Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
Par jco
Si je reprends en titre cette citation de Marx, c’est que je fais le parallèle entre la chasse aux juifs menée par le régime pétainiste et la chasse aux afghans menée par le ministère Hortefeux.
Près de Calais, des rafles sélectives d’Afghans ont été déclenchées. Rapidement vidé de ses autres occupants, le centre de rétention de Coquelles a soudain "accueilli" une soixantaine d’Afghans qui ne se doutent encore de rien. Mais le ministère français de l'Immigration envisage un retour de ces ressortissants au moyen d'un « vol charter conjoint » avec les Britanniques. L’affrètement d’un "charter" coûte cher, aussi, pour rentabiliser son "investissement", le ministère français de l’Immigration veille à remplir l’appareil.
Informé de l’arrestation, l’écrivain franco-afghan Atiq Rahimi, lauréat du prix Goncourt 2008 a fait la déclaration suivante :
« La présence en France de ces 54 jeunes afghans témoigne de la situation que connaît actuellement l’Afghanistan.
Les renvoyer dans leur pays c’est les condamner à un avenir incertain, c’est prendre le risque de les laisser aux mains des fondamentalistes qui détournent le désespoir de cette jeunesse à des fins religieuses extrémistes.
Pour combattre l’obscurantisme , les armes à notre disposition sont multiples ; mais la plus sûre et la plus efficace est l’éducation. En offrant l’asile à ces jeunes, comme elle le fit pour moi en 1985, la France les aidera à poursuivre leurs études et à ne pas tomber dans l’abîme de l’ignorance. »
Dans un pays déchiré par la guerre, les risques encourus par ces Afghans en cas d'expulsion sont donc grands, Brice Hortefeux ne peut l’ignorer. La plupart de ces jeunes afghans n’ont jamais vécu en Afghanistan mais au Pakistan et ils risquent pour le mieux de se retrouver seuls et isolés à Kaboul. S’ils sont expulsés, quelques-uns de ces jeunes vont inévitablement mourir. Ils risquent des sévices corporels allant jusqu’à des mutilations voire décapitations à l’instar des derniers Afghans reconduits par l’Australie il y a un mois.
Est-on condamné à revivre l’histoire, avec les charters remplaçant les trains ?
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