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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 21:09

Le président qui a tracé la feuille de route de Manuel Valls avait déclaré dans un discours au Bourget le 22 janvier 2012, "mon véritable adversaire, c'est le monde de la finance... ". Il nous a démontré maintes fois que c'était du "pipeau". D'ailleurs on a appris que le rédacteur de son discours était Aquillino Morelle, l'un des conseillers les plus influents de François Hollande, pris dans la tourmente de conflits d'intérêts selon le site Mediapart, mais également au comportement de "petit marquis" puisqu'il abusait des privilèges de la République.

 

Valls est prêt à poursuivre ce qui a commencé sous l'ère Sarkozy, à savoir le gel du point d'indice de la fonction publique, pourtant gelé depuis 2010. Cependant, il y a une solution qui permettrait un apport bien plus conséquent avec 50 milliards en une seule année. Comment ? En gelant les dividendes versés par les entreprises françaises à leurs actionnaires et en reversant ces sommes au budget de l’État. Cela contribuerait à diminuer le déficit. Il paraît que la population n'est pas opposée au gel des rémunérations pour les fonctionnaires, j'ose espérer qu'elle le serait encore moins si on faisait sauter pour une année les dividendes versés aux actionnaires, puisque 50 milliards, c'est la somme qui leur a été versée l'an passé par les entreprises françaises.

 

Et puis si ce n'est pas assez, je rappelle que la fuite des capitaux vers les paradis fiscaux provoque chaque année un manque à gagner d'au moins 40, voire 50 milliards pour le budget de la France. Alors autant s'y attaquer dès à présent.

 

Par conséquent, à Valls de nous démontrer que le véritable adversaire de ce gouvernement c'est bien la finance et non pas ceux qui ne vivent que de leur travail. Cela éviterait de grever les collectivités locales (pour 11 milliards), la protection sociale (10 milliards d'euros sur les dépenses de l'assurance-maladie et 11 milliards sur la gestion du système social).

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 16:17

Tout le monde n'a pas la même notion de ce que sont des mesures austéritaires. A entendre ce matin Marisol Touraine, invitée d’Alexandra Bensaid sur France Inter, le plan annoncé par Manuel Valls, ce n'est pas de l'austérité; selon ses propos, l'austérité c'est la baisse des salaires, la baisse des ressources, alors que là, c'est seulement un effort collectif qui est demandé.

 

Quand il n'y a pas de revalorisation des retraites, du point d'indice pour les fonctionnaires, des salaires dans le privé, du RSA etc. pour moi, c'est une perte de pouvoir d'achat quand parallèlement les prix augmentent, que la TVA augmente etc.

 

Il s'agit bien par conséquent de mesures d'austérité qui vont grever le pouvoir d'achat des plus modestes et des classes moyennes.

 

Mais pour Michel Sapin, nouveau ministre de l'Économie et des Finances et Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé qui faisaient partie du quarteron encadrant Manuel Valls lors de la présentation de ces mesures, il est plus difficile de comprendre ce que signifie le terme « austérité » puisque tous deux sont assujettis à l'ISF. Quant à Christian Eckert, nouveau secrétaire d'Etat au Budget, autre membre présent avec également Marylise Lebranchu, je ne sais pas s'il était très à l'aise puisqu'il fait partie des députés ayant réclamé « un nouveau contrat de majorité » et un changement de cap politique. On voit quelle orientation a pris le changement ! Certains avalent leur chapeau sans problème.

 

Mais puisque ce gouvernement cherche 50 milliards, il est bon de lui rappeler que la fuite vers les paradis fiscaux provoque chaque année un manque à gagner d'au moins 40, voire 50 milliards pour le budget de la France selon un rapport sénatorial. Alors, comme le demande le Front de Gauche, ce gouvernement libéral doit cesser de chercher les milliards qui manquent sur les retraites, sur les allocations familiales, sur les services publics, sur les taxes, il doit cesser de ponctionner toujours plus ceux qui n'ont que leur travail pour vivre.

 

Les milliards qui lui manquent, il y a en a plus qu'il lui en faut dans cette fraude. Alors qu'il mette tout en œuvre pour les récupérer. Il est temps de changer de politique !

 

Quand Valls défend son plan d'austérité entouré par des imposables à l'ISF
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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 00:31

Le gouvernement n'est pas de gauche, s'il en fallait encore une preuve, Valls vient de la donner

 

En 2009, après la débâcle du PS aux européennes, le député socialiste de l'Essonne Manuel Valls préconisait de « transformer de fond en comble le fonctionnement du PS, de tout changer, le nom, parce que le mot socialisme est sans doute dépassé; il renvoie à des conceptions du XIX° siècle ».

 

Eh bien les mesures que compte prendre le 1er ministre Manuel Valls pour son plan d'économies de 50 milliards sont tout sauf des mesures sociales. Même sous Sarkozy le gouvernement Fillon n'était pas allé aussi loin.

 

Les fonctionnaires dont le point d'indice était gelé depuis 2010 verront ce gel prolongé jusqu'en 2017. C'est une véritable dégradation du pouvoir d'achat. Il y aura également le gel des prestations sociales jusqu'en octobre 2015. Cela concerne les pensions du régime de retraite de base, mais pourra concerner aussi les retraites complémentaires. Le niveau des autres prestations sociales ne sera pas non plus revalorisé jusqu’en octobre 2015, à l’exception des minimas sociaux qui continueront d’augmenter au rythme de l’inflation.

 

Ces mesures seront très défavorables pour le pouvoir d’achat des classes modestes et populaires. Deux milliards de non revalorisation des retraites, c'est moins que ce que va toucher la grande distribution avec le CICE (Crédit impôt compétitivité emploi) dont elle n'a pas besoin.

 

Les collectivités territoriales subiront une baisse des dotations de 11 milliards d'euros d'ici 2017. Pour la santé et la sécurité sociale les dépenses seront amputées de 21 milliards d'euros, c'est sans précédent.

 

Le cap de Manuel Valls est celui de l'austérité pour satisfaire l'Europe des marchés. Il est à la tête d'un gouvernement libéral, voire ultralibéral. Hollande et le gouvernement Valls veulent ignorer le message envoyé par les français lors des municipales. La colère va encore s'amplifier.

 

Pour les Européennes à venir, le seul vote à gauche sera le vote Front de Gauche.

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 23:09

Non content des milliards que Hollande et Valls donnent au Medef sans contrepartie dans le cadre du pacte de responsabilité (?), Pierre Gattaz le patron du Medef plaide à présent pour l’instauration d’un salaire «transitoire» inférieur au Smic pour permettre notamment aux jeunes d’entrer sur le marché du travail.

 

Lors de son discours de politique générale, Manuel Valls avait pourtant ajouté dans la corbeille de mariage du gouvernement PS avec le Medef une exonération totale des cotisations sociales patronales pour les salaires au niveau du Smic. Manifestement, ce n'est pas encore assez puisque même sans les cotisations, Gattaz trouve le SMIC encore trop élevé. Mais puisque ce gouvernement cède aux demandes du Medef à la vitesse grand V, Gattaz devrait aller plus loin encore dans ses demandes. Pourquoi pas le rétablissement de l'esclavage ?

 

N'est ce pas le socialiste Pascal Lamy qui prône d'« aller vers plus de flexibilité et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic ». Car « un petit boulot, c’est mieux que pas de boulot ». Pendant les huit années qu'il a passé à la tête de l'OMC, il a fait les louanges de la mondialisation capitaliste et avait même osé en 2009 en pleine crise financière mondiale, demander une augmentation de 32 % de son salaire (316 000 euros), qui lui sera finalement refusée. Et c'est cet homme-là qui trouve le SMIC trop élevé ! Cela n'a pas empêché François Hollande de lui remettre en 2013 les insignes de commandeur de la Légion d'honneur.

 

Si c'est Lamy du Président, pas plus que Gattaz il ne sera Lamy des smicards.

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 22:11

Quarante points d'écart de popularité selon le baromètre Ifop-JDD. C'est parait-il le résultat du sondage Ifop pour le JDD réalisé du 4 au 12 avril. La question était de savoir si les personnes étaient satisfaites ou mécontentes d'une part de F Hollande en tant que Président de la République et d'autre part de M Valls comme premier ministre.

 

Les médias aiment les sondages. Ils en demandent et redemandent au point que lors des dernières élections municipales, ils se sont lamentablement plantés, au moins autant que le PS. C'est une étude de l’Observatoire de la vie politique et parlementaire qui le dit. Il souligne que les enquêtes d’opinion réalisées avant le premier tour des élections municipales ont sous-estimé le Front national et surestimé le PS par exemple. Ces enquêtes ont pourtant été abondamment commentées dans les médias. Grands consommateurs d’enquêtes d’opinion pendant les campagnes, télés, radios, presse écrite et même certains sites internet commentent le moindre point gagné, la moindre inversion de courbes. Ils n'hésitent pas à commenter le second tour alors que le premier n'a pas encore eu lieu. Il en a été de même tout le week-end au sujet de cet écart de popularité entre Hollande et Valls.

 

Nommé depuis à peine une semaine, son gouvernement depuis un peu moins encore, son discours de politique générale prononcé seulement le 9 avril, je ne vois pas comment on peut se dire satisfait ou insatisfait de Valls en tant que 1er ministre. Qu'on se prononce sur la personne, passe, mais pas sur son action de 1er ministre. Et puis là aussi, les médias stimulent l'opinion, depuis combien de temps nous parlait-on de remaniement ? Valls était déjà présenté comme le sauveur, plus jeune, plus dynamique que son prédécesseur. Oublié son score minable aux primaires socialistes.

 

Et puis, quelle stupidité de juger la popularité. Est-ce ça qui intéresse les français ? Le seul changement qui se fait jour avec Valls, c'est une inflexion encore plus à droite. Que les personnes interrogées ne soient pas satisfaites de Hollande en tant que président se justifie par le non respect de ses engagements de campagne. Mais puisque Valls va mettre en œuvre la même ligne politique droitière tracée par Hollande dans sa conférence de presse de janvier, je ne vois pas la différence.

 

Mais pendant qu'on nous parle de l'impopularité de l'un et de la popularité de l'autre, on évite de parler des conséquences de leur politique, services publics démantelés, acquis sociaux mis à mal, un chômage dont la courbe ne s'inverse pas, la précarité qui s’étend, les jeunes qui galèrent, les salaires et les retraites en berne...

 

Alors populaires ou pas, c'est bien Hollande ET Valls qui vont nous faire les poches pour satisfaire le Medef.

 

 

 

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 23:54

Nous étions 100 000 samedi 12 avril à marcher entre République et Nation contre l'austérité, pour l'égalité et le partage des richesses et dire « Hollande, ça suffit ».

 

Les slogans étaient on ne peut plus clairs : « Quand on est de gauche, on taxe la finance », « Quand on est de gauche, on est du côté des salariés », « Quand on est de gauche, en Europe c'est l'humain d'abord ».

 

Après l'échec des municipales qui a vu la débâcle du parti socialiste, les forces de gauche étaient dans la rue pour dire à Hollande et Valls que c'est une autre politique qu'ils attendent. 

 

ÇA SUFFIT !

 

JL Mélenchon et P Laurent entourent Alexis Tsipras député grec et porte-parole de Syriza

JL Mélenchon et P Laurent entourent Alexis Tsipras député grec et porte-parole de Syriza

La banderole déployée sur la statue place de la République, au départ de la manifestation

La banderole déployée sur la statue place de la République, au départ de la manifestation

JL Mélenchon à l'arrivée place de la Nation

JL Mélenchon à l'arrivée place de la Nation

Le 12 avril, la gauche était dans la rue contre l'austérité
Le 12 avril, la gauche était dans la rue contre l'austérité
Le 12 avril, la gauche était dans la rue contre l'austérité
Le 12 avril, la gauche était dans la rue contre l'austérité
Le 12 avril, la gauche était dans la rue contre l'austérité
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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 18:42

En effet, ce n'est pas le remaniement gouvernemental ni la nomination de Valls qui peuvent laisser espérer ce changement politique attendu depuis mai 2012. Le cap Hollance-Valls est clair, LIBERAL ! Aucune ligne en faveur du progrès social.

 

Pitoyable gouvernement "socialiste". D'ailleurs conservera t-il  longtemps cette appellation ? C'est faire injure à ceux qui dans l'histoire de France ont agi pour le bien-être des hommes et pour le progrès social.

 

Demain 12 avril, la gauche de combat et de transformation répondra à l'appel de 200 personnalités, responsables syndicaux, associatifs et politiques, mais aussi acteurs et actrices du monde de la culture, des arts et du sport, qui ont signé ensemble un appel pour une grande marche nationale, de République à Nation. Une marche contre les politiques d’austérité et pour exiger l’abandon du pacte de responsabilité. Mais aussi porter l’espoir d’un rassemblement nouveau pour des alternatives et une juste répartition des richesses.

 

C'est d'une urgence absolue.

Samedi 12 avril, la vraie gauche doit se faire entendre
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 22:11

Geneviève Gaillard, la députée PS de la 1ère circonscription des Deux-Sèvres, qui vient de perdre la mairie de Niort, faisait partie des députés menaçant de ne pas voter la confiance au gouvernement Valls. On sait ce qu'il en a été au final.

 

Mais qui pouvait croire un instant que ces députés ne voteraient pas la confiance, au risque de faire chuter le gouvernement à peine mis en place. Le député Falorni, ancien secrétaire fédéral du PS de Charente-Maritime, lui qui avait battu Royal à la Rochelle après avoir été exclu du PS, a dit clairement pourquoi : « Je vote la confiance car si ce gouvernement échoue, il n'y aura pas de session de rattrapage. Nous devrons retourner devant les électeurs et on sait comment ça se finira. ». En effet, si tout ce monde devait retourner devant les électeurs, il y aurait en effet de fortes probabilités pour que beaucoup d'entre eux soient renvoyés à leurs études.

 

Et pourquoi ? Parce que ces députés socialistes ont depuis le début de la législature voté des textes de lois désastreux pour les français. Sur les retraites, sur la casse du droit du travail au travers de l'ANI, sur l'augmentation de la TVA sans contrepartie pour les ménages, et plus récemment avec le CICE, le pacte de responsabilité ; des cadeaux au patronat sans contreparties. Les classes populaires et moyennes se sentent trahies.

 

Alors, il n'y avait bien que les naïfs pour croire que ces 88 députés mettraient leur menace à exécution. Ils réclamaient un changement de cap politique alors qu'eux-mêmes ont voté les lois qui tournaient le dos aux engagements pris. Et aujourd'hui, Valls s'inscrit complètement dans la ligne droitière fixée par Hollande et … les députés de sa majorité ont voté la confiance et approuvé les 50 milliards d’euros qui vont être ponctionnés sur notre économie, sur la sécurité sociale, les collectivités, les salaires des fonctionnaires, bloqués depuis 4 ans déjà, tout ça pour ne pas risquer la dissolution et la perte de leur siège.

 

Ce n'est pas cela qu'attendaient les électeurs de gauche en leur apportant leur suffrage en 2012.

 

Raison de plus pour être nombreux le samedi 12 avril à 14 heures à marcher de République à Nation contre l'austérité, pour l'égalité et le partage des richesses, et dire « Maintenant, ça suffit ! ». On y retrouvera les députés du Front de Gauche, mais pas sûr du tout qu'on y voit beaucoup de ces députés soit-disant ″frondeurs″.

 

 

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 23:42

Ils étaient plus de 80 députés du PS réclamant « un nouveau contrat de majorité » et un changement de cap politique, menaçant sinon de ne pas voter la confiance au gouvernement Valls.

 

On allait voir ce qu'on allait voir … et on a vu 279 députés socialistes accorder leur confiance pour 11 abstentions. Les Verts qui avaient refusé de faire partie du gouvernement Valls parce qu'ils ne lui faisaient pas confiance ont accordé eux aussi leur confiance par 10 voix pour, 1 contre et 6 abstentions.

 

Finalement, la débâcle électorale des élections municipales sanctionnant un rejet de la politique gouvernementale menée depuis le début du quinquennat a obtenu pour toute réponse de Manuel Valls la poursuite de la politique qui vient d’être sanctionnée. Le patronat peut se frotter les mains. Avec le pacte de responsabilité et l'évolution sur la fiscalité des entreprises sans la moindre contre-partie, avec l’exonération totale des charges pour un SMIC, ses revendications sont reprises. Par contre pas de détail sur les 50 milliards d'euros prélevés dans les caisses de l'Etat, de la sécurité sociale et des collectivités territoriales.

 

Mais puisque la ligne politique n'a pas changé, pourquoi les députés frondeurs n'en sont restés qu'au stade de la menace, à l'exception de quelques uns ? Parce que le PS restera toujours le PS, un parti social démocrate qui a choisi le libéralisme. Il ne s'agissait que d'une manœuvre visant à faire croire que l'aile « gauche » est à gauche. Dès que Hollande et Valls ont sifflé la fin de la partie, ces frondeurs sont rentrés dans le rang.

 

Leur menace a tourné court, comme les promesses de campagne de Hollande ! 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 23:31

Ce n'est pas une claque, c'est un lynchage, une humiliation, une rouste magistrale, un uppercut de la gauche, un désaveu sans appel. François Hollande, qui se voulait "Normal premier" au point de faire concurrence aux livreurs de pizzas en motocyclette, celui qui déclarait la guerre à la finance, est ce matin tout nu, "en pelotas", et son ralliement joyeux, toute honte bue, au néolibéralisme : vomi par le peuple de gauche.

 

La sanction est désespérante. Les travailleurs n'aiment pas ceux qu'ils considèrent comme des repentis, et les apostats finissent toujours dans les trous noirs de l'histoire. Le vote de ce soir est d'abord un carton rouge au bilan du hollandisme. Il n'est pas une adhésion tsunamique aux droites, mais un naufrage des espoirs soulevés par des promesses finalement non tenues.

 

Les trahisons aux valeurs de gauche, aux marqueurs de classe, aux intérêts du plus grand nombre, aux besoins des plus faibles, des plus démunis, des exploités, se payent cash tôt ou tard. A force de faire un indécent bisou-bisou permanent avec le patronat, de se vautrer avec le Medef, de ramper devant Mme Merkel, de mépriser les syndicats, d'avilir notre pays, d'en faire une serpillère "transatlantique", de prendre aux pauvres pour donner aux riches, on n'a plus rien de socialiste ni même de social-démocrate. On devient une sorte de nouvelle droite et les gens préfèrent toujours l'original à la pale copie du transfuge.

 

Tout cela serait méprisable si l'adversaire de classe n'en profitait pas pour s'emparer de centaines de municipalités, pour faire main basse sur leur potentiel, pour balayer des années de " bouclier social ", de gestion démocratique et populaire, même dans un contexte de plus en plus difficile.


Tout cela serait méprisable, si ceux qui allaient trinquer étaient les barons, les notables, les " élites socialistes ", les cumulards, les qui-relèvent-de-l'impôt-sur-les-grandes-fortunes...

 

Non, non, ceux-là continueront à s'empiffrer, à grossir leur portefeuille, à se repaître des désastres sociaux, qu'ils ont eux-mêmes provoqués.


Non, non, ceux qui vont trinquer encore plus, serrer la ceinture, pleurer les fins de mois, sacrifier leur santé, l'avenir de leurs enfants, ce sont les ouvriers, les fonctionnaires, les retraités, les chômeurs, les précaires, les travailleuses, les petits paysans, les intermittents, "ceux d'en bas"...


Rien que pour cela, ces " socialistes " là, qui enterrent Jaurés, Allende, Negrin..., exigent d'être combattus et dénoncés comme il se doit. Ils ne connaissent que le rapport de forces, et n'avancent que lorsque le peuple les bouscule. L'heure est au déploiement et à la structuration d'un vrai Front de Gauche, socialo-indépendant, sur des principes et des valeurs de classe, avec un objectif clair : aller vers une société nouvelle anticapitaliste, que nous sommes nombreux à appeler " le socialisme du XXIe siècle ". Cela n'est nullement contradictoire avec la nécessité d'un parti communiste cohérent, fort, combattif, créatif, unitaire... Le peuple et la perspective socialiste en ont plus que jamais besoin.

 

Face au champ de ruines de ce dimanche, il n'y a plus de temps à perdre. Il n'y a pas de " plan B ", et il nous reste peu de cartouches. Le pire est devant nous si nous ne sommes pas capables d'affronter les défis à venir, notamment les Européennes, autrement que les municipales.

 

Ce n'est pas qu' Hollande n'a rien compris : il décline consciencieusement le programme du Medef, la politique de l'Union européenne, de la "troïka", avec conviction et sans scrupules. Et qu'importe quel sera le prochain premier ministre. Qu'il soit chasseur de Roms ou plus ratoureux, après avoir touché le fond, il ne touchera pas au fond.

 

La reconquête commence dès maintenant.

 

Jean Ortiz, universitaire communiste

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