Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
Par jco
A l’heure où l’on nous parle de la privatisation du service postal, on peut constater les dégâts humains qu’entraînent ces privatisations. Après avoir longtemps ignoré, minimisé, colmaté à peu de frais les dégâts provoqués dans le personnel par les restructurations permanentes, la direction de France Télécom est rattrapée par la réalité.
Au titre de la performance, de la rentabilité (dans le système capitaliste, il n’y a que ce mot à la bouche), ce sont des restructurations à n’en plus finir. En moyenne, les agents de France Télécom subissent un changement de métier ou de lieu de travail tous les six mois. Ces changements permanents sont délibérés, pour inciter le personnel, en majorité fonctionnaire et non licenciable, à partir « volontairement ». Voilà aussi où mène la privatisation sans compter la dégradation du service à la clientèle. Car oui, c’est aussi de cela qu’il s’agit, la privatisation mène toujours a la rentabilité pour les actionnaires, quand bien même c’est au prix de la dégradation du service à la clientèle.
Vendredi à Paris, une jeune femme cadre de trente-deux ans, employée au service recouvrement d’Orange, dans le 17e arrondissement, est décédée après s’être défenestrée, au sortir d’une réunion portant sur la réorganisation de son service. Elle venait d’apprendre qu’elle changeait de chef, après avoir déjà subi, en juin, une mutation de Courbevoie à Paris. C’est le 23ème suicide chez France Telecom en 18 mois.
Il n’y a pas grand-chose à attendre, car côté direction, l’heure est aux condoléances, mais pas au changement de cap. Sur les mesures à prendre, le DRH s’en tient aux annonces de la semaine dernière : l’entreprise va chercher à détecter les « salariés fragiles » avec l’idée de faire repérer par les managers, à savoir les mêmes qui appliquent les décisions de la direction. Quant à stopper les réorganisations « C’est inenvisageable, ou alors la concurrence doit être gelée et la technologie cesser d’évoluer », assène le DRH, qui ose affirmer que « la mobilité s’est faite, pour l’immense majorité des salariés concernés, sur la base du volontariat ». Mais quelle est la marge de manoeuvre d’un agent dont le service ferme ou dont le poste est supprimé ?
Il n'est pas supportable d'imaginer qu'au 21ème siècle, on puisse perdre sa vie à la gagner.
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