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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 23:57

Au mois de juillet, les parlementaires européens élisaient leur président.

 

L’ancien premier ministre polonais Jerzy Buzek a été élu président de cette assemblée avec un score de république bananière dès le premier tour. Une seule candidate lui a fait face, la Suédoise Eva-Britt Svensson, du groupe GUE (Gauche Unitaire Européenne) auquel appartiennent les députés du Front de gauche (communistes, parti de gauche, unitaires du NPA). Mais les groupes des députés socialistes et Verts soutenaient son adversaire conservateur.

 

Et Daniel Cohn-Bendit, le président du groupe Vert, était fier d’annoncer avoir voté Buzek.

 

Buzek, atlantiste, ultralibéral prônant des privatisations à outrance, assimilant immigrés et délinquance, et qui s’est vanté en tant que 1er ministre de son pays d’avoir fermé 22 mines.

 

L’homme a tout pour inquiéter des progressistes.

 

Selon votre vote aux européennes, voyez à quoi il peut mener.


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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 17:11

Sarkozy a recommandé à son gouvernement d’être disponible pendant l’été. Et il y a ceux qui cherchent à être les meilleurs élèves de la classe. En parlant de classe, Darcos a justement sévi au ministère de l’Education Nationale, et à présent, il s’apprête à poursuivre au ministère du travail.

 

Voilà qu’il vaut s’attaquer pour le calcul des retraites aux annuités accordées aux femmes salariées qui ont eu des enfants. Et cela  au nom de l’égalité avec les hommes. C’est à ce système conçu pour compenser les inégalités entre hommes et femmes au travail et face à la retraite que le gouvernement veut s’attaquer.

 

Les annuités accordées pour avoir élevé ses enfants ne sont qu’une légère compensation dans un contexte général d’inégalités. Darcos ignore t-il que plus de huit emplois précaires sur dix sont occupés par une femme ? Darcos ignore t-il qu’à responsabilité égale, les femmes gagnent en moyenne 27% de moins que leurs collègues hommes ? Darcos ignore t-il que les pensions accordées aux femmes sont inférieures de moitié à celles accordées aux hommes ? Darcos  ignore t-il que faute d’être parvenue à valider un nombre suffisant de trimestres, plus d’une femme sur deux ne peut actuellement prétendre à une retraite à taux plein ?

 

C’est encore une régression qui pointe si on laisse faire. Avec la droite, aucun progrès social, que du recul. C’est un alignement par le bas. Il y a nécessité à s’attaquer aux profits financiers, et pour commencer à la suppression du bouclier fiscal, au nom de l’égalité.

 

 

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 16:31

Il y a un peu plus d’un an, alors que Darcos oeuvrait pour la suppression de postes dans l’Education Nationale, un poste d’inspecteur était créé dans l’académie de Paris par décret présidentiel.


Après les 11200 postes supprimés en 2008, c’est 13500 postes qui sont supprimés en 2009. La purge n’est semble t’il pas terminée, et ce n’est pas le changement de ministre qui va modifier la donne.


Peut-être qu’un jour, il n’y aura plus d’enseignants ?


Il se trouve qu’en cas de pandémie de la grippe A, il pourrait y avoir fermeture des classes. Et s’il y avait une fermeture généralisée, le ministre a une parade. « Nous avons préparé un plan de continuité pédagogique. Il s'agit de programmes éducatifs destinés aux élèves privés de cours. Ils ont été préparés pendant l'été par le Centre national d'éducation à distance et seront diffusés sur France 5, Radio France et Internet. ».


Voilà la solution, fini les enseignants, on remplace par le CNED. Mais si Luc Chatel compte bien poursuivre les suppressions de postes dans l’Education Nationale, son ministère est créateur d’emplois.


La lecture du « Journal Officiel » du 4 août permet de constater que viennent d'être nommés par arrêté, pas moins de 25 conseillers techniques, sans oublier une chargée de mission. Une petite  troupe qui est supervisée par un directeur de cabinet, lui-même assisté d’un directeur adjoint. Sans doute pour ne vexer personne, son chef de cabinet a lui aussi droit à un adjoint.


Voilà des postes créés dans l'Education Nationale ...  UNE HONTE !

 

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 16:43

Selon le JDD, le gouvernement envisagerait de réduire les niches fiscales. Mais ne vous y trompez pas, ce n’est pas, deux cent vingt ans après la nuit du 4 août, l’abolition des privilèges. L’état UMP qui vient d’enterrer le repos dominical pour des centaines de milliers de travailleurs, s’apprête à récupérer dans la poche des Français l’argent qui manque dans les caisses de l’État. Et pourtant, quinze milliards d’euros retirés des recettes publiques et versés au compte des foyers fiscaux les plus opulents, ce fut en quelque sorte l’acte fondateur de ce quinquennat. Le bouclier fiscal a réintroduit le principe même du privilège. Cela revient à dire : si vous atteignez un niveau de richesse suffisamment élevé, vous ne serez plus imposable au-dessus de ce niveau. Et ce que vous ne paierez pas, les modestes salariés le paieront pour vous, ils ne sont pas riches mais ils sont très nombreux…

 

Et pour combler les caisses de l’état, les députés UMP ont comme devoir de vacances l’élaboration de propositions de réduction des « niches fiscales ». Comme le propose Marie-George Buffet au nom du PCF la première mesure devrait être « la suppression du bouclier fiscal ». « Il faut enlever les niches qui servent les plus riches et par contre continuer à donner celles qui aident les familles les plus modestes à survivre aujourd’hui ». Elle a notamment pointé du doigt « les 1.000 fortunes les plus importantes de notre pays » qui s’apprêteraient à recevoir un chèque de remboursement d’impôt  pour certains d’un montant supérieur à 30 années de SMIC » au titre de l’année fiscale 2008.

 

La droite de la revanche sociale ne chôme pas. La laisserons nous agir longtemps ?


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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 15:00

Hier soir, nous étions une trentaine de personnes rassemblées devant le commissariat de Niort pour apporter notre soutien à ce père de famille placé en rétention en vue d’une expulsion rapide. Se retrouvaient là des militants d’ARDDI, de la CIMADE, du PCF et du NPA.

 

Drôle de coïncidence, cette mise en rétention pour une expulsion express se passe au moment où Maître Munoz, l’avocat des sans-papiers sur Niort est en vacances, au moment où la Préfète est injoignable car en vacances. Mais tout semble organiser pour que les choses aillent vite.

 

 

L’avocat commis d’office dit qu’il « ne comprend pas l’urgence de cette interpellation et que M. Itoba possède des éléments favorables dans son dossier ».

 

Même pas de trêve estivale, la politique d’expulsion des sans-papiers se poursuit, en catimini quand c’est possible. Besson, le ministre de l’immigration ne veut pas être en reste par rapport à Hortefeux son prédécesseur. La surenchère se poursuit, faire du chiffre. Voilà comment le pays des droits de l’homme est devenu celui de la traque aux sans-papiers.

 



 

Ci-dessous, l’article paru dans la rubrique « Point de vue » du quotidien local « Le Courrier de l’Ouest » de ce jour.

 

Le visage de la mauvaise conscience

 

Une expulsion programmée en pleine nuit, en plein mois d’août. Au moment où tout le monde, ou presque, est parti en vacances. Tout le monde, même la conscience citoyenne. Une affaire rondement menée qui se joue de l’appel en attente auprès de la Cour administrative de Bordeaux et qui prend soin, surtout, de ne pas dépasser les 48 heures de rétention qui obligeraient de saisir le juge des libertés. Des associations prises de vitesse et des élus locaux qui n’ont même pas eu le temps de prendre connaissance du dossier …


Tout cela donne l’impression d’une justice administrative qui, à trop vouloir jouer avec ses propres subtilités juridiques, en devient injuste. Une justice « à la va-vite-comme-je-t’expulse », alors que la présence de Ghislain Itoba-Ongagna ne fait planer aucune menace ni sur ses proches, ni sur notre société. Une justice qui, loin d’être rendue sereinement, semble avoir honte de ce qu’elle fait. Sur le fond, cette affaire est déchirante. Sur la forme, elle est révoltante.

 

Bruno GEOFFROY

 

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 17:42
Un Congolais de 36 ans vivant en France depuis 5 ans a été arrêté à son domicile par les gendarmes hier lundi à 7 heures, en présence de sa compagne et des 3 enfants vivant au foyer (dont il est le père du plus jeune âgé de 3 ans). Il a ensuite été transféré au commissariat de Niort où il est actuellement placé en rétention.
Sa compagne complètement affolée vient de nous transmettre l'information selon laquelle il serait évacué demain matin à 3 heures en vue de son renvoi dans son pays d'origine.
Pour protester contre cette expulsion pour le moins expéditive et inhumaine, l'association ARDDI (Association pour la Reconnaissance et la Défense du Droit des Immigrés) appelle à un rassemblement ce soir à 18 heures devant le commissariat de police de Niort. 
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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 23:22
MICHEL ONFRAY  article du journal SINE HEBDO

Certes, les élections ne sont pas tout, mais elles ne sont pas rien non plus. La preuve : le résultat hier de l'union pour la majorité présidentielle aux élections européennes permet aujourd'hui à Sarkosy de poser le problème de l'allongement de la durée de travail au moins jusqu'à l'âge de de 65 ans et , demain, de faire voter cette réforme qui passera comme une lettre à la poste. Ne peut-il pas se prévaloir désormais d'une légitimité que lui offrent ceux qui ont voté pour lui et, tout aussi responsables sinon coupables, ceux qui n'ont pas voté contre lui pour un candidat défendant une réelle alternative, à savoir un programme de gauche antilibérale. La posture idéaliste et kantienne (il y a beuacoup de kantiens en politique, y compris et surtout du côté des amateurs de grand soir pour demain, sinon après demain) de ceux qui ont le bulletin de vote pur, parce qu'ils n'ont pas de bulletin de vote, fait le bonheur de ceux qui savent que ne pas jouer contre le jeu libéral en manifestant une force antilibérale, c'est faire le jeu libéral de ceux qui en posent les règles qu'il nous faut subvertir.


La logique du bouc émissaire va fonctionner à plein quand l'idée de retarder l'âge de la retraite va être poussée par la droite et combattue à voix haute, mais soutenue à voix basse, par la gauche libérale bien contente que ce mauvais coup auquel elle croit soit fait par la droite. Le mégaphone va chauffer, les rues vont se remplir de manifestants, de banderoles et de calicots, on fustigera, on vociférera "Sarko-facho le peuple aura ta peau" et on ira bosser jusqu'à plus soif -une idée défendue depuis longemps par un certain Cohn-Bendit sous prétexte d'allongement de la durée de vie ...


Mais, dans le jeu démocratique, Sarkozy et les siens ne tiennent leur légitimité que des électeurs qui ont voté pour lui ou de ceux qui n'ont pas voté contre lui. Responsables dans cette affaire : les abstentionnistes actifs ou passifs et l'extrême gauche qui refuse l'union des gauches antilibérales.


Car le Npa et le front de gauche unis auraient pu créer non pas une arithmétique mais une dynamique susceptible de créer une force a même de supplanter le PS (anémique et chlorotique) dans le leadership de l'alternative à la droite brutale de Sarkozy ... On ne peut refuser l'union des gauches antilibérales et déplorer que, pragmatiques et soucieuses de changer vraiment la vie des pauves et des gens modestes, ces gauches-là cherchent ailleurs des unions qu'on leur refuse.


Si la Boétie a raison , ce que je crois et s'il défend plus et mieux la raison libertaire que les adorateurs contemporains des momies anarchistes du panthéon pieusement nettoyé par eux à l'eau bénite, ce que je pense également, il faut tirer les conclusions de cette phrase qui constitue l'épicentre libertaire du Discours de la servitude volontaire : "Soyez résolus de ne plus servir et vous voilà libre "


Traduisons en langage simple et clair pour les cervelles étroites : soyez résolus de ne plus servir Sarkozy, soit en cessant de voter pour lui, soit en ne votant pas contre lui, soit en ne vous unissant pas contre lui , et vous serez libres ...


CAR IL Y A DE NOMBREUSES MANIERES DE SEVIR CETTE PERFIDE ENGEANCE QUI JUBILE DEPUIS LES DERNIERS RESULTATS ELECTORAUX ET VOIT MEME SA COTE REMONTER. LE REFUS DE L'UNION DE TOUTES LES FORCES DE GAUCHES ANTILIBERALES ETANT LA PLUS EFFICACE

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 16:34

C’est le Canard de ce jour qui nous le dévoile. Le Guide Suprême de Levallois-Perret, le maire UMP Patrick Balkany, et son épouse Isabelle (qui est également sa première adjointe) se sont montrés une fois de plus, éblouissants. Le couple avait déjà été condamné en 1996 pour avoir abusé des fonds municipaux : 15 mois de prison avec sursis pour chacun, et 30 000 euros d’amende, 2 ans d’inéligibilité en prime pour Monsieur. Treize ans plus tard, Patrick et Isabelle ont les honneurs de la chambre régionale des comptes. Les magistrats ont découvert cette fois des frais de bouche vertigineux, des véhicules municipaux utilisés gratuitement (essence et péage compris) pour partir en week-end, des salaires illégaux, des comptes bidouillés … Mais pourquoi se gêner puisque les électeurs réélisent à chaque scrutin la même équipe …


Les Balkany ont d’autant moins de raisons de s’inquiéter que le parquet s’endort désormais systématiquement sur les enquêtes ouvertes sur leur gestion. Et pour cause : le couple compte parmi les meilleurs amis de Sarko. Le Président invite systématiquement son pote Patrick dans ses voyages officiels. ET Isabelle a été chargée de chaperonner la carrière politique du jeune Jean Sarkozy dans les Hauts de Seine. Vu les exploits de la dame, le fiston est à bonne école.

 

Je relevais dans mon blog en juillet 2008 que la légion d’honneur avait d’ailleurs été remise à Isabelle Balkany.... le dernier fait d’arme de la famille étant l’utilisation pour une réception des salons de l'Hôtel de ville de Levallois-Perret, où ils avaient marié leur fille en grande pompe avec 450 invités…

Eh bien ça continue !!!

 



 

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 16:31

A propos du déficit public, j’ai trouvé plein de pertinence une remarque relevée dans le courrier des lecteurs d’un quotidien régional.


Sur la feuille annexée à la déclaration d’impôts sur le revenu à faire en 2008, le ministre du Budget Eric Woerth écrivait « Je souhaite vous rappeler les trois priorités du gouvernement en matière de finances publiques. » Parmi celles-ci, la baisse des déficits publics : elle est indispensable parce que nous ne pouvons pas mettre à la charge de nos enfants une dette aussi importante qu’aujourd’hui … Le déficit de l’Etat était alors de 41,7 milliards.


Et sur la feuille similaire pour la déclaration d’impôts sur le revenu à faire en 2009, le même Eric Woerth écrit : « Nous continuons la mobilisation, en 2009, pour faire du plan de relance de l’économie un succès … Des mesures de justice ont été prises pour aider ceux de nos concitoyens qui sont les plus touchés par la crise. » Le déficit de l’Etat est à ce moment là de 103,8 milliards d’euros ! Soit une augmentation de près de 150%. Quel succès !

Pour un gouvernement dont la priorité était la baisse des déficits publics, ça laisse rêveur. Belle leçon d’incompétence !!! Et merci pour « la dette pour nos enfants et petits-enfants ». Oubliés les 3% de déficit autorisés selon les critères de Maastricht.



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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 16:27

Renforcer le «lien de confiance entre les Français et les responsables de leur sécurité». Au cours de ces «réunions, policiers et gendarmes pourront débattre avec les Français, expliquer leurs méthodes et leurs actions, répondre aux interrogations, lever les incompréhensions, échanger sur les besoins ressentis par la population», voilà ce que déclarait la ministre de l’intérieur Michèle Alliot-Marie le 19 janvier 2009. J’évoquais dans un article du 20 janvier que Alliot-Marie semblait ignorer les méthodes de ses policiers.

Même si elle vient de quitter son ministère pour celui de la Justice (pas plus rassurant), rien ne semble s’être arrangé.

Quand les policiers tabassent le plaignant.

Venu déposer plainte dans un commissariat parisien, pour une agression, un jeune Colombien de 27 ans accuse les policiers de l’avoir frappé et humilié.

Jusqu’ici, les policiers mal-intentionnés avaient plutôt tendance à bousculer les suspects. Mais jamais les victimes. C’est pourtant la mésaventure surréaliste vécue il y a dix jours par Juan Pablo Gutierrez. Agressé en pleine rue, ce Colombien de 27 ans a eu la malencontreuse idée de vouloir porter plainte au commissariat de la Goutte d’or, à Paris (XVIIIe). Le jeune homme en est ressorti douze heures plus tard, dans un état dramatique : frappé, insulté et humilié par un trio de policiers. « C’est comme si ma dignité avait été piétinée », raconte-t-il, encore sous le choc.

Tout commence dans la nuit parisienne. Il est environ 1 heure du matin, ce lundi 15 juin. Passionné de photographie, lauréat du Grand Prix Paris Match 2008 du photo-reportage étudiant, Juan Pablo Gutierrez a passé la soirée à un barbecue. Ses amis le déposent en voiture à côté de chez lui, dans le XVIIIe arrondissement. Il marche seul dans la rue. Un groupe d’individus, apparemment éméchés, lui réclame une cigarette. Il n’en a pas, mais leur offre une canette de bière. Juan Pablo repart. Deux mètres plus loin, il prend un coup sur la tête. Le voilà au sol, piétiné au niveau des jambes. Le jeune homme parvient tout de même à s’enfuir, se réfugie dans le hall de son immeuble et appelle le 17. Les policiers, rapidement sur place, interpellent l’un de ses agresseurs et proposent à Juan Pablo de venir déposer plainte. Soulagé, l’étudiant pense que son calvaire a pris fin. Malheureusement, il ne fait que commencer.

« Dès mon arrivée au commissariat, le policier qui m’a pris en charge a tout de suite été agressif, explique le jeune homme. Il m’a poussé vers l’ascenseur, en me disant, sur un ton hautain, de mettre les bras derrière le dos. Je lui rappelle alors que c’est moi la victime ! Mais cela n’a aucun effet… » Dans le couloir de l’étage, Juan Pablo se voit contraint d’ôter ses lacets et ses baskets. L’officier, grand, blond, les cheveux courts, la trentaine, lui demande ensuite son sac et son bandana. Excédé, Juan Pablo refuse : « Si c’est ça la procédure pour déposer plainte, je préfère rentrer chez moi ! » Mais il n’a pas le temps de quitter les lieux. Il reçoit sans prévenir un coup de poing au ventre qui lui coupe le souffle et le laisse au sol. « Je ne pouvais plus respirer. Je criais à l’injustice, en demandant si c’était comme ça qu’on appliquait la loi en France… »

Cette fois, Juan Pablo est bien décidé à partir. Il se lève, franchit la porte du bureau, mais le policier le rattrape par son tee-shirt, lui expédiant un nouveau coup de poing, au visage, puis une violente claque à l’oreille gauche. « Au moment où sa main m’a percuté, j’ai commencé à ne plus entendre de cette oreille. Je me suis mis alors à pleurer et j’ai décidé de ne plus opposer de résistance. »

Juan Pablo est emmené dans un autre bureau, en face des cellules de garde à vue, sous la surveillance de deux policiers en civil, plantés derrière leur ordinateur. Il les supplie de se renseigner, leur rappelle qu’il était là juste pour porter plainte. Pour toute réponse, il reçoit : « La ferme ! on s’en fiche, tu vas te taire, petit Latino, sinon on va te la fermer ! » Juan Pablo insiste. Un des policiers l’emmène alors dans une pièce voisine. « Il m’a demandé de me mettre entièrement nu, et de me tourner d’un côté, puis de l’autre. Je n’ai jamais vécu une telle humiliation, j’étais en larmes. » Il se rhabille, revient dans l’autre pièce, demande un verre d’eau. « Ils m’ont répondu qu’il n’y avait pas de ’’verre’’ d’eau mais de l’eau dans les WC. »

Il est maintenant 10 heures du matin. L’oreille toujours douloureuse, Juan Pablo est finalement conduit à l’hôpital Lariboisière, les menottes aux poignets. Le verdict du médecin est clair : l’oreille interne gauche a été endommagée et Juan Pablo a perdu 40 % de son audition. Vers midi, on invite enfin le jeune Colombien à quitter le commissariat de la Goutte d’or… tout en lui précisant qu’il ressortira en même temps que son agresseur ! « Mais il va me reconnaître, proteste Juan Pablo, laissez-moi au moins quinze minutes d’avance ! » Réponse lapidaire du flic : « Casse-toi, t’as cinq minutes… »

Article publié dans l’Humanité du jeudi 25 juin


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