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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 15:39

La chronique d'Audrey Vernon du vendredi 17 mars n'est pas disponible à la réécoute sur le site de France-Inter. On ne la retrouve pas non plus en pod-cast. Serait-elle dérangeante ?

 

Elle parlait du suicide d'un cheminot. Il était âgé de 42 ans, et « s’est jeté sous un train » gare Saint-Lazare à Paris. Le cheminot prénommé Edouard était délégué du personnel Sud-Rail. Il avait par ailleurs un statut de travailleur handicapé lié à des « problèmes psychologiques ». Selon Sud-Rail, ce cheminot aurait subi durant « plusieurs années » des attaques de la part d’ « une direction qui ne supportait pas son engagement syndical ». Selon le syndicat, « un conseil de discipline l’avait condamné à un dernier avertissement avant licenciement, avec 12 jours de mise à pied et à un déplacement disciplinaire pour avoir eu un "regard menaçant" envers son directeur » précise le syndicat.

 

A la suite de la page France-Inter indiquant l'indisponibilité à la réécoute, voir le verbatim de la chronique d'Audrey Vernon censurée par France Inter et reprise sur le site de Sud-Rail.

La page France-Inter

La page France-Inter

Le billet d’Audrey Vernon du 17 mars 2017

 

Je suis bien embêtée Eric, je pars en tournée, tout à l’heure en train… et la direction de la SNCF fait rien qu’à tuer des cheminots… ça va pas la tête… 
2 la semaine dernière, un accident du travail et un suicide… Bravo, moi je vous le dis tout net, je sais pas conduire les trains alors comme ce soir je dois être à Thionville à 20h30… ce serait bien que vous fassiez un peu gaffe aux gens … Vous savez les gens c’est… Les trucs dont s’occupe la DRH.

Les dirigeants des entreprises publiques en ce moment, ils font pas gaffe aux travailleurs… 

Leur objectif à la SNCF, La Poste ou l’Hopital, c’est plus de faire rouler les trains, envoyer des lettres ou soigner des gens… 

Non leur objectif c’est d’être rentables comme une entreprise privée … moi je les comprends, j’adore l’argent… Et les services c’est pas rentable… C’est un truc de scouts… 

Aider une vieille chinoise à la poste à remplir son recommandé, on a beau retourner le truc dans tous les sens, c’est pas rentable… (quand je dis « le truc », je parle du problème, c’est pas la vieille chinoise qu’on retourne).
Nettoyer un vieux à l’hôpital pour la troisième fois de la journée, c’est pas rentable… permettre aux gens de se déplacer, c’est définitivement pas rentable…

Du coup ils essaient de presser les travailleurs pour voir ce qui sort.. Peut être de l’or !

La semaine dernière un cheminot qui s’appelait Edouard s’est suicidé en se mettant la tête sur les rails. Il avait 42 ans… Il était syndicaliste… et harcelé par sa direction.
Il n’avait plus de poste, allait être muté et sanctionné, il avait fait un truc très grave, il avait « soutenu le regard »

Alors ses chefs messieurs Théboul, Huteau et Dérousseaux (c’est leur noms, pas une contrepèterie) l’ont convoqué en conseil de discipline. 

Je savais pas qu’adulte on pouvait passer en conseil de discipline… 
J’espère qu’on va pas revenir au bonnet d’âne et aux coups de règles sur les doigts

Vous allez me dire peut être qu’il abusait aussi qu’il se battait pour un jet, une piscine à bulle et un salaire de pdg… 
Même pas !! Il se battait juste pour que les temps d’habillage et de déshabillage soient comptés dans le temps de travail… comme les strip teaseuses.

J’étais gare st Lazare assister au rassemblement en hommage à Edouard, là où il travaillait, là où il s’est tué, C’était beau et triste, mercredi dernier, quai numéro un, tout le monde est allé jeter une fleur sur les rails à l’endroit même où il avait posé sa tête. 

Un rayon de soleil a éclairé ce matin gris, des trains sont passés, faisant hurler leurs sifflets… 

Sa fille qui est infirmière en gériatrie a écrit un texte dans lequel elle dit qu’elle avait été heureuse d’avoir un papa si jeune parce qu’elle pensait pouvoir en profiter longtemps. 

Je voudrais dire aux infirmières, aux cheminots et aux postiers… que Je ne sais ni conduire un train, ni faire un garrot, que je suis nulle en vélo… 

C’est vous qui faites tourner le monde… s’il vous plait, continuez… arrêtez de vous suicider…

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 13:50

Ce titre à propos du pluralisme ne vaut hélas pas que pour le JDD. Alors que samedi la marche pour une VIème République organisée par J-L Mélenchon, le candidat de la France Insoumise, avait rassemblé 130 000 participants, la Une du JDD trouvait le moyen de ne pas en parler, même pas avec un bandeau réservé là à Valls. Par contre, cette Une affiche le portrait du candidat Macron tout en lui consacrant les pages 2 à 5. Ce rassemblement de la France Insoumise était pourtant un des événements du week-end. Il fallait se rendre en page 9 pour trouver un article titré " Mélenchon passe la VIè ", sans qu'on y voit de photo de cette foule rassemblée place de la République.

 

Le candidat Macron qui ne serait ni de droite, ni de gauche (ça c'est certain, comme le gouvernement qu'il a récemment quitté), ni du système (il en est pourtant un pur produit), est bien en cour auprès des médias. A partir du moment où il a fait circuler son départ du gouvernement il y a 6 mois,  le JDD lui a réservé sa première page le 4 septembre 2016, puis 3 fois en 10 semaines, le 4 décembre 2016 ainsi que le 15 janvier et le 12 février 2017, et donc une cinquième fois ce dimanche 19 mars. On dit merci monsieur Lagardère. Il s'est aussi affiché en Une de de Paris-Match les 11 août 2016, 1er septembre 2016, 24 novembre 2016 et 9 février 2017.

 

Point commun aux deux publications ? Leur propriétaire, Arnaud Lagardère. Mais toute relation d’affaire qu’il aurait pu y avoir entre Macron l'ex banquier de chez Rothschild désormais candidat et le groupe Lagardère Active serait bien évidemment fortuite…

 

Sans doute faut-il avoir un esprit malveillant pour imaginer une sorte de favoritisme vis à vis d'un candidat hors système, sans lien avec les pouvoirs médiatico-politico-financiers.

 

La Une du JDD du 19 mars 2016

La Une du JDD du 19 mars 2016

La foule rassemblée à l'arrivée de la marche Bastille - République

La foule rassemblée à l'arrivée de la marche Bastille - République

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 17:19

Invité de France-Inter jeudi matin, Arnaud Montebourg, soutien du candidat socialiste Benoît Hamon à l'élection présidentielle, a appelé au retrait de la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour permettre à la gauche d'être au second tour.

 

« J'appelle au retrait de la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour nous permettre d'être au deuxième tour », a-t-il dit. « Nous en avons besoin, nous sommes devant le mur de l'Histoire. »

 

Et qu'est-ce qui devrait motiver ce retrait du candidat de la "France insoumise" pour Montebourg ? « Son intelligence, son extrême culture et sa vision de la société française et de ses risques, parce que c'est un homme intelligent et j'ai beaucoup d'estime pour lui. » « Nous avons les moyens, je crois, de convaincre l’un de s’effacer au profit de l’autre dans l’intérêt de la France et de ce que nous pouvons faire ensemble », a-t-il continué, rappelant dans le même temps que Benoît Hamon était « devant [dans les sondages] ».

 

Tenant compte des éléments soulevés par Montebourg, je ne vois qu'une solution, le retrait de Hamon en faveur de Mélenchon.

 

Si c'est pour permettre à la gauche d'être présente au second tour, qui incarne le mieux la gauche si ce n'est J-L Mélenchon. Quand bien même B Hamon se situait du côté des "frondeurs" sans jamais voter pour autant contre le gouvernement, il reste avant tout le candidat du PS. C'est ce parti qui a été à la tête de toutes les régions, qui a été majoritaire dans les deux chambres parlementaires, qui était aux commandes de l’État durant le dernier quinquennat et qui n'a cessé de renier ses engagements et de trahir les électeurs alors qu'il avait les pleins pouvoirs. Ce sont toutes ces périodes passées avec leurs trahisons qui ont contribué à éloigner les électeurs des bureaux de vote ou à les envoyer dans les bras du FN. Aujourd'hui, le rejet du PS est tel que, s'il peut faire partie du rassemblement de la gauche, ce n'est pas autour de lui que se fera ce rassemblement de la gauche. Les pressions des caciques du PS sur Hamon font qu'il a déjà infléchi certaines positions jugées trop clivantes dans son programme.

 

Quant à user comme autre argument que B Hamon serait devant J-L Mélenchon dans les sondages, c'est ridicule. L'écart serait actuellement de 1 point, et on a vu la fiabilité des sondages depuis un certain temps. Le dernier exemple avec les Pays-Bas.

 

Je pose donc la question suivante. Et si c'était B Hamon qui retirait sa candidature au profit de J-L Mélenchon tout en discutant sur une plate-forme commune ?

 

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 18:50

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Published by jco - dans Notes social
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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 22:59

« Il ne sert à rien de parler d'autorité quand on est pas soi-même irréprochable »

« Il n'y a qu'une seule chose qui m'empêcherait d'être candidat, c'est si mon honneur était atteint, si j'étais mis en examen »

 

Ces propos ont bien été prononcés par F Fillon. Irréprochable, il ne l'est pas. Il y a eu des mensonges, mensonges par omission, dissimulations, délits présumés, arrangements, enrichissement familial, et beaucoup d'argent derrière tout ça. Il vient d'être mis en examen mais est toujours candidat.

 

L'homme qui se faisait offrir des costumes pour un montant de 48500 euros depuis 2012 a présenté un programme sur mesure (comme ses costards) pour les plus riches. Suppression de l'impôt sur la fortune, abaissement de l'impôt sur les sociétés, fin de l'alignement de la fiscalité des revenus du travail et du capital, abaissement des cotisations sociales (40 milliards pour les entreprises et 10 milliards pour les salariés) pour quel devenir de l'assurance maladie, la transférer vers le privé lui dont la société de conseil avait pour client AXA. Et viennent s'ajouter dans son progarmme la fin des 35 heures sans compensation salariale, la retraite à 65 ans, la hausse de deux points de la TVA (l'impôt le plus injuste mais pour lui pas de problèmes, les pauvres peuvent moduler dans ce cas leur consommation). Et les services publics seraient mis à mal avec la suppression prévue par lui de 500 000 fonctionnaires et de 100 milliards de coupe dans les dépenses publiques.

 

Quel cynisme de la part de celui dont la famille, avec les salaires de son épouse à l’Assemblée nationale et à la Revue des Deux Mondes, et ceux de ses enfants au Sénat, a perçu un million d’euros (dont 900 000 euros d’argent public) pour des prestations qui restent en grande partie à établir. Au fil des jours, on découvre un candidat qui a construit un véritable système financier destiné à entretenir un train de vie jusqu’alors insoupçonné.

 

Il est temps d'en finir avec ce système corrompu, avec cette 5ème République complètement à bout. Comment ceux pour qui les fins de mois sont difficiles, comment les millions de personnes qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté, comment tous ceux qui gagnent honnêtement leur vie peuvent imaginer un Fillon à la tête de l’État ? Autant confier les clés de la Banque de France au plus grand braqueur.

 

Vivement la VIème République. Ce serait d'abord une loi de séparation de la République et de l'argent comme le dit J-L Mélenchon.

 

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 22:45

Qui est Anne Méaux, cheffe de la communication de François Fillon ?

 

Cette communicante venue de l’extrême droite cultive depuis plus de quarante ans ses réseaux d’influence, entre politique et argent.

 

«Cruella ». Ce féroce surnom donné par ses concurrents lui colle à la peau. Anne Méaux, patronne de l’agence Image 7, dispense depuis bientôt trente ans ses coûteux conseils aux barons de la droite comme à ceux du CAC 40. C’est elle qui règne sur la communication de François Fillon : la ligne dure et jusqu’au-boutiste choisie par le candidat de droite reflète bien les convictions de cette femme, libérale affichée et conservatrice assumée.

 

En politique, son premier fait d’armes remonte à 1968, avec la création d’un comité antigrève au lycée Jules-Ferry, à Paris. Elle a 14 ans et déjà la haine du communisme chevillée au corps. « J’ai été très marquée par ce qui se passait au Vietnam. C’est vrai que là, il y a eu un clivage : il y avait ceux qui protestaient contre les Américains qui mettaient des bombes, et il y avait ceux aussi qui étaient très anticommunistes et dont je faisais partie », revendique-t-elle (1). Des convictions qu’elle affermit à Valeurs actuelles, où elle décroche, étudiante, un job de documentaliste. L’hebdomadaire a été fondé quelques années plus tôt par Raymond Bourgine, partisan de l’Algérie française. Anne Méaux a trouvé sa famille politique.

 

Toujours la haine du rouge

Elle s’engage à l’extrême droite, avec les militants d’Occident et d’Ordre nouveau. Leurs slogans claquent comme des sentences de mort : « Tuez tous les communistes, où ils se trouvent ! » Méaux rejoint les nervis du Groupe union défense (GUD), s’enchaîne aux grilles de l’ambassade d’URSS, finit au Parti des forces nouvelles (PFN), où elle cultive de solides amitiés avec Gérard Longuet, Hervé Novelli, Alain Madelin. En 1974, tout ce petit monde se recycle dans le giscardisme. Elle se fait recruter au service de presse de l’Élysée, goûte à la com de crise avec l’affaire des diamants de Bokassa. Mais, après la défaite de 1981, elle s’ennuie auprès de Giscard à l’UDF. Alain Madelin devient son mentor et lorsque la droite revient aux affaires, en 1986, elle le suit au ministère de l’Industrie. Elle y tisse son réseau dans le monde des affaires, se lie à des banquiers, à des capitaines d’industrie, devient l’amie intime de François Pinault. En 1988, elle vote, à contrecœur, pour Chirac, qu’elle juge trop « étatiste ».

 

La même année, à 34 ans, elle fonde son agence de lobbying et de communication. Laurence Parisot, Anne Lauvergeon et Louis Gallois apprécient ses conseils. Plus d’une centaine de clients lui font confiance. Et si elle affecte de ne pas prospecter, elle soigne sa réputation de prêtresse de la com. Image 7 prospère, avec un chiffre d’affaires qui dépassait, en 2015, les 19 millions d’euros. Éric Woerth, Rachida Dati, Jean-Pierre Raffarin ou son vieil ami Hervé Novelli font appel à ses services.

 

À l’international, les contrats sont juteux. Avant la révolution de 2011, Méaux facturait 200 000 euros par an ses services à l’Agence tunisienne de communication extérieure, machine de propagande au service de la dictature de Ben Ali. Quoi de mieux qu’un séjour dans un hôtel de charme au bord de la Méditerranée pour présenter le tyran sous un jour favorable ? Journalistes et patrons de presse se sont laissé tenter. Mais pas tous. Une note interne d’Image 7, révélée en 2011 par le Canard enchaîné, désespère des « journalistes spécialisés dans la politique internationale, qui sont globalement droits-de-l’hommiste et de culture marxiste ». Toujours la haine du rouge.

 

(1) Aurore Gorius et Michaël Moreau, les Gourous de la com. Trente ans de manipulations politiques et économiques, La Découverte, 2012.

 

Par Rosa Moussaoui rubrique Monde de L'Humanité

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 07:49

Tous ceux qui depuis des années ont contribué à la montée du FN par le non respect de leurs engagements de candidat, par des politiques menées qui ont contribué à lui faire son lit, pour ceux, et je pense là à certains médias, qui lui ont dressé la table considérant qu'il s'agissait d'un parti comme les autres, eh bien aujourd'hui, sous prétexte qu'il y a danger sur son arrivée imminente au pouvoir, il faudrait voter pour le candidat plus "respectable" que les sondages donnent potentiellement présent au second tour.

 

Dans ce cas, pourquoi organiser les élections ? Pourquoi ne pas laisser les sondeurs désigner l'élu ? Non, non et non. Et j'adhère complètement à l'éditorial de Gérard Miller publié dans Le Monde. Au premier tour, je voterai pour le candidat dont le programme correspond le mieux à la société que je voudrais. Une société plus juste, plus solidaire, plus fraternelle, plus respectueuse de notre environnement. Je voterai Jean-Luc Mélenchon.

 

Dans un prochain billet je reviendrai sur ces ralliements contre nature.

 

EDITO : Est-il encore permis de voter à gauche quand on est de gauche ?

Ainsi donc, parmi d’autres hommes de gauche insoupçonnables, Patrick Braouzec, ancien député-maire communiste, « mesurant les conséquences dramatiques d’un second tour droite-extrême droite », vient d’annoncer dans le Monde daté du 8 mars, qu’il votera pour Emmanuel Macron dès le premier tour. Et ceci après avoir commencé par ces mots : « Chacun connaît mes convictions et mes engagements ». Je l’avoue : les bras m’en tombent !
Jusque là, l’élection présidentielle permettait d’appliquer un principe simple, que d’aucuns avaient résumé par une formule : « Au premier tour on choisit, au second on élimine ». Sous-entendu : si le candidat qu’on pense être le meilleur n’est pas qualifié au terme du premier tour, on peut éventuellement voter au second pour celui qui semble un moindre mal, mais après avoir commencé en tout cas par voter « selon ses convictions et ses engagements ». Comme beaucoup à gauche, c’est ainsi que pour ma part j’ai toujours procédé, soutenant au premier tour le candidat de mon choix (Marie-Georges Buffet, Jean-Luc Mélenchon…) et votant au second pour le socialiste arrivé en tête (Ségolène Royal, François Hollande…)
Or voilà que cette conception démocratique du vote est désormais caduque pour un certain nombre d’électeurs de gauche, et qu’il leur parait nécessaire d’en soutenir une autre, supposée plus réaliste parce que fondée sur les sondages. Et tel vieux militant du PS, approuvant Braouzec, de m’expliquer sans sourciller
qu’il votera lui aussi pour Emmanuel Macron qu’il n’apprécie guère, et ce pour les mêmes raisons qui l’ont conduit à voter à la primaire de droite pour Alain Juppé qu’il déteste. Dans le passé, j’avais déjà entendu brandir l’argument du « vote utile » pour justifier quelques cabrioles électorales, mais je dois dire que je n’avais jamais été confronté à l’élaboration de stratagèmes aussi tortueux !
Tout cela n’est pourtant pas un hasard. Cette confusion des esprits ne signe rien d’autre que l’actuelle victoire idéologique de la droite, qui pousse désormais des hommes et des femmes de gauche à cultiver la finasserie et le paradoxe comme les formes ultimes du pragmatisme.
J’ai par exemple sous les yeux la « lettre à Jean-Luc Mélenchon » que Raphaël Glucksmann a publiée le 4 mars sur le site de L’Obs. Elle comporte huit paragraphes et les cinq premiers sont dithyrambiques. Le leader de la France insoumise, écrit d’emblée Glucksmann, est tout bonnement « le meilleur ». Et il ne mégotte pas sur les arguments pour justifier un tel éloge ! Il explique que c’est « l’enfant chéri des noces de la littérature et de l’histoire », de très loin le plus érudit de tous les candidats. Il ajoute que c’est le plus politique, au sens le plus noble du terme, « à mille lieues des arrangements d’appareils moribonds », et le « dernier héritier d’une grande et belle tradition » qui l’a fait tomber fou amoureux de la France. Et puis surtout, il rappelle que c’est celui qui a eu raison avant les autres. « Raison sur le Parti socialiste, rassemblement de notables passés en un siècle de Jaurès à Séguéla, incapables de transformer une société qui, in fine, leur convient parfaitement. Raison sur la nécessaire conversion écologique des vieux logiciels productivistes
de la gauche postmarxiste. Et au delà, raison sur… » Etc, etc. Bref, il se fait le plus efficace des agents électoraux et dès lors, s’il était une conclusion logique qu’on pouvait attendre d’une telle apologie, c’était bien celle de voter des deux mains pour ledit Mélenchon !
Eh bien, pas du tout ! Rappelant le « sacrifice » de François Bayrou, voilà le jeune essayiste qui évoque un sortilège étrange frappant cette élection — « sortilège étrange », ce sont les termes employés par le rationaliste qu’il est. Et que veut d’après lui ledit sortilège ? Que les plus dignes des candidats renoncent à se présenter. D’où cette adresse à Mélenchon qu’on peut ainsi formuler : « Retirez-vous, Jean-Luc, puisque vous êtes le meilleur. »
On en conviendra : cette dialectique est incroyable. En fait, tout repose sur une affirmation dont je vois bien qu’elle semble évidente à Raphaël Glucksmann comme à Patrick Braouzec : Mélenchon (et pas davantage Hamon, d’ailleurs) ne peut pas être élu président, alors autant qu’il oublie son programme et ses électeurs avec. A suivre un tel raisonnement, on se demanderait même pourquoi continuent de se présenter à l’élection présidentielle des candidats qui, d’après les sondages, ne sont pas assurés d’être au second tour.
Or il y a pourtant au moins une raison : c’est qu’une élection démocratique suppose la confrontation des idées, et pas la prise en compte anticipée d’un résultat aléatoire. Il n’y a rien de plus insupportable que les évidences qu’on veut nous faire gober : qu’il n’y a pas d’autre système possible que le libéralisme, pas d’autre Europe possible que celle d’Angela Merkel, et pas d’autre candidats sérieux que ceux dont les sondages nous disent qu’ils seront au second tour.
Que celui qui soutient en connaissance de cause le programme d’Emmanuel Macron vote pour lui, quoi de
plus normal? Mais au nom de quoi les électeurs potentiels de la France insoumise devraient-ils renoncer ainsi à soutenir le candidat qui leur semble justement « le meilleur » ? Au lieu de tympaniser les oreilles de Mélenchon qui poursuit son bonhomme de chemin sans rien cacher de ce qu’il est et veut, est-ce qu’il ne serait pas plus juste de commencer par demander à tous ceux qui ont accepté de participer à la primaire organisée par le Parti socialiste de soutenir Benoît Hamon sans lui tirer dans le dos ? Et je ne parle même pas de la conduite indigne de ceux qui eux aussi ont filé chez Macron, mais après avoir reproché tant et plus à Mélenchon de ne pas jouer le jeu de la primaire !
Bref, on l’aura compris, je suis résolument pour que les électeurs de gauche ne votent pas sous la pression de certitudes qui n’en sont pas. Aux Etats-Unis, les partisans d’Hillary Clinton eux aussi n’ont cessé de vanter sa stature présidentielle, reprochant à Bernie Sanders de ne pas se rendre à l’évidence. Résultat : Trump a été élu et chacun s’est alors posé la question de savoir si Sanders n’aurait pas été un bien meilleur candidat. Eh bien voilà, pour que le meilleur gagne, encore faut-il qu’il se présente et que ceux qui devraient le soutenir ne renient pas leurs « convictions et engagements ». En ce qui me concerne, pas question en tout cas de laisser BVA et l’IFOP guider ma main : au premier tour, je voterai pour le candidat dont le programme convient vraiment à l’homme de gauche que je reste : Jean-Luc Mélenchon.

 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:52

La parité n'est toujours pas parvenue jusqu'à l'Assemblée Nationale. Ainsi, la France n'est qu'en 60ème position dans le classement international en matière d'élues au Parlement, derrière l'Irak et le Soudan du Sud. Et pourtant, cela fait dix-sept ans que la Constitution a été révisée pour garantir ce principe de parité. Heureusement !!!

 

Seul le mode de scrutin à la proportionnelle permettrait de réparer cette injustice. A ce propos, le programme de Hollande en 2012 prévoyait l'introduction d'une part de proportionnelle à l'Assemblée nationale. Encore une promesse oubliée.

 

Le tableau ci-dessous donne d'ailleurs une idée de qui sont les mauvais élèves en terme de parité, à savoir le PS et LR. Le groupe communiste au Sénat est le seul groupe parlementaire présidé par une femme et respectant la parité.

 

A propos de ceux qui célèbrent la parité

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 08:30

L’origine de cette journée s’ancre dans les luttes ouvrières et les nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l’égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent l’Europe, au début du XXe siècle. Et c'est toujours d'actualité.

Quelques dates clés concernant cette journée internationale.

8 mars 2017, journée internationale de lutte pour les droits des femmes

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 22:04

Concernant les campagnes électorales, le CSA fixe les règles que doivent respecter les médias audiovisuels dans le domaine du pluralisme politique.

 

Concernant l’élection présidentielle, le principe d’équité remplace désormais celui d’égalité du temps de parole durant la période allant de la publication de la liste des candidats jusqu’à la veille de la campagne « officielle ». Seules les deux dernières semaines avant l’élection sont donc encore soumises à l’égalité du temps de parole dans les médias télé et radios.

 

Si l'origine du mot équité vient du latin "aequitas", de "aequus", égal, l'équité est donc un état d'esprit qui prend en considération l'esprit de la loi plutôt que la lettre. L'équité ne correspond donc pas à l'égalité au sens strict, mais serait une "juste mesure", un équilibre.

 

J'ai utilisé le conditionnel pour parler de la juste mesure. Car si le CSA prévoit pour la période allant du 1er février au 20 mars une équité du temps de parole pour les candidats déclarés ou présumés et leurs soutiens, la réalité est toute autre. Voir tableau ci-dessous. Cela ne semble pourtant pas soulever les foudres du CSA.

 

C'est ça le pluralisme des chiens de garde, ah pardon, des médias !

Temps de parole février

Temps de parole février

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