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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 07:42

Cette très belle lettre que je reprends dans mon blog est de Jean-Claude Lefort, député honoraire communiste, homme de nombreux combats. Nous l'avions vu à Niort en avril 2012 où il accompagnait le jeune franco-palestinien Salah Hamouri qui a passé 7 années dans les geôles israéliennes pour délit d'opinion, et dont il présidait le comité de soutien. Puisse sa lettre faire réfléchir, au-delà de Manuel Valls qu'il interpelle, tous ceux qui comme des moutons de panurge reprennent à leur compte des propos haineux à l'égard de «ces étrangers, et nos frères pourtant». Merci Jean-Claude Lefort pour ce très beau texte. Bien sûr, vous n'avez pas été invité dans les débats sur cette question des Roms ... 

Lettre publiée dans l'Humanité du 1er octobre 2013

 

Manuel, souviens-t-en...

 

"Quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de «brigadiste» qui se rappelle à toi. Souviens-t’en: «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.»

 

Manuel, tu as déclaré hier soir, sur BFMTV, que la situation était très différente pour toi, relativement à celle des Roms, car ta famille espagnole était venue en France pour fuir le franquisme.

 

Tu as été naturalisé français en 1982. Franco est mort en 1975. Sept ans avant ta naturalisation. Quand tu es devenu français, il n’y avait donc plus de dictature en Espagne. Tu avais donc « vocation », selon tes mots, à retourner dans ton pays de naissance, en Espagne. Tu ne l’as pas fait et je comprends parfaitement, de même que je comprends totalement ton souhait de devenir français. Cela sans l’ombre d’un doute.

 

Tu avais «vocation» à retourner à Barcelone, en Espagne où tu es né, pour reprendre tes propos qui concernaient uniquement les Roms. Celui qui t’écrit, en ce moment, est un Français d’origine manouche par son père. Mon père, manouche et français, est allé en 1936 en
 Espagne pour combattre le franquisme, les armes à la main, dans les Brigades internationales. Pour la liberté de ton pays de naissance, et donc celle de ta famille. Il en est mort, Manuel. Des suites des blessures infligées par les franquistes sur le front de la Jarama, en 1937. Je ne te demande aucun remerciement, ni certainement pas la moindre compassion. Je la récuse par avance. Je suis honoré en vérité qu’il ait fait ce choix, quand bien même il a privé ma famille de sa présence alors que je n’avais que neuf ans et ma sœur, dix-huit.

 

La guerre mondiale est venue. Et les camps nazis se sont aussi ouverts aux Tziganes. Tu le sais. Mais un nombre énorme de Manouches, de Gitans et d’Espagnols se sont engagés dans la Résistance sur le sol français. Ton père aurait pu en être. Il en avait l’âge puisque il est né en 1923. Georges Séguy et d’autres sont entrés en résistance à seize ans. Je ne lui reproche aucunement de ne pas l’avoir fait, bien évidemment. Mais je te demande le respect absolu pour celles et ceux qui se sont engagés dans la Résistance contre le franquisme, puis ensuite contre le nazisme et le fascisme. Contre ceux qui avaient fait Guernica. Et pourtant, à te suivre, ils avaient «vocation» à retourner ou à rester dans leur pays d’origine, ces «étrangers, et nos frères pourtant»…

 

Manuel, «on» a accueilli la Roumanie et la Bulgarie dans l’Union européenne alors que ces pays ne respectaient pas, et ne respectent toujours pas, un des fondamentaux pour
 devenir ou être membre de l’Union européenne: 
le respect des minorités nationales. Sensible à cette question pour des raisons évidentes, je m’en étais fortement inquiété à l’époque. En tant que député, je suis allé à Bruxelles, auprès de la Commission, pour prouver et dire que ces pays ne respectaient pas cette clause fondamentale. On m’a souri au nez, figure-toi.

 

Et aujourd’hui, dans ces pays, la situation des Roms s’est encore aggravée. Pas améliorée, je dis bien «aggravée». Et ils ont «vocation» à rester dans leurs pays ou à y revenir? C’est donc, pour toi, une espèce humaine particulière qui pourrait, elle, supporter les brimades, les discriminations et les humiliations de toutes sortes? Ces pays d’origine ne sont pas des dictatures, c’est certain. Mais ce ne sont pas des démocraties pleines et entières pour autant. Alors toi, l’Espagnol devenu français, tu ne comprends pas? Fuir son pays, tu ne comprends pas? Toi, tu ne comprends pas que personne n’a «vocation» à rester ou revenir dans son pays? Sauf si tu es adepte de conceptions très spéciales, à savoir que ce qui vaudrait pour un Roumain ne vaudrait pas pour un Espagnol. Tu sais pourtant que le mot «race» va disparaître de nos lois. À juste titre car il n’y a pas de races, juste une espèce humaine. Et les Roms en sont.

 

La fermeté doit s’exercer là où se trouvent les responsabilités. Pas sur de pauvres individus qui n’en peuvent plus. Savoir accueillir et savoir faire respecter nos lois ne sont pas deux concepts antagoniques. Mais quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de «brigadiste» qui se rappelle à toi. Souviens-t’en: «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.»

 

Pour l’heure, Manuel, j’ai la nausée. Tes propos me font gerber, même pire. Nos pères auraient donc fait tout ça pour rien ou pour «ça»?

 

Ils sont morts pour la France, Manuel. Pour que vive la France. Inclus «ces étrangers, et nos frères pourtant».

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 00:03

Jean-François Corty, directeur des missions France pour l'ONG Médecins du Monde, association dont les équipes effectuent 4 000 consultations par an sur la population rom est intervenu suite aux propos du ministre de l'Intérieur. :

 

« Je n'ai jamais rencontré un Rom qui aspire à vivre dans des bidonvilles. La grande majorité veut au contraire se sédentariser, travailler, s'intégrer, scolariser les enfants. Simplement, la dégradation de leurs conditions de vie avec la multiplication des expulsions sans relogement - des familles sont expulsées dix à quinze fois en quelques semaines - entraînent des ruptures de soins, de scolarisation, l'aggravation des conditions de vie,... et ne font, finalement, que déplacer les problèmes d'une mairie à l'autre... Oui, il existe des mafias, des organisations qui, parce qu'ils sont dans une extrême précarité, peuvent les instrumentaliser. Mais ce n'est pas la majorité des cas.

 

Les acteurs politiques affirmant que les questions d'insécurité globale sont en lien avec ces populations doivent cesser. Oui, certains peuvent être responsables de délits, mais ils ne sont pas responsables de tous les délits, ni de tous les problèmes d'insécurité. Proposer des expulsions répétées sans alternative ou relogement revient à contraindre ces personnes à ne plus avoir la possibilité de survie, dans un contexte de crise économique, et donc à créer des conditions pour qu'elles ne soient pas intégrables. »

 

Tout cela pose la question du rapport à l'autre. Ces populations ne doivent pas concentrer tous les maux de notre société. Ils ne sont pas responsables de la crise.

 

Et notre ministre de l'Intérieur jouant cette même partition, il recueille bien entendu le soutien de la droite dure, et même de l'extrême droite. Dans ces circonstances, F Hollande va t-il rester longtemps silencieux ?

Roms : Ne pas en faire des boucs émissaires
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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 22:57

S'il est une rupture qui s'est confirmée à la Fête de l'Humanité, c'est bien celle entre le peuple de gauche et la politique du gouvernement. L'écho dominant de la fête, c'était celui des luttes..

Pas étonnant que les ténors du PS aient été absents et qu'il n'y ait eu de présents que des membres de l'aile gauche du PS. Quant aux ministres invités dans les débats, ils ont brillé par leur absence.

La France qui a voulu le changement et qui a porté Hollande au pouvoir ne se reconnait pas dans la politique du gouvernement.

Les jeunes qui dessinent pour Libre échanges (page supplémentaire de l'Huma faite par des jeunes) l'ont fort bien traduit.

Pas facile sous Hollande d'être au PS
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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 17:49
EDF, hausse injuste des tarifs de l'électricité

C'est demain 1er août 2013 que prendra effet une première hausse de 5% des tarifs de l'électricité décidée par le gouvernement socialiste. Et une même hausse a d'ores et déjà été décidée pour le 1er août 2014; celle-ci venant s'appliquer sur la précédente, cela nous fera une augmentation de 10,25%. De sérieux bruits courent sur une autre augmentation de 5% en 2015.

 

« Le gouvernement a décidé de lisser, sur plusieurs années, les hausses de tarifs nécessaires à la couverture des coûts d'EDF, prévue par la loi, afin de protéger autant que possible le pouvoir d'achat des ménages », avait souligné dans un communiqué Philippe Martin, le nouveau ministre de l'Energie. Drôle de façon de protéger le pouvoir d'achat des ménages, quand on sait que ces hausses concernent les tarifs bleus, destinés aux particuliers et aux petites entreprises. Pour les tarifs jaunes, réservés aux grandes entreprises, l’augmentation sera plus faible (+2,7 % au 1er août 2014). Quant aux tarifs verts, pour les industriels, ils resteront inchangés. Quelle équité !!!

 

Ce jour, le site Capital.fr annonce qu' « Au top du CAC 40, l’action EDF s’est envolée de 7,39%. L’électricien a relevé son objectif de résultat brut d'exploitation pour l'ensemble de l'exercice, après un excellent premier semestre. »

 

Alors que certains n'arrivent déjà pas à boucler les fins de mois, que plusieurs millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, que les salaires stagnent, ces hausses, les plus fortes de ces dix dernières années, vont à nouveau amputer les budgets des ménages contribuant à encore plus de difficultés. En prenant cette décision, le gouvernement socialiste fait le choix de sacrifier la population.

 

Le temps viendra où le peuple ne supportera plus ces injustices, cette régression sociale.

 

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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 23:07

Par la voix de la ministre des affaires sociales Marisol Touraine, le gouvernement a déjà fait savoir que dans le cadre de la réforme des retraites « un effort sera nécessaire, auquel devront participer tous les Français ».

 

De qui se moque le gouvernement socialiste ? Du peuple de gauche qui lui a permis d'accéder au pouvoir et à qui aujourd'hui il demande des sacrifices tout en lui imposant une politique de rigueur. C'est inacceptable de demander un effort à tous les français alors que notre pays n'a jamais été aussi inégalitaire. C'est le très officiel INSEE qui le dit.

 

Et si cet effort demandé à tous est la seule réponse du gouvernement, il faut lui rappeler que ce n'est pas la crise pour tout le monde et que ce n'est pas à la majorité des français qui n'y est pour rien d'en subir de nouvelles conséquences.

 

Alors que le pouvoir d'achat des Français a reculé de 0,9% en 2012, que le taux de chômage crève les plafonds, que les smicards n'ont eu droit à aucun coup de pouce en 2013, le magazine Challenges révèle que dans la même année, les plus riches ont tiré d'énormes profits de la crise. En effet, les 500 plus grandes fortunes de France ont vu leur montant grimper de 25% durant la même période. Jamais depuis 1996, année où Challenges a lancé son classement des 500, leur fortune globale n'avait atteint de tels sommets. Celle-ci représente désormais l'équivalent du budget de l’État. La seule augmentation des 10 plus grandes fortunes suffirait à éponger le déficit du régime des retraites à l'horizon 2020.

 

Il est inacceptable de vouloir nous imposer de nous serrer la ceinture, de bloquer les salaires et d'exiger toujours plus de sacrifices pour la majorité des salariés, des retraités. Alors stop ! C'est d'une véritable politique sociale, et non pas libérale dont nous avons besoin.

 

 

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 18:19

Faut-il comprendre que Pierre Moscovici juge la Commission Européenne trop à gauche ? Le ministre français des Finances trouve en effet « excessif » le projet de taxation des transactions financières porté par Bruxelles.

 

C’est devant un parterre de financiers que Pierre Moscovici a retourné sa veste: "La taxe sur les transactions financières suscite des inquiétudes quant à l'avenir industriel de la place de Paris et quant au financement de l'économie française". Autrement dit, il faut l’assouplir pour ne « nuire au financement de l’économie ».

 


Il abondait ainsi dans le sens du président de Paris Europlace, Gérard Mestrallet, hôte du colloque dans lequel Moscovici s'exprimait et qui venait de rappeler les "craintes" des banquiers et financiers.

 

Onze pays de l'Union européenne, dont la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne, mais pas le Royaume-Uni, souhaitaient pourtant mettre en place une taxe dite Tobin, du nom de l'économiste américain, James Tobin, qui en a eu l'idée il y a plus de 40 ans. La Commission avait présenté en février un projet qui prévoyait d'imposer à 0,1% les échanges d’actions et les obligations et à 0,01% les produits dérivés. Une mesure qui pourrait selon elle rapporter jusqu'à 35 milliards d'euros par an.

 

La taxe Tobin en cours de sabotage

 

"Pour parvenir à cette taxe, il faut être pragmatique et réaliste et je veux dire ici que la proposition de la Commission m'apparaît excessive et risque d'aboutir au résultat inverse". Une position qui est également partagée à la Commission Européenne par le commissaire européen chargé de la politique fiscale, Algirdas Semeta, qui a récemment déclaré que l'Europe pourrait réduire la portée de cette future taxe, confirmant publiquement qu'un sabotage du projet initial était à l'étude.

 

La taxe était déjà jugée « trop peu, trop tard » par Attac qui porte cette idée depuis des années. « Trop peu car le désarmement des marchés financiers, nous l'avons toujours dit, ne peut se limiter à une taxe: il faut aussi des réglementations énergiques (démantèlement des banques "trop grosses pour faire faillite", contrôle de flux des capitaux, interdictions des transactions de gré à gré, stricte limitation des marchés de produits dérivés, surtout sur les marchés de produits alimentaires...). Trop tard, car la crise financière provoquée par trente années de laxisme prend aujourd'hui des dimensions dramatiques. Des solutions radicales deviennent désormais incontournables, comme la socialisation du secteur bancaire et sa mise sous contrôle de la société; l'audit des dettes publiques et la répudiation de leur part illégitime; la réforme de la Banque centrale européenne pour qu'elle puisse financer directement les États... »

 

Source L'Humanité

 

Cela confirme que Moscovici appartient à un gouvernement social-libéral et que ce gouvernement n'est pas de gauche. Moscovici n'a pas été recadré lui, contrairement à Delphine Batho qui a été priée de faire ses valises.

 

 

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 23:17

Lors de l'ouverture de la conférence sociale, François Hollande a plaidé pour un allongement de la durée de cotisation. La mesure « la plus juste » selon lui. Pourtant, les conditions d'accès à la retraite à taux plein à 62 ans s'en trouveront durcies.

« Relever l'âge légal des retraites ne règlerait qu'une petite partie des problèmes » expliquait pourtant le PS en 2010. Il entendait mettre à contribution les revenus du capital, les bonus, les stock-options et les plus-values. François Hollande ne l'a pas pris en compte alors que la seule taxation des revenus financiers des entreprises, au même niveau que la cotisation salariale, rapporterait quelque 20 milliards d'euros, l'équivalent du déficit prévu du système.

On a changé de président et de gouvernement, mais sur les retraites, Hollande marche dans les pas de son prédécesseur. Ce n'est pourtant pas pour cela qu'il a été élu. On attend autre chose et on le lui fera savoir.

Dessin de Charb dans l'Huma

Dessin de Charb dans l'Huma

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 23:23

Pour les lecteurs qui ne connaissent pas Rodolphe Challet, c'est le premier socialiste à s'être déclaré pour les primaires de son parti sur Niort en vue des municipales. J'ai déjà évoqué cette candidature dans un billet du 19 mars par rapport au cumul des mandats.

 

Même si ces primaires ne sont prévues qu'à l'automne et ne concerne que les socialistes, l'ambitieux Rodolphe Challet occupe le terrain. Et ce sont des propos tenus dans une interview à un quotidien local ( Nouvelle République du 19 juin) qui m'amènent à réagir.

 

A la question du journaliste : « Premier secrétaire du PS, même si vous vous êtes mis en retrait, vous critiquez la municipalité PS : comment le grand public peut-il s'y retrouver ? », Rodolphe Challet répond : « Je ne conteste pas l'action de la municipalité, je n'attaque pas sur le bilan. Je fais des propositions pour l'avenir. J'ai des choses à dire, sinon, je ne serais pas candidat à la primaire. Par ailleurs, il faut rééquilibrer l'équipe municipale pour une meilleure représentation des socialistes. L'équipe s'est trop déportée sur la gauche. C'est le PS qui est majoritaire à Niort, pas le Front de gauche. »

 

Bigre, l'équipe municipale serait déséquilibrée en faveur du Front de Gauche au détriment du Parti Socialiste ? Sur 17 adjoints, il n'y en a que 3 du Front de Gauche, où est le déséquilibre ? Surtout au regard du résultat des dernières élections représentatives sur Niort, à savoir les législatives où la candidate du PS (Geneviève Gaillard, maire) a fait 42,92 % des voix au 1er tour et la candidate du Front de Gauche (Nathalie Seguin) 11,45%.

 

A moins que les propos ne soient que la manifestation d'une volonté hégémonique du candidat Challet.

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 18:34

Les militants du PCF de la section de Niort distribuent actuellement un tract dont le titre « La députée Geneviève Gaillard vote les pleins pouvoirs au Medef ! » et le contenu ont semble-t-il irrité la députée-maire socialiste.

Est-ce la publicité ainsi faite sur son vote qui la dérangerait ? Probablement, mais la réalité est bien là. A l'instar de nombreux députés PS, y compris ses deux collègues socialistes Deux-Sévriens Jean Grellier et Jean-Luc Drapeau suppléant de Delphine Batho, elle a voté un texte qui satisfait pleinement le Medef.

Gérard Filoche, ancien inspecteur du travail, membre du Parti socialiste, s'est battu contre ce texte et il disait ceci : " On a donné 20 milliards aux patrons sans contre partie, et maintenant, on leur donne une loi transcrite de l’ANI. Depuis 80 ans, quand on regarde ce qu’a fait la gauche en 1936, en 1945, en 1981, en 1997, cette loi est la première et pire loi réactionnaire contre le droit du travail… Jamais vu ça ! "

Il est donc normal que les électeurs de gauche sachent ce que la députée fait de leur vote pour le changement. Dans le cas présent, aucune différence avec ce qu'aurait fait une majorité de droite. Cela ne fait que confirmer que lors des élections, il n'y a qu'un vote utile, celui pour la ou le candidat(e) qui défend vos intérêts et non ceux du capital.

L'ANI votée au Sénat

ANI, la pire loi contre le droit du travail

tract en cours de diffusion

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 10:15

En 2009, c'est Continental qui procédait à la fermeture de l'usine de Clairoix laissant 1100 salariés sur le carreau. L'équipementier a réalisé un chiffre d’affaires de 32,7 milliards d’euros en 2012 (+ 7 %) Son bénéfice avant impôts s’est établi à 3,5 milliards d’euros, et sa marge opérationnelle est passée de 10,1 % en 2011 à 10,7 % en 2012. Pour 2013, l’équipementier table sur une hausse de son chiffre d’affaires de 5 %, à plus de 34 milliards d’euros. (Source : Comité des Constructeurs Français d'Automobiles) Pendant ce temps, plus de 300 ex-salariés de l'usine de Clairoix attendent toujours de retrouver un emploi.

 

Les salariés de Goodyear de l'usine d'Amiens Nord que veut fermer la direction sont en attente de la décision du tribunal de grande instance de Nanterre sur la validité du plan de sauvegarde de l'emploi, décision reportée au 20 juin. Le plan social de la direction prévoit la suppression de 1173 emplois alors que Goodyear prévoit d'atteindre un bénéfice opérationnel de 1,4 à 1,5 milliard de dollars en 2013, soit une hausse de plus de 12% par rapport à 2012.

 

Et c'est au tour de Michelin d'annoncer un plan de 730 suppressions d'emplois sur les 930 que compte l'usine de Joué-les-Tours. Pourtant, l'entreprise enregistre des bénéfices en hausse (résultat net : 1,571 milliard d’euro soit +7.5% par rapport à 2011) et investit dans les pays émergents. Michelin promet zéro licenciement, c'est ce qu'il avait promis quand il a fermé son usine de Poitiers en 2005. Pourtant, 118 salariés sont restés sur le carreau et 150 autres doivent faire le trajet tous les jours entre Poitiers et Tours. Et demain ce sera quel trajet ?

 

S'il existait une loi sur les licenciements boursiers, ces plans seraient bloqués. Mais hélas, la majorité socialiste de l'Assemblée Nationale a rejeté la proposition de loi présentée par le Front de Gauche. Tout aussi grave, le motif économique du plan ne pose pas de problème au ministre socialiste du travail Michel Sapin. A t-il touché des bakchichs de Michelin ? On pourrait le croire puisqu'il déclare « l’objectif est de faire que dans cinq ou dix ans, l’entreprise soit toujours en activité ». Et de saluer les « efforts de Michelin pour augmenter certaines productions et créer des emplois ». Sa préoccupation ? C’est… la « qualité du dialogue social », la « capacité de cette grande entreprise d’accompagner les restructurations qu’elle considère comme nécessaires mais qui ne doivent provoquer ni casse sociale, ni casse locale ».

 

Des milliers de suppressions d'emplois, ce n'est pas de la casse sociale ?

 

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