Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister.
La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
Le scénario qui s'est déroulé aujourd'hui dans l'enceinte du collège Françoise Dolto, dans le XXe arrondissement de
Paris, ressemblait à s'y méprendre à l'une des scènes du film "Entre les murs" tourné par Laurant Cantet.
Un père d'un élève de 5eme du collège Dolto a été arrêté lundi 3 novembre, puis placé en centre de rétention. D'origine
chinoise, cet homme qui vit en France depuis quatre ans avec sa famille et son fils de 13 ans, risque l'expulsion. Remis en liberté par le juge des Libertés du Tribunal de Meaux, il doit se
présenter ce lundi 10 novembre à 13 h 30 au Tribunal Administratif de Melun pour le recours contre son arrêté de reconduite à la frontière ( APRF ).
Choqués par cette interpellation, le personnel du collège s'est mis en grève et avec des parents d'élèves, ils ont décidé
d'un rassemblement pour accompagner M. Cai jusqu'au tribunal.
M. Cai s'est présenté lundi en début d'après-midi devant le tribunal administratif de Melun qui a confirmé la décision de reconduite à la frontière.En fin d'après-midi, la préfecture de police de
Paris a cependant indiqué à l'AFP que M. Cai serait prochainement invité à se représenter devant ses services pour voir "si les nouveaux éléments peuvent amener à reconsidérer leur
situation".
C'en est bien fini des strass et des paillettes pour la palme d'or d'Entre les murs.
Et d'ailleurs, pour ce qui d'être "Entre les murs", c'est le cas des nombreux sans-papiers placés dans les centres de rétention. Alors que le centre de Vincennes incendié rouvre
aujourd'hui, un collectif de militants publie un recueil de témoignages des retenus, témoignages récoltés 6 mois avant l'incendie. Edifiant.
FEU
AU CENTRE DE RETENTION
Des sans-papiers témoignent
Au cours des six mois qui ont précédé l’incendie du centre de rétention de Vincennes, le 22 juin 2008, les migrants
« retenus » ont multiplié les actes de résistance, refusant de manger, d’être comptés, déchirant leurs cartes, brûlant leurs chambres, affrontant la police. Six mois de luttes
collectives durant lesquels nous n’avons cessé de leur téléphoner et de recueillir le récit de leurs révoltes.
Alors que Brice Hortefeux vient d’annoncer la réouverture du centre de rétention quelques mois seulement après
l’incendie, la lecture des témoignages des ex-retenus est plus que nécessaire.
"Nous sommes les innombrables, doublés à chaque case d'échiquier,<br />
Nous pavons de squelettes votre mer pour marcher dessus.<br />
Vous ne pouvez nous compter, une fois comptés nous augmentons<br />
fils de l'horizon, qui nous déverse à seaux.<br />
Nous sommes venus pieds nus, sans semelles,<br />
et n'avons senti ni épines, ni pierres, ni queues de scorpions.<br />
Aucune police ne peut nous opprimer<br />
plus que nous n'avons déjà été blessés.<br />
Nous serons vos serviteurs, les fils que vous ne faites pas,<br />
nos vies seront vos livres d'aventure.<br />
Nous apportons Homère et Dante, l'aveugle et le pélerin<br />
l'odeur que vous avez perdue, l'égalité que vous avez soumise" Erri de Luca.