Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
Le jeudi après-midi 1er janvier, N Sarkozy a reçu à l’Elysée des personnels ayant travaillé durant la nuit de la St Sylvestre pour leur adresser des vœux particuliers. Il y est allé avec la brosse à reluire, louant le travail des gaziers électriciens, dressant des louanges aux cheminots et agents de la RATP, autant de corporations qu’il a pourtant fustigé dans un passé récent, lors des mouvements sociaux. Eloges également au personnel de la police et de la gendarmerie, aux pompiers, tout en servant du « ma chère Michèle » à Alliot-Marie alors qu’on sait pertinemment que ce ne sont pas les grandes amours entre les deux.
Mais le summum a été atteint lorsqu’il s’est adressé au personnel hospitalier. Est-ce pour mieux faire avaler la pilule de la réforme de l’hôpital ? Je vous livre la retranscription de ses propos et si vous voulez l’intégrale, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-après ( site Elysée, chaîne PR TV,) et de sélectionner la vidéo du 1er janvier, un monument d’hypocrisie. Les propos de Sarkozy en style italique, mes commentaires en style standard.
Parlant des personnels hospitaliers, il fait le lien avec les malheureux évènements récents.
J’en ai entendu beaucoup qui ont parlé des hôpitaux, ils n’ont pas du s’y rendre souvent … Il me semblerait profondément injuste que ces drames jettent le discrédit sur l’hôpital et ses personnels dans leur ensemble, comme il m’apparaît profondément déplacé que ces drames soient exploités au service de polémiques médiocres qui ne sont pas à la hauteur des enjeux , l’hôpital et ses personnels méritent beaucoup mieux que cela.
Mais qui s’est empressé lors du 1er décès de déclarer « procédure normale » la mise en garde à vue de l’infirmière ? La ministre de la santé elle-même !
Figurez vous que je vais très souvent dans les hôpitaux à Paris et en province. Je discute souvent avec les personnels hospitaliers ainsi qu’avec les malades et leurs familles lors de mes visites et à chaque fois moi je suis impressionné par la grande compétence de professionnalisme de dévouement des médecins des infirmières des aides soignants comme des personnels administratifs, à chaque fois je vois un investissement personnel une passion pour leur métier absolument hors du commun et qui va bien au-delà des exigences professionnelles qu’on demande à chacun. A chaque fois je suis admiratif devant la capacité à prendre rapidement les décisions qui sauvent les vies, je pense notamment aux urgentistes à qui je veux dire ma gratitude.
Extraordinaire ce président ! Il va souvent dans les hôpitaux, il a le temps de discuter avec tout le monde, il assiste même a priori aux interventions d’urgence puisqu’il dit qu’il est « admiratif devant la capacité à prendre rapidement les décisions qui sauvent les vies ». Il se fout du monde, qui peut le croire ?
Depuis plusieurs années les services d’urgence sont au confluent des principales carences de notre système de santé et en subissent tous les effets négatifs ils sont déstabilisés en aval par les dysfonctionnements internes à l’hôpital et en amont par l’insuffisance de synergie organisé entre les soins hospitaliers et les soins de vie. Cela montre que l’immobilisme n’est pas une option et que c’est moins la question des moyens qui doit être posée que celle du déficit d’organisation et de modernisation.
Les urgentistes ont entamé le 1er décembre une grève illimitée pour dénoncer tout à la fois la dégradation de leurs conditions de travail et pour alerter sur la situation de l’hôpital public. Le syndicat des urgentistes avait entamé une grève début décembre pour réclamer davantage de moyens dénonçant la « surcharge importante d’activité », qui aboutit à « une saturation quasi constante des services d’urgences, rendant le système instable ». « La fermeture annoncée de nombreux lits pendant la période de Noël et le départ en vacances des médecins généralistes libéraux aggravant la situation » déclarait le syndicat.
Je veux d’ailleurs redire l’erreur grave qu’a constitué la généralisation des 35 heures à l’hôpital public qui n’a rien arrangé. On oubliait que l’hôpital public est ouvert du 1er janvier au 31 décembre, de jour comme de nuit, le week-end compris, alors allez mettre les 35h sans prévoir les adaptations et vous compliquez la tâche des personnels sans donner les moyens d’y faire face.
Et puis écoutez, si l’augmentation indéfinie des moyens était la réponse à tout, cela se saurait. Car ça fait plus de 20 ans que le financement alloué au fonctionnement de l’hôpital ne cesse de progresser. L’hôpital doit se réformer, l’hôpital doit se réorganiser.
Ben voyons, c’est la faute aux 35 heures, pas au manque de moyens ! Quand de nombreux chefs de service d’hôpitaux signe un appel pour « sauver l’hôpital public », contre la « logique de l’hôpital entreprise », c’est pour signifier leur désaccord avec la réforme hospitalière envisagée par Sarkozy. Ils n’y comprennent rien peut-être ?
Comme l’écrivait La Fontaine : Apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute.