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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 11:47
Florence Jadot, n° 2 sur la liste départementale de Charente-Maritime du Front de Gauche, est assignée par sa direction devant le tribunal d’instance de Rochefort ce mardi 9 mars à 14 heures. Elle a été désignée déléguée syndicale par la CGT, et sa direction conteste cette nomination, considérant qu’elle est incompatible avec son statut de chef de service. Florence Jadot est chef d’un service de protection de l’enfance. Qu’elle soit en plus candidate sur une liste Front de Gauche a tout pour plaire à sa direction. Cette assignation n’est donc pas innocente.

 

 

Qu’un président de la République, que des ministres, au service en principe de toute la population, consacrent leur temps à la campagne des régionales pour leur camp, ça c’est possible, n’est-ce pas M. Bussereau ? Mais la liberté a ses limites en Sarkozie.

 

 

Florence Jadot, à gauche sur la photo, au côté de la tête de liste régionale Gisèle Jean, a reçu le soutien des participants au meeting d’hier soir à La Rochelle.

 

H17LR

 


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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 23:44

Pour défendre la réforme du changement de statut, une pleine page de publicité, illustrée des différents logos du groupe à travers l'histoire, a été publiée lundi par La Poste dans les quotidiens nationaux et régionaux. Jusque-là établissement public industriel et commercial (Epic), la Poste française est devenue lundi une société anonyme à capitaux publics; pour l'instant. La loi stipule que « cette transformation ne peut avoir pour conséquence de remettre en cause le caractère de service public national de La Poste » et que l'Etat gardera une part majoritaire. On en reparlera d'ici quelque temps. On a vu France Télécom se transformer en 1991 en établissement public autonome, puis en 1996 voir adopter une loi qui a transformé  France Télécom en société anonyme, étant entendu que l’Etat devait conserver au moins 51% de son capital. Il était hors de question de privatiser. On voit ce qu'il en est aujourd'hui. Alors qu'il était ministre de l'économie, Sarkozy avait dit la même chose pour EDF aujourd'hui privatisé.

Le même jour que ce changement de statut de la Poste, Christine Lagarde, accompagnée de Christian Estrosi ministre de l'industrie, inaugurait une plate-forme industrielle de traitement du courrier à Bois d'Arcy. Elle y déclarait, c'est « un jour de célébration », soulignant que La Poste est le « service public préféré des Français et l'entreprise préférée des Français après Décathlon ».

La comparaison entre La Poste et une entreprise commerciale en dit long. Drôle de jour de célébration ! Ça va être « A fond la mort du service public » !

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 22:12

L'administration soumet les Français nés à l'étranger, ou de parents nés à l'étranger, à d'humiliantes obligations pour renouveler leurs papiers. Mais toutes ces tracasseries administratives seront résolues pour ceux dont le député de circonscription est UMP.


C'est ça l'Egalité de la devise de la République ?


JF Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, vient en effet de déclarer que si « l'un de nos concitoyens a, parce qu'il est né à l'étranger, un problème avec l'administration française pour faire renouveler ses papiers d'identité, il est invité à s'adresser directement à son député. Celui-ci apportera immédiatement au préfet [du lieu de résidence] le dossier en question […] pour qu'il traite directement les problèmes concernés ». Mais à une condition, le député en question doit appartenir à l' UMP. « Je ne peux pas parler au nom des députés des autres groupes », justifie-t-il.


Les propos de JF Copé n’ont certainement rien à voir avec le fait d’être en campagne pour les élections régionales...


Comme le comportement de Marie-Luce Penchard, la ministre de l’Outre-Mer, à qui il a apporté son soutien suite à la polémique suscitée après sa déclaration honteuse. Il y a une semaine, lors lors d’un meeting en Guadeloupe où elle est numéro deux sur la liste UMP pour les régionales elle déclarait son « envie de ne servir qu’une population, la population guadeloupéenne » et d’ajouter « Nous en sommes à une enveloppe de plus de 500 millions d'euros aujourd'hui pour l'Outre-mer, et ça me ferait mal de voir cette manne financière quitter la Guadeloupe au bénéfice de la Guyane, au bénéfice de La Réunion, au bénéfice de la Martinique ».


C'est ça l'Egalité de la devise de la République ?

Rien d'étonnant puisque dans le cadre des élections régionales, sur les 39 membres que compte le gouvernement, 20 sont candidats, dont 15 qui mèneront des listes régionales ou départementales.

Ce n’est pas un gouvernement au service de la France mais au service de l’UMP.

 

 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 23:32

region-front-de-gauche.jpg 
ELECTIONS  REGIONALES

 

MEETING du FRONT de GAUCHE
(Parti Communiste, Parti de Gauche, Gauche Unitaire)

Avec Gisèle JEAN (tête de liste en Poitou-Charentes)

et Jean-Luc MELENCHON

MERCREDI 24 FEVRIER  A 20h30

Parc des Expositions de Noron
(Pavillon des colloques)

à NIORT

fdg_professionfoi_haut.jpg

 

 

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 16:35

J’évoquais il y a peu « la mafia des retraites chez les hauts fonctionnaires européens », en faisant notamment allusion au président de la commission européenne, José Manuel Barroso, l’apôtre de la rigueur économique. Comme tout bon libéral, ses propos valent pour les autres mais pas pour lui-même.

Selon un document comptable, les déplacements du président de la Commission européenne, le portugais Jose Manuel Barroso, pour représenter son institution finissent par coûter cher aux contribuables. Le montant de ses "missions" et "frais de représentation" s'est en effet élevé à 730.230 euros en 2009 avec 32.457 euros de frais de représentation contre 5.000 à 16.000 euros pour les 26 autres membres de la Commission qui ont dépensé au total près de 4 millions d'euros l'an passé.

La Commission européenne a répondu aux éventuelles critiques que Jose Manuel Barroso "voyage beaucoup" (66 déplacements dont 10 hors de l'Union européenne pour un total de 200 jours en 2009 avec beaucoup d'accompagnateurs),et que « la Commission européenne n'a pas d'avion et M. Barroso doit souvent avoir recours à des avions-taxis quand il n'y a pas de liaison directe. Il a eu recours à ce type de service à 23 reprises, dont quatre fois à l'étranger ».

Vous me direz que ce n’est rien à côté du coût du déplacement de Sarkozy à la Réunion en janvier dernier, chiffré à 1,6 million d’euros. Mais il est nécessaire de rappeler que ce sont toujours les mêmes qui prônent la rigueur et dépensent quant à eux sans compter.

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 23:22

« On ne refera pas l’état sans les fonctionnaires, a fortiori contre eux, je veux le dire ce soir comme une profession de foi, je n’aime pas la façon dont on perle des fonctionnaires dans notre pays, chercher à opposer les salariés du secteur public à ceux du secteur privé est dangereux, chercher à faire des fonctionnaires les boucs émissaires de la faillite des politiques dont ils ne sont en rien responsables est indigne, oh je sais c’est pas habituel dans un discours d’un homme politique de droite, eh bien y va falloir s’y habituer. »

 

Difficile de croire que ces propos ont été tenus par Nicolas Sarkozy, et pourtant si . Mais il était alors candidat aux élections présidentielles. C’était à Périgueux le 12 octobre 2006.

 

« J’ai rien contre les fonctionnaires, ils font un bon travail, mais est-ce que vous pensez que l’avenir de vos enfants c’est uniquement des fonctionnaires ? Si y’a plus d’usines, plus d’activités économiques, qui va payer les dépenses de l’état ? Qui va les payer ? Vous croyez qu’on peut continuer comme ça, y sont payés avec vos impôts, avec les charges, comment les produits que vous fabriquez seront-ils compétitifs si on continue comme ça ? C’est pour ça que je souhaite pour vos enfants des emplois dans l’économie marchande, dans le privé pour créer de la richesse, et pas seulement pour créer des charges ». Propos tenus par Nicolas Sarkozy à St Dizier le 20 octobre 2009.

 

Ne pas faire des fonctionnaires les boucs émissaires de la faillite des politiques disait Sarkozy, c’est probablement la raison pour laquelle il a fait supprimer dans la fonction publique 28 000 postes en 2008, 30 000 en 2009, et que 34 000 seront supprimés en 2010.

 

Quant aux emplois créateurs de richesse, il suffit de voir que le nombre de chômeurs a augmenté de 701.000 personnes en 2009 (toutes catégories confondues), passant de 3,65 millions à fin 2008 à 4,35 millions de personnes.

 

Et en même temps, la dette de la France dépasse les 1400 milliards d’euros. Ce n'est pourtant pas de la faute des fonctionnaires !!!

 


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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 23:42

Chacun sait que Sarkozy a promis une réforme des retraites pour l’année 2010. «Il faudra que tout soit mis sur la table: l’âge de la retraite, la durée de cotisation et la pénibilité», a-t-il ajouté.

Tout mettre sur la table ? Vraiment tout ? Probablement que ne sera pas évoquée la retraite des hauts fonctionnaires européens, ces technocrates qui jouissent de retraites de nantis. Pour eux, c'est le jackpot. Ceux en poste depuis le milieu des années 1990 sont assurés de valider une carrière complète, et donc d'obtenir le maximum, à savoir 70 % du dernier salaire. Car, c'est à peine croyable, non seulement leurs pensions crèvent les plafonds mais il leur suffit de 15 ans et demi pour valider une carrière complète alors que pour nous, il faut travailler pendant 40 ans et bientôt 41 ans.

Face au déficit de nos systèmes de retraite, les technocrates de Bruxelles recommandent l'allongement des carrières : 37,5 ans, 40 ans, 41 ans (en 2012), 42 ans (en 2020), etc. Mais, pour eux, pas de problème, le taux plein c'est au bout de 15 ans et demi. De qui se moquent-ils ?

A l'origine, ces retraites étaient réservées aux membres de la Commission européenne, puis, au fil des années, elles ont également été accordées à d'autres fonctionnaires. Maintenant, ils sont toute une kyrielle à en profiter : juges, magistrats, greffiers, contrôleurs, médiateurs, etc. Le pire, dans cette affaire, c'est qu'ils ne cotisent même pas pour cette retraite. Pas un centime d'euro, tout est à la charge du contribuable.

Il est amusant de trouver dans cette liste le français Jacques Barrot, ancien ministre du Travail et des Affaires sociales sous Juppé entre 1995 et 1997 qui avait défendu le très contesté plan Juppé sur les retraites.

L'administration européenne, garante de l'orthodoxie budgétaire et si prompte à jouer les gendarmes vis-à-vis des États membres qui ne respectent pas les principes de bonne gestion et de rigueur économique, mène pour elle-même, aux frais des contribuables, une politique très laxiste. Il faut dire que figure parmi les bénéficiaires, le président de la commission européenne, José Manuel Barroso, qui émarge par ailleurs à 29 504 € mensuel, hors suppléments familiaux, auquel s’ajoute une indemnité de 464 033 €, sorte de golden parachute en cas de cessation de ses fonctions.

Le vie n’est pas dure pour tout le monde. Mais dites vous bien que ces gens-là sont tous ce qu’on appelle des libéraux. Il serait bon de vous en souvenir lors des élections.

Lien vers la liste des montants de retraite des hauts fonctionnaires européens


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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 15:03

Malgré l’impopularité de ses réformes, la suppression de milliers de postes, les coupes dans les budgets, la réforme du lycée ou de la formation, le gouvernement s’entête et reste sourd aux revendications. C’est « Cause toujours, tu m’intéresses ».

 

Après la décision du Ministre de l’Éducation Nationale, M. Luc Chatel, de supprimer l’Histoire et la Géographie comme matières obligatoires en Terminale Scientifique, voilà à présent des sujets fondamentaux que ce même ministère veut supprimer dans le programme de sciences économiques et sociales, faisant souffler un vent de colère chez les profs concernés.

 

Selon leur association, l’Apses, le ministère a choisi délibérément d’évacuer du programme de sciences économiques et sociales (SES) proposé en classe de seconde la plupart des questions de société qui y étaient abordées jusqu’à présent : « l’emploi et le chômage » ou encore « les revenus et les inégalités ». « Taire les questions de société, c’est renoncer à la dimension citoyenne que véhiculent tous les enseignements généraux du lycée », s’agace l’Apses. L’Union nationale des lycéens dénonce, elle, un programme « dogmatique » et demande au ministère de revoir sa copie.

Après l’histoire-géographie, c’est donc au tour des sciences économiques.

 

Quant au français, notre leader minimo l’a déjà réformé, si l’on s’en tient à son expression orale de lundi dernier chez ses amis de TF1.

 
Quelques exemples :

 

"si on dit plus qu'est ce qui va et qu'est ce qui va pas", on peut se demander, qu’est-ce qui ne va pas ?

 

Concernant son « repliement  communautaire », il peut toujours essayer de faire rentrer ce nouveau mot dans le dictionnaire. Peu de chance qu’il y parvienne puisqu’un terme existe déjà avec « repli ».

 

Pour le pluriel, notre président a besoin d’aide. Pour cela, ce n’est pas en supprimant les RASED (Réseau d'aide aux élèves en difficulté). En effet, ça fait désordre de parler de « nos principals concurrents », de « nos principals partnaires ». Faut-il rappeler au président que les noms se terminant en "al" font leur pluriel en "aux" à l'exception de aval, bal, chacal, carnaval, festival, récital et régal. 

 

Ce sont des bases lors de l’apprentissage, mot masculin dont le président parle en ses termes « l'apprentissage, elle a (plein de vertus) ». Et l’apprenti, a t’il des qualités ?

 

Pour conclure ce florilège « nous sommes la dernière génération qui peuvent sauver le monde ».

 

Aie aie aie, sauve qui peut, car pour sauver la langue française et l’enseignement, ce n’est pas sur Sarkozy qu’il faut compter.

 

 

 

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 23:37

« Nous n’avons pas besoin de traîtres qui nous rejoignent, qui quittent leur famille politique. »

Cette petite phrase a été prononcée par Dominique Bussereau, tête de liste UMP pour les régionales en Poitou-Charentes, mais également secrétaire d'Etat aux Transports et président du conseil général de Charente-Maritime. Quel cumulard !

Faisait-il allusion aux Eric Besson, Bernard Kouchner, Fadela Amara, Martin Hirsh, Jean Marie Bockel, personnalités classées à « gauche », mais qui ont rejoint le gouvernement Sarkozy.

Non point, il évoquait les candidats du Modem ayant rallié Ségolène Royal pour le 1er tour des régionales.

Mais sa sortie fait que les Besson, Kouchner, Amara, Hirsh, Bockel sont estampillés « traîtres » par Dominique Bussereau. On ne sait pas si ce sont les intéressés qui vont le moins apprécier, ou bien celui qui les a débauchés, un certain Nicolas Sarkozy ?


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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 17:22
Je reprends cette interview accordée par Emmanuel Todd au Monde à propos du débat sur l'identité nationale.

Démographe et historien, Emmanuel Todd, 58 ans, est ingénieur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED).

Inspirateur du thème de la fracture sociale, repris par Jacques Chirac lors de sa campagne présidentielle de 1995, il observe depuis longtemps la coupure entre élites et classes populaires. Il livre pour la première fois son analyse du débat sur l'identité nationale. Sans dissimuler sa colère. "Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature", estime-t-il.

Que vous inspire le débat sur l'identité nationale ?

Je m'en suis tenu à l'écart autant que possible, car ce débat est, à mes yeux, vraiment pervers. Le gouvernement, à l'approche d'une échéance électorale, propose, je dirais même impose, une thématique de la nation contre l'islam. Je suis révulsé comme citoyen. En tant qu'historien, j'observe comment cette thématique de l'identité nationale a été activée par en haut, comme un projet assez cynique.


Quelle est votre analyse des enjeux de ce débat ?

Le Front national a commencé à s'incruster dans le monde ouvrier en 1986, à une époque où les élites refusaient de s'intéresser aux problèmes posés par l'intégration des populations immigrées.

On a alors senti une anxiété qui venait du bas de la société, qui a permis au Front national d'exister jusqu'en 2007. Comme je l'ai souligné dans mon livre, Le Destin des immigrés (Seuil), en 1994, la carte du vote FN était statistiquement déterminée par la présence d'immigrés d'origine maghrébine, qui cristallisaient une anxiété spécifique en raison de problèmes anthropologiques réels, liés à des différences de système de moeurs ou de statut de la femme. Depuis, les tensions se sont apaisées. Tous les sondages d'opinion le montrent : les thématiques de l'immigration, de l'islam sont en chute libre et sont passées largement derrière les inquiétudes économiques.

La réalité de la France est qu'elle est en train de réussir son processus d'intégration. Les populations d'origine musulmane de France sont globalement les plus laïcisées et les plus intégrées d'Europe, grâce à un taux élevé de mariages mixtes. Pour moi, le signe de cet apaisement est précisément l'effondrement du Front national.


On estime généralement que c'est la politique conduite par Nicolas Sarkozy qui a fait perdre des voix au Front national...

Les sarkozystes pensent qu'ils ont récupéré l'électorat du Front national parce qu'ils ont mené cette politique de provocation, parce que Nicolas Sarkozy a mis le feu aux banlieues, et que les appels du pied au FN ont été payants. Mais c'est une erreur d'interprétation. La poussée à droite de 2007, à la suite des émeutes de banlieue de 2005, n'était pas une confrontation sur l'immigration, mais davantage un ressentiment anti-jeunes exprimé par une population qui vieillit. N'oublions pas que Sarkozy est l'élu des vieux.


Comment qualifiez-vous cette droite ?

Je n'ose plus dire une droite de gouvernement. Ce n'est plus la droite, ce n'est pas juste la droite... Extrême droite, ultra-droite ? C'est quelque chose d'autre. Je n'ai pas de mot. Je pense de plus en plus que le sarkozysme est une pathologie sociale et relève d'une analyse durkheimienne - en termes d'anomie, de désintégration religieuse, de suicide - autant que d'une analyse marxiste - en termes de classes, avec des concepts de capital-socialisme ou d'émergence oligarchique.


Le chef de l'Etat a assuré qu'il s'efforçait de ne pas être "sourd aux cris du peuple". Qu'en pensez-vous ?

Pour moi, c'est un pur mensonge. Dans sa tribune au Monde, Sarkozy se gargarise du mot "peuple", il parle du peuple, au peuple. Mais ce qu'il propose aux Français parce qu'il n'arrive pas à résoudre les problèmes économiques du pays, c'est la haine de l'autre.

La société est très perdue mais je ne pense pas que les gens aient de grands doutes sur leur appartenance à la France. Je suis plutôt optimiste : quand on va vraiment au fond des choses et dans la durée, le tempérament égalitaire des Français fait qu'ils n'en ont rien à foutre des questions de couleur et d'origine ethnique ou religieuse !


Pourquoi, dans ces conditions, le gouvernement continue-t-il à reprendre à son compte une thématique de l'extrême droite ?

On est dans le registre de l'habitude. Sarkozy a un comportement et un vocabulaire extrêmement brutaux vis-à-vis des gamins de banlieue ; il les avait utilisés durant la campagne présidentielle tandis qu'il exprimait son hostilité à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne dans un langage codé pour activer le sentiment antimusulman. Il pense que cela pourrait marcher à nouveau.

Je me demande même si la stratégie de confrontation avec les pays musulmans - comme en Afghanistan ou sur l'Iran - n'est pas pour lui un élément du jeu intérieur. Peut-être que les relations entre les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis, c'est déjà pour lui de la politique extérieure ? On peut se poser la question...

Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature. Comme un réflexe conditionné. Mais quand on est confronté à un pouvoir qui active les tensions entre les catégories de citoyens français, on est quand même forcé de penser à la recherche de boucs émissaires telle qu'elle a été pratiquée avant-guerre.


Quels sont les points de comparaison avec cette période ?

Un ministre a lui-même - c'est le retour du refoulé, c'est l'inconscient - fait référence au nazisme. (Christian Estrosi, le 26 novembre, a déclaré : "Si, à la veille du second conflit mondial, dans un temps où la crise économique envahissait tout, le peuple allemand avait entrepris d'interroger sur ce qui fonde réellement l'identité allemande, héritière des Lumières, patrie de Goethe et du romantisme, alors peut-être, aurions-nous évité l'atroce et douloureux naufrage de la civilisation européenne.") En manifestant d'ailleurs une ignorance de l'histoire tout à fait extraordinaire. Car la réalité de l'histoire allemande de l'entre-deux-guerres, c'est que ce n'était pas qu'un débat sur l'identité nationale. La différence était que les nazis étaient vraiment antisémites. Ils y croyaient et ils l'ont montré. La France n'est pas du tout dans ce schéma.

Il ne faut pas faire de confusion, mais on est quand même contraint de faire des comparaisons avec les extrêmes droites d'avant-guerre. Il y a toutes sortes de comportements qui sont nouveaux mais qui renvoient au passé. L'Etat se mettant à ce point au service du capital, c'est le fascisme. L'anti-intellectualisme, la haine du système d'enseignement, la chasse au nombre de profs, c'est aussi dans l'histoire du fascisme. De même que la capacité à dire tout et son contraire, cette caractéristique du sarkozysme.


La comparaison avec le fascisme, n'est-ce pas excessif ?

Il ne s'agit pas du tout de dire que c'est la même chose. Il y a de grandes différences. Mais on est en train d'entrer dans un système social et politique nouveau, qui correspond à une dérive vers la droite du système, dont certains traits rappellent la montée au pouvoir de l'extrême droite en Europe.


C'est pourtant Nicolas Sarkozy qui a nommé à des postes-clés plusieurs représentantes des filles d'immigrés...

L'habileté du sarkozysme est de fonctionner sur deux pôles : d'un côté la haine, le ressentiment ; de l'autre la mise en scène d'actes en faveur du culte musulman ou les nominations de Rachida Dati ou de Rama Yade au gouvernement. La réalité, c'est que dans tous les cas la thématique ethnique est utilisée pour faire oublier les thématiques de classe.

Propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon et Sylvia Zappi

Article paru dans l'édition du 27.12.09

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