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Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.

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Temps de travail, recul de près d’un siècle

Le 23 avril 1919, le gouvernement "de salut public" dirigé par Clémenceau adopte la journée de travail de 8 heures et la semaine de 48 heures. Une grande avancée pour l’époque.

Le 23 juillet 2008, les députés de la majorité ont définitivement enterré la définition de la durée du travail des salariés. Cette mesure ne s’appliquera pas seulement aux cadres, mais elle pourra bientôt s’imposer à tous les salariés du secteur privé. En adoptant cette loi, la France recule de près d'un siècle.

Jusqu’à présent, les salariés au forfait jour pouvaient travailler dans la limite d’un maximum de 218 jours par an. Pour dépasser ce seuil, l’employeur devait demander une autorisation administrative et le salarié devait récupérer ses jours dans un délai très bref. La nouvelle loi prévoit qu’un accord d’entreprise peut supprimer cette obligation d’autorisation administrative et fixer le maximum, dans la limite de la durée maximale européenne, à 282 jours de travail par an. Xavier Bertrand a beau se faire rassurant, « la dénonciation d’un usage est encadrée par la jurisprudence et suppose le respect des conditions précises (information des salariés concernés, consultation des représentants du personnel, délais de prévenance) », il omet de préciser que cette dénonciation est soumise à la seule volonté de l’employeur et que ni les salariés ni leurs représentants ne peuvent s’y opposer. Car, quand bien même les textes sont du côté des salariés ou cadres, si les pressions exercées à leur encontre ne suffisent pas à les faire plier, c’est le licenciement. Je vous livre un témoignage éclairant que j'ai lu dans le courrier des lecteurs de Télérama.

 

« Je suis une femme. Pas de chance, je suis mère. Suite à la naissance de mon premier enfant, pas de place en crèche. Etant cadre, soit j’embauchais deux nounous pour couvrir l’amplitude horaire de mon travail, soit je demandais un temps partiel comme m’y autorise la législation. J’ai été licenciée. Parce qu’un cadre ne travaille pas à temps partiel. Je crois que je vais devoir m’asseoir sur mon bac +5, mes dix ans d’expérience professionnelle et me mettre au tricot. Cessons d’être hypocrites ! Puisque le travail des cadres féminins est entravé de toutes les manières possibles, autant faire des économies dans l’enseignement supérieur et en interdire l’accès aux femmes. Ou alors, qu’elles s’engagent à ne pas avoir d’enfant ! »

 

Les employeurs vont encore plus faire pression sur les travailleurs pour qu'ils acceptent des réductions de salaire et des augmentations des heures supplémentaires au cours de négociations individuelles des contrats.


Les acquis sociaux obtenus par des générations sont mis en pièces. Chacun va pouvoir constater si ce n'est déjà fait les dégâts causés par une majorité de droite au gouvernement et à l'assemblée. Pour eux, des suicides liés aux conditions de travail ou à la mal-vie, ça se comptabilise dans une rubrique "pertes et profits".

 

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