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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 15:00

La banque Dexia a été sauvée de la faillite par les États belge et français à l'automne 2008 avec un second sauvetage en octobre 2011. Coût de l'opération pour la France selon la cour des comptes: 6,6 milliards d'euros. La France pour 44% et la Belgique pour 50% sont actionnaires de Dexia qui avait été nationalisée en 2008.

 

Cela n'a pas empêché la banque d'augmenter les salaires des trois nouveaux dirigeants nommés mi-décembre 2013 de 30%. Ainsi, le directeur financier, le responsable des risques et le secrétaire général ont vu leur rémunération annuelle passer de 340 000 € à 450 000 €. Il est vrai que le patron émarge déjà à 600 000 €. C'est grotesque, encore plus pour un groupe en cours de démantèlement. Déjà en pleine crise, un joli pactole était prévu pour le président du directoire.

 

Le ministre de l'économie et des finances a jugé ces hausses de salaire « inappropriées ». Je trouve que le mot est faible. C'est proprement scandaleux ! Mais n'est-ce pas le même ministre Moscovici qui vient de retirer de la liste noire des paradis fiscaux Jersey et les Bermudes, deux champions de l'évasion fiscale. Il préfère faire la poche des français alors qu'il y a des milliards à récupérer dans l'évasion fiscale.

 

« Mon ennemi c'est la finance » clamait le candidat Hollande. Il a été élu et rien n'a changé. Voilà le vrai visage de la social-démocratie.

 

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:15

Le candidat Hollande qui s'affichait avec le slogan « Le changement c'est maintenant » et qui proclamait dans son discours du Bourget « mon adversaire, c'est le monde de la finance » vient de balayer lors de ses vœux du 31 décembre et de sa conférence de presse d'hier, toute notion de politique sociale.

 

Pour beaucoup d'électeurs qui, comme je l'ai fait, ont donné leur voix en 2012 pour faire barrage à la droite et se débarrasser de Sarkozy et de sa politique antisociale, quelle trahison ! On se retrouve avec la même politique, voire pire. Hollande, le candidat du PS revendique à présent son orientation libérale en se disant sans détour « social-démocrate ». Lors de la précédente conférence de presse en mai 2013 il se disait socialiste. A la prochaine il se dira carrément libéral ?

 

Sa conférence de presse d'hier était clairement une réponse aux inquiétudes du Medef. Après avoir mis en place le Cice (Crédit d'impôt compétitivité et emploi) financé pour partie par les hausses de TVA, cet impôt si injuste qu'il dénonçait durant sa campagne, il a précisé le cadre du « pacte de responsabilité ». D'ici 2017, il va supprimer les cotisations familiales payées par les entreprises, soit 30 à 35 milliards d’euros. Il a annoncé un nouveau programme de réduction des dépenses de l’État, des collectivités locales et de la Sécurité sociale : au total, il s’agira d’une baisse sur trois ans de 50 milliards d’euros. Une somme très importante, qui vient s’ajouter aux 15 milliards déjà décidés pour 2014. Le patronat en rêvait, Hollande l'a fait.

 

Quant aux contreparties, des représentants du Medef se sont déjà exprimés après cette conférence. « Les entreprises ont besoin de charges moins élevées pour embaucher. Mais imposer des contreparties précises en termes d'emplois serait illusoire... Les baisses de charges ne se transforment pas mécaniquement en emplois ». Ça signifiait quoi alors le badge orangé barré de la mention "un million d'emplois" porté par la direction du Medef ?

 

Ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie a jugé positivement les annonces faites par François Hollande. L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a estimé "bienvenu" son "changement de discours". Même chose pour la CDU, le parti d'Angela Merkel, pour qui il s'agit d'un "clair changement de paradigme" qui rappelle le tournant de la rigueur de François Mitterrand en 1983. Moi aussi je m'en souviens de cette trahison du PS. Quant à la Commission européenne, elle a parlé d'une "bonne nouvelle" et d'un pas "dans la bonne direction".

 

Un socialiste historique, l’Allemand August Bebel (1840-1913), avait coutume de dire « chaque fois que mes adversaires de classe m’applaudissent, je me demande quelle bêtise j’ai pu dire ».

 

 

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 22:45

Voilà bien une liaison dangereuse, mais ce n'est pas celle qui fait le plus de bruit dans les médias. Pourtant il n'y aurait rien à redire, car celle-ci relève totalement de la sphère publique.

 

Le chef de l’État vient en effet de proposer un Pacs au Medef. Il l'appelle "pacte de responsabilité" et Gattaz s'en réjouit. L'organisation patronale organisait ce lundi à Lille «une mobilisation positive en réponse aux voeux du président» et à son pacte de responsabilité. «On pense que le gouvernement va dans le bon sens», dit-on au Medef.

 

Le pouvoir poursuit son dialogue social avec le patronat. C'est donc acté, il renonce à tout changement en faveur de celles et ceux qui pourtant l’ont élu.

Dessin publié dans l'Humanité du 13 janvier

Dessin publié dans l'Humanité du 13 janvier

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 23:24

Nous subissons depuis le 1er janvier de nouveaux taux de TVA. Les taux précédemment à 7% et 19,6% sont respectivement passés à 10% et 20%. Cela vient après l'augmentation des taux de certains services à la personne passés de 7% à 19,6%. Ces augmentations de la TVA doivent notamment servir à financer le CICE.

 

En vigueur depuis janvier 2013, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) correspond à une baisse des cotisations sociales, sous la forme d’une réduction de l’impôt à acquitter. Son taux, qui était de 4 % des rémunérations brutes versées au titre de 2013 (année de lancement du CICE), passe à 6 % à partir du 1er janvier 2014.

 

Joli cadeau aux entreprises quand on sait que « L’administration fiscale ne contrôlera pas l’utilisation du CICE : un CICE qui ne serait pas utilisé conformément aux objectifs d’amélioration de la compétitivité de l’entreprise ne fera donc l’objet d’aucune remise en cause par l’administration fiscale » Source Ministère de l'économie et des finances sur le CICE

 

Ces mesures de réduction accordées sans contrepartie aux entreprises n’ont malheureusement pas fait la preuve de leur efficacité prétendue sur l’emploi.

 

PSA fournit le parfait contre-exemple ; l’entreprise a reçu 64 millions d’euros de Cice tout en supprimant 8 000 emplois… non sans prévoir 71 millions d’euros de retraite chapeau pour ses dirigeants. Que dire des 25 millions d'euros qu' ArcelorMittal va encaisser au titre du CICE alors qu'il poursuit la destruction des emplois ? Les géants du bâtiment Vinci, Bouygues et Eiffage figurent parmi les plus gros bénéficiaires, avec des enveloppes de CICE se situant entre 111 et 189 millions d’euros pour le premier, à 87 millions pour le second, et de 70 à 94 millions pour le troisième. Et Sanofi dont les actionnaires ont bénéficié d'un versement de dividendes pour 3 487 millions d'euros en 2012 contre 1 372 millions en 2011 va bénéficier de 47 millions au titre du Cice tout en annonçant la suppression de plus de 2000 emplois.

 

Ce n'était pas le changement promis par Hollande durant sa campagne ! Alors qu'il se disait contre la hausse de la TVA on assiste à la continuité de la politique libérale menée par Sarkozy.

 

Certains vont rétorquer que je fais de l'anti-socialiste. En quoi ce serait anti-socialiste puisque les mesures de ce gouvernement tournent le dos au socialisme pour lui préférer  le versant libéral ? Les mesures prises ne sont qu'une suite de capitulations face au système capitaliste. Ce gouvernement et ceux qui le soutiennent dévoilent leur vraie nature libérale.

 

C'est pourquoi le patron du Medef répond qu'il est satisfait de la proposition de "pacte de responsabilité" faite par Hollande et qu"il jouera le jeu".

 

Pour ceux qui à gauche aspirent encore à la transformation de la société, il faut défendre un programme qui vise à briser le pouvoir économique des capitalistes.

 

 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 01:14

En mai denier, les députés PS ont rejeté la proposition de loi déposée par les députés du Front de gauche sur l'interdiction des licenciements boursiers, considérant que "la lutte contre les licenciements boursiers était déjà engagée" selon leur porte-parole, Thierry Mandon.

 

Sacrément engagée en effet, on peut le constater au travers de Goodyear. Alors que le groupe prévoyait d'atteindre un bénéfice opérationnel de 1,4 à 1,5 milliard de dollars en 2013, soit une hausse de plus de 12% par rapport à 2012, c'est 1200 emplois qui sont sur la sellette dans l'usine d'Amiens Nord.

 

Avant de faire baisser progressivement la production de pneus dans l'usine Goodyear d'Amiens nord depuis la fin des années 2000, le groupe américain Goodyear l'avait auparavant privée de ses bénéfices pour les transférer au Luxembourg. Cette manœuvre est très répandue au sein des multinationales. Voir à ce sujet l'article sur Mediapart : « Comment Goodyear a déshabillé l'usine d'Amiens nord »

 

Alors que tous les recours judiciaires pour faire annuler la fermeture ont échoué, les salariés de Goodyear en colère retiennent depuis ce matin le directeur de production et le DRH. Voir la lettre « J'accuse » du syndicat CGT Goodyear.

 

Voilà où mène le manque de courage politique des socialistes qui se comportent ni plus ni moins qu'en libéraux. Puisqu'il existe une majorité dé députés à gauche, la loi empêchant les licenciements boursiers aurait pu être votée. Mais les socialistes ne sont plus vraiment de gauche !

 

 

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 01:15
Retraites : La ministre Marisol Touraine voit un progrès là où il y a recul

C'est en toute discrétion médiatique qu'un vote important pour l’avenir des travailleurs a eu lieu mi-décembre à l’Assemblée nationale. Il s’agissait de voter, ou pas, la réforme des retraites proposée par le gouvernement Hollande - Ayrault. Réforme qui prévoit l'allongement de la durée de cotisations à 43 ans.

Durant tous les débats parlementaires, les députés communistes et du Front de gauche se sont opposés à cette réforme comme ils s'y étaient opposés au côté de certains syndicats de salariés dans la rue. Ce que le PCF refusait sous Sarkozy et Fillon, il le refuse également sous Hollande – Ayrault.

« Quand on vit plus longtemps, on peut travailler plus longtemps ! » C’est ce qu'a déclaré la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine. Mais si on vit plus longtemps, c’est grâce à la retraite à 60 ans, et si on travaille plus longtemps, on vivra moins longtemps.

L'espérance de vie sans incapacité, ou espérance de vie en bonne santé, stagne, voire recule selon une enquête de l’Inserm publiée au printemps. Les meilleures années de la retraite sont celles entre 60 et 65 ans quand on est censé se trouver en meilleure santé. Les années au travail les plus dures sont celles entre 60 à 65 ans. Alors où serait le progrès ? 

Que penser des partis, PS et EELV, qui manifestaient contre la réforme Sarkozy de recul de l’âge de départ en retraite et qui, aujourd’hui, aggravent cette réforme ? Hypocrisie et jeu politicien !

Il existe des financements pour revenir à la retraite à 60 ans à taux plein pour 37,5 annuités. Pour cela, c’est du côté du capital, de la spéculation et des gros actionnaires qu’il faut regarder et arrêter de considérer les travailleurs et les retraités comme des "coûts" qu’il faudrait absolument réduire !

C'est à un recul de civilisation que nous entraînent les députés qui ont voté cette réforme des retraites. NON, ce n'est pas une réforme de progrès comme le tweete Marisol Touraine. Il est vrai que cette ministre socialiste assujettie à l'impôt sur la fortune ne vit pas dans la même sphère ! Il est plus facile de s'en prendre aux acquis sociaux que de s'attaquer au coût du capital.

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 17:17
Les vœux de François Hollande étaient adressés au Medef

Je ne voulais pas gâcher ma soirée du 31 décembre, alors ce n'est pas en direct que j'ai écouté les vœux du Président de la République. J'ai bien fait, car j'ai constaté par la suite que les propos qu'il a tenus auraient aussi bien pu être prononcés par son prédécesseur.

 

La preuve est qu'ils ont été très appréciés par le Medef. Son président, Pierre Gattaz, a assuré « être prêt à participer et à s'impliquer activement pour bâtir concrètement le pacte annoncé par le Président de la République », preuve qu'il répond aux attentes du patronat. D'ailleurs, dans son journal Le Figaro, les vœux que Serge Dassault présente pour 2014 prennent des allures d'encouragements à destination des socialistes, pour leur politique économique néolibérale.

 

L'orientation donnée par Hollande : « Moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et en même temps, une contrepartie, plus d’embauches et de dialogue social. » Alors que la croissance est au point mort, le chômage toujours en hausse malgré les engagements de baisser la courbe, la première de ses priorités pour l'année 2014 est la baisse des dépenses publiques partout où cela sera possible. « C’est vrai pour l’État, pour les collectivités locales (…), et pour la Sécurité sociale, qui doit en terminer avec les excès et les abus. » C'est quoi ces propos sur les excès et les abus ? De quoi  parle t-il alors que des tas de gens ont du mal à se soigner ? Quant à la réforme fiscale promise par Jean-Marc Ayrault elle n'est pas de mettre plus de justice dans le système, mais de diminuer les prélèvements obligatoires !

 

Fermez le ban ! C'est un discours de droite austéritaire pour une politique du même nom !

 

Pour les municipales en mars 2014 et les européennes en mai 2014, le seul vote de gauche sera un vote Front de Gauche.

 

 

 

 

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 00:10

Dans un billet en date de mars 2013, Gérard Mordillat (écrivain et cinéaste) posait la question suivante : les socialistes (les dirigeants socialistes passés et présents, ceux qui occupent des postes gouvernementaux, pas les militants bien entendu) trahissent-ils en fonction des circonstances ou trahissent-ils par nature ?

 

Pour ma part, au cas où j'aurais eu encore un doute, la réponse est très claire aujourd'hui. C'est par nature !

 

Pas une semaine pratiquement sans que des engagements de campagne soient trahis ou que des orientations condamnées du temps de Sarkozy soient reprises à présent par le pouvoir socialiste sans aucun scrupule. Dernier exemple en date, le vote bloqué mardi à l'assemblée du projet de loi sur les retraites. Et que disait le PS en octobre 2010, quand le gouvernement Fillon avait utilisé ce procédé pour museler l’opposition à sa réforme des... retraites ? Voici l'intégralité de son communiqué.

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Le vote bloqué déshonore et discrédite le gouvernement et le Président
M. Sarkozy vient de décider d’imposer le vote bloqué au Sénat sur le débat des retraites.
Après avoir braqué le pays en voulant lui imposer une réforme injuste, après l’avoir bloqué en refusant de reprendre les négociations, le Président méprise le Sénat et la démocratie en coupant court aux débats.
Avec M. Sarkozy, c’est le coup de force permanent.
Après le débat amputé à l’Assemblée nationale, ce nouveau contournement du Parlement est scandaleux. Comment accepter que sur un sujet essentiel, qui engage le pacte social et républicain, on refuse aux élus de la nation le temps nécessaire au débat ? Cette décision déshonore et discrédite le gouvernement et le Président.
Face aux Français qui sont dans la rue pour manifester, le gouvernement brandit le respect du vote du Parlement. Mais quand le Parlement fait son travail, il n’a qu’une obsession : l’en empêcher !
Chacun comprend que ce qui gène le gouvernement, c’est le débat. Parce que plus on débat, et plus la vérité apparaît : le projet du gouvernement est profondément injuste et ne règle rien.

 

Les socialistes reprennent à leur compte ce qu'ils condamnaient hier. Ils trahissent les électeurs de gauche qui les ont porté au pouvoir pour le changement. Ce vote bloqué fait que les sous-amendements déposés par les groupes parlementaires de gauche ne sont pas examinés, PS mis à part.

 

Les députés PS qui ont voté cette loi vont laisser leur nom dans l'histoire. ( Seuls 11 députés PS se sont abstenus, et la députée PS de ma circonscription, Geneviève Gaillard, ne figure pas parmi ceux-ci ). Depuis Léon Blum, ce sont les premiers élus de gauche à voter une loi qui allonge la durée de travail des salariés en portant à 43 ans le nombre d'annuités. L'âge de la retraite se trouve repousser à 66 ans pour la grande majorité de ceux qui sont nés après 1973. De même, en repoussant la date de revalorisation des pensions, c'est une perte de pouvoir d'achat pour les retraités. C'est un nouveau recul social. Le vote à gauche, ce n'est surtout pas un vote PS.  A bon entendeur ...

 

Résultat du scrutin 

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 21:40
TVA : Mais ça c'était avant

Sur cette affiche électorale du PS de 2012 (celle à droite ... ), le message est clair. NON à la TVA Sarkozy et en dessous, François Hollande annulera la hausse de la TVA. Et comme le disait la pub d'une chaîne d'optique « Mais ça c'était avant », lorsqu'il était candidat.

 

Car maintenant qu'il est président, oubliés les engagements ! En juillet dernier, le taux de TVA sur les services à la personne est passé de 7% à 19,6%. Dès janvier 2014, l'augmentation de la TVA décidée par le gouvernement va opérer une ponction de 7 milliards supplémentaires sur les ménages. Tout ça pour financer les exonérations fiscales nouvelles de 20 milliards d'euros que le Medef a exigé et obtenu du gouvernement. Au 1er janvier 2014, la TVA à taux normal sera majorée de 19.6% à 20% et celle à taux réduit de 7% à 10%.

 

Oui c'est une injustice supplémentaire qui va toucher le pouvoir d'achat des français comme il est écrit sur l'affiche. D'autant que la TVA est l'impôt le plus inéquitable puisqu'il ne tient pas compte des revenus.

 

Oui c'est une faute économique qui affaiblira la consommation et nuira donc à la croissance et à l 'emploi.

 

Ce prélèvement énorme sur les revenus des ménages est injuste et catastrophique. Cette ponction a deux finalités principales : réduire la dette publique, c'est à dire rembourser les banques, et compenser les nouvelles exonérations fiscales votées pour les entreprises.

 

Le budget d'austérité 2014 qui prévoit ces hausses de TVA a été voté par tous les députés socialistes ainsi que les Verts à l'exception de Noël Mamère qui a voté contre, comme les députés communistes et Front de Gauche.

 

Ceux qui en votant pour des candidats socialistes en 2012 ont cru voter à gauche, il est temps de comprendre pour les élections à venir qu'une politique de gauche, ce n'est pas cela. Il ne suffit pas de se proclamer de gauche.

 

 

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 23:15

Cette tribune est signée de Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste. Elle a été publiée dans l'Humanité du 6 novembre. Tout le monde ne partage pas son point de vue, pour ma part, j'y souscris totalement, sachant qu'il parle des dirigeants socialistes et non des militants qui, pour un certain nombre, sont sincères. Il avait déjà épinglé ce pouvoir dans un article intitulé "Le jeu du pouvoir et de la trahison ... au Parti socialiste".

 

C’est une constatation cruelle mais c’est une constatation nécessaire : il y a désormais en France deux partis de droite. Un parti à tendance néofasciste, l’UMP à la sauce FN, et un parti néolibéral qui ne porte plus le nom de socialiste que par paresse.

 

Monsieur Valls suggérait d’ailleurs d’en changer, conscient que le terme « socialiste » est désormais vide de sens pour lui et ses semblables, comme le terme « gaulliste » l’est pour messieurs Sarkozy, Copé, Fillon et consorts. Par ailleurs, à propos des socialistes, il est devenu banal de parler de « la gauche de droite », ce qui oblige les commentateurs à distinguer certaines déclarations individuelles émanant de « socialistes de gauche ». Il y aurait donc des socialistes qui récusent le nom même de socialistes – des hommes de droite déguisés en hommes de gauche, si l’on préfère – et des socialistes qui, contre la majorité de leur propre parti, tentent de ne pas solder l’héritage de Jaurès.

 

C’est dire combien la confusion gouverne. Aux élections municipales qui s’annoncent, cette confusion risque d’augmenter encore puisque, à Paris en tout cas, le PCF a décidé de faire liste commune dès le premier tour avec le PS. Mais avec quel PS?

 

Celui dont les membres siègent au gouvernement ou avec quelques irréductibles pour qui le « socialisme », selon Jaurès, travaille « à la réalisation de l’humanité ». Une humanité qui « n’existe point encore ou existe à peine. À l’intérieur de chaque nation, elle est compromise, comme brisée, par l’antagonisme de classe, par l’inévitable lutte d’une oligarchie capitaliste et du prolétariat. Seul le socialisme, en absorbant toutes les classes dans la propriété commune des moyens de travail, résoudra cet antagonisme et fera de chaque nation enfin réconciliée avec elle-même, une parcelle d’humanité ».

 

À l’aune de ces paroles et de ses actes, est-ce que M. Hollande est socialiste? Est-ce que M. Moscovici l’est? Et M. Valls? Et M. Strauss-Kahn? Et M. Sapin ? Et M. Cahuzac, qui récusait la lutte des classes ? Et M. Lamy ? Et tous ces ministres si empressés de parader à l’université d’été du Medef et préférant se faire porter pâles lorsqu’il s’agit d’arpenter les allées de la Fête de l’Huma ? Et… et… et… etc.

 

On ne peut pas, bien sûr, mettre tous les socialistes dans le même sac Vuitton. Sur le plan municipal, il est incontestable que des élus socialistes œuvrent sans réserve à améliorer le sort de leurs concitoyens, à tenter de leur rendre la vie plus facile, à développer les activités artistiques et culturelles, etc. Je pense notamment aux actions menées dans les 11e et 20e arrondissements. Il n’y a pas de discussion, ces socialistes-là font ce qu’ils peuvent et, même, font en partie ce qu’il faut et pourraient même faire plus en ce qui concerne le logement, mais ils agissent. Maintenant, si on s’intéresse aux membres « socialistes » du gouvernement, le bilan est tout autre. La liste des reniements, manquements, trahisons est si longue qu’il serait fastidieux de la détailler. Juste pour mémoire : la signature du traité Merkozy, la séparation de façade entre les banques de dépôt et les banques d’affaires, l’absence d’un relèvement significatif du Smic, l’abandon de la lutte historique de la classe ouvrière pour la diminution du temps de travail, l’allongement de l’âge du départ à la retraite, la ruine confirmée de l’hôpital public, l’absence de loi pour empêcher les licenciements de confort financier, le choix du capital contre le travail, Florange, PSA, etc. N’en jetez plus, la cour est pleine !

 

Le piège est là.

Si nous votons pour le socialisme « municipal » et que, par miracle, le parti à la rose évite ainsi la déroute annoncée, le gouvernement y verra l’adhésion des citoyens à sa politique ; au contraire, si c’est la Berezina, les mêmes socialistes « de gouvernement » déclareront que ce vote est sans signification, sinon purement local, et continueront de mener leur insupportable politique. Dans un cas comme dans l’autre, l’électeur sera volé de son vote, comme il l’a été après le référendum à propos du traité constitutionnel rejeté par une très large majorité de Français (y compris une majorité de militants socialistes) et repassé au Parlement dans les mêmes termes sous le nom de traité de Lisbonne, avec l’appui massif des élus socialistes. Un déni de démocratie que « toute l’eau de la mer ne saurait effacer », aurait dit Lautréamont.

 

Mais tout cela serait sans importance.

L’urgence serait de faire barrage au Front national, aux prochaines élections municipales et européennes, de voter utile. Et déjà, le chœur des « socialistes » de gouvernement entonne le grand air de la nécessité, qui fait loi. Mais dans le même temps, quand les citoyens ne votent pas selon le désir des « socialistes » de gouvernement, leur vote est méprisé, annulé ; mais, dans le même temps, M. Valls tient des propos et mène une action en parfait accord avec les idées de madame Le Pen, de Ciotti, Guéant, Hortefeux et les autres, y ajoutant l’hypocrisie d’expulser, de persécuter au nom de « l’humanité ».

 

Avant de voter, si nous posons la question : qu’avons-nous de commun avec les « socialistes » du gouvernement ? La réponse est meurtrière : rien. Qu’ont-ils de commun avec messieurs Sarkozy, Copé, Fillon et leurs amis ? La réponse est assassine: presque tout, hormis quelques nuances sur l’enseignement, la recherche et la justice. Ce qui les distingue ne sont que des postures au grand théâtre de la politique spectacle. Les uns jouent à être de gauche, les autres à être de droite, mais tous chantent en chœur la rengaine thatchérienne « il n’y a pas d’alternative », sont les thuriféraires du capital, de la propriété privée. Personne ne peut avoir oublié cette une stupéfiante de Paris Match où François Hollande et Nicolas Sarkozy posaient côte à côte, dans le même costume, la même attitude, défendant à l’unisson le oui au référendum. Des jumeaux sortis du même œuf néolibéral, affichant la même morgue, le même mépris des citoyens, ces minables, ces rustres, dont le vote n’était organisé que pour amuser la galerie.

 

Dès lors, comment pourrions-nous, une fois encore, voter utile, faire confiance aux « socialistes » de gouvernement ?

 

Nous ne pouvons pas. Nous ne pouvons plus. Nous ne pouvons pas à la fois être leurs critiques les plus déterminés et les alliés de circonstance des socialistes municipaux qui, par leur silence – de fait –, font perdurer une politique ouvertement de droite, antisociale et sécuritaire. Au nom de je ne sais quelle morale de circonstance, la confusion ne doit pas être entretenue, ne peut plus l’être. Elle n’est plus de mise. Aujourd’hui, les « socialistes » de gouvernement ne sont plus simplement des faux frères, ni des adversaires, mais des ennemis (de classe) que nous devons affronter, quoi qu’il en coûte. Un siège au conseil municipal de quelque ville que ce soit ne vaut pas d’abdiquer nos convictions, notre volonté de transformer le monde et de réaliser l’humanité que Jaurès appelait de ses vœux. C’est dire qu’il faut avoir le courage de rompre clairement avec ce « socialisme » en peau de lapin qui n’est que démagogie et mensonges. Cette rupture politique est salutaire même pour nos camarades socialistes, ces militants pris en tenaille entre l’affliction et 
l’indignation de ce qui se pratique aujourd’hui en France au nom du « socialisme ». Les positions sont claires : les « socialistes » de gouvernement sont désormais sans vergogne un parti de droite, à nous d’incarner la gauche en actes, de cesser d’être aimables et compréhensifs, 
et de nous dresser contre eux et leurs répliques de l’UMP-FN. Comme disait l’autre : le 
changement, c’est maintenant!

 

 

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