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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 19:07

Fontgombault, petite bourgade de l’Indre, n’est pas concerné a priori par la séparation de l'Église et de l'État. Est-ce parce que sa mairie est située « rue de l’Abbaye » ?

 

Toujours est-il que le maire alimente la polémique dans son village. Lors de la cérémonie des vœux, le maire a souhaité avoir une pensée pour le peuple Haïtien. Très bien jusque là. Mais au lieu de la traditionnelle minute de silence qu’était en droit d’attendre l’assistance, il a invité celle-ci à une prière, entonnant à haute voix un « je vous salue Marie » et un « notre père ».

 

Comme le dit une habitante outrée, « Nous sommes en 2010, dans un État laïque et démocratique, qui garantit la liberté de pensée et de croyance »

 

C’est un outrage à la République.

 

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 17:27
Au mois de mai 2009, Carrefour inaugurait un magasin équipé de caisses automatiques. « Nos objectifs pour l’avenir sont clairs : générer de la croissance organique rentable, durable et supérieure à celle du marché et améliorer nos marges », affirmait Lars Olofsson, le nouveau directeur général du groupe, ancien du groupe Nestlé. Ainsi pour contenter l’appétit des actionnaires, il prévoit évidemment de réaliser des économies sur les coûts de fonctionnement de quelque 500 millions d’euros, ainsi que de plafonner le montant des investissements à 2,5 milliards d’euros. Un vocabulaire patronal qui sous-entend bien souvent des licenciements, des fermetures de magasins, ainsi que des contrats drastiques avec les fournisseurs.

 

 

Mais s’il y a un domaine ou Carrefour ne semble pas faire d’économies, c’est sur celui de l’emploi de vigiles. Le 28 décembre, Michaël Blaise, un jeune homme d’origine antillaise a été interpellé par quatre vigiles et conduit dans un local de contrôle du supermarché Carrefour de Lyon Part-Dieu. La scène s’est déroulée sous l’œil d’une caméra de surveillance. Selon le procureur adjoint de la République de Lyon, qui a visionné les bandes. « Trois hommes lui ont appuyé sur le dos en lui maintenant les jambes écartées. L'un d'eux est pratiquement allongé sur son dos à tel point que la victime, qui est à moitié allongée sur une table, a les pieds qui ne touchent plus terre. La scène dure une quinzaine de minutes. D'abord, la victime se plaint, elle crie, puis les cris s'estompent jusqu'à devenir des espèces de râles, puis plus rien du tout. La pression continue durant encore six minutes », précise le procureur. Six minutes fatales qui « rendront impossible toute réanimation ». La vidéo atteste également de coups portés par les vigiles au jeune homme. Michaël Blaise, dans le coma, décèdera le lendemain à l'hôpital. Le rapport d'autopsie indique qu'il est mort par "asphyxie mécanique par compression de la cage thoracique et une obstruction des voies respiratoires supérieures" . Il fait aussi état d'hématomes "au bras et au front". Michael Blaise ne présentait pas de pathologie antérieure pouvant expliquer la mort. Il n'avait consommé ni alcool, ni psychotropes.

 

Ces cow-boys des temps modernes vont être poursuivis pour violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Au fait combien étaient-ils payés par Carrefour ? Que leur fait-on miroiter à ces agents de sécurité ? Qu’ils sont les justiciers ? Tout ça n’a qu’un but, améliorer les marges pour le bénéfice des actionnaires de Carrefour.

 

Carrefour ne devrait-il pas être également poursuivi ?

 

 

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 12:22

CHANT DE LA SOLIDARITE


Debout, peuples de cette terre,

Pour ce seul but unissez-vous

Que la terre soit votre terre

Et qu'elle vous nourrisse tous


En avant ! n'oubliez jamais

Que notre force est l'unité,

Ventre plein ou ventre affamé,

En avant, n'oubliez jamais

La solidarité !


Jaunes ou bruns, blancs comme noirs,

Cessez donc de vous massacrer !

Que les peuples puissent parler

L'accord se fera sans retard !


En avant ! n'oubliez jamais

que notre force est l'unité,

ventre plein ou ventre affamé,

En avant, n'oubliez jamais

La solidarité !


Si nous voulons vite arriver

Vous tous nous êtes nécessaires

Celui qui n'aide pas son frère

C'est lui qu'il refuse d'aider


En avant ! n'oubliez jamais

Que notre force est l'unité,

Ventre plein ou ventre affamé,

En avant, n'oubliez jamais

La solidarité !


Tous, et autant qu'ils sont, nos "maîtres"

Voient d'un bon oeil nos dissensions,

Car le temps qu'elles dureront

C'est vrai qu'ils resteront nos maîtres


En avant ! n'oubliez jamais

Que notre force est l'unité

Ventre plein ou ventre affamé,

En avant, n'oubliez jamais

La solidarité !


Prolétaires de tous pays

L'union, c'est votre liberté :

Vos bataillons et vos armées

VIendront à bout des tyrannies !


En avant, jamais n'oublions,

Ventre affamé ou ventre plein,

Et posons tout net la question :

Qui donc possède le matin ?

A qui le monde appartient donc ?



Bertolt Brecht                                 

 

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 23:17

Valentia n’avait pas vu sa mère, haïtienne, depuis treize ans. Les autorités françaises ont tout fait pour empêcher leur rencontre.

Treize ans que Valentia Aristil n’avait pas vu Marie-Marthe, sa mère qui vit en Haïti. Devenue aide-soignante à l’hôpital Cochin après être arrivée seule en France à onze ans, la jeune femme se faisait une joie de lui montrer le chemin parcouru. Mais à l’arrivée de son avion à Orly, dimanche, « tout le monde est descendu, sauf elle ».

Au lieu d’émouvantes retrouvailles, Marie-Marthe a eu droit à un placement en zone d’attente. Motif ? La police de l’air et des frontières lui reproche d’être arrivée avec une date de retour postérieure à la fin son visa. Deuxième grief, Marie-Marthe est arrivée en France sans argent. « C’est inhumain, s’indigne sa fille. Je l’ai vue furtivement cinq heures plus tard en zone d’attente. Ça ne se fait pas d’accueillir les gens comme ça ! »

Une colère d’autant plus légitime que tout avait été fait dans les règles : « Le consulat de France en Haïti a accordé le visa après la date du vol de ma mère, initialement prévu le 4 novembre. Ce qui nous a obligés à décaler son voyage. »

Quant aux 22 euros par jour exigé des personnes dormant chez des proches installés en France, « l’information n’est souvent pas donnée à l’étranger », explique une militante de la Ligue des droits de l’homme. Contacté, un fonctionnaire du consulat de Port-au-Prince confirme que cette précision est absente du document remis avec le visa.

Valentia a donc apporté la dite somme, et changé la date de retour de sa mère. Insuffisant pour les autorités qui informent la jeune femme, lundi soir, que sa mère repartira mardi matin. Devant l’énergie de sa fille, Marie-Marthe a finalement été relâchée hier matin. Après deux jours passés en salle d’attente d’Orly, où aucune association d’aide n’est présente. Valentia, elle, a pleuré pendant deux jours. Ce n’était pas de joie.

 

Pierre Duquesne dans l'Humanité

Encore une belle image de la France sous Sarkozy !

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 00:15

Monsieur le président je vous fais une lettre que vous lirez peut-être ...

SAINT-BRIEUC/SANT BRIEGDocteur Pascal Dazin Médecin du travail Président de l'Alphabet du Respect des Enfants  La Hulotte 22940 PLAINTEL

 

3 décembre 2009

 

Monsieur Nicolas Sarkozy Chef de l'identité française

Monsieur le chef de l'Etat français

 

Je vous fais une lettre que vous lirez peut-être, mais que je vous soupçonne de ne pouvoir ni comprendre ni admettre.

Je viens d'apprendre que vous souhaitez que j'entre en guerre contre la gripette à la mode.

Je n'ai pas le temps.

J'ai vu mourir des hommes, des femmes et des enfants, vous en ai informé sans suite, et pour des raisons bien plus graves qu'une épidémie virale.

Je ne suis pas sur terre pour vendre des vaccins contre une maladie très bénigne sauf accident rarissime, et du tamiflu, médicament dont je me demande pourquoi il serait remboursé par la sécurité sociale, puisque tant d'autres médicaments sont critiqués, à juste titre, pour la relativité de leur efficacité.

Trente personnes succombent chaque jour en France, par suicide, et dans une proportion trop importante par suite de violences institutionnelles, judiciaires, policières. Cela fait quarante années que la montée en puissance des violences institutionnelles est banalisée par les profiteurs professionnels se posant en responsables politiques.

Des centaines de gens commettent des centaines de meurtres chaque année par suite de cette même violence d'état, symbolisée par la justice familiale. On les dit « forcenés » ou « malades ».

J'ai vu souffrir des femmes et des hommes au travail, et surtout au chômage, amputés de leur identité professionnelle. Ce qu'ils deviennent après exclusion regarde les psychiatres libéraux, mais pas les hommes et femmes politiques…

Je connais des gens victimes de maladies très graves qui auraient pu être mieux prévenues si la politique sociale française était digne de nos idéaux républicains. J'en ai vu également partir prématurément des centaines, qui pourraient être encore de ce monde ou être disparus de mort naturelle si les services publics, neutres et bienveillants, étaient encore valorisés au détriment des intérêts financiers des profiteurs libéraux psycho-judiciaires du « suffering business ».

Le matraquage organisé en France sous votre autorité abusive contre la gripette est indécent. Il traduit votre identité perverse. Il résume le tirage politicen contemporain vers le bas.

Certes, chaque maladie virale contagieuse entraîne des situations médicales tragiques. Mais nous mourrons plus de tétanos que de grippette, et personne ne valorise dans les rangs politiciens de tout bord le vaccin antitétanique, absolument efficace.

Si vos armées politiciennes étaient dignes de confiance, elles s'investiraient contre le SIDA en parlant de préservatifs cent fois moins que de masques, et sauveraient ainsi bien plus de vies.

Le paludisme tue cent mille fois plus que la gripette. Vos armées de ministres sont donc des combattants de la dix huitième heure (l'identité française ne consiste donc plus à se préoccuper de nos frères étrangers dans la misère ???)

En France, le suicide au sortir d'un tribunal, d'un contrôle de police, d'une discrimination normalisée, d'un rejet administratif, tue mille fois plus que la gripette. Reconnu « grande cause nationale » depuis dix ans, vous méprisez ce fléau bien plus tragique que les conséquences de la grippe A, laquelle est moins sérieuse que la grippe saisonnière, qui ne préoccupe pas votre ministre de la santé autant que celle qui se soigne par tamiflu et se prévient par un vaccin à écouler impérativement…

Le tabac, l'alcool, et les drogues douces ou dures, tuent mille fois plus que la gripette. Vous mobilisez les médecins des armées et demandez de vacciner plus pour paraître plus ? Souffrez alors mon diagnostic, celui d'un médecin du travail débordé par les conséquences de la politique que vous incarnez, d'un médecin expérimenté qui affirme que le monde judiciaire est le plus border-line qu'il a observé, bien plus nocif qu'un virus de maladie bénigne : vous vous comportez typiquement comme un pervers narcissique, Maître Sarkozy.

Attendant bien sûr votre réaction citoyenne, je vous prie d'agréer, Monsieur le Chef d'Etat, mes salutations civilisées et résistantes.

Docteur Pascal Dazin 

L'Alphabet du Respect des Enfants
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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 22:21

Ouvrier métallurgiste à treize ans, député communiste du Front populaire, il participe à l’élaboration, dans la clandestinité, du programme du Conseil national de la résistance qui débouche, à la libération, alors qu’il est ministre du Travail, sur la création de la Sécurité sociale.

 

La ville de Paris lui a rendu hommage, mardi dernier, en inaugurant une place à son nom.

 

« Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès. » Cette phrase, prononcée par Ambroise Croizat lors de son dernier discours à l’Assemblée nationale, le 24 octobre 1950, sera mardi le fil rouge de l’inauguration de la place qui lui est enfin dévolue au cœur de Paris  [1] Un slogan brûlant d’actualité à l’heure du détricotage des acquis et qui sonne comme un hommage à un parcours qui a fait du « bâtisseur de la Sécurité sociale », l’un de ceux qui ont forgé la dignité de notre identité sociale. Il faut rappeler ce chemin entamé un 28 janvier 1901, dans l’éclat des fours de Savoie ou son père, Antoine, est manœuvre. En cette aurore du siècle, dans la cité ouvrière de Notre-Dame-de-Briançon, on vit la misère qui court les pages de Germinal. Pas de Sécurité sociale, pas de retraite. L’espoir, c’est le père d’Ambroise qui l’incarne. Fondateur du syndicat CGT, il lance la première grève pour une protection sociale de dignité. Il l’obtient mais de vieilles revanches l’invitent à s’embaucher ailleurs. 1907. Ugine, autre grève, errance obligée vers Lyon. C’est là qu’Ambroise prend le relais du père. Á treize ans, il est ajusteur. Derrière l’établi, les mots du père fécondent : « Ne plie pas, petit. Le siècle s’ouvre… » Ambroise adhère à la CGT. Á dix-sept ans, il anime les grèves de la métallurgie. Reste à faire le pas. Celui de Tours, ou il entre au PCF. « On le voyait partout, dit un témoin, devant les usines, au cœur d’une assemblée paysanne. Proche du peuple d’ou il venait. »

Antimilitarisme, anticolonialisme tissent les chemins du jeune communiste. 1927. Il est secrétaire de la fédération des métaux CGTU. « Militant ambulant », un baluchon de Vie ouvrière à vendre pour tout salaire. Commence un périple ou il anime les révoltes de Marseille et du Nord, tandis que sur le terreau de la crise germe le fascisme. « S’unir, disait-il, pas unis, pas d’acquis ! » Ces mots, il les laisse au cœur des luttes ou se dessinent les espérances du Front populaire. En 1936, Ambroise est élu député du PCF dans le 14e arrondissement. Il impose la loi sur les conventions collectives. Présent à Matignon, il donne aux accords du même nom, la couleur des congés payés et de la semaine de quarante heures. Vient l’année noire, 1939. Arrêté le 7 octobre avec trente-cinq autres députés communistes, il est incarcéré à la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons avant de subir les horreurs du bagne d’Alger. Libéré en février 1943, il est nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire autour du général de Gaulle. Là, mûrissent les rêves du Conseil national de la résistance (CNR). La Sécurité sociale, bien sûr, dont le postulat colore le programme de mars 1944 : « Nous, combattants de l’ombre, exigeons la mise en place d’un plan complet de sécurité sociale vivant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas ou ils sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion par les intéressés et l’État. » Á la tête d’une commission de résistants, Ambroise trace dès l’été 1943 les moutures de ce qui va devenir l’un des systèmes sociaux les plus enviés au monde. « Dans une France libérée, nous libérerons le peuple des angoisses du lendemain ! » écrit-il le 14 janvier 1944. C’est cette réflexion collective, mûrie par François Billoux, ministre de la Santé, qui aboutit à l’ordonnance d’octobre 1945. Le texte écrit, reste à bâtir. Le chantier débute en novembre 1945, quand il est nommé au ministère du Travail. Cent trente-huit caisses sont édifiées en deux ans sous sa maîtrise d’œuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés. P. Laroque, technicien chargé de la mise en place du régime, déclarait en 1947 : « En dix mois et malgré les oppositions, a été construite cette structure solidaire alors que les Anglais n’ont pu mettre en application le plan Beveridge, qui date de 1942, qu’en 1948. Il faut dire l’appui irremplaçable d’Ambroise Croizat. Son entière confiance manifestée aux hommes de terrain est à l’origine d’un succès aussi remarquable. » Rappelons combien le rapport de forces de l’époque permit la naissance de l’institution : un PCF à 29 % ; 5 millions d’adhérents à la CGT, qui a joué un rôle fondateur ; une classe ouvrière grandie par l’héroïsme de sa résistance. Là ne s’arrête pas l’héritage. Ambroise laisse à l’agenda du siècle ses plus belles conquêtes : la généralisation des retraites, des prestations familiales uniques au monde, les comités d’entreprise, la médecine du travail, les statuts des mineurs et des électriciens et gaziers (cosignés avec M. Paul), la prévention dans l’entreprise, la reconnaissance des maladies professionnelles… « Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale… » Un cri répété demain, place Ambroise Croizat, pour que la Sécurité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais demeure ce qu’Ambroise a toujours voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarité, un rempart contre le rejet et l’exclusion. Ambroise meurt en février 1951. Ils étaient un million à l’accompagner au Père-Lachaise. Le peuple de France, « celui à qui il avait donné le goût de la dignité », écrivait Jean-Pierre Chabrol.

Michel Etiévent (*)

 

(*) Auteur d’Ambroise Croizat ou l’invention sociale et de Marcel Paul, Ambroise Croizat, chemins croisés d’innovation sociale. Livres disponibles auprès de l’auteur, 520 avenue des Thermes, 73600 Salins-les-Thermes (25 euros l’un + 5 euros de port l’unité).


[1] La place Ambroise Croizat se situe à l’intersection de l’avenue Paul Appell et des rues Porto-Riche et Monticelli, dans le 14è arrondissement de la capitale.

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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 23:35

Je vomis sur les amis de Polanski

Les télévisions ayant levé le siège, les intellectuels de Saint Germain des Prés sont repartis ailleurs distribuer leurs bons points, professer en chaire cathodique et donner des leçons au monde. Personne ne sait désormais ce qu'il advient du réalisateur de films (NDLR – Depuis la rédaction de cette chronique, on sait qu’il a obtenu une libération sous caution avec assignation à résidence)  présumé coupable d'avoir violé une jeune fille de 13 ans après l'avoir alcoolisée, puis grassement indemnisée pour acheter son renoncement aux poursuites. Chacun sait en revanche qu'un ministre ayant payé des jeunes garçons thaïlandais pour jouir enfin, continue à officier dans les palais lambrissés en prenant soin de ne plus intervenir sur rien.

Ce panier de crabes s'est calmé. On va donc pouvoir enfin pouvoir penser un peu sur la question pédophile. Peut-on alors renvoyer les éternels beuglants de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui pérorent depuis si longtemps sur la Bosnie, la Palestine, le Rwanda, la Tchétchénie, Israël, et défendent Roman Polanski, lire la Déclaration des droits de l'enfant du 20 Novembre 1959 ?

Ces compagnons de route de leurs amis pédophiles (j’ai souvenir d’avoir lu et entendu BHL, FINKIELKRAUT, BRUCKNER, pour les plus visibles, défendre la prescription du crime pédophilique) y apprendraient que les Nations unies, il y a cinquante ans tout juste, ont signé ce texte concernant les enfants, il est vrai des faibles par nature, le contraire des puissants utiles pour une carrière.

Cette déclaration méconnue proclame la nécessité d’une protection particulière et celle de soins spéciaux pour les enfants à cause de leur manque de maturité physique et intellectuelle ; elle proclame l’intérêt supérieur de l’enfant ; elle demande qu’il puisse se développer d’une façon saine avec de l’attention, de l’éducation, et des soins ; elle invite à tout mettre en œuvre pour qu’il développe ses facultés et trouve sa place dans la société de façon digne ; elle affirme qu’il doit être le premier à recevoir protection et secours ; elle décide que « l’enfant doit être protégé contre toute forme de négligence, de cruauté et d’exploitation, il ne doit pas être soumis à la traite, sous quelques forme que ce soit » (article 8) ; elle réprouve toute activité qui nuirait à son développement moral, mental, psychique …

Voilà, me semble-t-il, un programme intéressant : comme les enfants sont des victimes désignées dans ce monde de prédateurs impunis, des proies silencieuses, incapables de s’organiser en groupe de pression, nullement à même de faire entendre leur voix dans les médias ou de façon publique, encore moins aux prochaines consultations électorales, quelle aubaine pour les marquis de Sade à la petite semaine, les pédophiles du Net, les parents déglingués et autres délinquants relationnels, sinon les violeurs mondains – académiciens, écrivains, cinéastes, membres de jurys littéraires prestigieux, ministres et autres abonnés au Who’s Who !

Une société ne vaut que par le statut qu’elle accorde à ses marges, à ses minorités. Avant-hier, le Prolétariat, les Juifs, les Tziganes ; hier, les Handicapés, les Homosexuels ; aujourd’hui, les Sans-papiers, les Sans logement, les Sans travail, les Sans domicile fixe, les Précaires, les Chômeurs, les Fin de droit ; demain, les Prisonniers ? Peut-être, c’est d’ailleurs souhaitable. Mais quand les Enfants ? Je vomis sur les amis de Polanski. 

Par MICHEL ONFRAY dans Siné Hebdo N° 64

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 23:42

Interrogée vendredi sur la chaîne Public Sénat après le lancement du "Pass contraception" de Ségolène Royal, la présidente du Parti chrétien-démocrate (PCD), Christine Boutin, ancienne ministre du Logement a déclaré « La grossesse précoce, ce n'est pas uniquement un accident. C'est autre chose. Il faut savoir que dans la grossesse précoce, il y a énormément de facteurs psychologiques. On note souvent chez les jeunes filles concernées un besoin d'exister ou de sortir de leur famille », affirmant ensuite « que dans les familles très déshéritées, dans le Nord ou en Mayenne par exemple, elles (les jeunes filles) se font mettre enceinte pour avoir une allocation de parent isolé ».

C'est un mépris pour ces adolescentes. Mais chez cette catholique pratiquante, fidèle ouaille papale, ce genre de déclaration méprisante n’est pas une première. Elle a déjà pris parti contre l'avortement, la pilule du lendemain, le mariage homosexuel, l’euthanasie, l’homoparentalité, ou sur l’usage du préservatif.

De préservatif, on ferait bien de lui en coller un sur la tête, ça lui éviterait de raconter trop de conneries !

 

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 20:58

Les chiffres que je veux citer ne sont pas ceux du nombre de suicides, mais on peut considérer que ces derniers ne sont justement pas sans rapport. Le journal L’Humanité a publié cette semaine une enquête sur le cancer financier qui ronge France Télécom.


Au moment où le gouvernement entraîne La Poste vers la privatisation, il est bon de se rappeler  que c’est le gouvernement Rocard, le même qui travaille pour le grand emprunt de Sarko aujourd’hui, qui a mis fin en 1990 à l’administration des PTT pour créer deux établissements publics autonomes, La Poste et France Télécom. Puis c’est sous le gouvernement Chirac en 1996 que France Télécom est transformé en Société Anonyme de droit privé. N’est ce pas ce qu’envisage aujourd’hui le gouvernement pour La Poste ? Et c’est le gouvernement Jospin qui en 1997 a décidé d’ouvrir le capital de France Télécom.


Mais venons en aux chiffres qui concernent la période 2000 à 2008 :


Le chiffre d’affaires est passé de 33 674 millions d’euros à 53 488 millions d’euros.

La part des dépenses de personnel dans le chiffre d’affaires est en baisse de 24,9% à 16%.


Les dividendes distribués aux actionnaires sont passés de 1 025 millions d’euros à 3 386 millions d’euros, soit 28% du bénéfice en 2000 et 83% du bénéfice aujourd’hui.

Dans cette gestion capitaliste, les bénéfices servent avant tout à engraisser les actionnaires. Dans le même temps, les effectifs ont baissé, avec une suppression de 50 000 emplois dont 30 000 liés à des gains de productivité.


Aujourd’hui, France Télécom verse plus en charges financières (les intérêts de sa dette essentiellement) 2,8 milliards d’euros qu’en charges sociales 2,1 milliards d’euros.


Baisse des effectifs, plus de productivité, plus de profits, voilà l’envers du décor d’une entreprise qui a mené certains salariés au suicide.



A lire l'enquête de l’Humanité

 

Le roman noir des killers de France Télécom

 

Plus d’argent versé à la finance et aux banques qu’à la Sécu

 


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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 17:00

« J'ai été très étonnée de la polémique. La France a peur de sa jeunesse. Moi j'aurais été sa conseillère, je vais vous le dire très franchement, je lui aurais conseillé de saisir la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité) parce qu'il nous a inventé une nouvelle discrimination, la discrimination au patronyme. On lui a fait payer son nom, c'est ça la réalité ».


On lui a fait payer son nom ? S’appelait t-il  Abdelaziz, Ahmed, Zahid, Kamel, Mokhtar, ... ?  Non, vous n’y êtes pas du tout, ce jeune homme victime de discrimination s'appelle Jean Sarkozy. 


Mais qui a pu sortir cette énormité dans l’émission proposée par Paul Amar « Revu et corrigé » sur France 5 ? Fadela Amara, la secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la ville, auprès du ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville.


Que tous ceux qui sont victimes au quotidien de discriminations et attendent impatiemment un quelconque "plan cité" ou "plan marshall des banlieues" pour trouver un emploi, et qui ne peuvent avoir l’appui de leurs parents parce que l'origine et/ou le métier sont moins avantageux que celui du père de Jean Sarkozy, inutile de compter sur Fadela Amara, elle a choisi ses discriminés.


 

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