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Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.

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MOLEX, des employés sceptiques

Dans un communiqué diffusé après une rencontre avec les représentants du personnel, le ministre de l’Industrie a annoncé qu’à sa demande, PSA et Renault, qui représentent 80% du chiffre d’affaires du site, « venaient de recevoir les dirigeants de Molex afin qu’un message très clair leur soit délivré : la qualité de la discussion avec un repreneur garantira un avenir industriel à Villemur-sur-Tarn et conditionnera les relations commerciales futures de Molex avec les constructeurs français ». La rencontre avec l’éventuel repreneur devrait avoir lieu vendredi. Mais reste à savoir ce que Christian Estrosi entend par « message très clair » et « qualité de la discussion ». Autrement dit, pour Denis Parise, secrétaire général du comité d’entreprise, « c’est positif, mais il faut maintenant voir jusqu’où l’État va aller ». Car, pour l’instant, la reprise de tous les salariés est encore peu probable, au vu des déclarations des dirigeants de Molex. Marcus Kerriou, ancien directeur du site de Villemur, bombardé vice-président des ressources humaines de Molex en Europe, a été très clair mardi. « Il est hors de question que Molex transmette ses produits et son carnet de clientèle », a-t-il affirmé à La Dépêche du Midi. De son côté, Éric Doesburg, directeur du développement du groupe, a déclaré qu’il était « prêt à rencontrer un industriel intéressé par l’appareil de production », mais à condition qu’il se lance dans « une activité non concurrente ». Bref, les dirigeants du numéro deux mondial de la connectique automobile accepteront de revendre le site, à condition qu’il change d’activité.

Dans l’absolu, il suffirait de modifier les moules pour que d’autres produits sortent des presses. Alors, devant l’usine, les Molex imaginent. « On pourrait faire des touches de clavier ou des cuillères en plastiques, c’est sûr, reconnaît Georges, un agent de maîtrise de 49 ans. Mais pour qui ? Pour quel marché ? Et combien d’entre-nous resterons ? ». Ils parlent de logistique, de machine-outil. Alain raconte qu’au début du conflit, la direction avait parlé de « lancer la fabrication de produits de fin de vie, des vieux modèles dont l’industrie a encore besoin par-ci ou par-là, avec 20 ou 30 salariés ». Les salariés restent donc très pessimistes. « Je pense que la direction américaine veut tout détruire, pour l’orgueil et pour l’exemple, craint Georges. Elle veut écraser le petit caillou qui a bloqué son rouleau compresseur pendant dix mois. » « Un repreneur, moi ça me fait bien rigoler, je n’y crois pas », lance Régine, employée à la comptabilité. Pour souligner son incrédulité, elle se lève d’un bond et déclare, entre deux éclats de rire : « J’ai une idée les mecs ! On n’a qu’à se reconvertir en usine de fleurs… ou en maison close ! »

Normalement, les Molex en sauront plus demain. Mais une chose semble sûre : les câbles destinés à Renault ou PSA seront fabriqués aux ÉTATS-UNIS avec, de l’aveu même de la direction, un surcoût de 10%. « A moins que les deux constructeurs et l’État ne s’y opposent très fermement », estime Denis Paris, le secrétaire du CE.


Par Mehdi Fikri
Envoyé spécial de l'Humanité
Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne)


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