Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
Par jco
Le tribunal correctionnel de Compiègne (Oise) vient de prononcer ce jour des peines de trois à cinq mois de prison avec sursis contre six des sept ouvriers de l'usine Continental de Clairoix poursuivis pour le « saccage » de bureaux de la sous-préfecture de Compiègne en avril. Six sur les 200 "Conti" qui avaient envahi le 21 avril la sous-préfecture de Compiègne dans le cadre d'une lutte emblématique pour la sauvegarde de leur usine de pneus, dont la fermeture avait été annoncée en mars. Le délégué CGT et leader de la fronde des "Contis", Xavier Mathieu, a écopé de cinq mois avec sursis, alors que le 17 juillet dernier, le parquet n'avait requis que trois mois avec sursis. Il a exprimé sa rancœur devant ce jugement fustigeant le « matraquage de l'Etat qui veut empêcher la classe ouvrière de s'exprimer ». « C'est dégueulasse, il n'y a pas de justice dans ce pays. J'ai de la rancœur, on s'est battu dignement et le gouvernement a décidé de faire un exemple ».
Ces salariés, condamnés pour « destructions en réunion de biens au préjudice de l'Etat », ont appris qu'ils devraient de nouveau comparaître, au civil cette fois, le 4 novembre, pour répondre des dégâts estimés à quelque 50.000 euros.
Suite aux séquestrations de patrons et à l’explosion de colère des salariés de Continental Clairoix, Sarkozy avait brandi la menace de sanctions judiciaires. « On est dans un Etat de droit. Je ne laisserai pas faire les choses comme ça », avait-il déclaré. Laurence Parisot, du Medef, sermonnait : « Jamais l’injustice ou le désespoir ne justifient qu’on transgresse la loi, car très vite on ne serait pas dans un Etat de droit. »
Il est bon de rappeler que le groupe Continental France a fait plus de 600 millions d’euros de bénéfices en 2008, et que les travailleurs de Clairoix étaient passés à 40 heures hebdomadaires en janvier 2008, contre la « promesse » d’un maintien du site au moins jusqu’en 2012.
Quelques vitres et chaises brisées de la sous-préfecture de Compiègne, dans une action non préméditée, pèsent bien peu à
côté des 1120 licenciements qui ont déclenché ce coup de colère.
La violence n’est-elle pas du côté des richissimes rapaces qui possèdent et détruisent l’économie du pays ? Car c’est quoi « l’Etat de droit » dont nous parle ce gouvernement au service du patronat ? Celui qui permet à ce patronat d'exploiter les travailleurs jusqu’à leur dernière goutte de sueur, puis à briser leur vie et celle de leur famille sur l’autel du profit en les privant de leur emploi, c’est-à-dire de leur unique source de revenu.
Patrons voyous, Justice de classe, Etat complice !
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