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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 23:03

Il ne se passe pas une semaine sans que le patronat, le gouvernement, les médias ne parlent du coût du travail.

 

Mais c'est quoi ce «coût du travail» ? Rien d'autre que la somme des salaires et des cotisations sociales employeur appelées par le MEDEF « charges sociales » comme le rappelle l'économiste Frédéric Boccara.

 

Mais par contre, silence patronal, gouvernemental et des médias sur le «coût du capital» que subissent les entreprises. C'est quoi ce coût du capital, tout simplement la somme des dividendes versés aux actionnaires et des charges financières payées aux banques sous forme d’intérêts d’emprunt.

 

Selon les chiffres INSEE de 2013 concernant l'année 2012, ce coût du capital représente environ le double de leurs cotisations sociales employeurs effectivement versées, soit 298,9 milliards d'euros contre 157,9 milliards d'euros.

 

Et les médias autant que le patronat oublient lorsqu'ils évoquent le « coût du travail » de parler du montant des exonérations fiscales et sociales des entreprises pour le budget de l’État, 200 milliards d'euros, donc un coût pour la collectivité.

 

Considérer le travail comme un coût, c'est considérer l'être humain comme une variable d'ajustement dans le système de production capitaliste. En s'attaquant à la notion de coût du capital, dans le cadre d'une semaine d'action qui se terminera par une marche du Front de Gauche à Paris le 1er décembre, les communistes veulent rappeler aux travailleurs que leur emploi n'est pas une chance mais un droit et que ce travail mérite un salaire décent.


 

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 07:42

Cette très belle lettre que je reprends dans mon blog est de Jean-Claude Lefort, député honoraire communiste, homme de nombreux combats. Nous l'avions vu à Niort en avril 2012 où il accompagnait le jeune franco-palestinien Salah Hamouri qui a passé 7 années dans les geôles israéliennes pour délit d'opinion, et dont il présidait le comité de soutien. Puisse sa lettre faire réfléchir, au-delà de Manuel Valls qu'il interpelle, tous ceux qui comme des moutons de panurge reprennent à leur compte des propos haineux à l'égard de «ces étrangers, et nos frères pourtant». Merci Jean-Claude Lefort pour ce très beau texte. Bien sûr, vous n'avez pas été invité dans les débats sur cette question des Roms ... 

Lettre publiée dans l'Humanité du 1er octobre 2013

 

Manuel, souviens-t-en...

 

"Quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de «brigadiste» qui se rappelle à toi. Souviens-t’en: «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.»

 

Manuel, tu as déclaré hier soir, sur BFMTV, que la situation était très différente pour toi, relativement à celle des Roms, car ta famille espagnole était venue en France pour fuir le franquisme.

 

Tu as été naturalisé français en 1982. Franco est mort en 1975. Sept ans avant ta naturalisation. Quand tu es devenu français, il n’y avait donc plus de dictature en Espagne. Tu avais donc « vocation », selon tes mots, à retourner dans ton pays de naissance, en Espagne. Tu ne l’as pas fait et je comprends parfaitement, de même que je comprends totalement ton souhait de devenir français. Cela sans l’ombre d’un doute.

 

Tu avais «vocation» à retourner à Barcelone, en Espagne où tu es né, pour reprendre tes propos qui concernaient uniquement les Roms. Celui qui t’écrit, en ce moment, est un Français d’origine manouche par son père. Mon père, manouche et français, est allé en 1936 en
 Espagne pour combattre le franquisme, les armes à la main, dans les Brigades internationales. Pour la liberté de ton pays de naissance, et donc celle de ta famille. Il en est mort, Manuel. Des suites des blessures infligées par les franquistes sur le front de la Jarama, en 1937. Je ne te demande aucun remerciement, ni certainement pas la moindre compassion. Je la récuse par avance. Je suis honoré en vérité qu’il ait fait ce choix, quand bien même il a privé ma famille de sa présence alors que je n’avais que neuf ans et ma sœur, dix-huit.

 

La guerre mondiale est venue. Et les camps nazis se sont aussi ouverts aux Tziganes. Tu le sais. Mais un nombre énorme de Manouches, de Gitans et d’Espagnols se sont engagés dans la Résistance sur le sol français. Ton père aurait pu en être. Il en avait l’âge puisque il est né en 1923. Georges Séguy et d’autres sont entrés en résistance à seize ans. Je ne lui reproche aucunement de ne pas l’avoir fait, bien évidemment. Mais je te demande le respect absolu pour celles et ceux qui se sont engagés dans la Résistance contre le franquisme, puis ensuite contre le nazisme et le fascisme. Contre ceux qui avaient fait Guernica. Et pourtant, à te suivre, ils avaient «vocation» à retourner ou à rester dans leur pays d’origine, ces «étrangers, et nos frères pourtant»…

 

Manuel, «on» a accueilli la Roumanie et la Bulgarie dans l’Union européenne alors que ces pays ne respectaient pas, et ne respectent toujours pas, un des fondamentaux pour
 devenir ou être membre de l’Union européenne: 
le respect des minorités nationales. Sensible à cette question pour des raisons évidentes, je m’en étais fortement inquiété à l’époque. En tant que député, je suis allé à Bruxelles, auprès de la Commission, pour prouver et dire que ces pays ne respectaient pas cette clause fondamentale. On m’a souri au nez, figure-toi.

 

Et aujourd’hui, dans ces pays, la situation des Roms s’est encore aggravée. Pas améliorée, je dis bien «aggravée». Et ils ont «vocation» à rester dans leurs pays ou à y revenir? C’est donc, pour toi, une espèce humaine particulière qui pourrait, elle, supporter les brimades, les discriminations et les humiliations de toutes sortes? Ces pays d’origine ne sont pas des dictatures, c’est certain. Mais ce ne sont pas des démocraties pleines et entières pour autant. Alors toi, l’Espagnol devenu français, tu ne comprends pas? Fuir son pays, tu ne comprends pas? Toi, tu ne comprends pas que personne n’a «vocation» à rester ou revenir dans son pays? Sauf si tu es adepte de conceptions très spéciales, à savoir que ce qui vaudrait pour un Roumain ne vaudrait pas pour un Espagnol. Tu sais pourtant que le mot «race» va disparaître de nos lois. À juste titre car il n’y a pas de races, juste une espèce humaine. Et les Roms en sont.

 

La fermeté doit s’exercer là où se trouvent les responsabilités. Pas sur de pauvres individus qui n’en peuvent plus. Savoir accueillir et savoir faire respecter nos lois ne sont pas deux concepts antagoniques. Mais quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de «brigadiste» qui se rappelle à toi. Souviens-t’en: «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.»

 

Pour l’heure, Manuel, j’ai la nausée. Tes propos me font gerber, même pire. Nos pères auraient donc fait tout ça pour rien ou pour «ça»?

 

Ils sont morts pour la France, Manuel. Pour que vive la France. Inclus «ces étrangers, et nos frères pourtant».

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 22:37

La rédaction de France 2 n'aurait-elle pas trouvé de sujet intéressant à la fête de l'Huma ce week-end puisque les 20 heures de samedi et dimanche n'ont pas trouvé le moyen d'en parler. Il en a été de même pour la radio, du moins les principaux journaux de France-Inter du week-end. C'est le service public de l'information ? Par contre, on nous a abreuvé de l'université du FN à Marseille avec Marine le Pen.

 

La fête de l'Huma, événement le plus populaire de la rentrée (470 000 participants), en aura été réduite, pour ceux qui ont daigné aborder le sujet, aux questions et divergences stratégiques internes au Front de Gauche pour les municipales.

 

Par contre, rien sur les très nombreux débats avec des milliers de participants qui se sont tenus ce week-end, sur le thème des retraites, de l'Europe, du budget, de la politique d'austérité du gouvernement, du travail à l'heure de la mondialisation, de la culture, des élections municipales, etc. Plus de 100 débats sur 3 jours.

 

Rien non plus sur les salariés des nombreuses entreprises en lutte qui sont venus témoigner au parc de la Courneuve, les Fralib de Gemenos, les Pilpa de Carcassonne, les Petroplus, les Arcelor-Mittal, les Sanofi, les Kem One etc.

 

Pas davantage sur la partie spectacle avec les nombreux concerts dont le concert spécial de Zebda qui rendait hommage au chanteur chilien Victor Jara assassiné par le régime de Pinochet le 16 septembre 1973. Quarante ans après le coup d'Etat de Pinochet, le Chili d'Allende était l'une des grandes thématiques de la Fête.

 

Ce week-end, quelle que soit la chaîne regardée il n'y en avait que pour le FN !!! C'est ça l'information ? En tout cas pas équitable.

Fête de l'Humanité. HK et les Saltimbanks invitent des salariés en lutte sur la Grande scène et un grand moment de fraternité surgit à La Courneuve.

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 23:08

La fête de rentrée où le PCF des Deux-Sèvres avait invité ses partenaires du Front de Gauche a vu défiler plus de monde le dimanche que le samedi. Est-ce le soleil qui était au rendez-vous la seconde journée ou bien l'annonce de la conférence de presse du dimanche où le Front de Gauche devait faire connaître ses intentions pour les prochaines municipales à Niort ? Eh bien c'est chose faite puisque le Front de Gauche, composé à Niort du Parti Communiste, du Parti de Gauche et de la Gauche anticapitaliste -et non groupe anticapitaliste comme l'a écrit à plusieurs reprises dans son article le journaliste de la NR – constituera sa propre liste pour les municipales de 2014. Et pour ceux qui cherchent à créer des brèches au sein du Front de Gauche arguant que les communistes seront à la remorque des socialistes, qu'ils sachent que les militants niortais du parti communiste se sont prononcés à 91% pour créer une liste du Front de Gauche.

 

Au-delà de ce sujet, d'autres thèmes étaient à la Une de la fête, celui des retraites notamment avec la perspective de la journée de lutte du 10 septembre. Le débat du dimanche après-midi avec Bernard Friot qui traitait de cette question des retraites a d'ailleurs rassemblé près de 200 personnes. (voir article NR du 9 septembre sur Bernard Friot). Et pendant toute la fête, les participants ont pu échanger sur les différents stands des invités de la fête, des partis politiques membres du Front de Gauche aux associations (France-Palestine Solidarité, Confédération Nationale du Logement, collectif contre l'aéroport Notre Dame des Landes, Ligue des Droits de l'Homme, GARD HP, ARDDI, ATTAC …

 

Le samedi soir, dans la fraîcheur, plusieurs groupes se sont succédés dont le Bolchoï Karma Experience qui portait un propos résolument contestataire, contre l'ordre établi et la pensée unique, contre le pouvoir du fric. Ils avaient toute leur place dans cette fête. Et comme ils disent, continuons le combat.

 

Et le dimanche, après le moment convivial du repas républicain (vraiment excellent et préparé par des militant(e)s), on a pu apprécier « Le grand étendoir », fresque sur la travail des femmes, spectacle interprété là aussi par des militant(e)s.

 

Rendez-vous l'an prochain pour la prochaine fête de la liberté, mais d'ici là, on se retrouvera dans les moments de lutte et dans le cadre des campagnes pour les élections municipales et européennes programmées pour 2014. Et d'ici là, on ne lâche rien !

 

Les photos qui suivent sont du camarade Alain Van Gindertael. Merci à lui une nouvelle fois.

 

  

Débat du samedi avec Lydia Samarbakhsh, responsable des relations internationales du PCF, sur le thème « Dictature économique / Dictature politique / L'Amérique du sud s'en sort, L'Europe y plonge ? »

Débat du samedi avec Lydia Samarbakhsh, responsable des relations internationales du PCF, sur le thème « Dictature économique / Dictature politique / L'Amérique du sud s'en sort, L'Europe y plonge ? »

Débat du dimanche avec Bernard Friot, à droite sur la photo

Débat du dimanche avec Bernard Friot, à droite sur la photo

Une des tables rondes du samedi sur la vie municipale

Une des tables rondes du samedi sur la vie municipale

Le repas républicain

Le repas républicain

La représentation "Le grand étendoir"

La représentation "Le grand étendoir"

L'espace librairie, toujours incontournable sur la fête

L'espace librairie, toujours incontournable sur la fête

Lecture de poèmesLecture de poèmes

Lecture de poèmes

Concerts du samedi
Concerts du samedi

Concerts du samedi

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 08:38

Cette fête, tremplin local pour la rentrée politique, est un moment fort de rencontres, de débats  du Front de Gauche.

Organisée par le Parti Communiste Français, c’est un moment d’échange, de vie, bref de festivité.

Vous retrouverez entre autre sur la fête : les stands des partenaires du Front de Gauche, des animations, des débats, une restauration de qualité, des concerts, ainsi que de nombreuses rencontres ...

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 23:02

Aujourd'hui à Paris, mais également dans 25 villes de banlieue, à l'initiative du PCF et grâce à l'approvisionnement des producteurs du syndicat paysan Modef du Lot et Garonne, une vente directe de 50 tonnes de fruits et légumes au prix juste a été organisée pour le bonheur des citoyens et des producteurs rançonnés par la grande distribution.

 

Une délégation du PCF s'est également rendue à l'Hôtel Matignon à 10h30 pour livrer un panier de fruits et de légumes à l'attention du Premier ministre pour démontrer, produits de la vente à l'appui, qu'il est possible d'avoir des fruits et légumes de qualité et au meilleur prix, et pour lui rappeler un grand nombre de propositions agricoles comme la régulation du marché ou la préservation de l'importation abusive.

 

De tout cela, pas un mot au 20 heures de France 2. Il aurait été trop compliqué d'expliquer que les prix des fruits et légumes ont bondi respectivement de 14% et 17% en un an (étude récente de Familles rurales de France) et que ce ne sont pas les producteurs qui en ont bénéficié puisque la tomate par exemple leur est payée 10% moins cher sur la même période. Le journaliste économique de la chaîne François Lenglet aurait pu montrer de jolis graphiques expliquant que la grande distribution qui représente 80% du marché et les grossistes sont ceux qui s'en mettent plein les poches dans ces cas-là. Et s'ils avaient invité un organisateur de cette vente solidaire, il aurait pu expliquer que les syndicalistes paysans du Modef revendiquent un meilleur encadrement des marges de la grande distribution, avec la mise en place d'un coefficient multiplicateur entre le prix d'achat et le prix de vente. Ce dispositif figure toujours dans le code rural a rappelé le député André Chassaigne, mais n'est pas appliqué.

 

Une radio du service public a brièvement parlé de cette vente dans le cadre du journal de 8 heures de Bruno Duvic ce matin sur France Inter.

 

« Les marges de la grande distribution sont excessives, des agriculteurs du Lot et Garonne comptent bien le prouver. Arrivés ce matin à Paris, ils vont vendre 50 tonnes de fruits et légumes au juste prix ; marché improvisé place de la Bastille mais aussi dans 25 villes de banlieue avec le kilogramme de tomates fraîches à 1,70 € contre 3€ en grande surface. »

 

C'est vraiment le service minimum comme information ! Vous ne saurez pas qui sont les organisateurs de cette vente solidaire qui permet en plus de faire se rencontrer des producteurs et des habitants qui ne peuvent souvent de fois pas s'offrir ces produits, faute d'argent dans le porte-monnaie. Ces derniers peuvent ainsi mieux comprendre l'injustice de cette organisation capitaliste du système commercial.

 

Quant aux téléspectateurs ou auditeurs, le service public continuera de les "informer" de cette façon. Une information honnête pourrait les amener à se poser des questions sur le système, voire le remettre en cause, alors surtout pas !

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 22:07
Programme fête de rentrée du PCF à Niort (Deux-Sèvres) des Samedi 7 et dimanche 8 septembre 2013
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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 09:07

Les retraités le disent : « je n’ai jamais autant travaillé », « je n’ai jamais été aussi heureux de travailler ». Cela veut-il dire qu’ils sont utiles, ou qu’ils sont productifs ? Leurs pensions sont elles un salaire exprimant leur contribution à la production de valeur économique, ou un revenu différé de leur participation passée à cette production ?

Qu’est ce que travailler ? Est ce avoir un emploi sur un marché du travail et produire de la valeur pour un actionnaire dans une entreprise dont on n’est pas propriétaire, ou est ce, comme ces retraités heureux au travail, avoir un salaire à vie et travailler dans des collectifs (une association, une mairie) où l’on décide et dont on ne tire aucun revenu ? L’enjeu du conflit sur la retraite, c’est le devenir du travail : exploité par des propriétaires lucratifs, ou émancipé du marché du travail par le salaire à vie, et des actionnaires par la copropriété d’usage de l’entreprise ? Contre les réformateurs, la démonstration faite à grande échelle par les retraités que nous travaillons mieux sans actionnaire et sans employeur, en étant dotés d’un salaire à vie et de la copropriété d’usage des outils de travail, doit être dite, confirmée et généralisée.

Premièrement, il faut dire que les retraités travaillent.

Trop souvent, nous disons que les retraités sont utiles mais ne travaillent pas, c’est à-dire ne produisent pas de valeur économique. Nous disons que les pensions sont de la solidarité intergénérationnelle, un thème qui a été mis sur la table par Rocard dans son calamiteux Livre blanc de 1991. « Les retraités ont cotisé pour les inactifs quand ils produisaient, ils ont le droit de retrouver dans leur pension, grâce aux cotisations actuelles des actifs, l’équivalent de leurs cotisations d’hier, maintenant qu’ils ne produisent plus » : c’est le fonds de commerce réformateur, qui conduit à faire dépendre les pensions de la durée et du montant des cotisations.

Or cette propagande lit à l’envers ce qu’ont impulsé Croizat et les militants de la CGT : la pension n’est pas la contrepartie des cotisations passées, c’est la continuation à vie du meilleur salaire (75% du brut, soit 100% du net) obtenue à un âge légal le plus bas possible : 55 ans et 50 ans pour les travaux pénibles. Autrement dit : à 55 ans (mais demain à 50 ans, puis à 45 ans…), nous devons être payés à vie, débarrassés de l’obligation de quémander un emploi à un actionnaire. Alors seulement nous pouvons travailler efficacement, produire de la valeur économique sans être empêchés par des managers qui nous contraignent à un mauvais boulot, sans être mis au chômage par des actionnaires qui veulent 15 à 40% de taux de retour.

Deuxièmement, il faut confirmer le salaire à vie des retraités.

D’abord la pension doit être un vrai salaire : chacun doit avoir 100% de son meilleur salaire net (porté au Smic s’il est inférieur) quelle que soit sa durée dans l’emploi. Les pensions ne sont pas la contrepartie du travail passé des retraités, mais la contrepartie de leur travail actuel : donc les annuités et les points doivent disparaître du calcul, ainsi que toute condition de durée de carrière.

Ensuite le salaire à vie doit être garanti le plus tôt possible : le retour à la revendication traditionnelle de 55 ans est un minimum.

Enfin le travail des retraités doit être soutenu : contre la propagande qui raconte qu’on ne produit plus en retraite (et donc qu’il faut prolonger l’emploi avec l’espérance de vie), les retraités doivent obtenir les moyens de travailler, de fonder des entreprises dont ils sont les copropriétaires d’usage (où ils décident de tout sans en tirer de revenu : ils n’en ont pas besoin puisqu’ils sont payés à vie), d’inventer. Non pas en plus de leur pension, comme le veulent les réformateurs avec le pernicieux droit au cumul, mais en tant que pensionnés, montrant ainsi que le salaire à vie est une matrice légitime du travail.

Troisièmement, il faut généraliser la production faite par les titulaires d’un salaire à vie, copropriétaires d’usage de leur entreprise

Les retraités ne sont pas les seuls à travailler avec un salaire à vie : il y a aussi les fonctionnaires, qui sont payés pour leur grade et non pas pour leur emploi. Leur grade est attaché à leur personne, et c’est donc leur personne, et non pas leur poste, qui est payée. Il faut passer à l’offensive en généralisant cette situation à toute la production. Il s’agit d’enrichir la majorité politique d’un droit nouveau : la qualification universelle. A 18 ans, chacun doit être doté :

• du premier niveau de qualification et du salaire à vie qui va avec (par ex. 1500 euros net) et d’un droit à carrière salariale, sanctionnée par des épreuves de qualification, dans une échelle par ex. de 1 à 4 (soit pas de salaires supérieurs à 6000 euros par mois) ;

• de la copropriété d’usage de son outil de travail : c’est à-dire du droit de décider de l’investissement, de la hiérarchie, de ce qui est produit, sans tirer de la copropriété aucun revenu. Généraliser la propriété d’usage suppose la suppression de toute propriété lucrative, avec expropriation de ses actuels titulaires ;

• de la délibération dans les caisses de salaire et les caisses d’investissement qui, sur le modèle si réussi de la sécurité sociale, collecteront les cotisations des entreprises et mutualiseront ainsi la valeur ajoutée tout en créant la monnaie, pour une politique économique maîtrisée par les citoyens.

 

Bernard Friot dans l'Humanité des débats du 5 juillet 2013

 

Bernard Friot est invité au débat de la Fête de rentrée du PCF le dimanche 8 septembre 2013 à Niort.

 

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 07:48

Une date à noter sur vos agendas pour ceux qui seront dans les Deux-Sèvres ces jours-là.

 

Programme détaillé de ces 2 journées, cliquez sur ce lien.

 

 

Samedi 7 et dimanche 8 septembre 2013, fête de rentrée du PCF à Niort (Deux-Sèvres)
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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 12:05
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