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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 23:39

Suite à la décision du tribunal de commerce de Bobigny ordonnant à deux enseignes de bricolage de cesser l'ouverture dominicale de leurs magasins en Ile-de-France, on a l'impression, à lire ou écouter ce qui se dit dans les médias, que cela porte gravement atteinte à l'économie nationale et à la liberté des personnes. Et une fois de plus, mais les médias nous y ont habitué, la parole est essentiellement donnée à ceux qui condamnent cette décision du tribunal.

 

Si je prends l'argumentaire utilisé par le vice-président du Medef - un certain Geoffroy Roux de Bézieux - vendredi dernier en direct pour le journal de 13h de France-Inter, c'est sidérant. En caractères gras et en italique les propos qu'il a tenu, suivis de ma critique de son argumentaire.

 

Il commence par déclarer qu' il serait temps de s'interroger sur la pertinence de notre législation. Il y a longtemps qu'on a compris que pour les patrons, il faudrait supprimer le Code du Travail pour avoir des salariés corvéables à merci. Dès que la législation n'est pas favorable au Medef, elle n'aurait pas lieu d'être.

 

Il poursuit en soulignant que les employés ne vont pas toucher la rémunération supplémentaire. En réalité ce sont les bas salaires et la précarité qui poussent des salariés à se porter volontaires pour travailler le dimanche.

 

Il n'y a pas création d'emplois mais destruction d'emplois et en plus les consommateurs sont pénalisés. Au moment où le commerce est en train de basculer sur internet qui lui est ouvert 24h/24h, ça n'a aucun sens. Faudrait-il que pour coller à internet les magasins soient ouverts 24h/24h ? Et que je sache une commande passée sur internet nécessite un minimum de temps de préparation, d'expédition etc. Accès internet 24h/24, oui pour passer commande, mais pas pour la disponibilité de la marchandise.

 

Les juges ne font semble t-il qu'appliquer le droit mais il faut changer le droit. Ce droit ne s'applique plus dans le monde moderne et je regrette que certains ne le comprennent pas. Cette législation, elle nous prive de gisements d'emplois très forts. Ben voilà, c'est de ne pas accepter de travailler le dimanche qui va être la cause du chômage. Et dire que ce droit ne s'applique plus dans le monde moderne, c'est une affirmation gratuite. Un reportage, dans le 20 heures de France 2 ce dimanche, montrait qu''à Berlin, les magasins sont fermés le dimanche. L'Allemagne n'est peut-être pas un pays moderne ?

 

Prenez les touristes qui viennent à Paris, c'est la seule capitale européenne où quand on vient le week-end et qu'on est touriste, on ne peut pas faire ses courses le dimanche. Je n'avais pas imaginé que les touristes venaient à Paris pour faire provision dans les magasins de bricolage le dimanche. S'ils viennent de province, il faut leur dire qu'ils vont trouver les mêmes enseignes à proximité de chez eux, pas nécessaire dans ce cas de faire des frais de transport.

 

Et que dire de sa conclusion ! Dans un pays qui souffre énormément du chômage, avec des gens qui sont en grande difficulté quand ils n'ont pas d'emploi, c'est se priver certainement de milliers d'emplois. Drôle de façon pour le patronat de se dédouaner et de rejeter la responsabilité sur les syndicats. Le journaliste qui questionnait aurait pu dire à Roux de Bézieux qu'il y a même des gens qui sont salariés et qui sont en grande difficulté à cause de la politique salariale du patronat.

 

Voilà donc la recette du vice-président du Medef pour créer des milliers d'emplois, travailler le dimanche. Quant à une analyse critique des propos de ce personnage après qu'ils aient été livrés aux auditeurs, RIEN. Comme un encouragement à poursuivre l'offensive de dérégulation du droit du travail menée par le Medef.

 

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