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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 14:46

Ce week-end à la fête de l'Huma, si des frondeurs du PS sont venus sur la fête, pas un ministre du gouvernement Valls ne s'est déplacé à la rencontre de ceux qui en 2012 ont contribué par leur vote à permettre à Hollande d'accéder à la présidence de la République. S'il y avait des ministres présents, ils étaient … grecs.

 

Dans une réponse à la question d'un journaliste du journal Le Parisien, un ministre aurait répondu par rapport à la fête de l'huma « le truc avec les bières ? ». Et comme le relève le journaliste, « Cinq ministres devant le Medef, zéro à la Fête de l'Huma cette année. »

 

Pourtant, c'est à quelques pas du rassemblement de la Courneuve que le candidat Hollande en campagne s'en était pris à la finance lors du fameux discours du Bourget. Oui mais à l'université d'été du Medef, c'était plus probablement champagne et caviar et des thèmes en débat probablement plus en accord avec l'orientation politique du gouvernement. Tout l'inverse des idées en discussion dans les centaines de débats de ce week-end à la fête de l'Huma où étaient par contre présents les autres mouvements et organisations de la gauche anti-austérité. Choisis ton camp camarade !

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 06:48

Débordante. La Fête de l’Humanité a fait le plein, et pas seulement d’eau, sous des averses persistantes.

 

Une foule, plus nombreuse encore que lors des précédentes éditions, a envahi la pelouse de la grande scène, s’est pressée à l’agora pour écouter Yanis Varoufakis, a apporté sa solidarité aux migrants et au peuple grec, a débattu des enjeux climatiques ou du Code du travail, s’est interrogée sur les moyens de battre les politiques d’austérité en Europe en construisant une alternative à gauche. Ce peuple-là a du ressort et ressemble à celui qui, aujourd’hui, a repris le chemin des usines, des universités, des hôpitaux ou des grandes cités populaires. Notre sondage Ifop, publié vendredi, montre l’attachement massif du peuple de gauche à ses vraies valeurs, celles que s’attache à dévaluer le pouvoir. Dommage qu’un certain journalisme de caserne n’en ait pas tâté le pouls plutôt que de polycopier des lieux communs et de se polariser sur des à-côtés politiciens. Les mêmes qui n’attendaient pas Syriza, qui tombent de l’armoire avec l’arrivée de Jeremy Corbyn (qui enterre le blairisme dans le sol britannique) ou n’en reviennent pas des mobilisations espagnoles, ferment les yeux sur les colères et les espérances de notre pays. Ils sont, écrivait le poète René Char, de « ceux qui attendent que l’écueil les soulève, que le but les franchisse, pour se définir ».

 

« Hommes, soyez humains », intimait Jean-Jacques Rousseau. Le peuple de la Fête sait l’être, tout en appétit de rencontres, de plaisirs, d’échanges, de partage, de culture. La Courneuve n’est pas une cité idéale promise au destin des éphémères. Elle exprime, trois jours durant, ce qui court, parfois en souterrain, de meilleur parmi nous. Ensemble, demandons et construisons la suite.

 

Editorial Patrick Apel Muller dans l'Humanité

Fête de l'Humanité : Échanges et partage
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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 18:00

Gattaz peut avoir le sourire. Il y avait eu la déclaration d'amour aux entreprises de Manuel Valls l'an passé à l'université d'été du Medef, il y a eu cette année Emmanuel Macron qui a profité de cette université des patrons pour taper sur les 35 heures, et voilà Hollande qui dans sa conférence de presse de rentrée annonce la réforme du Code du travail pour bien adapter la loi « à la réalité des entreprises ».

 

Gattaz se plaignait des charges trop importantes pour les entreprises qui pénalisaient l'emploi. Les 41 milliards d'euros accordés par le gouvernement aux entreprises dans le cadre du pacte de responsabilité n'auront pas eu d'incidence sur la création d'emplois. Ils ne seront pas rendus pour autant. Comme ça n'a pas eu d'effet, il faut trouver une autre raison, et c'est la lourdeur du Code du travail qui pénaliserait l'emploi ! Et demain, ce sera quoi ?

 

Toujours est-il que Jean-Denis Combrexelle, le haut fonctionnaire chargé du projet de réforme du Code du travail a déjà montré au poste de directeur général du travail comment il envisageait de « déverrouiller » le droit du travail pour satisfaire les employeurs. Parmi ses faits d'armes, le contrat de nouvelles embauches (CNE) qui permettait de licencier sans motif pendant deux ans et qui sera invalidé en justice pour non-conformité au droit européen. Pour le secteur de la distribution non adressée (Adrexo, Mediapost), Combrexelle a concocté un décret permettant aux entreprises de « préquantifier » le temps de travail (et de voler ainsi des heures de travail aux salariés), décret qui sera annulé à deux reprises par le Conseil d’État. À la même époque, il a tenté de fermer les portes de La Poste aux agents de l’inspection du travail, par deux notes qui ont été là encore été annulées. La défiance envers ses propres services s’est manifestée de façon spectaculaire en 2010  quand un petit patron de Normandie s’était mis en grève de la faim en contestant en des termes violents le refus décidé par l’inspecteur du travail du licenciement d’un délégué. Combrexelle avait donné son autorisation en quarante-huit heures. Décision qui sera elle aussi annulée en justice !

 

C'est donc à ce personnage, qui a toujours manifesté ses options pro-patronales, qu'a été confié le projet de laminage du Code du travail.

 

Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage. Pour le Code du travail il en est de même. En quoi serait-il « illisible » ? Alors quid du code des impôts, du code du commerce, du code des affaires maritimes, du code de la construction, du code de la sécurité sociale ?

 

Comme le dit Gérard Filoche ancien inspecteur du travail, le code du travail est le plus petit de nos codes. Il fait 675 pages de lois, pas plus. Mais il est édité par Dalloz avec 3300 pages de commentaires. C’est le plus simple de nos codes. 10 articles servent aux prud’hommes ! Et la France est un des pays européens ou il y a le moins de saisines des tribunaux.

 

Une nouvelle fois, ce n'était pas ça le changement attendu ! Et voilà que ce gouvernement qui n'a plus rien de gauche veut adapter le droit du travail aux entreprises et non plus qu'il serve à protéger égalitairement les êtres humains que sont les salariés. Quant aux négociations dans l'entreprise, on sait quel peut-être le chantage, je voulais dire le rapport de force ...

Hollande : « Il faut adapter le droit du travail à la réalité des entreprises » Et les êtres humains ?
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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 23:54

"N’est-ce pas à la portée de l’Europe d’accueillir dignement ces hommes et ces femmes, naufragés des guerres et de la mondialisation capitaliste ?"

 

C’est une photo qui va hanter l’Europe. De celles qui frappent les esprits, réveillent les consciences endormies. Celle du corps d’un petit garçon, échoué sur une plage turque. Ce cliché terrible d’un petit Syrien de 3 ans, couché face contre terre sur le sable, a fait le tour des réseaux sociaux et suscite une vague d’indignation inédite. Cela fait pourtant des années que la Méditerranée est devenue le vaste charnier d’une Europe forteresse en plein naufrage, étrange eldorado où l’on construit des murs, où l’on inscrit des numéros sur les mains des migrants… Alors la compassion ne suffit plus. Les larmes de crocodile des dirigeants européens masquent mal leur responsabilité dans ce qui s’annonce être le plus grand drame humain de ce début de siècle. Et, sur ce dossier encore, François Hollande n’aura pas brillé par son courage, lui qui a attendu l’autorisation d’Angela Merkel pour sonner le tocsin et commencer à envisager une réponse politique qui ne soit pas que sécuritaire. On a froid dans le dos en imaginant l’avenir que nous préparerait le maintien durable des surenchères autoritaires, à l’instar du cousin autrichien de Marine Le Pen, qui voit dans les survivants des barbelés une « menace pour les racines chrétiennes de l’Europe ». Car, en dépit des contrevérités démagogiques du FN, la France est en réalité bien pingre en matière d’accueil de réfugiés. En 2014, elle a reçu 6 2 735 demandes d’asile, ce qui représente un demandeur pour un millier d’habitants. Les migrants qui arrivent illégalement en Europe chaque année ne représentent que 0,05 % de la population.

N’est-ce pas à la portée de l’Europe d’accueillir dignement ces hommes et ces femmes, naufragés des guerres et de la mondialisation capitaliste ? Il est grand temps que les pays européens se montrent à la hauteur d’une démocratie moderne, qu’ils ouvrent des accès sûrs et légaux pour que les migrants ne perdent plus la vie à vouloir survivre. Cet été, de nombreux citoyens d’Europe se sont soulevés dans un bel élan de solidarité, organisant eux-mêmes l’aide aux migrants. Voilà le visage de l’Europe qu’il faut construire. Une humanité partagée.

 

Maud Vergnol dans L'Humanité

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 07:20

L'an passé, le 1er ministre Manuel Valls avait été ovationné après son discours à l'université du Medef. Comment pouvait-il en être autrement puisqu'il promettait : « Nous allons accroître la concurrence, alléger certaines règles, je pense à celles relatives au travail du dimanche ou à l’urbanisme commercial. » « Notre droit du travail est perçu comme contraignant, nos prélèvements comme trop lourds, et nos dépenses comme trop élevées ». Ces mesures ont été mises en oeuvre sans résultat sur l'emploi.

 

Cette année, c'est le ministre libéral Emmanuel Macron qui s'y est attelé (difficile de parler de social-libéral tant il faut chercher le côté social chez lui). Il s'en est pris aux 35 heures, « de fausses bonnes idées » selon l'ancien banquier pour qui « la gauche a pu croire que la France pourrait aller mieux, en travaillant moins ». De quoi ravir un patronat qui veut la suppression des 35 heures depuis longtemps. Et face à un Pierre Gattaz qui a renié sa promesse de créer "1 million d'emplois" signée avec le gouvernement en mars 2014, E. Macron a déclaré que le gouvernement est responsable d'une partie de la faiblesse économique du pays.

 

Les 41 milliards de mesures de réduction du coût du travail consentis aux entreprises avaient pour contrepartie la création de ce million d'emplois. Résultat, le chômage a poursuivi sa hausse. Gattaz n'arbore plus le pin's. Et malgré les résultats catastrophiques, la prochaine étape de ce gouvernement en faveur du patronat, c'est l'allègement du Code du travail, son détricotage, ce Code du travail considéré par Gattaz comme « le fléau numéro un des patrons français ».

 

Les requins du Medef n'en ont jamais assez. Et Valls annonce pourtant qu'il ne va pas changer de cap !

 

A ceux qui n'acceptent pas cette situation, c'est à la construction d'une politique contre l'austérité que l'on doit s'atteler et au soutien des luttes contre l'austérité.

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 00:52

Bien que mes occupations m'aient tenu éloigné de la rédaction de mon blog durant la période estivale, l'actualité elle ne s'est pas arrêtée. Actualité dramatique concernant ces populations qui fuient leurs pays en guerre. Et c'est ce sujet qui me fait réagir pour la reprise.

 

Dans le camion abandonné sur la bande d'arrêt d'urgence d'une autoroute autrichienne tout près de la frontière hongroise, ce sont 71 personnes qui ont été trouvées mortes, asphyxiées, victimes des conflits en cours dans leurs pays, et victimes de la cupidité des passeurs qui profitent de la détresse humaine.

 

Ces 71 personnes mortes sur le continent européen s'ajoutent aux milliers de morts en Méditerranée. En 2014, plus de 3400 personnes sont mortes en tentant de traverser la mer Méditerranée. Rien que sur la période de janvier à avril 2015, le nombre de décès était supérieur à 1700, soit 30 fois plus que sur la même période de 2014.

 

Et il est important de regarder d'où viennent ces populations. D’Afghanistan, d'Irak, de Syrie, de Lybie, des pays où les forces occidentales ont mené des opérations dont on peut juger du résultat aujourd'hui. C'est le chaos qui a été installé.

 

Aujourd'hui, l'Europe doit accélérer la mise en place de mécanismes d’accueil et de protection à la hauteur des besoins. L’Europe a su faire face à des crises financières en mettant sur la table des moyens considérables. Avec une réflexion incluant les pays d’origine, elle doit trouver des solutions durables et dignes pour résoudre ces questions migratoires.

 

Juste deux comparaisons qui montrent que notre monde ne tourne vraiment pas rond. L'Union européenne a décidé en début d'année de tripler le budget de son opération de surveillance et de sauvetage en mer Triton pour prévenir de nouveaux drames de l'immigration. Il est passé de trois millions d'euros par mois à neuf, soit 108 millions pour l'année. Des sommes inférieures à celles dépensées par les états européens pour édifier des murs de barbelés et fermer les frontières. Aujourd'hui on apprend qu'un club de football anglais, Manchester United, verse 80 millions d'euros pour recruter un joueur de Monaco !

 

L'Europe sera t-elle une terre d’accueil et de dignité ?

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 22:52
Alors que les résultats des banques s'envolent, alors que trois mille postes ont été supprimés en 2014, c'est 211 millions d'euros qu'elles ont reçu au titre du CICE. Les banques se contentent d'encaisser et derrière il n'y a rien . Et comment ne pas évoquer les groupes du CAC 40 qui perçoivent aussi le CICE, leurs bénéfices nets au premier semestre 2015 s'élèvent à 35 milliards d'euros. Valls va t'il se décider à changer de cap ?
CICE ou quand l'Etat verse les fonds publics aux banques
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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 22:11
Mais pour qui se prend-il ce multimillionnaire de Macron qui ose qualifier le Front national de "forme de Syriza à la française d'extrême droite." C'est une insulte aux militants du front de gauche et à Syriza, S'il s'intéressait un tant soit peu au programme de Syriza, il aurait compris qu'il n'y a rien de commun entre les valeurs que défend Syriza et celles du FN. Mais ce que n'accepte pas Macron, c'est le NON du référendum grec, et pour lui l'amoureux de la finance et des politiques d'austérité, l'amalgame n'a d'autre but que de semer le trouble. Il suffit de lire cet extrait du programme de Syriza pour comprendre la manipulation tentée par Macron.
A propos de Syriza, Quel con ce Macron !
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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 15:31

Ils se déchaînent contre Alexis Tsipras qui LUI ne fait que respecter le mandat que lui a confié majoritairement le peuple grec. Parmi les détracteurs, bien entendu, on retrouve les propagandistes du « OUI » au traîté constitutionnel européen de 2005. Ils n'ont pas digéré que les peuples français et néerlandais aient pu voter NON dans leur majorité. Cela n'a pas empêché les dirigeants de bafouer ces votes et de poursuivre le processus pour aboutir deux ans plus tard à un traité simplifié qui deviendra le Traité de Lisbonne, ce traité reprenant une grande partie du TCE.

 

C'est Juncker le président de la commission européenne qui déclare : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». C'est un ex-patron du journal le Monde (Colombani pour ne pas le citer) qui a osé présenter comme quasi équivalents le gouvernement de Tsipras et la dictature des colonels. C'est Baroin qui déclare sur Europe 1 que « Tsipras est condamné à partir ». Voyez comment ces gens considèrent la démocratie. Quel mépris !

 

Bien entendu, la plupart des médias dominants agissent pareillement, comme en 2005. Regardez ces deux unes de Libération, tout un programme. Comme l'a dit JL Mélenchon, ces médias participent au premier rang de la bataille contre la Grèce avec la diffusion de fausses nouvelles, par le dénigrement et le mensonge. Par contre, ils n'évoquent pas les positions de Joseph Stiglitz, co-prix Nobel d'économie 2001, et Paul Krugman, prix Nobel 2008, qui sortent une nouvelle fois du bois pour défendre, contre la majorité des économistes classiques, le choix du Premier ministre grec de procéder à un référendum, et déclarant qu'eux aussi voteraient NON.

 

Cette propagande, nous l'avons connu pour Maastricht, pour le référendum 2005. Aux citoyens de réfléchir. Espérons que le NON grec résonnera dans toute l'Europe.

Que le NON résonne dans toute l'Europe
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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 16:25

Tribune parue dans les invités de Mediapart

 

André Chassaigne, président du groupe Front de gauche à l'Assemblée nationale appelle à cesser les négociations sur le traité transatlantique. « Les nouvelles révélations d'espionnage à grande échelle des États-Unis sont un élément supplémentaire prouvant que ces négociations sont de fait antidémocratiques, et excluent toute relation de confiance. A l'image de l'économie libérale qu'ils souhaitent nous imposer, les négociateurs font régner la loi du plus fort entre eux-mêmes ».

 

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La semaine dernière, Madame Royal, ministre de l'écologie a décidé d'interdire à la vente en libre-service l’herbicide Roundup commercialisé par Monsanto ainsi que tous les « génériques » du glyphosate. Cette interdiction ne sera pas possible demain si le traité transatlantique aboutit sous peine de voir la France assignée en justice.

 

Dès lors, l’ambition affichée de s’attaquer à la multinationale très controversée Monsanto, notamment pour ses cultures OGM, apparaît totalement incohérente lorsque l’on sait que le gouvernement est favorable au traité transatlantique. En effet, nul n'ignore que Monsanto est très présente dans le lobbying et pèse donc dans les négociations du TAFTA, dans l’espoir d’inonder le marché européen avec ses produits OGM qui mèneront nos petits exploitants à leur perte.

 

La ratification du traité transatlantique donnera des pouvoirs considérables aux multinationales, comme Monsanto, qui pourront saisir des juridictions privées pour demander des dédommagements de la perte de profit engendré par la nouvelle législation. La France pourra se voir, ainsi, condamnée pour avoir interdit un herbicide « probablement » cancérogène selon le Centre international de recherche sur le cancer. Pire, la France pourrait même être dissuadée de prendre une telle décision par peur des poursuites en justice. Cela est loin d’être une fiction : la Nouvelle-Zélande a suspendu sa législation luttant contre le tabagisme en attendant le jugement d’une plainte de Philip Morris contre l’Australie pour une législation similaire.

 

Il est donc indispensable de ne pas céder aux multinationales qui n'ont pour intérêt que le profit et pour but la distribution de dividendes. Qui peut être assez naïf pour penser que des multinationales surpuissantes comme Monsanto serviront l'intérêt général et accepteront sans sourciller des réglementations ambitieuses en matière d'environnement, de santé ou encore de progrès social ? Pour les « investisseurs », chacune de ces règles est vue comme un obstacle au profit et c'est d'ailleurs le but du traité transatlantique que  d'abolir toutes ces « barrières non tarifaires ».

 

Les nouvelles révélations d'espionnage à grande échelle des États-Unis sont un élément supplémentaire prouvant que ces négociations sont de fait antidémocratiques, et excluent toute relation de confiance. A l'image de l'économie libérale qu'ils souhaitent nous imposer, les négociateurs font régner la loi du plus fort entre eux-mêmes. Dans ces conditions, il apparaît inconcevable de poursuivre les négociations.

 

C'est pourquoi j'appelle la société civile à se mobiliser toujours davantage, comme elle a su le faire en 1998 pour faire tomber l'Accord Multilatéral sur l'Investissement, repris comme base des négociations du TAFTA,  alors qu'il menaçait déjà l'économie et les consommateurs français et européens. A l'époque, le Premier Ministre Lionel Jospin avait eu le courage d'écouter les citoyens et de sortir la France des négociations. Manuel Valls doit écouter les contestations des Français qui sont opposés à ce traité et porter cette voix pour exclure la France de ce Traité.

 

Le report du vote sur la résolution validant le principe d'arbitrage privé et la création d'une organe de coopération réglementaire du 10 juin dernier en séance plénière au Parlement Européen a marqué une avancée certaine pour les détracteurs du TAFTA. Pour autant, le plus dur et le plus important restent devant nous. Tant que le traité transatlantique ne sera pas complètement mis à terre, il ne faut pas baisser la garde.

 

L'issue de la réunion de la commission du Commerce International du Parlement, ce lundi 29 juin, sera donc à suivre avec intérêt. Les eurodéputés progressistes qui siègent dans cette commission doivent prendre leurs responsabilités et permettre à l'ensemble des parlementaires européens de se prononcer en séance plénière sur des amendements ambitieux qui remettent en question le principe d'arbitrage et la coopération réglementaire.

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