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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 22:18

Oui, un mépris de classe ! En septembre dernier, parlant des licenciements aux abattoirs Gad en Bretagne, il disait, « il y a dans cette société une majorité de femmes, pour beaucoup illettrées ». Il s'est ensuite excusé pour ces propos. Mais cet ancien banquier de chez Rothschild ne peut s'empêcher de culpabiliser ceux qui connaissent des difficultés. Il vient de faire une nouvelle sortie ce mercredi 18 février 2015. Invité dans la matinale de BFMTV et RMC , le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a déclaré que « s’il était chômeur, il n’attendrait pas tout de l’autre. Il essaierait de se battre d’abord ».

 

Les 5 millions de chômeurs et précaires attendraient trop des autres ? En tous cas pas ce genre de déclaration ! Ils attendaient par contre autre chose de ce gouvernement qui donne au Medef sans contrepartie. Les milliards du CICE sont allés aux entreprises mais le million d'emplois promis par Gattaz, on n'en a rien vu. Et pour les salariés qui se battent pour sauver leurs emplois, la loi Macron va rendre encore plus facile leurs licenciements.

 

Le ministre de l'économie était banquier chez Rothschild. A ce titre, de 2009 à 2012 (années fiscales), M. Macron a gagné 2,884 millions d'euros selon le calcul de l'AFP à partir de la déclaration d'intérêt et de patrimoine faite lors de son entrée au gouvernement. Il indique posséder un appartement parisien de 83 mètres carrés estimé à 935.000 euros. Il déclare un prêt de 350 000 euros concernant des « travaux résidence secondaire » alors qu'aucune résidence secondaire n'est mentionnée dans ses biens immobiliers. C'est peut-être pour la propriété de madame au Touquet. Toujours est-il qu'il n'est pas redevable de l'ISF...

 

Comment ce personnage ose t-il vilipender les privés d'emploi ? Il vit dans un autre monde et fait à nouveau preuve d'un mépris de classe, comme ce gouvernement socialiste qui méprise ceux qui l'ont élu en trahissant les engagements pris en 2012.

 

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 22:08

La méthode que vient d'utiliser Manuel Valls en engageant la responsabilité de son gouvernement sur le texte de la loi Macron est un aveu de faiblesse. Le pouvoir avoue qu’il n’a plus de majorité au Parlement, comme il n’en a plus d'ailleurs dans le pays.

 

En recourant à cet article, le projet de loi est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure déposée dans les 24 heures est votée par l’Assemblée. Si la motion de censure est votée, le gouvernement doit démissionner.

 

L’article 49-3 qui permet l’adoption de loi sans l’assentiment des députés est certainement le plus anti-démocratique de la Constitution. François Hollande s’était engagé à le supprimer. Ecouter ce qu'il en disait. Non seulement il ne l’a pas fait, mais il l’utilise contre le droit social hérité des luttes syndicales, sociales et politiques portées par la gauche depuis le XIXème siècle. Comme l'a souligné la députée Front de Gauche Jacqueline Fraysse, « le gouvernement amplifie son programme ultralibéral de recul considérable des droits sociaux, de désengagement de l’État et de privatisation massive (...) ; ce texte n’apportera ni croissance ni activité ».

 

Avec la loi Macron, la mise en pièces du droit du travail se poursuit. La seule solution reste qu'une majorité de députés vote la motion de censure, sinon le projet de loi serait adopté. 

 

 

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 21:43

L'amnésie ne doit pas être une règle. Rappeler les promesses non tenues est un devoir citoyen.

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 23:00

« Imaginer créer de l'emploi en faisant travailler dans tous les secteurs le dimanche » c'est « une mauvaise idée », et « obliger de sacrifier sa vie de famille pour avoir un peu plus de pouvoir d'achat », ce n'est pas « un bon système de rémunération ». C'est un député nommé François Hollande qui déclarait ceci en 2009 au moment de la bagarre contre la loi Mallié autorisant le travail dominical. Il était dans l'opposition à l 'époque.

 

Le porte -parole du groupe socialiste de l'époque, André Vallini, à présent membre du gouvernement, estimait lui aussi que permettre le repos dominical revenait à défendre « le patrimoine social de la nation ». Ou bien l'actuel secrétaire d'état chargé du budget, Christian Eckert, qui disait « il y a en réalité une certaine perversité à, parler de volontariat, et même à demander aux salariés de se déclarer volontaires pour travailler le dimanche », que c'était faire « peu de cas du lien de subordination entre l'employeur et le salarié ». Perspicace, il ajoutait à juste titre que « si le travail dominical se généralise, les salaires ne seront plus majorés » et « le coût induit par le travail du dimanche », mais aussi « la garde des enfants, quand elle existe, est plus onéreuse ce jour-là », sans oublier « les transports moins nombreux ». Le constat est identique aujourd'hui, alors pourquoi ce nouveau reniement ?

 

Chacun jugera, mais comment est-il possible que les élus socialistes piétinent aujourd'hui leurs engagements d'hier. Tout simplement parce qu'ils ne sont plus à gauche; ils sont au service de la finance et du patronat plutôt que des salariés. La vraie gauche, c'est ceux que le pouvoir ou la droite qualifient d'extrême gauche, à savoir ceux qui se situent à la gauche du PS, la gauche radicale comme Syriza en Grèce. La vraie gauche ne brade pas ses valeurs.

 

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 23:07

Les députés vont se prononcer cette semaine sur la « loi Macron ». Si vous en avez entendu parler par la télé ou la radio, il y a de fortes chances qu’on vous ait expliqué que cette loi allait « créer de la croissance et développer l’activité ».  Vraiment ? Il est plus certain qu’on vous ait caché toutes les mesures contenues dans ce texte préparé par le ministre de l’économie. Constitué à l’origine de 106 articles (un peu plus de 200 maintenant), c’est une loi fourre-tout : elle propose de nombreuses dispositions visant à déréglementer le droit du travail, privatiser les services publics, déroger au droit de l’environnement et satisfaire toujours plus Bruxelles et les actionnaires.

 

La loi Macron n’est pas une loi de gauche !

 

Elle reprend une partie des propositions de la très libérale commission Attali, mise en place par Nicolas Sarkozy, ce dont se réjouissent la droite et le patronat. Le Medef estime que la loi Macron va « véritablement dans la bonne direction ». Et de nombreux députés UMP ont déjà annoncé qu’ils voteraient pour.

 

La loi Macron est un cauchemar pour les salariés.

 

- Elle augmente le nombre de dimanche où les magasins seront ouverts, sans réelle garanties de compensation, au seul bénéfice des grandes enseignes.

 

- Elle facilite le recours au travail de nuit ou en soirée (de 21h à minuit), période où surviennent les accidents du travail les plus graves. Et qui gardera les enfants ?

 

- Elle dispense de sanction pénale les employeurs qui bafouent le droit syndical et le droit du travail.

 

- Elle facilite encore plus les licenciements.

 

La loi Macron est socialement irresponsable.

 

- Elle prévoit de développer le transport par autocar pour les plus pauvres, assuré par des entreprisses peu respectueuses des conditions de travail de leurs salariés, tandis que la SNCF se transformera peu à peu en transporteur de luxe.

 

- Elle encourage le développement de logements locatifs intermédiaires pour les couples disposant de 4 500 € par mois, au détriment du logement vraiment social.

 

- Elle propose de nombreuses dispositions qui faciliteront l’optimisation fiscale et la spéculation des dirigeants d’entreprise, et videront encore les caisses de l’État et de la Sécurité sociale.

 

La loi Macron est anti-écologique.

 

- Elle affranchit les projets d’urbanisme et les projets à risque pour l’environnement, comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le barrage de Sivens ou la ligne Lyon-Turin, des études d’impact qui permettent aux citoyens et associations écologiques de participer aux décisions et le cas échéant de les contester.

 

- Elle encourage le transport par car, bien plus polluant que le train.

 

- L’ouverture des magasins le dimanche ou en soirée nécessite plus d’énergie pour vendre autant et augmente les déplacements vers les zones commerciales éloignées des zones habitées ce qui est désastreux pour le climat.

 

La loi Macron dilapide le patrimoine public.

 

- Elle veut transférer au privé les aéroports de Toulouse, Nice et Lyon au détriment des usagers, renouvelant ainsi l’erreur qui a été faite avec la privatisation des autoroutes qui s’est traduite par des augmentations exorbitantes des tarifs de péage.

 

- Elle brade notre industrie d’armement en autorisant le transfert de la majorité du capital de GIAT industries à des financiers allemands soupçonnés de corruption.

 

- Elle permet l’ouverture à des acteurs privés du capital du Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies (LFB), qui fabrique des médicaments dérivés du plasma, entrouvant délibérément la porte à une marchandisation des produits du corps humain.

 

Une loi ni amendable, ni négociable.

 

Ce ne sont pas là les seules dispositions de la loi Macron. Elle en compte d’autres, plus ou moins insidieuses.

 

- La déréglementation des professions réglementées, essentiellement dans le domaine du droit (avocats, notaires, huissiers de justice) et leur ouverture à la concurrence, fait entrer des sociétés capitalistiques dans ces pratiques et ouvre la voie à la marchandisation du droit, sans réels bénéfices pour les citoyens.

 

- La transposition par ordonnance des directives européenne de 2014 très contestées sur les contrats de concessions et l’attribution des marchés publics, est grosse de dangers pour de nombreux services publics, en particulier des services de santé et de sécurité sociale obligatoire.

 

Les aspects nuisibles de cette loi sont si nombreux qu’elle n’est ni amendable, ni négociable. Il est du devoir de tout homme et femme de gauche de la rejeter.

Loi Macron, loi pour les patrons
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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 21:45

 

- La dette est réduite de 62% : elle passe de 39 milliards à 14,5 milliards de Deutsch Marks ,

- Un moratoire de cinq ans est accordé,

- Un délai de 30 ans est prévu pour rembourser,

- Le pays peut limiter le paiement du service de sa dette à 5% de ses revenus d’exportation,

- Si, du fait d’une mauvaise conjoncture, la RFA connaît des difficultés pour rembourser ce qui reste, il est prévu une suspension des paiements et une renégociation des conditions,

- Les taux d’intérêts sont réduits,

 

- etc.

 

Voilà comment l’Allemagne a bénéficié de l'effacement d'une partie de sa dette dans un accord conclu à Londres le 27 février 1953. Après la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France avaient conscience que les dettes extérieures étaient un fardeau extrêmement pénalisant pour l’économie allemande dans sa reconstruction.

 

Toutefois, cet accord de 1953 ne couvrait pas la dette de guerre de l’Allemagne vis-à-vis de la Grèce dont les ressources avaient été pillées et dont la banque centrale avait dû "prêter" à l’Allemagne au titre de l’effort de guerre. De remboursement il n'y a jamais eu.

 

Puisque l'Allemagne a fait défaut elle aussi,  Mme Merkel ferait mieux de faire profil bas.

 

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 17:10

Ce titre résume les propos tenus en 2011 par Mikis Theodorakis, compositeur et homme politique, figure emblématique de la résistance à la junte des colonels. Il fut un résistant de la première heure contre l’occupation nazie et fasciste, combattant républicain lors de la guerre civile et torturé sous le régime des colonels. En 2011, il adressait une lettre ouverte aux peuples d’Europe, publié dans de nombreux journaux grecs.

 

Extraits publiés par l'Humanité le 4 novembre 2011 :

 

"Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…) Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle. Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elles-mêmes générées sous forme de dettes.


Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire fut le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté  et d’Europe. (…)

 

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. (...)


Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en Tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme."

 

 

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 07:49

On savait que l’expérience Syriza serait une leçon de choses en politique, la mise à nu, toutes technicités juridico-financières envolées, des ressorts fondamentaux de la puissance et de la souveraineté. De ses confiscations dans des institutions aussi. Nous y sommes – et encore plus vite que prévu.

 

Comme on pouvait s’y attendre également, le lieu névralgique du rapport de force se trouve à Francfort, à la Banque centrale européenne (BCE). Ce qu’aucun article des traités européens ne permet juridiquement – mettre à la porte un Etat-membre – c’est la BCE, hors de toute procédure, par une opération entièrement discrétionnaire sans aucun contrôle démocratique, qui le peut. Et qui vient d’en donner l’avant-goût, dix jours à peine après l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement malséant, porté par un mouvement populaire ayant le front de réclamer la fin de l’absurde tourment auquel le pays a été soumis par notre chère Europe, un pays en situation de crise humanitaire [1] – au cœur de l’Union européenne (UE) et, plus encore, par l’Union ! –, un pays pour lequel, après quelques autres, il faudrait maintenant songer à formaliser juridiquement l’idée de persécution économique – et nommer les persécuteurs. Là contre, le peuple grec s’est donné un gouvernement légitime, mandaté pour faire cesser cet état de persécution. Un gouvernement souverain.

 

Comme on le sait depuis longtemps, depuis le début en fait, à la question de la souveraineté, la réponse européenne est non. Saint Jean-Claude bouche d’or, qui ne loupe pas une occasion, a livré sa vision terminale de la politique : « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » [2]. Et le peuple grec est invité à crever la gueule ouverte, mais démocratiquement, c’est-à-dire d’après les traités.

 

Il doit être assez clair maintenant que la leçon de choses a à voir avec deux conceptions radicalement différentes de la démocratie : la démocratie comme asservissement aux traités, contre la démocratie comme souveraineté populaire. Sous la formulation alternative de « passer sous la table ou la renverser », il s’agissait bien de nommer ce point de bifurcation qui verra, selon sa résolution, l’une ou l’autre de ces conceptions l’emporter. On s’y dirige à grande vitesse et, portant au jour la vérité hors-traité des traités, la BCE vient de montrer à tous de quel bois démocratique l’Union se chauffe.

 

Le chantage de la BCE, ou la nudité du rapport de force

 

Ce que les opérations ordinaires de la politique monétaire ont usuellement pour propriété de voiler apparaît ici en pleine lumière : dans les procédures techniques du refinancement se trouve repliée toute une vision du monde et, comme toujours, c’est en situation de crise qu’elle se révèle pleinement. Couper la ligne du refinancement aux banques grecques n’admet ici aucune justification proprement monétaire. N’était-ce pas d’ailleurs par un geste souverain – car la souveraineté ne disparaît jamais complètement : elle migre – que la BCE avait décidé de détendre ses propres règles et d’admettre en collatéraux les titres de la dette grecque quoique tombés hors de la catégorie investment-grade ? C’est par un geste également souverain, mais inverse, qu’elle vient de revenir discrétionnairement sur cette facilité, manière évidente de faire savoir au gouvernement grec que, précisément, dans les dispositions qui sont les siennes, il n’est plus du tout question de lui faire la vie facile.

 

Dans une stratégie soigneusement graduée de la constriction, la BCE fait connaître sa force et ne met pas (encore) le système bancaire grec entièrement à genoux. Il reste à ce dernier une source de refinancement en la procédure exceptionnelle dite ELA (Emergency Liquidity Assistance). Mais d’une part cette procédure est plus coûteuse puisqu’elle fournit de la liquidité à un taux de 1,55 % contre… 0,05 % pour les procédures ordinaires. D’autre part l’ELA, en tant que programme « spécial », fait l’objet d’un strict contingentement en volume, de sorte que, la ligne étant susceptible à tout instant d’être brutalement coupée, le système bancaire grec, et le gouvernement derrière, sont installés dans la plus extrême précarité. Enfin, et peut-être surtout, les opérations ELA sont « déléguées » aux banques centrales nationales, en l’occurrence rejetées sur la Banque centrale de Grèce. La signification de ce mouvement de défausse est parfaitement claire, qui fait d’ailleurs écho aux orientations du QE (Quantitative Easing) récemment annoncé : il s’agit d’une stratégie de cantonnement. Désormais les titres de dette grecque ne finiront plus dans le bilan de la BCE elle-même, mais parqués dans celui de la Banque centrale grecque. L’avertissement est limpide : « n’imaginez pas une seconde que la menace à la sortie nous fera quelque effet, d’ailleurs nous sommes en train de créer les conditions pour que, à défaut de vous soumettre, vous preniez la porte avec vos propres encombrants ».

 

Nous savons donc maintenant jusqu’où va l’extrémisme libéral européen. Car Tsipras a beau en avoir considérablement rabattu, et renoncé aux annulations d’une dette pourtant insoutenable, la simple idée, à cadrage macroéconomique invariant, de réallouer la dépense publique d’une manière qui ne satisfasse pas pleinement à la conditionnalité de l’ajustement structurel est en soi une hérésie inadmissible. Certes le programme minimal d’urgence humanitaire (réaugmenter le salaire minimum et les plus basses pensions, réembaucher quelques milliers de fonctionnaires) ne pouvait se faire par simple réallocation au sein d’une enveloppe de dépense rigoureusement invariante. Certes encore, le surplus de prélèvement fiscal que Syriza a concédé devoir mettre en face est laissé à l’aléa de la capacité d’une administration fiscale extrêmement défaillante – s’il y a une seule « réforme structurelle » à conduire urgemment, c’est bien de ce côté qu’elle se trouve, tout le monde en convient, les Grecs au tout premier chef, il se pourrait même que Syriza, moins compromis que tous les autres partis dans le marécage clientéliste, soit le plus à même de la porter. Certes donc, le programme minimal appelle sans doute une extension du déficit ex ante.

 

Il n’est même pas certain que ce dernier se confirme en déficit ex post, bien au contraire. Avec un talent confirmé d’étrangleur, c’est l’UE et ses restrictions aveugles qui ont précipité la Grèce dans une dépression dont on ne trouve plus d’équivalent qu’en celle des Etats-Unis dans les années 1930. Si bien que ce que, par paresse intellectuelle, on nomme « la dette grecque » n’est en fait pas la dette des Grecs : l’explosion des déficits et l’effondrement de la croissance à partir de 2010 sont moins le produit de l’incurie grecque que d’un assassinat de politique économique administré par l’Union en guise de « sauvetage ». De sorte que lorsque les Etats-membres prêtent pour tenir la Grèce à flot, c’est en bonne partie pour écoper le naufrage qu’ils ont eux-mêmes causé. On pourrait dire par court-circuit qu’au travers de la Grèce, l’UE prête pour l’UE ! Splendide opération qui aurait toute sa place dans un théâtre de l’absurde – si l’on excepte les investisseurs dont certains, en dépit de la restructuration, auront bien profité au passage.

 

En tout cas la redistribution de pouvoir d’achat en direction de ceux dont on est bien certain qu’ils le dépenseront intégralement est la plus rationnelle des politiques économiques – mais d’une rationalité qui a depuis belle lurette déserté les esprits européens. C’est en vue du financement intermédiaire d’un déficit temporaire qui avait de bonnes chances de s’auto-couvrir que le gouvernement grec s’était tourné vers la BCE. Nous connaissons maintenant la réponse et nous savons quel degré d’aide les institutions européennes sont disposées à apporter au peuple grec, dont le tableau des misères devrait leur faire honte : nul.

 

Syriza abandonnée de tous

 

Ce sont des salauds. Et ils sont partout. Reuters a rendu publique la teneur d’un rapport allemand préparé en vue de la réunion des ministres des finances du 5 février [3] : c’est non sur toute la ligne. Non et rien, les deux mots de la démocratie-européenne-selon-les-traités. Croit-on que l’Allemagne soit seule en cause dans cette ligne de fer ? Nullement – ils sont partout. Ni l’Espagne, ni l’Irlande, ni – honte suprême – la France « socialiste » ne viendront en aide à Syriza. Et pour une raison très simple : aucun d’entre eux n’a le moindre intérêt à ce qu’une expérience alternative puisse seulement se tenir : dame ! c’est qu’elle pourrait réussir ! Et de quoi alors auraient l’air tous ces messieurs d’avoir imposé en pure perte à leurs populations un traitement destructeur ? De ce qu’ils sont. Des imbéciles, en plus d’être des salauds.

 

On n’aimerait pas être à la place de Tsipras et de ses ministres : seuls et abandonnés de tous. Mais l’Union européenne se rend-elle bien compte de ce qu’elle est en train de faire ? Il y avait de sérieuses raisons de penser qu’une combinaison minimale de dureté en coulisse et d’amabilité en façade permettrait un faux compromis qui aurait vu de facto Syriza plier sur toute la ligne ou presque – à quelques concessions-babioles dûment montées en épingle. Entre le désir de rester dans l’eurozone, les effets inertiels du recentrage de campagne, le découplage des institutions politiques qui protège un moment les gouvernants, il était probable que Tsipras aurait choisi un mauvais compromis qui gagne du temps et, laisse l’espoir (qui fait vivre) d’une possible amélioration future.

 

Mais il y a des degrés dans l’offense auquel, sauf à abdiquer toute dignité, un chef d’Etat peut difficilement consentir. Et tout se passe comme si l’UE était en train de pousser elle-même la Grèce vers la sortie. En s’en lavant les mains naturellement. Mais en ne laissant guère plus d’autre choix au gouvernement grec – passer sous la table ou la renverser, on n’en sort pas... C’est-à-dire, quand les conditions minimales d’estime de soi ne sont plus réunies pour passer dessous, renverser – comme on sait, la position défendue ici de longue date tient que cette Europe n’est pas amendable et que « renverser » est la seule solution offerte à un affranchissement d’avec la camisole libérale.

 

Si jamais on en venait à ce point critique, les événements connaitraient un de ces emballements qui font l’histoire. Car tout devrait aller très vite : séparation immédiate de la Banque centrale grecque du Système européen des banques centrales (SEBC), répudiation complète de la dette, instauration d’un contrôle des capitaux, nationalisation-réquisition des banques. Dans une interview à laquelle on n’a probablement pas assez prêté attention, Yanis Varoufakis lâche une phrase qui vaut son pesant de signification : « nous sommes prêts à mener une vie austère, ce qui est différent de l’austérité » [4]. Et en effet c’est très différent, radicalement différent même. Entre la vie austère et l’austérité, il y a l’abîme qui sépare une forme de vie pleinement assumée et la soumission à une tyrannie technique. Car il est certain que la sortie de l’euro n’aurait rien d’un dîner de gala. Mais c’est faire de la politique, et au plus haut sens du terme, que de prendre à témoin le peuple et de lui mettre en mains les termes de son choix : nous pourrions bien, en effet, être plus pauvres un moment mais, d’abord, sous une tout autre répartition de l’effort, et surtout en donnant à cette « vie austère » la signification hautement politique d’une restauration de la souveraineté, peut-être même d’un profond changement de modèle socioéconomique.

 

De nouveau la politique

 

En tout cas pour la première fois depuis très longtemps, il y a à la tête d’un pays européen des gens qui savent ce que c’est vraiment que la politique – une histoire de force, de désirs et de passions –, soit l’exact contraire des comptables-eunuques qui gouvernent partout ailleurs, à l’image du têtard à binocles dont la couverture de L’Obs, qu’on créditerait ici volontiers d’un second degré inhabituellement fielleux, révèle qu’il est l’une des têtes pensantes de François Hollande.

 

[Incidemment, pour savoir à quoi ressemblent de vrais hommes politiques, c’est-à-dire des gens qui ont touché l’essence de la politique, une essence violente et forte, il faut regarder la tête des anciens directeurs du Shin Beth, le service secret israélien, interviewés dans le formidable documentaire Gate keepers, et qui, quoi qu’on pense par ailleurs de leur action [5], ont eu à agir en l’un des lieux de la planète où l’essence tragique du politique se donne à voir sous sa forme la plus haute. Et puis après admirer une photo de Michel Sapin. Ou le sourire d’Emmanuel Macron.]

 

Lire aussi Thierry Vincent, « Un espoir modéré, la crainte des coups tordus », Le Monde Diplomatique, février 2015.Il n’est pas inopportun de faire pareil rappel, car ce tragique-là plane aussi sur la Grèce, qui doit compter avec ses salauds de l’intérieur. Dans un article qui éclaire un aspect oublié de la situation grecque, Thierry Vincent [6] ne fait pas que remettre en mémoire le passé somme toute pas si lointain des colonels, mais la réalité très présente d’un appareil d’Etat gangrené pas seulement par la corruption ordinaire mais aussi par des forces sombres, substructure étatique constituée, comme toujours, autour des appareils de force, police, justice, armée, dont les connivences avec les néo-nazis d’Aube Dorée sont maintenant patentées, et où macèrent potentiellement les pires tendances factieuses. L’obsession économique finirait presque par faire oublier que le risque dominant auquel se trouve confrontée l’expérience Syriza est probablement politique, et tient moins à un rééchelonnement de dette mal fagoté qu’à ce que Thierry Vincent nomme les « coups tordus », et qu’il faudrait peut-être nommer « coup » sans autre qualificatif. Car voyons, dans les termes de notre alternative : passer sous la table, par quoi on entend ne rien obtenir de significatif, c’est épuiser l’idée même d’alternative progressiste en Grèce, et dégager la piste à la seule alternative restante – la pire. Mais renverser la table, c’est possiblement, par enchaînements successifs, entrer en confrontation directe avec le capital, et l’on sait de quelle manière les « démocraties » ont historiquement accoutumé de traiter ce genre de désaccord…

 

La preuve par Syriza ?

 

A la remorque de la psychorigidité allemande, l’Europe des ahuris, les Juncker, Moscovici, Sapin, etc., radicalement ignorants de ce qu’est vraiment la politique, jouent en toute inconscience avec le malheur des peuples, sans le moindre égard pour les forces obscures qui commencent à tournoyer au-dessus d’eux. Il faut dire qu’en matière d’ahuris, ils se sont trouvé de fameux intellectuels organiques, à l’image de Bernard Guetta, par exemple, qui entame sur le tard une improbable carrière de situationniste – mais à l’envers. Guy Debord tenait que, dans la société du spectacle, « le vrai est un moment du faux ». Chez Guetta, c’est le faux qui est un moment du vrai. Il suffit en effet de reprendre sa chronique « La preuve par Syriza » [7] et d’en inverser méthodiquement tous les termes pour avoir une représentation d’assez bonne qualité de l’état de l’UE et des gauches européennes – là où la lecture littérale livre une fantasmagorie sous produits à courir tout nu dans les prés. Car nous sommes le 27 janvier, et Guetta voit l’aube européenne se lever dans l’arrivée simultanée de Syriza et du Quantitative Easing

 

Or il faut avoir bonne vue, ou bien l’aide de quelques sérotoninergiques, pour voir « s’annoncer de nouvelles politiques économiques européennes » au motif que la BCE, au terme de luttes intestines longtemps indécises, cinq ans après toutes les grandes banques centrales du monde, et ayant dû attendre une situation de désinflation patentée pour être juridiquement fondée à agir, a enfin lancé son programme à elle de Quantitative Easing. Dont on sait déjà qu’il ne produira pas grand effet.

 

Et l’aide de substances plus brutales encore est requise pour nous appeler à réaliser que « non, l’unité européenne n’est pas en elle-même un projet libéral ». « Ce n’est qu’un début », s’exclame le défoncé, « mais que la séquence est belle ». Quand les infirmiers auront achevé de l’embarquer, on ne retiendra que le titre de l’article manifestement écrit dans des conditions à faire peur à un cycliste, mais qui dit contre toute attente une chose très vraie : le caractère probatoire de l’expérience Syriza. En effet, il va bien y avoir une « preuve par Syriza ». Mais la preuve de quoi ?

 

Notes

[1] Voir Sanjay Basu et David Stuckler, « Quand l’austérité tue », Le Monde Diplomatique, octobre 2014.

[2] Jean-Claude Juncker, entretien, Le Figaro, 29 janvier 2015.

[3] « ECB cancels soft treatment of Greek debt in warning to Athens », Reuters, 4 février 2015.

[4] « Nous sommes prêtes à mener une vie austère », Le Monde, 25 janvier 2015.

[5] En l’occurrence, tous ceux qui ont vu le documentaire savent que ces anciens responsables des services secrets livrent une mise en accusation accablante de la politique des gouvernements israéliens depuis des décennies.

[6] Thierry Vincent, « Un espoir modéré, la crainte des coups tordus », Le Monde Diplomatique, février 2015.

[7] Bernard Guetta, « La preuve par Syriza », Libération, 27 janvier 2015.

 

La pompe à phynance - Blog de Frédéric Lordon dans le Monde Diplomatique

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 18:43

La BCE a mis Athènes sous pression en privant ses banques d’un important canal de financement. Le nouveau ministre grec des Finances rencontre aujourd’hui à Berlin son homologue allemand pour plaider une renégociation de la dette de la Grèce.

 

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé mercredi soir qu’elle n’accepterait plus les obligations d’Etat grecques en garantie pour l’accès des banques à ses opérations de refinancement. Les banques grecques ne disposent donc plus que de la facilité de liquidité d’urgence (ELA) de la banque centrale nationale pour se fournir en liquidités.


Les banques grecques ont obtenu le feu vert pour accéder en cas de besoin à 10 milliards d’euros de financements d’urgence supplémentaires, a déclaré jeudi un responsable gouvernemental, ajoutant qu’Athènes n’entendait céder à aucun chantage.


Le responsable gouvernemental a estimé que la décision de la BCE visait à accroître la pression sur toutes les parties impliquées dans les discussions. "La Grèce n’a l’intention d’exercer aucun chantage sur qui que ce soit et elle ne cèdera à aucun chantage", a-t-il ajouté. "La décision de la BCE (...) est un acte de pression politique visant à ce qu’un accord soit conclu rapidement."

 

Yanis Varoufakis, ministre grec des Finances, est reçu ce jeudi en fin de matinée par son homologue allemand Wolfgang Schäuble, l’un des plus ardents défenseurs de la rigueur budgétaire en Europe. Le déplacement du ministre des Finances grec dans la capitale allemande, premier échange bilatéral direct entre Berlin et Athènes depuis l’arrivée au pouvoir du leader de la gauche radicale ant-austérité Alexis Tsipras, constitue la dernière étape d’une tournée par les nouveaux dirigeants grecs auprès de leurs partenaires européens.

 

Athènes cherche à renégocier sa dette de plus de 300 milliards d’euros et assouplir la cure de rigueur drastique qui lui été imposée par ses créanciers, notamment européens, en échange de l’aide internationale.

 

M. Varoufakis espère obtenir le soutien des Allemands, en dépit des relations jusqu’à présent glaciales du nouveau pouvoir grec avec Berlin qui s’est déclaré très hostile aux demandes d’Athènes. "Je pense que parmi tous les pays en Europe, les Allemands sont ceux qui comprennent le mieux cette information simple", a expliqué M. Varoufakis sur la chaîne publique ARD. "Quand on humilie trop longtemps une nation fière (...) sans lumière au bout du tunnel, cette nation a un moment donné est en ébullition", a-t-il ajouté dans une référence indirecte à la crise des années 30 qui avait porté Hitler au pouvoir en Allemagne.


Mais la BCE a porté un coup à la position grecque mercredi soir. L’institution monétaire de Francfort a annoncé qu’elle suspendait à compter du 11 février un régime de faveur accordé jusqu’ici aux banques grecques, qui leur permettait d’emprunter de l’argent auprès de la BCE avec des garanties inférieures à ce qu’elle exige habituellement.


L’annonce de la BCE a fait l’effet d’une bombe sur les marchés financiers. L’euro a fortement accusé le coup face au dollar, passant sous 1,14 dollar. Le taux d’emprunt de la Grèce est repassé jeudi au dessus de la barre des 10% à l’ouverture du marché obligataire en zone euro, et les Bourses européennes étaient en baisse alors que celle d’Athènes perdait plus de 5% en milieu de matinée.

 

Le ministère grec des Finances a cherché à atténuer l’impact de la décision de la BCE, en assurant qu’elle n’aurait "pas de répercussions négatives" sur le secteur financier du pays qui reste "totalement protégé" grâce aux autres canaux dont il dispose pour se procurer des liquidités. "La liquidité et le financement du système bancaire grec sont assurés et il n’y a donc pas de raison de s’inquiéter", a renchéri jeudi matin le porte-parole du gouvernement, Gabriel Sakellaridis, cité sur la télévision Mega.

 

Il a estimé que la décision de la BCE constituait "un moyen de pression politique au moment où une consultation à tous les niveaux se développe" autour de la question de la dette grecque. "Il faut qu’il y ait une volonté de discuter, de trouver un terrain d’entente pour conclure de nouveaux accords" entre la Grèce et ses partenaires, a plaidé le porte-parole, répétant qu’Athènes voulait un "accord transitoire" lui ouvrant une période durant laquelle pourraient se tenir de "réelles discussions" sur l’avenir de la dette.

 

L’institution monétaire européenne a envoyé ce coup de semonce à Athènes quelques heures après une visite de M. Varoufakis, venu en personne à Francfort demander au président de la BCE Mario Draghi de quoi "garder la tête hors de l’eau" le temps de s’entendre avec ses partenaires européens.


Mais M. Draghi, peu accommodant, lui a demandé de "négocier rapidement et de manière constructive" avec ses partenaires de l’Eurogroupe afin d’assurer "la stabilité financière" de la Grèce, selon une source à la BCE.

 

La disposition suspendue par la BCE permettait aux banques grecques d’emprunter des fonds pour financer des achats d’obligations grecques, et donc indirectement à l’Etat grec de lever de l’argent. Elle était conditionnée au programme d’aide dont bénéficie Athènes jusqu’à fin février.

 

Mais "il n’est pas possible à l’heure actuelle d’anticiper une issue positive" de ce programme d’aide, a expliqué la BCE dans son communiqué. En d’autres termes, elle réclame de la clarté sur le devenir du programme -les réformes lancées vont-elles êtres menées à bien ? Que se passera-t-il après fin février ?- avant de rouvrir ce robinet.


Le coup de semonce de la BCE survient alors que M. Tsipras s’est dit mercredi à Bruxelles "très optimiste" sur la possibilité de "trouver une solution viable pour notre avenir". Il a proposé un plan de réformes et de financement sur quatre ans (2015-2018), a indiqué une source gouvernementale à Athènes.

HUMANITE.FR
Fabrice SAVEL

Un organisme non élu contre le vote d’un peuple. La BCE fait le coup de force contre la Grèce
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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 06:46
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