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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 15:25

Nommée ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social (?), après la démission de ce poste de François Rebsamen, Myriam El Khomri s'est surtout fait un nom avec la loi travail si décriée puisque le gouvernement, malgré les nombreuses manifestations, a fait passer ce texte en utilisant l'article 49-3 au mépris de tout débat démocratique.

 

Et cette ministre, comme le gouvernement auquel elle appartient, a confirmé depuis dans quel camp elle se situait. Plutôt le patronat que les syndicats.

 

C'est Myriam El Khomri qui a autorisé le licenciement de Vincent Martinez, délégué du personnel CGT d'Air France, alors que l'Inspection du Travail avait invalidé son licenciement.

 

C'est Myriam El Khomri qui dans l'affaire Tefal ( voir ici ) n'est même pas venue au soutien de l'inspectrice du travail poursuivie face aux agissements de Tefal. La condamnation de cette inspectrice s’inscrit dans un contexte plus large de criminalisation des mouvements sociaux et de répression des mobilisations contre les agissements de certains employeurs.

 

C'est Myriam El Khomri encore qui vient d'autoriser le licenciement de Stéphane Bueno, travailleur handicapé et militant CGT. Six mois après le recours adressé à la ministre, elle a validé son licenciement. Elle a superbement ignoré le rapport du médecin du travail qui stipulait que cet ouvrier métallurgiste en fauteuil roulant, à condition d’aménager son poste de travail, était apte à exercer un emploi. Myriam El Khomri a préféré donner sa bénédiction à la direction du sous-traitant aéronautique Ratier-Figeac, qui veut se débarrasser de ce travailleur handicapé, militant CGT de surcroît.

 

Ce salarié a passé plus de vingt-trois ans dans l’usine de Ratier-Figeac dans le Lot, d’où il a été licencié en janvier 2016. Atteint de sclérose en plaques, la direction de Ratier-Figeac avait saisi la médecine du travail. Ah, si Stéphane Bueno avait pu être déclaré inapte !... Le rapport médical, même s’il exclut certaines tâches, ne va pas dans ce sens. La direction passe donc en force. L’usine Ratier-Figeac (1 200 salariés), appartenant au puissant groupe nord-américain UTC, ne pouvait-elle pas aménager un poste de travail pour Stéphane Bueno ? L’inspection du Travail a autorisé le licenciement, confirmé bien entendu par Myriam El Khomri.

 

Stéphane Bueno, quant à lui, poursuit son combat et a porté l’affaire devant le tribunal administratif de Toulouse. Quant à Myriam El Khomri, elle vient d'être investie par les militants PS pour être la candidate socialiste dans la 18ème circonscription de Paris pour les législatives. Les électeurs savent donc à quoi s'en tenir.

 

 

 

 

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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 16:43

Hier, les usagers des TGV, Eurostar, TER et RER étaient mis à rude épreuve, puisque la circulation de l'ensemble des trains au départ de la gare du Nord - la plus importante d'Europe en nombre de voyageurs – était totalement interrompue suite à un arrachement de caténaire.

 

Quand les mêmes usagers des transports se trouvent bloqués par des mouvements de grève des cheminots par exemple, les médias n'hésitent pas à parler d'usagers pris en otage, alors qu'ils subissent les désagréments liés au mouvement de grève, mais qu'ils ne sont nullement retenus captifs des grévistes.

 

Sinon, pour relater les difficultés rencontrées hier par ces usagers et rester cohérents, les médias auraient dû parler de « l'austérité qui prenait les usagers en otage ». Oui, car ces ruptures de caténaires (la troisième en trois jours), s'expliquent par les mauvais choix de gestion de la SNCF et le désengagement de l'Etat.

 

Comme le relate Didier Le Reste, ancien secrétaire général de la CGT Cheminots dans l'Humanité, depuis des années, les cheminots et leurs syndicats dénoncent le sous-investissement en matière d'infrastructure. Quand on tire sur la corde, elle finit fatalement par casser. La SNCF a fait le choix d'allonger les temps de parcours des brigades de surveillance. Quand une brigade devait surveiller 100 ou 200km de voies, elle doit maintenant en surveiller 600 ou 700. Du coup les installations sont inspectées moins fréquemment. S'il y a moins d'entretien, moins de visite de surveillance, moins d'investissement de régénération du réseau et des installations, au bout d'un moment, cela se paye cash, avec de gros incidents et des conséquences importantes.

 

L’État se désengage également du financement du ferroviaire. Les médias qui aiment tant comparer avec nos voisins n'évoquent pas le fait que l’État français ne finance qu'à hauteur de 32% le ferroviaire alors que c'est 55% en Allemagne et 90% en Suède.

 

Ces problèmes sont le résultat de 30 ans de sous-investissements, de réduction des effectifs et des moyens mis sur l’entretien des infrastructures, dont les 1er ministres Valls et Fillon portent une responsabilité accablante. Et de l'argent pour investir, il y en aurait si les gouvernements successifs s'étaient attaqués à l'évasion fiscale puisque les avoirs dissimulés au fisc français sont presque de l’ordre de toute la recette fiscale annuelle du pays.

 

Les milliards qui manquent sur les retraites, sur les allocations familiales, sur les services publics, sur les taxes, le gouvernement doit cesser de les ponctionner toujours sur ceux qui n'ont que leur travail pour vivre. Il y a en a plus qu'il lui en faut dans toute cette fraude. Il est plus que temps de changer de politique afin que les usagers des services publics ne soient plus pris en "otage". Et ce ne sera ni avec Fillon, ni avec Le Pen, ni avec Valls.

 

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 13:55

Et un de plus pour le casting présidentiel du PS puisque hier, c'est Manuel Valls qui a déclaré se lancer dans la course à la primaire socialiste.

 

Il y a quelques jours, F Hollande décidait de ne pas être candidat « conscient des risques que ferait courir une démarche qui ne rassemblerait pas largement autour d'elle ». 

 

Son premier ministre ne s'est pas posé la même question. Il aurait dû, car il partage le même bilan que F Hollande en tant que chef du gouvernement. Et au-delà du bilan, il n'a pas ménagé les phrases assassines qui ne contribueront certainement pas à rassembler autour de son nom.

 

Un bon dessin en dit autant qu'un long discours. Et ce n'est qu'un aperçu. J'aurai bien l'occasion de revenir sur M Valls, celui qui veut rassembler la gauche qu'il disait il y a peu irréconciliable. Mais à l'époque il n'était pas candidat.

 

S'il est aujourd'hui un candidat capable de rassembler car en rupture avec la politique libérale de ce quinquennat, c'est J-L Mélenchon.

 

Le rassemblement à gauche, c'est avec JLM2017 mais certainement pas avec M Valls
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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 21:48

Le linguiste et philosophe Noam Chomsky, figure majeure du paysage intellectuel états-uniens, a livré ses réflexions exclusives après la mort de Fidel Castro à l'occasion d'une rencontre dans les locaux de " L'Humanité " et de " L'Humanité Dimanche ".

« Ce qui a été omis à la mort de Fidel Castro » par Noam Chomsky
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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 17:17

Moi président … j'ai compris que plus le temps avançait, plus je reculais dans les intentions de vote. F Hollande a sans doute envisagé que, comme Sarkozy avant lui, il risquait de ne pas être présent au second tour de la primaire socialiste. Je précise bien primaire socialiste et non pas primaire de gauche comme le disent trop souvent les médias.

 

F Hollance a eu beau plaider pour son bilan, sa politique est rejetée par l'électorat de gauche. Et c'est la raison pour laquelle il a déclaré : « aujourd'hui, je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d'elle. Aussi j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle au renouvellement donc de mon mandat »

 

Mais ce qui fait avant tout obstacle au rassemblement, ce n'est pas une question d'homme, mais de politique. A ce compte-là, mieux vaut donc que les candidats estampillés PS jettent l'éponge. Oui, tous ceux qui ont permis l'application de cette politique durant le quinquennat, que ce soit au gouvernement ou au parlement. Ils sont discrédités. Ils ne rassembleront jamais l'électorat de gauche.

 

Comme l'écrit Patrick Apel-Muller dans l'Humanité « L'avenir est ailleurs, dans l'agrégation des forces politiques, syndicales ou citoyennes qui veulent ouvrir une nouvelle ère de progrès social et  l'édification de propositions qui placent en leur coeur la conquête de l'égalité. La candidature et la campagne de Jean-Luc Mélenchon en sont les premiers fondements. »

Dessin du site Battrelacampagne.fr - La présidentielle 2017 en dessins

Dessin du site Battrelacampagne.fr - La présidentielle 2017 en dessins

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 16:17

La Sécurité sociale est en danger. D'ailleurs, Fillon envisage ni plus ni moins que sa privatisation, puisque s'il est élu, il veut en confier tout un pan aux complémentaires et assurances privées.

 

Dans le film "La Sociale" sorti en salle le 9 novembre, le réalisateur Gilles Perret * insiste sur l'importance de raconter l'histoire oubliée de la Sécurité Sociale, de rendre hommage à son "vrai" fondateur Ambroise Croizat et de réhabiliter cette institution efficace et progressiste.

* Gilles Perret est le réalisateur entre autres de "Ma Mondialisation", "Walter, retour en résistance", "De mémoires d'ouvriers" ou en 2014 de "Les jours Heureux".

 

Retrouvez toutes les séances de La Sociale dans les jours à venir sur

http://www.lasociale.fr/projections/

 

Ci-dessous, l'interview de Gilles Perret pour le journal L'Humanité

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 17:13

Il est peu probable qu'un institut de sondage pose ce type de question. Et si d'aventure elle était posée, j'imagine mal qu'elle puisse recueillir une majorité de suffrages favorables. Plus probablement, la question qui serait posée aux électeurs sondés, c'est de savoir pour quel candidat ils voteraient en 2017. Et il n'est pas interdit de penser que sans le souhaiter, leur réponse aille dans le sens de plus d'injustice. C'était le cas avec Sarkozy, ça été également le cas avec Hollande qui a trahi avec son gouvernement certains engagements de campagne et valeurs de gauche. Et pour 2017  ???

 

On est loin de connaître à ce jour tous les candidats et leurs programmes, mais avec la droite et son extrême on sait déjà qu'il y aurait du sang et des larmes. Il fallait s'y attendre quel que soit le candidat de droite, et la couleur a été annoncée par celui que leur primaire a choisi, François Fillon, l'ancien 1er ministre sous le quinquennat Sarkozy.

 

Certains médias osent le présenter comme le candidat anti-establishment (minorité sociale exerçant un fort contrôle sur l'ensemble de la société). L'Obs révélait le 6 juin 2013 que François Fillon avait invité, en novembre 2011, une trentaine de personnalités du club Bilderberg pour plancher devant eux sur l’état économique de la France et les réformes qu’il compte y appliquer. Le journal y expose l’assistance, non élue par les français et qui pourtant a un droit de regard sur la politique subie par l’ensemble de la population – et qui s’est traduite par le blocage des retraites et des indices de la fonction publique, des désengagements de l’Etat, des abandons du service public : « Sous les lambris de l’hôtel Matignon, il y a là, entre autres, le patron de la banque Goldman Sachs, Peter Sutherland, le big boss de la banque d’affaires Lazard, Ken Jacobs, l’inspirateur des néoconservateurs américains, Richard Perle, le grand manitou de Shell, Jorma Ollila, le futur chef du gouvernement italien, Mario Monti, ou la présidente du Musée d’Art moderne de New York, Marie- Josée Kravis, par ailleurs épouse du propriétaire d’un fonds d’investissement américain. Le grand ordonnateur du dîner n’est autre qu’Henri de La Croix, comte de Castries, PDG du groupe d’assurances Axa et premier Français à présider le Bilderberg. Petit-fils d’un ministre de la IVe République et inspecteur des Finances, ce pilier de l’establishment français est aussi proche de Nicolas Sarkozy que de François Hollande, son camarade de la promotion Voltaire à l’Ena. » On voit où sont ses conseils et combien il est opposé à l'establishment.

 

D'ailleurs, si par malheur il venait à être élu, parmi ses mesures figure la suppression de l'ISF (impôt sur la fortune), la baisse des impôts massive pour les plus riches et pour les entreprises, et le relèvement de 2% de la TVA pour les ménages. Rien de plus injuste que cette taxe puisque quel que soit le revenu, pour un même produit, le taux de TVA est le même pour tous. Les riches seraient les principaux bénéficiaires d'une victoire de Fillon en 2017 si bien que Wauquiez, président par intérim de Les Républicains a cru bon de twitter le 27 novembre "Il faudra dire que les plus riches ne seront pas les seuls bénéficiaires de notre projet. La droite doit s’adresser aux classes moyennes".

 

Fillon veut par exemple transférer une partie de la couverture de la Sécurité sociale vers les assurances et les mutuelles. Seules seraient prises en charge par la sécu les affections graves, la prise en charge des soins courants étant prise par les complémentaires, sachant que certains n'en ont pas. C'est la privatisation du système de santé et il n'y a pas égalité dans la couverture puisque celle-ci serait fonction de ce que vous payez. Voilà la solidarité envisagée par Fillon.

 

Ce même Fillon ne supporte pas les grèves et encore moins les syndicalistes. Il prévoit un durcissement du service minimum et des conditions d'astreinte, et il propose d'«imposer aux délégués syndicaux une activité à temps partiel, au moins à mi-temps». «Il faut arrêter avec les syndicalistes qui sont à temps plein syndicalistes, il faut qu'ils aient une activité professionnelle au moins à temps partiel pour que ce soit un vrai dialogue qui touche à l'intérêt général de l'entreprise», explique François Fillon. Comme si les syndicalistes étaient tous permanents !

 

C'est risible d'entendre ces propos d'un professionnel de la politique. Sachez que Fillon, en dehors de ses études, a toujours été dans la politique, d'abord comme attaché au député de la Sarthe, avant de briguer lui-même le poste en 1981 à l'âge de 27 ans et élu depuis 35 ans. Alors il est vraiment mal placé pour donner des leçons aux syndicalistes qui eux ont travaillé. Comme le disait un maître de conférences en science politique à Nantes à propos de Fillon :  « Il n'a jamais transféré une quelconque notoriété professionnelle en capital électoral. En fait, il n'a jamais fait autre chose que de se faire élire.»

 

Fillon préconise aujourd'hui une rigueur toute thatchérienne. Drôle de modèle ces années Thatcher (1979-1990), un épisode désastreux qui fait rêver Fillon. Ce furent des coupes budgétaires massives aux dépens du système éducatif mais aussi des services sociaux. Elle a privatisé les services de l’eau, du gaz et de l’électricité, qui, sous monopole d’état, fonctionnaient bien et leur privatisation a été un authentique désastre. Elle a bradé aux investisseurs japonais puis allemands l’industrie automobile. Elle a facilité à la fin de son mandat la privatisation des chemins de fer. Et cette dame de fer avait pour ami Augusto Pinochet après avoir eu auparavant beaucoup de complaisance à l’égard du régime d’apartheid d’Afrique du Sud.

 

Ceci n'est qu'un tout petit aperçu de ce qu'envisage Fillon. C'est très inquiétant. Un électeur averti en vaut deux.

F Fillon dans son manoir de Beaucé

F Fillon dans son manoir de Beaucé

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 18:28

Non décidément non, je n’y arrive pas, pas moyen de distinguer au fond les deux candidats qualifiés pour la finale de la Star Academy… euh pardon, de la primaire de la droite et du centre.

 

L’impression de nous retrouver au soir du premier tour de l’élection présidentielle de 1969 avec Alain Poher et Georges Pompidou, qualifiés tous les deux pour le second tour, le Parti communiste français qui avait présenté Jacques Duclos eut cette formule magique pour résumer la situation « Bonnet blanc et blanc bonnet ».

 

Car au fond, les programmes, on les connaît, et ils sont forts les gaillards, tout les rassemble : suppression de postes de fonctionnaires en nombre (qui varie un peu c’est vrai), suppression de l’ISF, on tire un trait sur 5,5 milliards d’euros d’impôt, fin des 35 heures… bref, la machine à remonter le temps est construite, on n’attend plus que le mécanicien. Vous aurez évidemment une pensée émue pour les éliminés de marque du premier tour : Nicolas Sarkozy qui a perdu dimanche soir une part de sa morgue habituelle, quant au score de Jean-François Copé…

 

Ce fonds de commerce commun n’empêche en rien les coups bas, les phrases assassines. On assiste depuis dimanche dernier à un affrontement des égos, des ambitions et des statures. Le monde des affaires se frotte les mains. Un numéro des Échos la semaine dernière montrait sur deux pleines pages les soutiens des différents candidats au premier tour des primaires, leur lecture en était absolument édifiante, les grands de la finance et du business étaient tous au rendez-vous. On comprend dès lors l’empressement des finalistes à alléger l’impôt des plus riches. Dis-moi qui te soutient, je te dirai quels intérêts tu défends.

 

Monsieur Fillon réfléchit à tous ces sujets en son château de Beaucé dans la Sarthe, comme il le fit à propos de la retraite en son temps. Monsieur Juppé, « droit dans ses bottes », repense encore à ce terrible mois de décembre 1995 où il se prit les pieds dans le même tapis des retraites… non décidément non, Fillon Juppé, Fippé Jullon, Filjup Pélon… les frères jumeaux du libéralisme pur et dur, ne comptez pas sur nous. Nous, on se prépare à résister au cas où vous arriveriez à l’Élysée, et à construire, non pas l’alternance, mais une véritable alternative à des choix contestés partout dans le monde…


Vous n’avez rien dit Messieurs sur la finance au fait… un simple oubli je suppose ?

 

Par Eric Bocquet dans Liberté Hebdo

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 18:04

Mardi 22 novembre, un sujet du 20 heures de France 2 traitait de la suppression d'emplois de fonctionnaires (500 000 prévues dans le projet de Fillon). David Pujadas interrogeait J-P Chapel, journaliste sur France 2 et éditorialiste en économie, sur cette mesure du programme de F Fillon, notamment en comparant à la Suède, au Canada et au Royaume Uni, pays cités régulièrement par F Fillon.

 

J-P Chapel explique que la Suède a supprimé le statut de fonctionnaire, a licencié 20% des effectifs, une cure 2 fois plus sévère que celle proposée par F Fillon. Au Royaume Uni ce sont 15% des effectifs qui ont été supprimés par David Cameron, au Canada ce sont 20% des effectifs qui ont été supprimés.

 

Quelles sont les conséquences sur les services rendus demande D Pujadas.

 

Réponse de J-P Chapel, au Canada les urgences ont connu des dysfonctionnements en raison des fermetures d'hôpitaux, au Royaume Uni le nombre d'élèves par classe a augmenté et le ramassage des poubelles ne se fait plus qu'une semaine sur deux au lieu de chaque semaine. Et concernant la dette, si elle a diminué au Canada et en Suède, au Royaume Uni , elle a continué d'augmenter.

 

Fermer le ban ! Voilà l'information donnée sur le service public au 20 heures de France 2 par rapport à la suppression de 500 000 emplois de fonctionnaires préconisées par F Fillon. Pour J-P Chapel répondant aux questions de D Pujadas, rien de dramatique puisque d'autres y sont arrivés. Voilà comment Pujadas et J-P Chapel avec son air patelin trompent le téléspectateur.

 

Quelle partialité dans les éléments apportés. Pour ne prendre que l'exemple du Royaume-Uni, comment peut-on parler dans les conséquences du ramassage des poubelles qui n'a plus lieu qu'une semaine sur deux, et ne rien dire sur la privatisation de la santé et les coupes budgétaires dans les hôpitaux. Le gouvernement avait fixé comme objectif de réduire de 20 milliards de £ les dépenses dans le secteur de la santé d'ici 2015. La conséquence directe : c'est la fermeture d'une trentaine de services d'urgence, de soins pour enfants, les projets de fusion des hôpitaux menacés de faillite, la suppression de 20% du personnel de santé. En 2013, selon une enquête limitée pour l'instant à un dixième des hôpitaux britanniques, près de 20 000 morts seraient imputables sur les dix dernières années à la politique du chiffre.

 

Est-ce ce que veut la majorité de nos concitoyens ? Moins de services de santé, moins de moyens pour l'éducation, etc ?

 

Le but des services publics est de satisfaire les besoins fondamentaux de chacun et de retisser les liens pour faire société. C'est le rôle premier du service public local ou national. Et ce n'est pas en les supprimant ou en privatisant ces services que nous y parviendrons.

 

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 17:59

 

Les milieux financiers savent remercier ceux qui leur font gagner encore plus. En écrivant milieux financiers, le terme « milieu » me fait penser à mafia. D'ailleurs, un article du 31/08/2012 de Courrier International parlait de la crise financière qui avait donné l’occasion aux réseaux mafieux de s’infiltrer davantage dans l’économie mondiale, en investissant du liquide dans les banques européennes et américaines. L'article faisait état des relations incestueuses entre “bankers” et “gangsters”.

 

Cette porosité entre le « milieu » et les banques, existe également entre dirigeants de la communauté européenne et les banques. De là à dire que ces dirigeants seraient maffieux, il n'y a qu'un petit pas à franchir. Disons qu'il y a pour le moins une certaine consanguinité entre milieux de la finance et dirigeants politiques européens.

 

L’ancienne commissaire européen, Mme Neelie Kroes, présidait une société financière offshore durant son mandat. Cette société financière, « Mint Holdings Limited », négociait avec les Emirats Arabes Unis, des stocks de gaz pour acquérir une partie de la propriété de la multinationale américaine de l’énergie Enron. Ceci se faisait au moment même où la commissaire poussait au démantèlement du groupe EDF/GDF, pestant contre les tarifs réglementés. Durant ses années de mandat, elle était de tous les coups contre nos services de l’énergie, du fret ferroviaire, du livret A, des télécommunications.

 

 

Qui trouve t'on à la tête de la BCE ? Mario Draghi qui a été l’un des stratèges de Goldman Sachs pour toute l’Europe. Goldman Sachs, c'est la banque d’affaires dominante, une institution hyper puissante, présente dans tous les avatars de la crise financière de 2008. La crise grecque? Goldman Sachs. La chute de l’euro? Goldman Sachs. Le refus de la régulation? Goldman Sachs encore.

 

Cette banque symbole de toutes les turpitudes du capitalisme financier mondial a aidé la Grèce a maquillé ses comptes et cela lui a rapporté 600 millions d'euros. Dans le même temps, le produit dérivé utilisé pour dissimuler l'opération et vendu par la banque américaine a fait bondir la dette de la dette de la Grèce envers la banque d'investissement.

 

 

Et Barroso, ancien président de la Commission européenne, qui exigeait des mesures draconiennes de la part de la Grèce, a été embauché par Goldman Sachs. Tiens tiens. Sous prétexte que le délai de carence de 18 mois pendant lequel un ancien commissaire ne peut travailler sur des dossiers qu'il avait en charge a été respecté, le comité d'éthique de l'exécutif de l'Union Européenne estime qu'il n'y a pas d'infraction.

 

Pour ce qui est de l'éthique de cette commission, elle est au même niveau que l'actuel président de la Commission Européenne J-C Juncker qui alors qu'il était 1er ministre du Luxembourg avait couvert le vaste système d'évasion fiscale connu sous l'appellation Luxleaks.

 

Et ce sont tous ceux-là, grassement rémunérés (Barroso avait doit à 371 000 € de traitements et indemnités annuels et a eu droit une fois partie de son poste à différents bonus et avantages, tels qu’une indemnité dite de réimplantation de 24 422 € en une fois, une indemnité de transition de 36 634 € par an pendant trois ans et, après 55 ans, une pension de retraite de 62 644 € par an) qui exigent plus de rigueur pour les autres que ce soit pour les salaires, le montant des retraites ou l'âge de départ.

 

Il est temps de renverser la table !

 

 

 

 

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