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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 18:59

Les sénateurs entament mardi "en urgence" l’examen du projet de loi pénitentiaire, destiné à mettre au diapason des standards européens les conditions de détention françaises qui n’ont jamais autant décriées.


Le commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe vient de déclarer «Inacceptables» «Surpopulation, promiscuité, vétusté des installations» … les conditions de vie dans les prisons françaises.


Les prisons françaises, plusieurs fois condamnées par des organisations européennes des droits de l'homme, soumettent les détenus à un quotidien «délétère, mortifère et suicidogène»


Le commissaire de l’Observatoire International des Prisons s’est rendu en France en mai 2008. Deux ans et demi après la visite de son prédécesseur Alvaro Gil Roblès, qui avait déclaré n’avoir jamais vu «pire» que les prisons françaises, «sauf en Moldavie», les choses ne semblent pas s’être améliorées depuis. La politique sécuritaire menée par Nicolas Sarkozy et la série de lois répressives adoptées inquiètent le commissaire. Il se montre également très critique envers la loi sur la rétention de sûreté, qui permet de maintenir enfermés des détenus après la fin de leur peine.


«Depuis l'abolition de la peine de mort en 1981, tout condamné avait espoir d'être un jour réhabilité. Avec cette nouvelle loi, on vient de symboliquement refermer cette période-là en envoyant un message très noir aux détenus»


On m’avait recommandé la lecture de « Je hais les matins » de Jean-Marc Rouillan. Je viens de lire le livre. Un être humain ne peut qu’être révolté à la lecture des conditions de détention. Ce sont humiliations, provocations, tortures mentales, un régime carcéral ultra-sévère … Il parle d’ailleurs beaucoup plus des co-détenus que de lui-même. A la lecture de ce livre, j’ai retrouvé les situations similaires décrites sur le blog de Laurent Jacqua, auteur de « La guillotine carcérale. Silence on meurt » Un blog que j’avais découvert il y a deux ans. Laurent Jacqua s’était rendu 10 décembre 1984 dans un commissariat de police. Il y a raconté que c’était lui qui, la veille, agressé avec son amie par un groupe de skins, avait tiré avec une arme à feu qu’il portait sur lui. Un de ses agresseurs était mort. Il est toujours en détention.


Comme le dit la sénatrice Verte Alima Boumediene-Thiery, « le Parlement ne peut rester passif devant des prisons qui se transforment en mouroirs de la République».

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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 15:40

Dites-moi à quoi servent les ministres s’il faut leur adjoindre un, voire plusieurs médiateurs ? C’est le cas pour les enseignants-chercheurs, c’est le cas pour les lycées, c’est le cas pour les banques et les derniers en date ont été désignés pour remplacer Yves Jego pour la Guadeloupe. Le secrétaire d’Etat avait promis de rester dans l’archipel le temps qu’il faudrait. Et on a vu ce qu’on a vu. Il est à Paris, rien n’est réglé, et en plus des deux médiateurs désignés, ce sont des gendarmes mobiles qui s’envolent pour la Guadeloupe ou la Martinique. Au sujet des deux médiateurs pour la Guadeloupe, l’un des négociateurs s’interrogeait en ces termes : « Ils les ont trouvés dans le métro ou quoi ? Ils ne connaissent rien aux dossiers. Ils feraient mieux de rentrer chez eux. »


Victor Hugo disait pour un gouvernement de son temps : « Ces ministres sont des carreaux de vitres : on voit le président au travers. »


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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 15:46
Un voyage en Irak pour annoncer que la France ferait tout pour aider à la reconstruction de ce pays bombardé soit-disant parce qu'il détenait des armes de destruction massive. 

Mais point de voyage à Gandrange où il avait pourtant promis de retourner, ajoutant  "l'État mettra de l’argent pour faire les investissements qui n’ont pas été faits jusqu’ici en partenariat avec Mittal ou un repreneur" et concluant "Je viendrai moi-même dans l'usine, je reviendrai pour annoncer les solutions qu'on a trouvées".

Et point de voyage en Guadeloupe non plus, où la colère monte. Le président s'en moque. Il n'avait pas trouvé un mot pour évoquer la situation dans ces territoires lors de sa prestation du
5 février dernier.

Et la situation se dégrade dans le pays. Combien de temps encore sera-t-il sourd aux demandes des organisations syndicales et des salariés ?  L'heure est aux réponses concrètes et immédiates. Il n'est pas tout d'aller pavaner à Bagdad, c'est le peuple français qui attend des réponses.




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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 14:59

Pour Laurence Parisot, « la crise est comme une tempête » et « il est de peu d’efficacité de protester contre la tempête ». Et elle ajoute : « On fabrique de l’appauvrissement quand on fait grève pendant toute une journée. Cela coûte cher et ruine la réputation de la France. »

Et les milliers de salariés licenciés, ceux qui sont mis au chômage technique pendant des semaines, ça ne crée pas d’appauvrissement peut-être ? Mais l’appauvrissement n’est pas pour tout le monde. Et cela ne dérange pas la même de dire :

« Les groupes du CAC 40 vont annoncer des profits pour 2008, et c’est tant mieux. Seules les équipes dirigeantes et les conseils d’administration sont en mesure d’estimer ce qui dans les bénéfices doit aller à l’actionnaire, à l’investissement ou au renforcement des fonds propres. » ou bien « Il n’est pas souhaitable que l’État décide des rémunérations des dirigeants d’entreprise ».

Et pendant ce temps, Sarkozy n’annonce rien pour les salaires, rien pour l’emploi, mais offre de nouveaux cadeaux aux patrons avec l’annonce de la suppression de la taxe professionnelle.

On voit trop bien le lien qui unit Sarko et Parisot.

Il va falloir faire entendre plus fort encore les revendications salariales et lutter pour faire invalider les plans de licenciements.
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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 23:46
Vous n'êtes pas sans ignorer les promesses faites par le candidat Sarkozy ou le président Sarkozy dont vous n'avez jamais vu l'aboutissement. Que ce soit en matière de pouvoir d'achat, en matière d'emploi etc. A Gandrange l'année dernière, Nicolas Sarkozy avait promis que l'Etat allait mettre de l'argent pour sauver l'aciérie, pour sauver les emplois. Il devait revenir l'annoncer lui-même. Un an après, rien n'a été fait.

Alors jeudi, il va encore faire son show télévisé dans lequel il va expliquer qu’il ne changera rien. Alors, boycotter sa prestation est un acte citoyen qui ne coûte rien et une très faible audience télévisuelle aura l’impact d’un mouvement social.

Et ne vous inquiétez pas, la presse ou les journaux radiophoniques ou télévisés en relateront le contenu le lendemain.

Alors :










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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 21:27

Julien Coupat reste en prison. La cour d’appel a de nouveau refusé de le remettre en liberté, suivant ainsi l’avis du parquet. Et ce malgré les nouveaux éléments, notamment le fait que le témoignage sous X, seul élément accréditant la thèse d’un groupe organisé sous l’égide de Julien Coupat, ait perdu cette semaine toute crédibilité. Les semaines passent, et Julien Coupat rejoint la longue liste des personnes qui croupissent en détention en attendant un procès. On sait que cette attente peut durer des années, les exemples sont légion. Il faut dénoncer la banalisation de lois et de pratiques d’exception.


Samedi dernier se tenait une manifestation de soutien aux inculpés de Tarnac, je vous livre ce témoignage adressé à l’humanité.fr. C'est la confirmation de ce qu’est en train de devenir notre pays, un état policier et sécuritaire.

 


Samedi 24 janvier à Barbès-Rochechouart, où nous étions venus manifester notre soutien à des jeunes qui sont emprisonnés depuis déjà trop longtemps dans l’indifférence générale, nous avons été interpellés par la police. Sans sommation, a contrario de ce qu’elle prétend en affirmant avoir sommé les manifestants de se disperser pour cause de manifestation illégale, nous avons été encerclés : manifestants, passants, garçons de café, mère de famille, etc. par des CRS. Parqués comme des bestiaux par des forces de l’ordre pour le moins hystériques. Gazés, bousculés, insultés, traités de « sales anarchistes ». Nous avons été raflés un par un, aux cris de « celui-ci », « celle-là », très violemment pour certains. Arrachés du groupe sans ménagement par trois ou quatre CRS qui nous ont amenés au pied d’un car, devant lequel ils nous ont fouillés au corps, puis, pour ma part, menotté les mains dans le dos et fait monter sans ménagement dans le véhicule prévu à cet effet (…) Direction le parking du commissariat du 11ème, où à nouveau nous subissons une fouille au corps beaucoup plus minutieuse, faite par une femme cette fois-ci, pour moi en tout cas, vidage de nos poches, puis nous défilons en file indienne, chacun escorté de son CRS qui tient à la main nos papiers d’identité jusqu’à une table où sur deux régistres nos nom, prénom, adresse, profession sont soigneusement enregistrés. A la suite de quoi nous sommes à nouveau parqués entre des barrières de sécurité selon un tri : avec papiers d’identité, sans papiers d’identité, selon que nous avons résisté plus ou moins à l’interpellation…ou autre particularité : mineurs, etc. Parqués ainsi debout dans le froid, sans pouvoir aller aux toilettes et sans que l’on sache ce qui se passe, ce que l’on nous reproche, ce qu’il va advenir de nous. Toujours une force policière déployée au-delà de ce que nous sommes, presque deux CRS par personne plus le personnel du commissariat (…) Après quatre heures d’attente, nous sommes appelés un par un et conduits vers la sortie sans explication, mais quinze d’entre nous sont placés en garde à vue pour manif illégale. (…) Depuis, ces images m’obsèdent, je les repasse en boucle dans ma tête, je me demande si ce que j’ai vécu là est bien réel. Dans quel monde vivons-nous ? Dans quel monde vivez-vous ? Oui, j’ai eu peur, leurs moyens sont impressionnants, mais j’ai eu aussi le sentiment d’être simplement ce que je suis et je serai présente au métro Luxembourg le 31 janvier pour dire non, parce que rien ne pourra m’empêcher de penser. Ils n’ont pas encore les moyens de nous laver le cerveau, ils ne peuvent que nous faire peur, mais pas suffisamment pour nous emp^cher de penser.


Geneviève et Marc

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 22:39

J’aurais pu intituler cet article, « Le député UMP ou l’art de prendre les gens pour des cons ! »


Christian Kert, député UMP est un ancien membre de la Commission Copé, membre du conseil d’administration de France Télévisions et rapporteur du projet de loi sur l’audiovisuel public à l’Assemblée.


Le 21 janvier 2009 il donne une interview à InMedia concernant la redevance télévision :


Christian Kert - « Il est vrai que le texte, du moins devant l’Assemblée Nationale, refusait l’idée d’une augmentation de la redevance. Là, j’étais peu convaincu car je fus moi-même l’auteur il y a un an et demi d’un amendement qui tendait à augmenter la redevance. Effectivement, en tant que rapporteur, je devais indiquer qu’il ne fallait pas augmenter la redevance et à titre personnel, je suis plutôt favorable à l’augmentation de la redevance. Ce qui fait dire qu’effectivement, sur ce point du moins, je n’étais pas très convaincu. »


Et aujourd’hui sur France-Inter dans l’émission de Colombe Schneck « j’ai mes sources », le même était questionné toujours à propos de la redevance puisque la commission mixte se réunissait cet après-midi.


Colombe Schneck - Comment les députés et sénateurs vont-ils se mettre d’accord sur la réforme de l’audiovisuel ?


Christian Kert - « Dans les contacts que nous avons eus, nous avons trouvé un chemin commun, c’est à dire qu’il n’y a pas une augmentation de la redevance puisque l’ensemble des discussions à l’assemblée nationale ne prévoyait pas un tel dispositif. En revanche je pense qu’on va prévoir un rattrapage de la redevance, non pas seulement à partir de 2010, mais à partir de 2008, ce qui correspondrait dans l’esprit des sénateurs un peu à la disposition qu’ils souhaitaient, c’est à dire voir augmenter la redevance de 2 euros environ en 2009. C’est à dire que  nous ferions partir l’indexation de la redevance à partir de l’annonce du président de la république, disons le 8 janvier 2008, ce qui permettrait de rattraper un petit peu le retard que notre redevance a eu depuis quelques années et en revanche de ne pas l’augmenter systématiquement ce qui aurait été contraire à la philosophie du débat à l’assemblée nationale ».


Colombe Schneck - Bref vous avez trouvé un accord pour augmenter la redevance sans le dire vraiment.


Christian Kert – « Nous sommes en train de trouver un accord qui nous permet d’indexer la redevance dès 2008 et non pas seulement à partir de 2010 ».


Vous allez payer plus cher mais ce ne serait pas une augmentation. C’est seulement une indexation qui arrive plus tôt que prévu. C'est comme le secrétaire général de l'Elysée pour qui « s'il y a une augmentation d'un ou deux euros, ça ne sera pas la fin du monde ».

Ils sont bien à l'image de leur grand chef, vous savez, celui du pouvoir d'achat. Mais qui peut encore voter pour ces gens là ?


 

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 22:14

Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la Politique de la ville vient de passer sous la tutelle de Brice Hortefeux, le nouveau ministre des affaires sociales. Se retrouver sous la tutelle de celui qui a fait procéder à plus de 29 000 expulsions pourrait entraîner une certaine indignation, mais au contraire, elle préfère mettre en valeur le personnage.

« Brice Hortefeux, ce n’est pas seulement ces expulsions. C’est aussi la mise en place de parcours d’intégration, avec notamment l’apprentissage du français. Je considère que la maîtrise de la langue est un outil d’émancipation indispensable pour les gens qui s’installent en France. Les immigrés de la génération de mes parents ont été des laissés-pour-compte. Ne maîtrisant pas le français, ils n’étaient pas en mesure de faire valoir leurs droits. »

Elle n’a pas compris Fadela Amara que « ne maîtrisant pas le français » ses parents ne rentreraient même pas en France aujourd’hui.

Lors du discours de passation de pouvoir avec son prédécesseur Xavier Bertrand, Brice Hortefeux a eu des propos guère surprenants. Saluant ses secrétaires d'Etat et présentant Fadela Amara, secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la Ville, Brice Hortefeux a lâché ces quelques mots : c'est « une compatriote » avant d'ajouter « comme ce n'est pas forcément évident, je le précise. »

Le naturel reprend toujours le dessus.

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 22:34

Lors d’une conférence de presse le 19 janvier, la ministre de l’Intérieur M Alliot-Marie présentait son bilan 2008 et ses priorités 2009. En commentant le bilan de la délinquance 2008, elle annonçait que des rencontres entre la police et la gendarmerie avec la population auraient lieu «partout en France», à l'échelon des cantons, avant d’en tirer un bilan lors d’assises nationales.


L'objectif dit-elle est de renforcer le «lien de confiance entre les Français et les responsables de leur sécurité». Au cours de ces «réunions, policiers et gendarmes pourront débattre avec les Français, expliquer leurs méthodes et leurs actions, répondre aux interrogations, lever les incompréhensions, échanger sur les besoins ressentis par la population», a détaillé la ministre.


Elle a ajouté qu'elle tirerait « ensuite le bilan de l'ensemble de ces réunions lors d'assises nationales » dont elle n'a toutefois pas indiqué la date, puis vouloir faire de la déontologie « l'une des priorités de la formation » des membres des forces de sécurité.


Ces propos viennent quelques jours après la dénonciation par le président du Cran (Conseil représentatif des associations noires) de la multiplication des contrôles au faciès. Un sondage effectué en juin par l’institut CSA, indique que les membres des minorités visibles sont deux fois plus contrôlés que le reste de la population.


Samedi dernier, à Nice, alors que le préfet avait fait interdire la manifestation de soutien au peuple palestinien, il y avait un fort déploiement de CRS. Voilà ce qu’en rapporte un correspondant régional de l’Humanité. « Samedi 15 heures, à l’angle de la rue de Suisse et de l’avenue Jean-Médecin, des CRS collent dos au mur seize personnes. Que des jeunes, que des garçons, que des « basanés ». Un homme en civil les photographie l’un après l’autre tandis qu’un CRS relève leurs noms. Une autre fournée de quinze, que des jeunes, que des garçons, que des « basanés », est positionnée. Même topo. Ce « tapissage » sauvage laisse les passants interloqués. Nous voyant prendre des notes, le photographe vient vers nous. « Il y a une commission rogatoire d’un juge… Nous recherchons des casseurs… Je suis un policier républicain », dit-il, pas fier. Peu après, un autre civil (sans brassard de police) en blouson de chasse ( ! ) nous demande de déguerpir : « Arrête ton travail de fouille-merde ! Ce qu’on fait, ne vous regarde pas ! »

« En bas de l’avenue, ce sont les personnes portant keffieh qui sont contrôlées et pour certaines fouillées au corps. »


Autre témoignage : « Parfois au sortir de ma petite gare de banlieue sans grand problème, une demi-douzaine de policiers contrôlent les papiers des voyageurs qui rentrent de leur travail. Les blancs propres sur eux ne sont pas contrôlés. Le choix se fait toujours entre les "bronzés" de diverses origines! »


Des réunions pour que policiers et gendarmes expliquent leur méthode ? Leur méthode est claire et avec de tels comportements, le lien de confiance n’est pas prêt de s’améliorer. D’ailleurs, la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) "déplore", dans un rapport publié dimanche 18 janvier 2009 au Journal officiel, que la ministre de l’Intérieur ait ignoré ses demandes de rappel à l’ordre de deux policiers impliqués dans le tabassage d’un sans-papiers en 2006 à Toulouse.

 


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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 18:06
Dans mon article du 19 décembre, je soulevais le problème des droits de l'homme en France, notamment à propos des jeunes de Tarnac. Actuellement, deux d'entre eux (Julien Coupat et sa compagne Yldune Levy) sont toujours incarcérés alors que la remise en liberté a été ordonnée par le juge d'instruction. Le juge des libertés est depuis longtemps favorable à ce que Julien sorte de prison. Quant à Yldune, la seule chose qui empêchait cette libération était de ne pas avoir été entendue  par l’instruction. C'est chose faite aujourd'hui  mais elle reste incarcérée en raison d'un appel en urgence du parquet.

Je vous invite à lire la lettre ouverte de Benjamin (et à la faire lire),
un des inculpés de Tarnac.

« Salut à tous,


C’est après trois semaines de décompression et un temps de réflexion, de lecture intensive de tout ce qui s’est dit sur cette affaire pendant que nous étions au trou, que j’entame l’écriture de cette lettre.


Je suis sorti de Fresnes voilà un peu plus de trois semaines maintenant, un peu déboussolé. Je ne m’attendais plus à être libéré aussi vite devant ce qui semblait être un traquenard si bien orchestré. Retrouver l’air du dehors et l’horizon du monde ont bien sûr été un grand soulagement, on s’habitue si vite à voir son existence bornée par des murs et des grilles, qu’il semble que ça fait des siècles quand bien même ça ne fait au fond que 2 ou 3 semaines. Je remercie du fond du cœur tous ceux qui se sont démenés pour nous sortir de là. Je suis sûr que malgré tout l’arbitraire qui entoure les décisions de justice, cette pression nourrie par les comités, les parents, amis et tous ceux qui ont senti à raison que cette affaire les concernait au plus près a eu un effet conséquent. J’aurais aimé pouvoir le faire d’une seule voix avec mes camarades co-inculpés mais comme vous le savez il nous est interdit de rentrer en contact d’une quelconque manière sous peine notamment de retourner en prison.


Mais je suis hanté d’une certitude : cette libération relève d’une « chance » inespérée, chance qui remonte à loin, celle d’une part d’être né blanc, d’avoir eu l’opportunité d’être diplômé, d’avoir des parents et des amis issus de cercles « privilégiés » dont la mobilisation a sans nul doute plus de chance d’être entendue que si j’étais né ailleurs et dans un autre milieu.


Je suis hanté bien sûr par le fait que deux de mes amis et camarades soient toujours incarcérés pour des motifs aussi rocambolesques, mais aussi par la pensée que des centaines d’autres personnes croisées notamment au cours de ma courte détention n’ont jamais eu cette « chance » et pour cause. Les prisons françaises ont englouti au cours des dernières années toute une frange de la jeunesse de ce pays, cette frange jugée inassimilable, sans cesse harcelée, toujours « déjà condamnée » et qui refuse toujours de rentrer dans les rangs étouffoirs de cette société. Un fait saute aux yeux quand on fréquente les cours de prison, une très claire majorité de détenus est composée par des jeunes des quartiers populaires, dont certains ont été abonnés aux séjours en prison. On remarque aussi le nombre effarant de personnes détenues, pour des périodes souvent très longues, sous le régime de la détention provisoire, régime dit « exceptionnel ». 6 mois, 9 mois, 1 an, 2 ans, 3 ans, sans procès et bien souvent sans preuve tangible. C’est qu’il est sans doute plus compliqué d’avoir des ‘témoignages de moralité’, des garanties de représentation recevables quant on vient de Villiers-le-Bel, Aubervilliers ou Bagneux, quand vos parents sont considérés comme étrangers, qu’ils ne maîtrisent pas la langue des magistrats et des media ou quand ils ne justifient pas d’une activité professionnelle stable et surtout reconnue.


Pas de misérabilisme toutefois, la solidarité se forge aussi derrière les murs des prisons, la politique pénale de ce gouvernement est en train de fabriquer une bombe à retardement. Plus on bourrera jusqu’à la gueule les geôles de ce pays, plus des destins vont s’y croiser et dresser des ponts entre tous ces milieux si savamment séparés à l’extérieur.


Le rapprochement entre les traitements politiques, policiers et médiatiques (cette triade tend à devenir une expression consacrée, peut être faudrait-il penser à les fusionner officiellement !), de l’affaire de Tarnac et celle de Villiers-Le-Bel l’année dernière est pertinente à plus d’un titre…


Novembre 2005 (Clichy sous Bois), CPE, élection présidentielle, Villiers-le-Bel, LRU, … deux parties de la jeunesse que tout a priori oppose, nourrissent conjointement la paranoïa du pouvoir.


La réponse ne se fait pas attendre et prend les même traits. D’un côté « lutte contre le règne des bandes » pour justifier la répression dans les quartiers après les émeutes, de l’autre, fabrication de toutes pièces d’une « mouvance anarcho-autonome », de « groupuscules d’ultra-gauche », comme repoussoirs à la révolte diffuse qui essaime au fil des mouvements de la jeunesse étudiante ou « précaire ». Dans les deux cas, une politique de communication de longue haleine pour dessiner les contours de « l’ennemi intérieur », qui débouche bruyamment sur des opérations coup de poing sur-médiatisées. Démonstrations de force démesurées, curées médiatiques, embastillements purs et simples. Faut-il le rappeler, outre les inculpés et incarcérés multiples de novembre 2005, cinq personnes sont toujours incarcérées après le coup de filet de Villiers-le-Bel et attendent un procès qui ne vient pas, faute de preuves. Aujourd’hui c’est notre tour, mais la chasse aux dits « anarcho-autonomes » est ouverte depuis plus d’un an, six personnes au moins ont déjà été interpellées et entendues devant les juridictions anti-terroristes depuis décembre 2007 pour des faits ou des suspicions qui n’avaient jamais relevé d’un tel régime juridique jusque là. L’étau se resserre et tous les coups semblent désormais permis.


Il a déjà été développé largement dans les communiqués des comités de soutien à quel point le recours aux outils de l’anti-terrorisme représente un glissement significatif des procédés de gouvernement et de la « gestion » de la contestation. Des scénarii déjà vus dans plusieurs pays au cours des dernières années (USA, Royaume-Uni, Allemagne, Italie…) débarquent avec fracas en France et signent l’entrée dans un régime où l’exception devient la règle. Ces procédures n’ont la plupart du temps rien à voir avec le « terrorisme » et ce quelle que soit la définition qu’on en donne, elle répondent à la logique millénaire de « en réprimer un pour en apeurer cent ». En d’autres temps on en aurait pendu « quelques-uns » à l’entrée de la ville, pour l’exemple.


Dans notre cas, il est très vite apparu que « l’affaire des sabotages de la SNCF » n’était qu’un prétexte opportun pour déployer au grand jour une opération de communication et de « neutralisation préventive » prévue de longue date (depuis l’arrivée de MAM au ministère de l’intérieur). La rapidité de la mise en branle de « l’opération Taïga » et l’absence quasi totale d’éléments matériels au dossier, même après les perquisitions et les interrogatoires croisés, dévoile très vite à qui n’est pas occupé à hurler avec les loups, la grossièreté du montage policier. Il aura pourtant été fait de sévères efforts d’assaisonnement de cette histoire un peu fadasse, un « groupuscule en rupture de ban et s’adonnant à la clandestinité », un « chef incontesté », son « bras droit », ses « lieutenants », des « relations amicales » ménagées dans le village par « pure stratégie ». Mais rien n’y fait les gens croient définitivement et heureusement plus « à ce qu’ils vivent qu’à ce qu’ils voient à la télé ».


Une fois répondu pour chacun à la question de sa participation ou non aux « actes de dégradation » sur les caténaires de la SNCF, reste cet immense gloubi-boulga qu’est l’accusation de « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ». C’est d’ailleurs le seul chef d’accusation qui pèse sur la plupart des inculpés dont moi-même.


Ce chef d’inculpation repose sur un faisceau d’informations et d’hypothèses disparates, réunies par les services de renseignement, mais que seule une prose policière pour le moins imaginative permet d’articuler entre elles d’une manière aussi unilatérale. Les liens d’amitié, politiques chacun à leur manière, deviennent sans l’ombre d’un doute des affiliations organisationnelles voire hiérarchiques. On fait d’une série de rencontres, de la participation de quelques uns à des manifestations, de la présence de certains autres relevée au cours des mouvements sociaux qui ont émaillé les dernières années, les présages de la raison d’être strictement ‘politique’ (au sens le plus classique et plat du terme) d’un « groupe » identifiable et isolable comme « cellule » (cancéreuse ?). Cela est une contre vérité absolue et détermine un certain nombre de contre-sens vis à vis de ce dont nous avons été diversement porteurs au fil des années.


Le délit « d’association » permet d’englober d’un seul coup l’entièreté de l’existence des personnes visées et tout peut y devenir un élément à charge : lectures, langues parlées, savoir-faire, relations à l’étranger, mobilité, absence de téléphone portable, rupture avec son ‘plan de carrière’ où avec son extraction sociale, vie amoureuse et j’en passe.


L’utilisation de ces outils « antiterroristes » n’est finalement rien d’autre que l’indice de l’agressivité propre à tout pouvoir qui se sait de toutes parts menacé. Il ne s’agit pas tant de s’en indigner. Il s’agit en tout cas de ne pas, ou plus, être dupe de cette opération de police politique. Elle n’est que la tentative, des tenants du pouvoir, de communiquer au « corps social » leur propre paranoïa, qui, elle, n’est peut être pas totalement sans fondement.


On parle beaucoup autour de cette affaire de l’essai intitulé « L’insurrection qui vient » et tout le monde y va de son hypothèse pour dire QUI est derrière cette signature qu’est le « comité invisible ». Cette question n’est intéressante que d’un point de vue strictement policier. Le choix éditorial d’anonymat qui a été fait doit être entendu, à mon avis, non comme une particulière paranoïa des auteurs (même si elle se trouverait aujourd’hui cent fois justifiée) mais par l’attachement à une parole essentiellement collective. Non pas la parole d’un collectif d’auteurs qu’on pourrait dénombrer, mais une parole qui s’est forgée dans les aléas d’un mouvement où la pensée ne saurait plus être attribuée à tel ou tel en tant qu’auteur.


Ce livre suscite beaucoup de désaccords, voire de réprobation y compris parmi nous qui avons pourtant fait l’effort de le lire et le comprendre. Il me semble que c’est l’objet même de l’écriture politique : mettre ce qui demande a être débattu sans délai au centre, le rendre incontournable, quitte à être cru et sans nuance.


Tous ceux qui, par ailleurs, prétendent savoir QUI est l’auteur de ce livre mentent purement et simplement ou prennent leur hypothèse pour la réalité.


Les « lectures » récentes de ce livre, notamment celle de la police et de quelques criminologues de salon posent à beaucoup la question de la « radicalité ». Cette « radicalité » nous est renvoyée à nous comme trait d’identité, voir comme chef d’inculpation qui ne dit pas son nom. Je ne me sens pas particulièrement radical, au sens d’être prêt à accorder les constats, les pensées et les actes (ce que plus personne ne fait malheureusement et depuis longtemps). Par contre la situation est radicale et l’est de plus en plus. Elle détermine des mouvements de radicalisation diffus, qui ne doivent rien à quelque groupuscule que ce soit. Chaque jour dans mon activité d’épicier notamment ou quand je sers au bistrot, ou bien encore quand j’étais en prison, je discute, j’écoute ce qui se dit, se pense, se ressent, et je me sens parfois bien modéré face à la colère qui monte un peu partout. Ce gouvernement a sans doute raison d’avoir peur que la situation sociale lui échappe, mais nous ne servirons pas sa campagne de terreur préventive, car le vent tourne déjà. Il vient de Méditerranée.


Il y aurait encore beaucoup de choses à dire, de doutes à lever, de manipulations à déjouer, mais tout ça ne fait que commencer. Ainsi ma position est en phase avec celle des comités de soutien qui fleurissent un peu partout : abandon des charges de « entreprise terroriste » et « d’association de malfaiteurs », libération immédiate de Julien et Yldune et de tous ceux et celles qui sont incarcérés à ce titre, pour commencer…


Viendra le moment où on devra bien nous rendre des comptes pour le préjudice énorme qu’on nous a fait subir, à nous, à Tarnac, mais aussi pour ce qui n’est qu’une provocation supplémentaire à l’encontre de tout ce qui ne se résigne pas au désastre en cours. »

 

Lien vers le site de soutien aux inculpés du 11 novembre



 
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