avec le texte de la convention collective étendue de la production cinématographique qui devait entrer en vigueur au 1er juillet mais qui vient d'être reporté au 1er octobre. Ce texte étendu est celui proposé par l’API (Gaumont, Pathé, UGC, MK2), seule organisation représentant les employeurs à l’avoir signé le 19 janvier 2012 avec tous les syndicats de techniciens et d’ouvriers, à l’exception de la CFDT. Par contre, il y a eu une levée de bouclier de la part de nombreux syndicats de producteurs indépendants, car cette convention collective est une petite révolution au sein de ce monde d'arrangements en marge de la loi. Elle prévoit, entre autres, des minima salariaux, et le paiement des heures supplémentaires, du travail de nuit ou du dimanche. Autant de points sensibles pour les films à petit budget.

 

Dans un entretien accordé à Télérama, Alain Guiraudie, le réalisateur de “L'Inconnu du lac”, prend la défense de ce texte décrié.

 

Entretien Télérama

Il nous faut une régulation collective.
Les négociations individuelles, ça suffit.”

 

Serait-ce une bonne chose que la convention collective étendue entre en vigueur dès aujourd'hui ?

Oui. Il nous faut une régulation collective. Les négociations individuelles, de gré à gré, ça suffit. Or, la convention collective signée par l'API est la seule qui existe en droit. Le texte alternatif proposé par les producteurs indépendants n'a aucune valeur. Pas plus que les propositions faites par la SRF. Il ne suffit pas de se réunir entre copains et de rédiger un texte pour qu'il ait force de loi. Et puis soyons sérieux : la SRF propose une convention collective à tiroirs, sous conditions.

Il faudrait indexer les revenus minimums des techniciens aux budgets des films. Et tant pis pour le principe du « à travail égal, salaire égal ». Tant qu'on y est, pourquoi pas un Smic spécifique aux boîtes de moins de cinquante employés ? Faut-il comprendre que les films en dessous de 4 millions d'euros ne se font qu'avec de la passion ? C'est à se demander si ce petit monde adhère au principe même d'une convention collective…

Personnellement, j'estime qu'il est intéressant de réaffirmer tout haut l'idée qu'un film coûte de l'argent en salaires. Pour faire du cinéma, il ne suffit pas d'avoir une caméra, des idées ou de l'enthousiasme : sans le travail des techniciens, rien ne se ferait.

Arrêtons aussi d'associer systématiquement cinéma de la diversité et films pauvres. Cela induit l'idée que l'audace artistique est consubstantielle aux petits budgets. Je commence à en avoir marre qu'on me dise que mes films sont importants tout en me donnant des miettes pour les réaliser. Si vraiment on estime qu'ils ont leur place en salles, alors que le CNC s'en donne les moyens ! Quel cinéma veut-on défendre dans ce pays ? Va-t-on laisser la loi du marché l'inféoder ou décider qu'on met la main à la poche pour défendre les œuvres qui méritent d'exister ?

 

Ne craignez-vous pas que la convention collective signée en janvier 2012 accélère les délocalisations ?

Ce risque existe. Mais la façon dont les uns et les autres le brandissent me rappellent l'histoire des ouvriers de Continental. Il y a cinq ans, on leur a dit qu'ils devaient renoncer aux 35 heures sous peine de voir les sites français fermés. Cinq ans plus tard, ces mêmes sites ont fermé boutique. Dans le cinéma, les délocalisations sont déjà une réalité. Aujourd'hui, on peut très bien prendre l'argent du CNC et le dépenser ailleurs. Là encore, pour que les choses changent, il faut peut-être en passer par des mesures réellement coercitives.

 

“Pourquoi un film français ne pourrait-il pas
se faire avec plus de 60% d'argent public ?”

 

Faut-il, comme le demandent notamment les représentants de la SRF, remettre à plat tout le système de financement du cinéma français ?

Absolument. Il faut rendre le CNC à sa mission initiale : la régulation. C'est à lui de rééquilibrer le marché et de réorienter les moyens vers les films plus difficiles, moins mainstream. Le rééquilibrage ne viendra pas de Gaumont, de Pathé ou de MK2… Pour l'heure, l'argent du CNC repart beaucoup vers les structures et les films les mieux dotés. Pourquoi un film français ne pourrait-il pas se faire avec plus de 60% d'argent public ? Pourquoi, le CNC ne monte-t-il pas au créneau là-dessus ? La commission européenne a bon dos… On ne peut pas rester dans le statu quo actuel.

 

Quels seront les premiers effets de cette convention collective ?

Honnêtement, je n'en sais rien. Mais si vous aviez demandé à un petit artisan de 1936 à quoi ressemblerait sa vie avec les congés payés, il vous aurait probablement fait la même réponse. Je pense que, à l'époque, beaucoup de voix ont dû s'élever pour dénoncer cette mesure qui risquait de couler les petits patrons…

De la même manière, quand, en 2003, le bénévolat sur les courts métrages est devenu illégal, on a entendu des cris d'orfraie. Dix ans plus tard, il me semble que les courts métrages existent toujours. Si la convention est étendue aujourd'hui, certains films ne pourront sans doute pas se faire. Mais sur tous les autres, les travailleurs seront payés correctement.

 

Et tant pis pour les films qui ne pourront pas se faire ?

Mais chaque année, des films ne se font pas faute d'argent ! Pourquoi les gens se réveillent-ils maintenant ? Moi-même, il y a deux ans, j'ai renoncé à un projet. Cela m'arrive aussi régulièrement de reporter un tournage. Ce genre de mésaventures fait partie de ma vie de cinéaste depuis vingt ans. Mais les réalisateurs et producteurs du cinéma du milieu ignoraient peut-être cette réalité jusqu'à ce que l'idée de payer les gens correctement les fasse paniquer. Avec la convention collective, il y aura peut-être moins de films produits chaque année en France. Mais vous les voyez, vous, les deux cent soixante-sept films annuels dans les salles ? De fait, aujourd'hui, seuls quelques titres monopolisent les écrans.

 

“Le salaire ne doit plus
être la variable d'ajustement.”

 

Auriez-vous pu réaliser L'Inconnu du lac dans le cadre de cette convention ?

Oui, car nous nous y serions pris autrement. La production aurait dû se bouger le cul pour trouver plus d'argent. Lequel a d'ailleurs été trouvé, auprès d'Arte, a posteriori, c'est-à-dire une fois le film monté. Il n'était donc pas si introuvable que cela. Pour pouvoir payer les gens au tarif, il ne manquait que 100 à 200 000 euros à L'Inconnu du lac, comme à tous ces films à 1 million qui sont devenus la caution des cinéastes du milieu pour refuser la convention collective. Admettons même que cela représente chaque année 30 millions d'euros : s'il y avait une vraie volonté politique, ce serait facile de les trouver au CNC, qui brasse 150 millions d'euros par an.

 

Certains craignent que, pour le même tarif, les producteurs privilégient les techniciens confirmés au détriment de la jeune génération…

Si les producteurs travaillaient avec les techniciens débutants parce qu'ils étaient moins chers, j'aimerais être au courant. Généralement, surtout dans le cinéma d'auteur, le réalisateur décide avec qui il veut travailler. C'est ridicule, les quatre ou cinq grands chefs opérateurs qu'on a en France ne vont pas pouvoir faire tous les films. Pareil pour les stars du montage. Le salaire ne doit plus être la variable d'ajustement. Pour le reste, au moment de se lancer dans la fabrication d'un film, les choix à faire restent les mêmes : miser sur un casting cher et prestigieux ou pas, réduire ou pas le temps de tournage, etc.

 

A-t-on sacrifié la justice sociale à la diversité du cinéma ?
Oui, comme si l'art autorisait tous les passe-droits, comme s'il était au-dessus du droit du travail. L'industrie du cinéma est même peu à peu devenue un laboratoire du libéralisme. Où le CDD et la précarité sont la norme. Quand j'étais technicien, je passais mon temps à pointer au chômage.

 

Quel impact la discorde de ces derniers mois aura-t-elle à long terme sur le cinéma français ?
Je suis incapable de me prononcer là-dessus. Les clivages se sont affirmés. Mais quant à savoir comment cette affaire va se terminer, je suis comme tout le monde. J'attends.

 

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 22:15

Celle qui se prétend défenseure des classes sociales défavorisées possède une résidence principale à St Cloud et une résidence secondaire avec piscine du côté de Perpignan ! La présidente du FN n'en a pas parlé de sa résidence secondaire avec piscine dans le bassin ouvrier du Pas de Calais où elle est conseillère régionale. Ça ferait désordre, son train de vie ne s'apparentant pas vraiment à celui des salariés !

 

Toujours est-il qu'au mois de mai, la présidente du FN a chuté dans sa piscine, vide en l’occurrence, se faisant une fracture du sacrum.

 

Et j'ai bien ri cette semaine en entendant l'humoriste belge Alex Wizorek déclarer à ce sujet que : « La spécialité de Marine Le Pen était moins le 100 mètres dos que le 2 mètres coccyx, et qu'elle avait prouvé la véracité du célèbre adage "Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise". »

 

Un très bon point pour l'humour belge.

 

 

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Published by jco - dans humour Classes FN
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