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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 20:15

Ça signifiait quoi de dire "Je suis Charlie" ? Pas d'approuver forcément la ligne éditoriale de l'hebdomadaire, mais de dire oui nous sommes pour la liberté d'expression, oui nous défendons les valeurs de tolérance, la démocratie, le vivre ensemble.

 

Les victimes de la barbarie du 7 janvier n'étaient pas encore toutes inhumées que le service public de la télévision avait déjà tourné le dos à ces beaux engagements.

 

Le journal national de France 3 du jeudi 15 janvier a rendu compte des obsèques de Georges Wolinski et des autres victimes des assassins fanatisés. A 12h30 la journaliste a réalisé une interview de l’une des filles de Wolinski, Elsa, dont elle qualifie le message « d’émouvant et de combatif ». Elsa déclare en effet : « Restons unis, ne votons pas Le Pen ; restons unis (…) Soyons ensemble (…) Qu’on continue à être intelligents (…) Pas d’amalgame ; pas de haine. »

 

Cet appel d’Elsa Wolinski à ne pas voter Le Pen a sans doute donné des boutons à la direction de l’information du service public, si prompte à donner la parole à la responsable du FN. En effet, dans les éditions suivantes, le 19/20 et le Soir 3 ont purement et simplement ignoré cet appel et donné d’autres extraits de l’interview. Quant à France 2, les éditions du 13h et du 20h ont ignoré, elles aussi, cet appel d’Elsa Wolinski.

 

Comme le souligne le Front de Gauche dans un communiqué, les engagements politiques des dessinateurs de Charlie Hebdo continuent à déranger. Même sur le service public.

 

A quand la prochaine intervention de Marine Le Pen pour venir cracher sur leurs tombes et en direct sur le service public ?

 

Honte à  ces hypocrites qui faisaient semblant de verser quelques larmes ! Comme le disait Luz lors des obsèques de son "frère" Charb : « Vous êtes Charlie ? Prouvez-le. »

 

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 16:11

L’attentat qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo, et provoqué la mort de deux policiers, nous remplit d’horreur et de dégoût. Certains de ces journalistes étaient connus de tous. La mort de Cabu laisse le Grand Duduche (et la fille du proviseur…) orphelin ; celle de Wolinski signe la fin des années de « l’après-1968 ». L’invention de Cactus-Man (l’homme aux épines rétractiles…), mais aussi  de Paulette et de bien d’autres personnages me reste en mémoire. Tout ceci est désormais comme carbonisé devant la sauvagerie de sang froid du fanatisme militant. En vérité je ne puis écrire que pour un, l’économiste Bernard Maris, que je connaissais bien et qui écrivait sous le pseudonyme d’« Oncle Bernard » des billets hilarants et décapants.

 

Bernard Maris avait 68 ans. Il était le fils de Républicains espagnols émigrés en France et un produit typique de cet "élitisme républicain" que certaines bonnes âmes tournent aujourd'hui en dérision. Après de brillantes études d’économie, et une thèse en 1975, il avait suivi le cursus honorum qui devait le mener au poste de professeur. Il avait alors enchaîné les postes, récolté le prix de « meilleur économiste » pour 1995 décerné par Le Nouvel Économiste, et publié des livres importants comme Ah Dieu ! Que la guerre économique est jolie ! (en 1998), ou Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles (en 1999). Il fut l’auteur du remarquable Antimanuel d’économie (publié chez Bréal en 2 volumes) et d’un ouvrage collectif important témoignant de son intérêt pour les sciences sociales, Gouverner par la peur, en 2007. On pouvait le suivre à la télévision ou sur France-Inter. Mais, Bernard Maris était aussi bien d’autres choses.

 

Il a été un grand directeur de collection chez Albin Michel. Je peux témoigner de l’effort qu’il a fourni pour que mon ouvrage Les trous noirs de la science économique se révèle comestible pour un lecteur français. Le livre correspondait au cours que je donnais à l’époque à la Vyshaya Shkola Ekonomiki (Haut Collège d’Économie), et il y fut d’ailleurs publié. Bernard me poussa à le réécrire totalement pour en faire mieux ressortir ce qu’il en présentait d’essentiel alors que d’autres éditeurs me soutenaient qu’un ouvrage de théorie et de méthodologie économique n’aurait pas de lecteurs en France. Son analyse fut la bonne et je considère qu’il est en bonne partie responsable de ce succès. Les relations que nous avions nouées à cette occasion ne se sont jamais distendues. Je peux témoigner de son attitude, à la fois ouverte, chaleureuse, mais aussi exigeante envers ses auteurs, et j’avoue être fier d’avoir été publié par un homme tel que lui. Nous avons discuté ensemble des journées entières et, de ces discussions, a surgi un autre livre Les économistes contre la démocratie qui fut publié en 2002. J’ai pu alors mesurer tout son écœurement devant le comportement de certains économistes à gages, dont la seule fonction est de fournir des justifications à qui les payent. Le projet d’un troisième livre, rédigé avec un de mes anciens étudiants russes sur la « transition » en Russie ne se fit pas. Mais il nous donna le plaisir de nous rencontrer à de multiples reprises dans les locaux de Charlie Hebdo, ces mêmes locaux où s’est déroulé l’attaque criminelle qui lui a coûté la vie ainsi qu’à neuf de ses confrères.

 

Bernard Maris, et ceci est moins connu, était aussi un romancier. Il publia Pertinentes questions morales et sexuelles dans le Dakota du Nord en 1995, où il laissait libre cours à sa passion pour l’anthropologie et surtout L'Enfant qui voulait être muet en 2003. Il fut aussi essayiste avec L’Homme dans la guerre. Maurice Genevoix face à Ernst Jünger, publié chez Grasset en 2013 et surtout Houellebecq économiste, publié chez Flammarion en 2014. Il fit aussi des excursions dans le cinéma, collaborant avec Jean-Luc Godard en particulier. L’étendue de ses connaissances, non seulement en économie mais aussi en histoire et, on l’a déjà dit, dans les diverses sciences sociales frappait tous ceux qui le lisaient. Bernard avait fait sienne la démarche d’Adam Smith qui considérait que l’économie était une science morale et impliquait des liens étroits avec les autres disciplines des sciences sociales. Rien ne lui était plus étranger que le fumeux concept d’« économie pure » mis à la mode par Léon Walras et dont s’inspire tout une tradition d’économistes qui brillent autant par la formalisation de leurs raisonnement que par l’irréalisme de leurs déductions. Il attendait avec impatience la constitution d’une section d’économie politique, séparée de l’économie qui était en passe de devenir la chasse gardée de prétendus mathématiciens.

 

Son engagement politique l’avait conduit des socialistes vers EELV, et à chacune de nos récentes rencontres, il ne cessait de fulminer contre le gouvernement et le président. Nommé en 2011 au Conseil Général de la Banque de France, alors qu’il avait déjà largement exprimé ses doutes quant à la survie de la zone Euro, il devait franchir le pas au début de 2014 et expliquer pour quelles raisons il était désormais favorable à une dissolution de la zone Euro et à un retour aux monnaies nationales. On s’en doute, nous avions parlé à maintes reprises de ce sujet et j’avais vu ses positions s’infléchir avec le temps parce qu’il comprenait dans quelle impasse l’Euro était en train d’enfermer tant la France que l’Europe. Je suis persuadé que ses positions quant à la crise grecque à venir auraient été importantes.

 

Bernard Maris était un homme délicieux, très digne dans le deuil intime qui l’avait frappé il y a deux ans, et un de ces collègues qui vous laissent à penser que vous avez eu raison de choisir l’économie. Son influence sur les jeunes générations d’étudiants aura été considérable. Il fut et reste un modèle d’économiste citoyen, comme Keynes qui était sa boussole et sa grande référence.

 

Il est mort à son bureau, tué par le fanatisme imbécile qu’il avait en horreur.

 

Il est mort, tué pas ce fanatisme qu’il méprisait et qu’il dénonçait régulièrement.

 

Il est mort à son poste de combat.

 

Respect, oncle Bernard !

 

Jacques Sapir

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 23:30

A Niort, la précédente municipalité avait réussi à faire venir dans la ville un Centre national des arts de la rue (CNAR). Il n'existe en France qu'une douzaine d’institution de ce type. Mais des inquiétudes se font jour sur son devenir après 5 années de fonctionnement. Le changement de majorité municipale a déjà entraîné la diminution de la dotation à cette structure. Le maire de droite considère que la ville n'a pas les moyens d'avoir quatre institutions culturelles avec un label national. Un rendez-vous est prévu qui pourrait sceller le sort de cette structure. La CGT spectacle Poitou-Charentes a bien sûr réagi.

 

« Nous nous opposons à la fermeture du Cnar et à la possible mise en concurrence des différents établissements culturels du territoire. On ne combat pas l'obscurantisme en fermant un lieu de culture et on ne défend pas la liberté d'expression en fermant un lieu lui permettant d'exister. Nous nous opposons aux reculs des services publics dans tous les domaines et appelons à la cohérence politique de la majorité municipale après son positionnement face aux tragiques évènements de la semaine dernière. C'est de politiques publiques ambitieuses en matière de culture et d'éducation dont nous avons besoin, non de caméras coûteuses attisant les divisions. Nous restons mobilisés pour défendre les salariés et nos lieux de travail ! »

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 13:51
Un "amendement Charb" pour défendre le pluralisme de la presse écrite

Source de ces infos lors des voeux 2015 du PCF de Pierre Laurent et sur le site de l'Humanité

 

Ces dernières années, Charb a essayé de trouver, tous azimuts, les moyens de faire vivre, ou survivre, Charlie Hebdo. Sur la dernière Fête de l’Humanité, en septembre 2014, il avait demandé à Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, de l’aider dans sa démarche. Les deux hommes se connaissaient de longue date : Charb dessinait pour l’Humanité et l’Humanité Dimanche depuis fort longtemps, et Pierre Laurent a été directeur de la rédaction du quotidien jusqu’en 2009.

 

Un texte avait déjà été proposé, sous forme d’amendement au Code général des impôts, dans le cadre de la loi de finances 2015, mais rejeté, sous le prétexte qu’il existe d’autres dispositifs d’aide à la presse pour que vive le pluralisme.

 

Après l’échec de cette première tentative, Pierre Laurent aurait dû revoir Charb courant janvier. Après le carnage de la semaine dernière à Charlie Hebdo, Pierre Laurent a rencontré le dessinateur Luz qui lui aurait demandé de tenter de passer à nouveau cet amendement, renommé pour le coup « amendement Charb ». Ce texte est en réalité un petit aménagement de la loi existante. Il permet d’exonérer en partie les dons réalisés au terme de souscriptions, « à travers un fonds de dotation dont la gestion est désintéressée », aux entreprises de presse de moins de cinquante personnes « dûment inscrites, auprès de la Commission paritaire des publications d’information générale et politique. Il existe déjà une réduction d’impôts, de l’ordre de 66 %, pour les dons effectués auprès des journaux. En abaissant le seuil du nombre de salariés, l’amendement permettait et permettra peut-être à de plus petites structures, comme Charlie Hebdo, d’en bénéficier. Pour l’heure, Charlie Hebdo n’a eu droit, malgré sa situation critique, à aucune aide à la presse avant le drame. 

 

Les parlementaires étaient nombreux à afficher le "Je Suis Charlie". Eh bien de par leur vote sur cette proposition d'amendement, on pourra bientôt vérifier s'ils étaient vraiment pour la liberté d'expression, s'ils étaient vraiment "Charlie".

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 15:48

Les rassemblements et marches citoyennes de ce week-end avaient pour symbole les mots clés « Je suis Charlie », dans une mobilisation du « tous ensemble » contre le terrorisme et pour la liberté d'expression.

 

Quant à la polémique concernant la participation du FN à ces marches républicaines, celui-ci s'est lui-même mis en marge. L'attitude de leur président d'honneur (?!?) qui en pleine prise d'otage avait tweeté un portrait en noir et blanc de sa fille, sourire aux lèvres, avec apposé le slogan "Keep calm and vote Le Pen" (restez calmes et votez Le Pen) était déjà très choquante. Mais il a poursuivi en lançant samedi un « Je ne suis pas Charlie ».

 

C'est la même attitude qu'a adopté Jean-Romée Charbonneau, le chef de file du FN dans le département des Deux-Sèvres. A l'occasion d'une conférence de presse (NR du 12 janvier) sur les prochaines élections départementales, il en a profité pour donner son point de vue sur ces rassemblements déclarant « Moi, je ne suis pas Charlie. Je ne suis pas concerné par le rassemblement de Niort qui était une sous-manifestation d'une manifestation nationale qui a prononcé l'exclusion du Front national ». Et d'ajouter que l'Etat aurait dû « rappeler à l'ordre ce journal comme on rappelle à l'ordre les automobilistes qui franchissent la ligne blanche ».

 

Rappeler à l'ordre ? Avec une telle conception de la liberté d'expression, il s'excluait lui-même de ces rassemblements qui défendaient justement cette liberté d'expression. Certains voudraient nous faire croire que le FN a changé ...

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 11:12

Ci-dessous, la Une de l'Huma de ce jour ainsi que la dernière, orpheline du dessin hebdomadaire de Charb.

 

Je reviendrai dans un prochain billet sur mon ressenti à l'issue de ces rassemblements dans toute la France.

3,5 millions à être Charlie ce week-end
3,5 millions à être Charlie ce week-end

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 18:06

Nous étions plus de 1000 rassemblés spontanément mercredi soir à Niort en hommage aux victimes du carnage de Charlie-Hebdo, pour la défense de la liberté d’expression, pour le refus de tous les racismes.

 

Un rassemblement aura lieu SAMEDI 10 JANVIER à 10 heures place la Brèche à NIORT suivi d'une marche silencieuse pour défendre la tolérance, la liberté d'expression, la démocratie, la laïcité et le vivre ensemble.

 

 

 

Rassemblement du 7 janvier 2015 à Niort - Photo SD

Rassemblement du 7 janvier 2015 à Niort - Photo SD

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 00:18

Article de Patrick APEL-MULLER, rédacteur en chef de l'Humanité

 

La rédaction de l’Humanité est bouleversée à l’annonce de l’odieux attentat qui a décimé l’équipe de Charlie Hebdo, hier matin, à Paris. La plupart des dessins publiés par l’Humanité sont réalisés par des dessinateurs de Charlie. Un compagnonnage et une amitié.

 

Ils sont des nôtres. Un long compagnonnage s’est noué au fil des années entre l’équipe de Charlie Hebdo et l’Humanité. Son chef d’orchestre était Charb, coco insolent et professionnel rigoureux, qui obtenait de ses équipiers rebelles la livraison, sans faute et à l’heure dite, du dessin qui tous les jours marque notre dernière page. Jul, Luz, Babouze et Charb lui-même ne rataient pas les rendez-vous hebdomadaires, pas plus que Coco et Besse, qui dessine dans l’Humanité 
Dimanche. Une veille de Fête de l’Humanité, la rédaction de Charlie avait envahi toute l’iconographie du journal, y déversant une insolence qui ne lui fait pas de mal et ses concrétions précieuses qui éclairent d’un trait l’actualité. Charb fut même rédacteur en chef d’un jour de notre journal. Il était venu accompagné des officiers de sécurité qui assuraient sa protection. Le directeur de Charlie entouré par deux policiers ! Le paradoxe n’était qu’apparent, une relation de confiance s’étant établie entre le rebelle anticonformiste et ses deux ombres. Tous trois savaient qu’une menace pesait. Charb avait décidé de ne pas se soumettre à la peur, à l’autocensure, à la loi du plus con et du plus brut.

 

Mais Charb donnait aussi de plus discrets coups de main à son quotidien, conseillant de jeunes correspondants de l’Humanité qui se lançaient dans le dessin de presse un samedi entier à Saint-Denis, réclamant – avec des résultats variables… – des médias audiovisuels qui l’accueillaient qu’ils fassent place, parmi les autres titres, à celui que créa Jean Jaurès. C’est lui qui nous avait conseillé deux jeunes dessinatrices pleines de talent et d’idées – Coco et Besse – pour rompre avec l’idée que le dessin de presse est une affaire d’hommes. Depuis très longtemps, l’impertinence de Charlie a fait bon ménage avec la fibre contestatrice de l’Humanité. Il faudrait aussi citer Siné et Tignous qui firent de beaux jours à l’Humanité Dimanche. Tirer sur le fil du travail en commun, c’est aussi dérouler la bobine des amitiés dont seule la mort a coupé le cours.

 

L’Humanité n’allait pas 
sans Wolinski, Charb, Tignous...

 

Ils sont des nôtres et nous avons levé plus d’un verre ensemble. Lors des week-ends de Fête de l’Humanité à La Courneuve, où leur stand chaque année se mêlait à celui de Cuba Si ; il s’agissait de mojitos, un havane vissé dans le bec… Ou bien encore des soirs de bringue autour d’une prune flambée avec Wolinski égrillard et tendre, Patrick Pelloux entre éclats de rire et bougonnements, ou Luz ironique à petites touches. Georges a fait si longtemps les beaux jours de la une de l’Humanité ! En deux croquis et trois mots, il avait dénoué une situation, révélé une hypocrisie, brocardé un puissant. Sacré osmose avec le peuple des lecteurs qui découpaient ses dessins pour les coller dans les tracts. L’Humanité, alors, n’allait pas sans Wolinski. Le dessinateur avait trouvé là un nouvel espace de liberté et peut-être d’utilité. Mais aussi des amis comme René Andrieu, Roland Leroy ou encore José Fort. Souvenirs de voyages en commun, de passions culturelles partagées, gourmandises identiques pour la vie. Il y a quelques mois, nous avions déjeuné ensemble boulevard Saint-Germain et il évoquait la possibilité de refaire de temps en temps un « dessin pour l’Huma ». Comme une échappée belle et un geste d’amitié teinté de nostalgie. Ils sont à ce point des nôtres que l’émotion qui s’est manifestée dans la rédaction à l’annonce du carnage a dépassé le choc devant un événement majeur et traumatisant. Chacun ici l’a vécu comme une blessure personnelle. Les fraternités ne sont pas seulement d’idées pour beaucoup d’entre nous. Nous savons pouvoir compter les uns sur les autres. Cette histoire que je me refuse à mettre au passé ne va pas sans frottements, voire des piques ou des coups de gueule. Le dessin de presse est en effet du journalisme, exigeant, efficace, souvent plus qu’un éditorial ou une longue analyse. Pour cela, cet espace de liberté reste particulièrement menacé par les tyrans ou les fanatiques. Parfois, les coups de griffes irritaient certains lecteurs. Trop appuyés, trop irrévérencieux, choquant le « bon goût »… Mais le rire, même grinçant, emportait les retenues ou les réticences. Les difficultés de la presse, celles que rencontre Charlie et celles que connaît l’Humanité, avaient aussi rapproché les équipes. Pas facile de résister vent debout face à la pensée unique. Mon dernier échange avec Charb date de lundi. Il nous avait envoyé sept dessins, réalisés durant les fêtes, pour un numéro spécial contre la loi Macron qui sera publié le 15 janvier avec l’Humanité Dimanche. Nous souhaitions qu’il dessine aussi la une. Il n’en a pas eu le temps. Nous publierons ses croquis comme un hommage. Charb ne cachait pas ses engagements, militant communiste scrupuleux et dessinateur sans bride, sachant résister, il y a quelques années, à l’ancien directeur Philippe Vall qui voulait domestiquer le canard sauvage, et rassembler une équipe de fortes têtes. Son journal avait creusé son trou au cœur des références culturelles de générations entières, avec ses unes cultes, celles qui ouvraient le journal comme celles auxquelles nous avions échappé, comme une pichenette aux assoupissements et une éternelle contradiction apportée aux idées toutes faites. En cela, ils sont des nôtres. Mais ils sont aussi du patrimoine de tous, dans ce pays.

 

Extrait de l'abécédaire de Charb dans l'Humanité du 1er juillet 2011

L comme… l’Humanité. C’est le seul journal pour lequel je travaille, en dehors de Charlie, de manière régulière. Pas parce que j’ai un besoin délirant d’argent, ni de reconnaissance. Mais parce que c’est le journal qui, quand j’arrête de faire l’andouille dans Charlie, traduit le mieux mes idées. Et si un jour l’Huma devait disparaître, ce serait une catastrophe ! Je lis tous les journaux, et l’information est souvent traitée d’une même façon neutre d’un titre à l’autre, de Libération au Figaro. L’Humanité, c’est un journal de combat. Ça me fait chier, les difficultés dans lesquelles se trouve l’Humanité ! La presse est chère, car elle est chère à produire. La liberté, ça se paie.

 

 

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 01:00
Je suis Charlie
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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 08:07

Entre le réveillon de Noël et celui du jour de l'an, dans une longue interview au quotidien espagnol El Mundo, Manuel Valls promet encore des sacrifices aux Français. « Je ne veux pas dire aux Français que d'ici deux à trois ans nous en aurons fini avec les sacrifices », déclare-t-il.

 

Mais ces sacrifices ne valent pas pour tous. Toujours entre Noël et le Jour de l'An, c'est un arrêté publié au Journal officiel qui prévoit une revalorisation de « l'indemnité de responsabilité » des trente recteurs d'académie. Fixé à 15200 euros en 2010, le montant annuel de la part fixe de cette prime a bondi à 25620 euros. Cela entraîne de fait une hausse de la part variable basée sur un pourcentage de la part fixe. La prime peut ainsi atteindre 37 140 euros à l’année.

 

Petit rappel. Le point d'indice dans la fonction publique est gelé depuis 2010 et le revenu moyen d'un professeur des écoles français est de 17% inférieur à la moyenne de l'OCDE.

 

C'est peut-être la récompense à ces recteurs qui défendent dans leurs académies la politique d'austérité de ce gouvernement, y compris pour l'éducation nationale.

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