Le ministre de l'Éducation nationale Xavier Darcos s'est félicité, mercredi matin, de la rentrée scolaire "réussie" la veille.
Les suppressions de postes ? "Nous aurons un meilleur taux d'encadrement que la rentrée précédente" est sa réponse. Etrange façon de voir les choses ou plutôt, il utilise la méthode
Coué. Juste quelques exemples : Comment peut-on trouver normal que le jour de la rentrée, à Aulnay sous Bois, 60 enfants se retrouvent sans enseignant ? Comment peut-on trouver normal que ce
collège de Villejuif n'ait pas de professeur d'allemand ni de professeur de musique d'affectés le jour de la rentrée, et un seul surveillant alors qu'il devrait y en avoir quatre ? Ce collège
d'un petit peu moins de 400 élèves n'avait d'ailleurs pas de CPE l'an passé, pas plus cette année. Et combien de situations similaires. A part ça, tout va pour le mieux pour X Darcos ! Il faut
dire que les moyens ne sont pas les mêmes pour tous.
En effet, pendant que le gouvernement ratiboise les effectifs des profs et les moyens dans l'éducation nationale, Sarkozy veut
imposer une réforme géniale. Il a décidé d'offrir aux expatriés, la gratuité des écoles et lycées français de l'étranger. Un cadeau sympa, non? Sauf qu'il va surtout profiter aux plus aisés, et
que l'addition, pour l'Etat, s'annonce carabinée.
Ces écoles, très cotées - des stars comme Madona font des pieds et des mains pour y caser leurs gamins - étaient jusqu'à présent payantes.
Certains lycées sont des établissements publics, d'autres, privés sous contrat. En tout 160 000 élèves y sont scolarisés, dont 80 000 français. Sous la tutelle du Quai d'Orsay, chaque
établissement fixe assez librement ses tarifs et ça atteint des sommets: 5 500 euros l'année à Tokyo, 6 500 à Londres, 15 000 à New York et 17 000 euros -le record- à San Francisco. Au diable
l'avarice! Pour les expatriés modestes, un système de bourses plutôt généreux est déjà en place. A New York, par exemple, il faut gagner moins de 65 000 euros par an -pas vraiment le smic- pour
décrocher 4 500 euros d'aide. Environ un quart des élèves français bénéficient d'une bourse. Mais pour Sarko, ce n'était pas assez.
Depuis l'an dernier et à la demande express de l'Elysée, l'Etat prend en charge l'intégralité des frais de scolarité des élèves français de
terminale... quels que soient les revenus des parents. Plus besoin de bourse! A la rentrée, c'était le tour des premières, puis des secondes l'an prochain, et ainsi de suite. "J'aurais pu
commencer la gratuité par la maternelle, a expliqué Sarko, le 20 juin dernier, devant la communauté française d'Athènes. Mais j'ai voulu commencer par l'année la plus chère pour que vous
puissiez constater la générosité des pouvoirs publics français."
Mais générosité pour qui ? A Londres, l'une des familles concernées par ce généreux cadeau déclare plus de 2 millions d'euros de revenus
annuels. Et deux autres gagnent plus d'un million. Ils doivent dire merci à l'état français qui régale. Et bientôt,
ça soulagera aussi Sarkozy puisqu'il se sent personnellement concerné par la question. Après avoir été annoncé à New York puis
à Londres, le petit Louis est finalement inscrit au lycée français de Doha... Et il va falloir payer ! La rentrée serait dure pour
tout le monde ?
Alors, notez déjà le dimanche 19 octobre 2008 sur vos calendriers, pour une manifestation nationale à Paris dont "les
revendications porteront sur les questions budgétaires et l'ensemble de la politique éducative du gouvernement".