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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 06:48

Cette lettre vaut aussi pour les Français à qui ça n'a pas été dit non plus.

 

Alexis Tsipras, le nouveau premier ministre de la Grèce, a envoyé ce courrier au journal Allemand Handelsblatt:

 

« Chers lecteurs de Handelsblatt,

 

Je sais d’avance que la plupart d’entre vous ont probablement une opinion déjà formée sur le contenu de cette lettre. Je vous invite, cependant, à la lire sans préjugés. Les préjugés n’ont jamais été un bon conseiller, et encore moins à un moment où la crise économique les renforce, en entretenant l’intolérance, le nationalisme, l’obscurantisme, et même la violence.

 

Avec cette lettre ouverte, je souhaite vous exposer un récit différent de celui qui vous a été fait au sujet de la Grèce depuis 2010. Et je tiens aussi et surtout à exposer avec franchise les projets et les objectifs de SYRIZA, si le 26 Janvier par le choix des électeurs devient le nouveau gouvernement grec.

 

En 2010, l’État grec a cessé d’être en mesure de servir sa dette. Malheureusement, les dirigeants européens ont décidé de faire croire que ce problème pourrait être surmonté par l’octroi du plus grand prêt jamais consenti à un état, sous condition que certaines mesures budgétaires seraient appliquées, alors que celles ci, manifestement, ne pouvaient que diminuer le revenu national destiné au remboursement des nouveaux et anciens prêts. Un problème de faillite a été donc traité comme s’ il s’ agissait d’un problème de liquidité. En d’autres termes, l’attitude adoptée, était celle du mauvais banquier qui, au lieu d’admettre que le prêt accordé à la société en faillite a « sauté », il lui accorde des prêts supplémentaires, prétextant que les anciennes dettes restent servies et prolonge ainsi la faillite à perpétuité.

 

Il s’agissait pourtant d’ une question de bon sens de voir que l’application de la doctrine «extend and pretend» [étendre les maturités de la dette et prétendre que payer les intérêts ne pose aucun problème] dans le cas de mon pays aboutirait à une tragédie. Qu’au lieu de stabiliser la Grèce, l’application de ce dogme installerait une crise auto-alimentée qui sape les fondations de l’UE.

 

Notre parti, et moi-même, nous nous sommes opposés à l’accord de prêt de mai 2010, non pas parce que l’Allemagne et nos autres partenaires ne nous ont pas donné assez d’argent, mais parce que vous nous avez donné beaucoup plus d’argent que ce qu’il fallait et que nous pouvions accepter. De l’argent qui par ailleurs ne pouvait ni aider le peuple grec puisqu’il disparaissait aussitôt dans le trou noir du service de la dette ni arrêter l’alourdissement continu de celle-ci, obligeant de la sorte nos partenaires prolonger ce fardeau à perpétuité aux frais des citoyens.

 

Et cette vérité était bien connue par les gouvernants allemands, mais ils n’ont jamais voulu vous la dévoiler.

 

Et en effet, et avant même que la première année ne se soit écoulée et depuis 2011, nos prévisions ont été vérifiées. L’enchaînement des nouveaux prêts aux réductions drastiques des dépenses a non seulement échoué à dompter la dette, mais il a par surcroît puni les citoyens les plus faibles, en transformant les citoyens ordinaires qui avaient un emploi et un toit à des chômeurs sans-abri qui ont tout perdu, de plus, leur dignité.

 

L’effondrement des revenus a conduit à la faillite de milliers d’entreprises, augmentant ainsi le pouvoir oligopolistique des entreprises qui ont survécu. De ce fait, les prix diminuaient moins que les revenus tandis que les dettes, publiques et privées, ne cessaient de s’alourdir. Dans ce contexte, où le déficit d’espoir a dépassé tous les autres déficits «l’œuf du serpent » n’a pas mis longtemps pour éclore – et les néo-nazis ont commencé à patrouiller les quartiers en semant la haine.

 

Malgré son échec manifeste, la logique de «extend and pretend» continue à s’appliquer systématiquement encore aujourd’hui. Le deuxième accord de prêt de 2012, a ajouté une charge supplémentaire sur les épaules affaiblies de l’état grec, en réduisant les fonds de pension, en donnant un nouvel élan à la récession, en finançant aussi une nouvelle kleptocratie avec l’argent de nos partenaires.

 

Des commentateurs sérieux ont parlé récemment de stabilité et même de croissance à propos de mon pays pour « prouver » que les politiques appliquées ont été efficaces. Aucune analyse sérieuse ne soutient cette «réalité» virtuelle. L’ augmentation récente de 0,7% du revenu national réel ne marque pas la fin de la récession mais sa poursuite, puisqu’elle a été réalisée dans une période d’inflation de 1,8%, ce qui signifie que (en euros) le revenu national a continué de baisser. Simplement, il diminue moins que la moyenne des prix – tandis que les dettes augmentent.

 

Cet effort de mobilisation des «statistiques grecques», pour démontrer que l’application de la politique de la troïka est efficace en Grèce, est outrageant pour tous les européens qui ont enfin le droit de connaître la vérité.

 

Et la vérité est que la dette publique grecque ne peut pas être honorée tant que l’économie sociale grecque se trouve en situation de simulation de noyade budgétaire (fiscal waterboarding) .

 

En outre, persévérer dans ces politiques misanthropes et sans issue, dans le refus de reconnaître une simple question d’arithmétique, coûte au contribuable allemand et condamne en même temps un peuple fier à l’indignité. Et le pire: de cet fait, les Grecs se retournent contre les Allemands, les Allemands contre les Grecs, et l’idée d’une Europe Unie Démocratique est offensée cruellement.

 

L’Allemagne, et plus particulièrement le contribuable allemand qui travaille dur n’a rien à craindre d’un gouvernement SYRIZA. Au contraire. Notre objectif n’est pas d’entrer en conflit avec nos partenaires. Notre objectif n’est pas d’obtenir des prêts supplémentaires ou un blanc-seing pour de nouveaux déficits. Notre objectif est la stabilité économique, des budgets primaires équilibrés et, bien sûr, la cessation des saignées fiscales opérées sur les contribuables depuis quatre ans par un accord de prêt inadéquat aussi bien pour la Grèce que pour l’Allemagne. Nous exigerons la fin de l’application du dogme «extend and pretend» non pas contre le peuple allemand, mais pour le bénéfice de nous tous.

 

Je sais, chers lecteurs, que derrière les demandes d’une «stricte application des accords» se cache la peur que « si nous laissons les Grecs de faire ce qu’ils veulent, ils vont refaire le même coup». Je comprends cette inquiétude. Mais ce n’était pas SYRIZA qui a érigé en institutions dans mon pays la collusion des intérêts privés et la kleptocratie qui feignent de se soucier de l’observation «des accords» et des réformes puisque celles ci ne les affectent pas, comme le démontrent les quatre dernières années des réformes engagées par le gouvernement Samaras sous la direction de la troïka. Nous, nous sommes prêts à entrer en conflit avec ce système afin de promouvoir des réformes radicales au niveau du fonctionnement de l’état, en établissant la transparence de l’administration publique, la méritocratie, la justice fiscale, la lutte contre le blanchissement d’argent. Ce sont ces réformes que nous soumettons à l’appréciation des nos citoyens aux prochaines élections.

 

Notre objectif est la mise en place d’ un New Deal pour l’ensemble de la zone euro qui permettra aux grecs comme à l’ensemble des peuples européens de respirer, de créer, de vivre avec dignité. Avec une dette publique socialement viable. Avec une croissance qui est stimulée par des investissements publics financés – seul moyen de sortir de la crise – et non pas par la recette échouée de l’austérité qui ne fait que recycler la récession. En renforçant la cohésion sociale, la Solidarité et la Démocratie.

 

Le 25 Janvier en Grèce, une nouvelle opportunité surgit pour l’Europe. Ne ratons pas cette chance ».

 

(Traduction:Vassiliki Papadaki)

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 08:47

Dans un pays qui n'a pas grand chose à voir avec le communisme, Manuel Valls a tenu des propos dignes d'un dirigeant libéral, et qui n'ont pas grand chose à voir avec ce qu'on est en droit d'attendre d'un socialiste.

 

Terminant le 31 janvier sa visite de trois jours en Chine, dans un discours prononcé à Shangaï, le premier ministre a fait des déclarations propres à rassurer les investisseurs chinois. Ses propos étaient dans la droite ligne du tournant libéral de ce gouvernement. On sait que Valls « aime l'entreprise », il l'a suffisamment déclaré au Medef, et là-bas, devant des chefs d'entreprises, il a répété que la France ouvrait grand les bras aux investisseurs chinois.

 

Dans son allocution, il a prononcé ces quelques mots en Chinois : « Bienvenue en France », puis il leur a dit « Nous investissons beaucoup en Chine, venez faire de même en France ».

 

Et au cas où ces dirigeants chinois exploiteurs seraient effrayés par le modèle social français, Manuel Valls a tout fait pour les rassurer en leur présentant notre système de la façon dont il rêve de le mettre en place. A vous de juger.

 

« La France dispose de multiples atouts.  Les entreprises chinoises sont les bienvenues en France. L'image selon laquelle nous ne réformons pas notre marché du travail, et qu'il est impossible de licencier en France est une image fausse. La France est compétitive, c'est l'OCDE qui le dit. La protection de l'emploi est plus élevée en Allemagne qu'en France. On parle aussi beaucoup des 35 heures mais ce n'est qu'une durée de référence. Et on travaille en moyenne davantage en France qu'en Allemagne. » 

 

Et il n'y a pas que les entreprises qu'il souhaite attirer, mais aussi les touristes, pourtant déjà nombreux, en leur promettant l'ouverture des magasins le dimanche.

 

« Comme vous le savez peut-être, pour répondre à ce flux de touristes, nous sommes en train de faire voter au Parlement l'assouplissement de la réglementation concernant le travail du dimanche, afin que les touristes, notamment chinois, puissent faire leurs achats également ce jour-là. Le samedi, [ils] iront à Versailles et au Louvre, et le dimanche, ils feront leurs courses non plus à Londres mais à Paris. »

 

Ah j'oubliais, Manuel Valls avait ajouté, « je crois que le message est clair ». En effet, tous les jours le Code du travail fait l'objet d'une véritable tentative de démantèlement de la part du Medef et de ses représentants qui le juge trop contraignant. Eh bien Manuel Valls le "socialiste" décomplexé valide ce démantèlement en Chine. Le message est clair en effet.

 

A bon entendeur ...

 

Capture écran

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 19:05

 

Ce samedi après-midi à Madrid, à l'appel du parti de gauche radicale Podemos, des dizaines de milliers d'espagnols ont marché pour le changement, pour dire non à l'austérité. Un tweet de Podemos disait ceci : " Une image vaut plus que mille palabres. Merci à tous ceux qui ont rendu ceci possible ".

 

Ce message était accompagné des prises de vue suivantes.

 

Après le succès de Syriza il y a une semaine, les dirigeants européens feraient bien d'entendre ce nouveau message anti-austérité, à commencer par le président de la commission européenne J.C Juncker qui déclarait après le succès de Syriza « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. »

 

Un spectre hante les classes dirigeantes européennes et le monde de la finance : c'est la démocratie, car ils voudraient que tout continue comme avant, mettre les peuples à genoux au mépris du suffrage universel.

 

Hors de question de se soumettre à la dictature de la finance. La voix des peuples est en train de monter.

 

 

 

Juncker, entends-tu la voix des peuples contre l'austérité ?
Juncker, entends-tu la voix des peuples contre l'austérité ?
Juncker, entends-tu la voix des peuples contre l'austérité ?
Juncker, entends-tu la voix des peuples contre l'austérité ?
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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 22:46

C'est une réaction d'indignation que j'ai eu à la lecture d'un pareil titre. C'est en page "monde" du quotidien local (La Nouvelle République) que j'ai trouvé ce titre. L'article n'était pas signé. En cherchant sur leur site internet, un autre article de la veille au soir titrait « le gouvernement Tsipras assomme les marchés avec des annonces tous azimuts ». En poussant plus loin les recherches, j'ai retrouvé ces mêmes titres repris tels quels dans nombre de journaux de la presse quotidienne régionale, et même nationale puisque ce titre est repris dans Libération. La raison est toute simple, c'est ni plus ni moins que l'information partisane diffusée par une agence de presse, l'AFP dans le cas présent.

 

Dès le premier jour de la mise en place du gouvernement d'Alexis Tsipras, Syriza met en œuvre les premières mesures du programme sur lequel il a été élu. Quoi de plus normal. Mais une agence de presse censée délivrée de l'information considère que Syriza assomme les banques et les marchés. Il ne lui serait pas venu à l'idée d'écrire que Syriza mettait déjà en œuvre son programme. Mais c'est vrai que voir un parti porté au pouvoir et mettre en œuvre ses promesses électorales, ça nous change de ce qui se passe en France.

 

Mais au-delà de ces réflexions, ce titre est du parti pris. Tout au long de sa campagne, Syriza annonçait clairement les choses, et les médias de notre pays, à l'exception d'une infime minorité, relayaient plus facilement les désirs de la Troika de voir se poursuivre la politique d'austérité en Grèce et souhaiter que les sortants soient reconduits. Ces médias veulent-ils pleurer aujourd'hui sur le sort des banques et des marchés financiers ? Il en est de même de l'agence de notation Goldman Sachs qui menace de baisser la note de la Grèce si elle ne poursuit pas la politique d'austérité menée jusqu'à présent alors qu'elle a aidé la Grèce à maquiller ses comptes en 2001.

 

Eh bien, la démocratie a parlé et la Grèce nous montre l'exemple en voulant en finir avec cette soumission à la finance. Et les médias qui osent aujourd'hui titrer que les banques ou les marchés sont assommés par les premières mesures prises par le gouvernement Syriza, avaient ils fait des titres tels que « La finance étrangle le peuple grec » ? Malheureusement non !

 

Ce peuple grec qui a été assez pillé a dit, non ça suffit ! Les médias feraient bien d'en tenir compte.

 

Un petit renvoi sur des billets traitant de cet étranglement :

 

mai 2010 - Ils ne viennent pas en aide au peuple grec, mais aux financiers !

février 2012 - La légitime révolte du peuple grec

mai 2012 - Christine Lagarde est très mal placée pour donner des leçons au Grecs

juin 2013 - Grèce, quand il ne restera plus rien

 

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 23:25

Le Trombinoscope est un annuaire du monde politique français créé en 1981 par un journaliste parlementaire. Outre le fait qu'il contient les biographies de milliers de personnalités politiques, il a aussi la particularité de décerner plusieurs prix annuels, le ministre de l'année, la révélation politique de l'année etc.

 

Ces prix sont décernés par un jury de journalistes, et ils viennent de consacrer en tant qu' « élu local de l'année » le maire FN de Hénin-Beaumont. Voilà le pouvoir de cette médiacratie avec les Arlette Chabot (Europe 1), Laurent Joffrin (Libération), Christophe Barbier (L'Express ) Gilles Leclerc (Public Senat) et consorts, qui, non contents d'avoir accompagné la montée FN, décernent le prix de l'élu à un maire FN.

 

Est-ce pour glorifier certaines mesures prises par ce maire ? Par exemple l'expulsion de la Ligue des Droits de l'Homme d'un local municipal dont elle bénéficiait gratuitement. Une procédure de recouvrement est également entamée pour les cinq dernières années, le nouveau maire considérant que la gratuité était illégale. Est-ce pour avoir pris un arrêté anti-mendicité concernant les Roms, arrêté retoqué par la justice. Est-ce pour avoir pris la décision de ne plus inviter le PCF aux commémorations. Est-ce pour ses menaces envers les syndicats ?

 

Ces journalistes qui lui ont décerné ce prix arboraient probablement le « Je suis Charlie » tout récemment, défendant ainsi la liberté d'expression. Mais cela ne les a manifestement pas gêné de distinguer un élu qui appartient à un parti, le FN, qui interdit à certains médias de fréquenter ses réunions publiques (Mediapart, le Petit Journal entre autres). Drôle de façon de louer la liberté d'expression !

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 23:31

Mon billet d'hier portait sur les premières déclarations du PS suite aux élections législatives en Grèce. D'autres responsables du PS ont joué également les tartufes depuis.

 

C'est Claude Bartolone, le président de l'Assemblée Nationale qui déclare : « Si j'avais été grec, j'aurais voté Syriza ».

 

Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale y va aussi de son couplet  : « Nous partageons beaucoup de choses en commun [avec Syriza]. » Lui aussi évoque la volonté partagée « de réorienter la construction européenne, de sortir des politiques d’austérité ». Ah bon ? Mais que font alors les députés PS à soutenir une politique d'austérité ?

 

Et c'est aussi Julien Dray, qui pour être à l'heure, fustige les « politiques d’austérité qui ne donnent pas de résultats ». Et il ajoute, « une partie de la gauche de la gauche risque d’avoir des désillusions parce que le programme de Tsipras est plus un programme de social-démocratie que proche de Jean-Luc Mélenchon. »

 

Et pour emballer le tout Stéphane le Foll, porte-parole du gouvernement déclare sans détour : « Je sais une chose : il n’y aura pas d’alternative à gauche (en France), la gauche c’est celle qui gouverne aujourd’hui. »

 

Plus à gauche qu'eux, tu meurs.

 

On n'attend plus qu'un revirement du commissaire européen Moscovici, qui déclarait avant les élections « un tel travail a été fait par les autorités grecques, tant d’efforts, tant de choses accomplies que ce serait dommage de ne pas continuer ». Ces derniers jours, il avait déclaré « une dette n’est pas faite pour être effacée, elle existe, elle doit être remboursée ».

 

Leur allié en Grèce c'était le PASOK qui allié à la Nouvelle Démocratie a appliqué avec rigueur le programme d'austérité dicté par la Troika. Et c'est avec un projet de gouvernement contre cette politique là que Syriza l'a emporté ; leur projet est le contraire de ce que fait le PS en France.

 

Un exemple : Alors que chez nous le gouvernement est en train de privatiser l'aéroport de Toulouse, avec l'objectif de poursuivre avec Lyon et Nice, eh bien à peine nommé, le nouveau ministre grec de la marine marchande vient de déclarer « La privatisation du port du Pirée s'arrête dès maintenant ».

 

On juge aux actes, pas sur les paroles.

 

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 12:14

Dans un communiqué de son secrétaire national à l’Europe Philip Cordery, le PS s’est félicité dimanche soir « de la victoire des forces de gauche en Grèce », « une bonne nouvelle pour le peuple grec ». « La ligne anti-austérité est aujourd’hui renforcée en Europe. Depuis 2012, François Hollande et les leaders sociaux-démocrates sont à l’œuvre pour réorienter l’Union européenne. Ils trouveront en Alexis Tsipras un nouvel allié ». « C’est unie que la gauche fera triompher l’Europe de la croissance, de l’emploi et de la solidarité ».


 

Et le premier secrétaire du PS y va aussi de son petit couplet : « La victoire d’un parti de gauche est toujours une bonne nouvelle pour le Parti socialiste », a réagi sur Twitter Jean-Christophe Cambadélis.


 

De quoi être plié de rire face à tant d'hypocrisie quand on sait que les dirigeants du PS préféraient Samaras, le 1er ministre de la coalition Nouvelle démocratie – PASOK (le PS grec), et participaient au concert de menaces, évoquant la sortie de la Grèce de la zone euro en cas de victoire de Syriza.


 

Improbable d'imaginer le PS qui se félicite de la victoire de la gauche radicale qu'il vilipende en France. Eh oui, le pendant de Syriza en France, c'est le Front de Gauche qui au niveau européen est regroupé au sein du Parti de la gauche européenne (European Left). Cette gauche européenne a pour président Pierre Laurent secrétaire national du PCF et quatre vice-présidents dont Alexis Tsipras, le leader de Syriza. Les parlementaires européens du PS siègent quant à eux aux côtés de ceux du PASOK grec qui vient de réaliser moins de 5% des voix et qui ont mené le peuple grec à une situation catastrophique.


 

Le PS a oublié qu'en mai 2012, Alexis Tsipras s’est rendu à Paris afin de rencontrer les principaux dirigeants politiques de la gauche française. Sachant que les français venaient d’élire un homme se réclamant du socialisme, A Tsipras eut l’impertinence de demander à être reçu par un de ses représentants. Et la réponse fut… NON ! Alexis Tsipras fut par contre fièrement accueilli par les représentants du Front de Gauche et il avait tenu en leur compagnie une conférence de presse à l’assemblée nationale, ainsi qu’un court meeting, sous la pluie.


 

Si le PS est fier du résultat de Syriza aujourd'hui, serait-ce qu'il a l'intention de dire non à l'austérité, non à la politique libérale que mettent chaque jour en oeuvre François Hollande et le gouvernement de Manuel Valls ?


 

Justement, le parlement va débattre de la Loi Macron qui libéralise davantage l'économie et le marché du travail, eh bien, en ne soutenant pas ce texte, ils ont une occasion de prouver que leurs félicitations sont sincères !

 

 

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 22:10

Dans mon billet publié au lendemain des rassemblements du 11 janvier, je m'étais contenté de reproduire la couverture de l'Humanité avec cette foule impressionnante rassemblée place de la République et sur la dernière de couverture, ce carré blanc, orphelin du dessin hebdomadaire de Charb. Je disais aussi vouloir faire part de mon ressenti dans un billet à venir.

 

On a entendu le gouvernement parler à ce sujet d'unité nationale, de la solidarité de la communauté internationale. Pour ma part, pas un instant je n'ai cru que tous manifestaient pour la défense de la liberté d'expression, la démocratie, la tolérance. Je crois que ce qui a réuni ces millions de personnes, c'est le besoin de dire non à cette barbarie, au terrorisme et de manifester une certaine compassion pour les victimes. Quant à la présence de nombreux chefs d'états étrangers ou de leurs représentants, si la raison des rassemblements n'avait pas été aussi grave, il y aurait de quoi en mourir de rire. Comment certains ont-ils pu défiler pour la liberté d'expression, contre la haine, symbolisées ce jour-là par le « Je suis Charlie ».


Parmi ceux qui entouraient François Hollande :


M. Ahmet Davotoglu, premier ministre de Turquie, l’une des plus grandes prisons de journalistes et dont on sait les compromissions honteuses avec le prétendu « État Islamique »

 

Benjamin Netanyahou, premier ministre d’Israël alors que 16 journalistes palestiniens ont été tués en 2014 par les forces de sécurité israéliennes.

 

Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie d’une Russie qui musèle sa télévision et réprime de nombreux journalistes.

 

Antonis Samaras, le premier ministre grec qui en juin 2013 a ordonné sans préavis la fermeture de la chaîne de radiotélévision publique ERT entraînant la mise à la porte de près de 2 700 salariés.

 

Nizar al-Madani, représentant de l'Arabie Saoudite où une femme accusée de meurtre a été décapitée de trois coups de sabre dans la rue le lendemain du rassemblement parisien, où le blogueur Badawi a été condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour avoir osé critiquer la police religieuse. Les coups doivent être donnés par 50 chaque vendredi, jour de prière, en public. L'exécution de la sentance a commencé.

 

Victor Orban le premier ministre hongrois, qui a fait main basse sur les médias de son pays en faisant voter en 2010 une loi très restrictive sur les médias, qui donne au gouvernement un contrôle étendu sur l'information.


La reine de Jordanie dont le pays est lui aussi coutumier des arrestations de ses journalistes jugés dissidents.

 

Ali Bongo le président gabonais qui tient son pays d'une main de fer. La liberté d’expression y a connu un recul au cours de ces dernières années avec des interpellations de journalistes et éditeurs de presse d'opposition.
 

M. Rajoy, premier-ministre espagnol, qui vient de faire voter une loi restreignant le droit de manifester. Comment peut-il défendre la liberté ce jour-là alors qu’il l’étrangle dans son pays ?

 

Et que dire des Merkel et autres Juncker pour ne citer qu'eux, dont les mesures d'austérité contribuent à ériger les murs d'injustice qui divisent notre société.

 

Les Charb, Wolinski, Cabu, Honoré, Tignous, Ourrad, Elsa ou Maris auraient eu matière pour leur dessins ou chroniques en voyant ces ennemis de la liberté fouler quelques hectomètrres du pavé parisien et tenter de récupérer cet élan populaire contre la haine et pour la liberté d’informer.


 

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 15:40

Dans une tribune dans Politis, l’universitaire Maryse Souchard remercie le héros de la prise d’otages de l’Hypercasher d’avoir accepté de rejoindre notre communauté nationale, malgré le premier accueil de la police.

 

Cher Monsieur Bathily,
Cher Lassana
,

 

Tu permettras que je te tutoie, je tutoie tous mes amis.


Je viens d’abord te souhaiter la bienvenue dans notre grande communauté nationale où je veux, comme toi, que nous vivions tous égaux et libres indépendamment de nos religions, de notre athéisme, de nos origines, de notre fortune, de la couleur de notre peau, de notre âge, de notre sexe ... Je viens surtout te présenter mes excuses les plus sincères pour la manière dont tu as été traité à ta sortie du supermarché. Si la presse a beaucoup vanté ton courage, j’ai lu bien peu d’excuses ou de regrets sur la manière dont la police t’a accueilli : plaqué au sol, fouillé, menotté, enfermé dans le fourgon de police pendant 1h30. Et j’imagine les paroles qui ont dû accompagner ces actes.

 

Je SAIS que cela est arrivé à cause de la couleur de ta peau. Si tu avais eu la peau blanche, l’accueil aurait très certainement été différent, moins méfiant, n’est-ce pas ?

 

Cela s’appelle aussi un « délit de faciès », mais il s’agit bien de RACISME, ce racisme rampant, insidieux, hypocrite, lâche qui a toujours de « bonnes excuses », de « bonnes raisons ».

 

Alors, je te demande de bien vouloir accepter les excuses que je te présente en mon nom et au nom de tous ceux et toutes celles qui, comme moi, veulent vivre et voir vivre leurs enfants et leurs petits-enfants dans un monde différent où la couleur de la peau, la religion ou son absence, la fortune, l’origine, l’âge, le sexe ne porteront plus aucune discrimination.

 

Et je te remercie d’avoir accepté, malgré ce que tu viens de vivre, de rejoindre notre communauté nationale. Tu nous rends fiers d’être français, tu nous rends fiers d’être humain.

 

Avec mes amitiés fidèles,

 

Maryse Souchard [1]

 

Post-scriptum : J’ai failli oublier ... Il faudrait aussi des explications pour comprendre pourquoi la nationalité française ne t’a pas été accordée plus tôt. Elle dépendrait donc désormais d’exploits, garantie d’un « bon citoyen » ?

 

[1] Maître de Conférences HC en Sciences de la Communication et de l’Information à l’université de Nantes/IUT de La Roche-sur-Yon, Maryse Souchard est l’auteur de plusieurs livres sur l’extrême droite, dont Le Pen-Les Mots. Analyse d’un discours d’extrême-droite (avec S. Wahnich, I. Cuminal, V. Wathier - Le Monde éditions, 1997/La Découverte 1998) et le populisme (Les Nouveaux (?) Populismes, M’éditer, Nantes, 2008).

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 08:34

Hier soir se tenait au gymnase Jappy à Paris un meeting pour soutenir le droit du peuple grec à prendre en main son destin. On ne peut se résigner à la perspective d'une austérité perpétuelle. " L'arrivée au gouvernement d'une force de rupture avec l'austérité en Grèce peut ouvrir la voie à un bouleversement politique à l'échelle européenne ", c'est l'appel cosigné par les partis composant le Front de Gauche (PCF, PG, Ensemble) Nouvelle Donne, EELV et des organisations syndicales de la CGT et de SUD, ainsi que des associations comme ATTAC et la Fondation Copernic. C'est dans ce même élan de solidarité que s'inscrit le journal l'Humanité.

 

Le meeting de soutien à Syriza au gymnase Jappy

Le meeting de soutien à Syriza au gymnase Jappy

Ce qu'en dit Thomas Piketty dans l'Humanité du 19 janvier :

 

« Pour une refondation démocratique de l’Europe »

 

Alors même que l’économie est repartie partout ailleurs, aux États-Unis comme dans les pays de l’Union européenne restés en dehors de la zone euro, le nouveau traité budgétaire adopté en 2012 sous la pression de l’Allemagne et la France, qui organise l’austérité en Europe (avec une réduction excessivement rapide des déficits et un système de sanctions automatiques totalement inopérant), a conduit à une récession généralisée en zone euro. En vérité, une monnaie unique ne peut fonctionner avec 18 dettes publiques et 18 taux d’intérêt sur lesquels les marchés financiers peuvent librement spéculer. Il faudrait investir massivement dans la formation, l’innovation et les technologies vertes. On fait tout le contraire.

 

Le plus triste, dans la crise européenne, est l’entêtement des dirigeants en place à présenter leur politique comme la seule possible, et la crainte que leur inspire toute secousse politique susceptible d’altérer cet heureux équilibre. Face à cet entêtement, on peut se poser la question de savoir quels chocs pourraient permettre de faire bouger les lignes ? Il y a, en gros, trois possibilités : une nouvelle crise financière ; un choc politique venant de la gauche ; ou bien un choc politique venant de la droite. Les dirigeants européens actuels devraient avoir l’intelligence de reconnaître que la deuxième possibilité est de loin la meilleure : les mouvements politiques qui prospèrent aujourd’hui à la gauche de la gauche, comme Podemos en Espagne ou Syriza en Grèce, sont fondamentalement internationalistes et pro-européens. Plutôt que de les rejeter, il faudrait au contraire travailler avec eux pour formuler les contours d’une refondation démocratique de l’Union européenne. Faute de quoi, on risque fort de se retrouver avec un choc autrement plus inquiétant, venu de la droite : compte tenu du mode de scrutin, il est tout à fait possible que le FN emporte des régions lors des régionales de décembre 2015.

 

On peut aussi, car c’est encore l’heure des vœux, espérer l’impossible. Au point où il en est, François Hollande serait bien inspiré de reconnaître ses erreurs de 2012, et de tendre la main à l’Europe du Sud, afin de formuler enfin des propositions audacieuses pour notre continent.

 

Aujourd’hui, il ne suffit plus de s’excuser : il est temps de reconnaître que ce sont les institutions européennes elles-mêmes qui sont en cause, et que seule une refondation démocratique de l’Europe permettrait de mener des politiques de progrès social. Concrètement, si l’on veut vraiment éviter que de nouveaux scandales LuxLeaks ne se reproduisent, il faut sortir de la règle de l’unanimité en matière fiscale, et prendre toutes les décisions concernant l’imposition des grandes sociétés (et idéalement des plus hauts revenus et des plus grandes fortunes) suivant la règle de la majorité. Et si le Luxembourg et d’autres pays le refusent, cela ne doit pas empêcher les pays qui le souhaitent de constituer un noyau dur avançant dans cette voie, et de prendre les sanctions qui s’imposent contre ceux qui continuent de vouloir vivre de l’opacité financière.

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