Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Réagir - Blog militant de joseph coutant
  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
  • Contact

Rechercher

Tags

18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 00:48

Privatisation du rail ?

 

Les Médias n'en parlent pas, mais pendant que les cheminots Français sont en grève, en Suède les cheminots entament leur deuxième semaine de grève ... contre l'opérateur français Véolia !

 

Face au désastre de la privatisation sauvage du rail en Grande-Bretagne, la Suède est montrée en modèle au sein de l'Union européenne d'une « libéralisation contrôlée ». La grève actuelle montre bien qu'on a affaire à un mythe, éclairant en ces temps de « réforme ferroviaire » en France.

 

On va avoir droit dans la presse aux poncifs sur la « culture du conflit » en France, idéologique et particulariste, face aux mythifiés pays nordiques où règne une « culture du compromis », empreinte de pragmatisme et d'intérêt général.

 

Manque de chance, au moment où le mouvement se construit en France contre la réforme ferroviaire, la Suède connaît une grève dans le secteur du rail qui paralyse déjà depuis deux semaines toute la partie méridionale du réseau et menace désormais de s'étendre à tout le pays.

 

De la casse des Chemins de fer suédois, à l'ouverture à la concurrence puis la privatisation : un avertissement

 

Le système ferroviaire suédois est semi-privatisé.

 

Tout a commencé en 1988 par la séparation de l'infrastructure confiée à BV (Rail national suédois) et maintenu dans le giron public, et un opérateur SJ (Chemins de fer suédois) public, fragmenté en 2001 en sept entreprises, une partie d'entre elles privatisées depuis.

 

Il a fallu néanmoins attendre 2010 pour que le gouvernement décide de mettre fin au monopole public de SJ sur le transfert de passagers intérieur. Depuis 2010 : une série d'opérateurs privés ont fait leur apparition, comme la Deutsche Bahn allemande dans les lignes du nord ou le luxembourgeois CFL pour le fret à partir du Goteborg.

 

Toutefois, le principal investisseur reste le français Veolia qui s'est emparé en quelques années de plusieurs lignes de trains inter-régionaux (ex : Stockholm-Goteborg), des lignes trans-frontalières avec la Norvège ainsi que la majeure partie du réseau méridional suédois.

 

Véolia, enfer des cheminots suédois : le règne du contrat « zéro heure »

 

Quelle conséquence de cette introduction de la concurrence pour les salariés ?

 

La réponse vient du mouvement de grève lancé ce lundi 2 juin sur la « ligne sud » (Södra Stambanan) reliant Malmo à Linkoping, la 4ème plus importante en taille du pays, paralysant le trafic pour 75 000 passagers.

 

La mobilisation est partie de 250 travailleurs, allant des contrôleurs aux conducteurs de train : ce qu'ils reprochaient à Veolia, d'avoir résilié leur contrat à temps plein, avec droits garantis pour les ré-embaucher par la suite en contrat « zéro heure ». Des contrats « zéro heure » qui, rappelons-le, permet à l'employeur de confier des tâches à la mission à un salarié, payé à la tâche … et bien sûr non-payé entre-temps, soumis à la volonté despotique de son patron. La précarité ultime.

 

Le syndicat réputé combatif SEKO (Syndicat des services et communications) dénonce cette situation et pose deux revendications :

• limiter le nombre de travailleurs temporaires autorisés à être utilisés dans l'année (maximum de 40000 h),

• qu'une année d'emploi temporaire conduise à un recrutement en contrat stable.

 

Vers un élargissement de la mobilisation

 

Ces revendications, pourtant modestes, ont pour l'instant reçu une fin de non-recevoir de la part de la confédération patronale ALMEGA et de l'entreprise française Veolia.

 

Le mouvement va entrer désormais dans sa deuxième semaine de grève, il devrait s'étendre : « Nos négociateurs n'ont pas avancé, donc nous devons étendre l'action et faire monter la mobilisation » a confié le dirigeant syndical Erik Sandberg au journal suédois The Local.

 

Des trains ont déjà cessé de circuler sur la ligne Malmo-Stockholm, le syndicat a annoncé son intention de lancer un mouvement de grève à Stockholm à partir du 20 juin, si il n'obtenait pas satisfaction, en pleine période de vacances estivales.

 

Le mouvement de grève qui impliquait à l'origine 250 salariés en touche à présent plus de 1 260.

 

70 % des Suédois favorables au retour au monopole public !

 

Certes, le patronat, la presse locale essaient de monter les usagers contre les cheminots utilisant l'argument économique (« 2 millions de pertes par jour »)… et celui éculé de l'écologie (la pollution causée par la hausse du trafic sur le port d'Oresund, si!).

 

Toutefois, cette campagne médiatique que nous connaissons si bien en France ne semble pas marcher en Suède. Car, bien que l'expérience soit courte, la dégradation du service est déjà sensible depuis l'ouverture à la concurrence.

 

Le système ferroviaire suédois, réputé pour être un des plus efficaces, fiables, égalitaires d'Europe, semble se déliter dangereusement : retards de plus en plus fréquents, hausse des tarifs, sous-investissement, inégalités entre régions.

 

Ainsi, les compte-rendus mettent en avant le soutien apporté par les usagers de Malmö, principale ville du sud du pays frappée par la grève, aux travailleurs en lutte.

 

Un sondage récent dans le quotidien suédois Dagens Nyheter montre même le haut niveau de conscience de la population suédoise, dépassant les mots d'ordre du syndicat des transports.

 

En effet, 70 % des Suédois se déclarent favorables à la ré-introduction du monopole public sur les chemins de fer. Un camouflet pour les partisans zélés de la privatisation du rail !

 

Serait-ce tabou de dire que les « réformes ferroviaires » de libéralisation-privatisation ont conduit à des échecs, qu'elles unissent cheminots et usagers dans la volonté de retour au monopole public ?

 

Blog Mediapart

Partager cet article
Repost0
17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 17:03
Cheminots, tract interfédéral CGT-Sud Rail du 16 juin
Partager cet article
Repost0
8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 23:19

France Télévisions, le règne de l'externalisation, c'est le titre d'un article paru dans le dernier numéro de « Témoins », revue du syndicat national des journalistes CGT.

 

On y apprend ainsi que les magazines d’information comme Envoyé spécial ou Complément d’enquête sur France 2, ou les magazines d’évasion comme Thalassa ou Faut pas rêver sur France 3, ne fabriquent en interne que 30 % à 40 % de leurs sujets... Les chiffres exacts et la réalité des facturations sont des secrets d'État.

 

Dans ce système opaque où certains s'enrichissent, des caciques de la télé passent outre les conflits d’intérêts. Par exemple, Patrick de Carolis, présentateur des émissions Des racines et des ailes ou Le grand tour, commande des sujets à Anaprod, sa propre société de production ! Même chose pour Laurent Delahousse, présentateur de l’émission Un jour un destin, qui achète des documentaires à Magnéto presse, une société créée par... Laurent Delahousse !

 

Voilà où en est rendu le service public de la Télévision !

 

Partager cet article
Repost0
18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 22:57

Parfois le service public de la radio nous donne à entendre un autre son de cloche que celui du sempiternel discours néo-libéral. Mais ce n'est pas sur France-Inter dirigé par Philippe Val que l'on entend cette différence. Ce ne sont pas en effet les journalistes du Figaro, de l'Express, des Echos ou de Libération qui vont apporter cette différence. Étrange qu'il n'y ait jamais un journaliste de l'Humanité d'invité pour une chronique  ! C'est sur France-Culture grâce au billet politique d'Hubert Huertas du 14 juin que la radio publique a donné une leçon sur l'équité aux chantres du libéralisme.

 

 

Enfin le retour de la morale ! De la vraie ! De la rigoureuse ! Quasiment du jansénisme ! Le débat sur la réforme des retraites apporte une bouffée de pureté. Le discours officiel n’y parle pas seulement d’économie. Il met en avant une valeur immatérielle. Il réclame « l’Équité ». Tous les mêmes ! Tous pareils ! Aucune tête ne doit plus dépasser. Et aussi surprenant soit ce constat, quand on réfléchit aux retraites, plus on est libéral, plus on est communiste !

Ce matin, d’ailleurs, le Figaro est communiste. Le journal de Serge Dassault en a marre des inégalités, et il y consacre sa Une. L’édito est à deux doigts du collectivisme. Il explique que « L’Équité doit commencer par loger tout le monde à la même enseigne », le public et le privé. Sur la manchette, en haut et à gauche, on trouve un sondage qui souligne l’aspiration française à une société égalitaire.

Et sur la droite, on découvre la Une du Figaro Magazine. Elle pourfend les privilèges, en dénonçant « ceux qui bloquent la France » à savoir, assurément, les bourgeois d’aujourd’hui, entendez les syndicats, les lobbies, les intermittents, les corporations, en clair tout ce maillage d’égoïsmes qui empêcherait l’avènement de la société nouvelle, où aucun homme ne pourra plus prétendre à posséder davantage que son voisin.

Une société où toute tension, toute envie, toute jalousie aura disparu parce que chaque citoyen, quasiment chaque camarade, aura le même sort que son prochain.

C’est beau comme du Lénine et ça ne date pas d’hier. Le premier à avoir constaté ce type d’inégalité dans la société française est le bon Raymond Barre, à la fin des années 70, quand il avait fait du fonctionnaire, jadis envié, un privilégié de mauvaise réputation. Une espèce de patron du « Cac- camping » avec son bungalow là où les autres dormaient sous des toiles de tentes.

Par la suite, à partir des années 80, la métaphore du nabab allait s’imposer dans le discours politique. Nabab celui qui avait un treizième mois, il devait s’aligner sur celui qui en avait douze. Nabab celui qui en avait douze, il devait s’adapter aux CDD. Nabab celui qui vivait dans sa région, il devait être mobile. Nabab celui qui se croyait à l’abri dans ses frontières, il devait s’adapter à la mondialisation.

Tous ceux qui disposaient d’un avantage particulier, retraites, convention collective, tarif du gaz et de l’électricité, vacances, trente cinq heures, comités d’entreprises, allaient être dénoncés au nom de l’Équité.

Quarante ans plus tard la réforme sur les retraites va ajouter sa pierre à cette conquête morale.

Avec une petite contrariété, quand même. Dans les années 70, donc à l’époque des privilèges qu’on veut éradiquer, l’écart entre les revenus oscillait de 1 à 20. Désormais que pas une tête ne dépasse, les puissants sont cinq cent fois plus riches.

 

 

Partager cet article
Repost0
31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 08:37

ENFIN, Pôle em­ploi s’attaque aux vrais problèmes ! Le 3 juin, co­m­mence une « expérience » qui consiste à transfo­r­mer des conseillers en « contrôleurs des demandeurs d’em­ploi ». Un nouveau corps de métier, pour constituer de drôles de « brigade­s » de flics qui ne disent pas leur nom. En plein marasme, avec, au bas mot, 3 mil­lions de chômeurs, il n’y a rien de plus pressé ?

Annoncée, l’an dernier, avec le plan Pôle em­ploi 2015, l’initiative a jusqu’à maintenant fait très peu de bruit, à part quelques pro­te­stations sur des blogs as­sociatifs, telle « Aurore boréale », ap­pare­m­ment mieux informée que les syn­dicats, qui n’en soufflent mot.

A Pôle em­ploi, on ex­plique qu’il est indispensable de vérifier au plus près l’utilisation des deniers pu­blics et de lu­tter con­tre le « trou­ble social » causé par ceux qui bossent au noir en touchant des in­demnités. Ce qui, en temps de crise, « est de moins en moins tolérable, surtout pour ceux qui, déclarés, sont payés à peine plus, voire moins, que les triche­urs ».

L’idée n’est pas tombée du ciel. Avant la révision générale des politiques pu­bliques mise en place par l’ancien go­uve­rne­ment, ces contrôles étaient assurés par les inspecte­urs du ministère du Travail, sur demande de Pôle em­ploi, en cas de soupçon de fraude.

Victime du non-renouve­lle­ment des fonctionnaires, l’Inspection du travail, débordée, n’a plus les moyens d’as­surer cette tâche, et le bébé a été refilé à Pôle em­ploi. L’expérimentation co­m­mence donc ces jours-ci, avec des « vo­lontaire­s » dans cinq Régions et sur douze sites. Elle sera généralisée dans un an, en cas de succès.

Il n’est pas sûr que les candidats se bousculent. En sous-effectif, les conseillers de Pôle em­ploi sont souvent menacés et assistent, im­puissants, au dése­spoir de leurs « clients ». Et ce n’est pas le document inte­rne précisant les contours de ce nouveau métier qui pousse à l’en­thousias­me : « Constat de l’existence ou pas d’actes positifs et répétés de reche­rche d’em­ploi  ; vérification de la récurrence et de la constance des actes  ; appréciation de la réalité et du sérieux des actes. »

Prof d’écono­mie et spécialiste de Pôle em­ploi, Michel Abhervé se gratte le crâne : « Les conseillers ne sont pas des policiers. Ils ne sont pas formés pour aller contrôler des pe­r­sonnes à leur do­micile. »

Les gilets pare-balles sont fournis ?

Do­minique Simonnot

Le Canard Enchaîné 29 mai 2013

Partager cet article
Repost0
21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 23:26

Le changement de majorité n'a rien changé. Pourtant ce gouvernement avait donné de l'espoir avec de magnifiques phrases sur la réhabilitation de l'Hôpital Public et la justice sociale. Mais l'Hôpital Entreprise et la loi Bachelot HPST qui creusent les inégalités en recherchant le patient rentable sont toujours d'actualité !

Après l'Hôpital Entreprise sous le précédent quinquennat, vient s'ajouter un nouveau concept, celui de « L'Hôpital debout ». Ce pourrait être une histoire à dormir debout mais elle est pourtant bien réelle. «Debout» pour dire… «sans lits». Tel est l’hôpital du XXIe siècle, tout en ambulatoire : le patient vient le jour, se fait soigner, consulte, est opéré et, le soir-même, il rentre chez lui. Jean-Marie Le Guen, député socialiste, et président du conseil de surveillance de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), adore cette expression, «Un hôpital debout». Et il l’utilise sans retenue pour parler du «nouvel Hôtel-Dieu» à Paris. La direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé la fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu pour le 4 novembre prochain. Après cette annonce, Anne Hidalgo, première adjointe PS au maire de Paris, et surtout candidate à la succession de Delanoë, s’est précipitée à l’hôpital et a promis de se battre contre la fermeture. Faudrait s'entendre entre gouvernement et Mairie de Paris.

Le concept "d'hôpital debout" est contagieux. Dans d'autres hôpitaux, il est dit que l'avenir n'est pas aux lits hospitaliers, qu'il y en a trop, et qu'il faudrait développer des alternatives à l'hospitalisation classique. A croire qu'à l'hôpital, on hospitalise pour des broutilles. Le candidat Hollande avait promis de réintroduire la notion de service public dans la loi HPST (hôpital, patients, santé, territoires), encore une vaine promesse ?

Le combat ne doit pas cesser pour défendre notre bien commun, l'accès à des soins de qualité pour tous. La santé n'est pas une marchandise.

 

 

 

L'Hôpital public toujours en danger
Partager cet article
Repost0