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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 22:50

Bonne année 2012 à toutes celles et tous ceux qui luttent contre le système capitaliste et pour un changement de société. 

 

 

partisans 2012

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 18:08

En hommage à Danielle Mitterrand, le service de presse de l’Elysée a publié quelques heures après son décès un communiqué pour lui rendre hommage.

 

Bernard Pivot a réagi à ce communiqué sur France-Info. « Il y a deux façons de réagir, soit en disant, ah, l’émotion a été telle à l’Elysée en apprenant le décès de Danielle Mitterrand que, chamboulé, le rédacteur ou la rédactrice a commis beaucoup de fautes d’orthographe, tout ça à cause de son émotion qu’il ou elle n’arrivait pas à maîtriser. Et puis la deuxième réaction, ce serait de dire, c’est d’autant plus maladroit que Danielle Mitterrand était l’épouse d’un homme qui écrivait un français irréprochable et qui avait un grand souci de l’orthographe .»

 

L’Elysée a rectifié le tir quelques heures après, en mettant en ligne sur son site une version corrigée.

 

Quand l'Insee, dans son "Portrait social" 2011 de la France, souligne que 20% des élèves sont en difficulté en français, ce n’est certainement pas en poursuivant les suppressions de postes dans l’Education nationale, comme le fait Luc Chatel, que la situation s’améliorera. 

 

On connaissait le mauvais élève Sarkozy, réputé pour ses fautes de français, de grammaire et de syntaxe lorsqu’il parle spontanément, voilà que son service de presse se met à sa « hauteur » pour l’écrit.

 

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Communiqué de presse de l'Elysée après la mort de Danielle Mitterrand © Radio France

 

 

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 21:55

22 octobre 2011. C'est le 70ème anniversaire du massacre de Chateaubriant. Hommage sera rendu dimanche 23 octobre aux vingt-sept hommes, communistes et syndicalistes pour la plupart, choisis par le gouvernement de Vichy et exécutés par les nazis.

 

Ci-dessous, le texte « C’est en leur nom que je vous parle ». C’est par ce texte clandestin de 1942 signé « le Témoin », que dans toute la France fut connu le crime de Chateaubriant. Aragon le rédigea sur la base des témoignages recueillis sur place et des lettres des internés. Ces pages bouleversantes, imprimées en tracts répandus clandestinement dans toute la France, ont été lues à Radio-Londres et Radio-Moscou et publiées dans la presse alliée.

 

P1100535.JPG

 

 

Je ne sais qui lira ce qui va suivre. Je m’adresse à tous les Français et aussi simplement à tous ceux qui, au delà des limites de la France, ont quelques sentiments humains dans le cœur, quelles que soient leurs croyances, leur idéologie, leur nation. Peut-être seront-ils retenus de m’accorder créance, parce que je ne signerai pas. J’atteste qu’il n’est rien au monde que je ne voudrais autant pouvoir faire que d’avoir l’honneur de signer ceci. C’est la mesure de l’iniquité et de la barbarie qu’aujourd’hui nous ne puissions dire notre nom pour appuyer une cause aussi juste, aussi généralement considéré comme noble et élevée, qu’est la cause de la France. Ceux qui meurent pour elle dans notre pays meurent anonymes ; le plus souvent, on ne dit même pas qu’ils sont morts, et tout ce qu’on ose écrire c’est qu’un individu a été exécuté. Je partage ici le glorieux anonymat de tant de morts que vous ne pouvez plus vous étonner de cet anonymat. Si j’élève une faible voix, c’est parce que certains des morts me l’ont demandé, c’est en leur nom que je vous parle. Ils sont tombés sous les balles allemandes. Ils sont morts pour la France.

 

Les faits sont simples et personne ne les nie. Le 22 octobre 1941, 27 hommes ont été exécutés par les Allemands à côté du camp de Châteaubriant (Loire-Inférieure) pour des faits datant de quelques jours, dont ils étaient notoirement ignorants, pour l’acte d’hommes qu’ils ne connaissaient pas, sans s’être solidarisés avec ces hommes, mais livrés à l’occupant afin d’être exécutés, et cela par le ministère de l’Intérieur d’un gouvernement qui se dit français, qui en avait lui-même dressé la liste. Pris dans le camp où ils étaient détenus sur une simple suspicion ou passibles de toute façon de peines moindres, ils ont été passés par les armes sur l’avis de ceux qui prétendent assurer la police dans le pays, y donnant ainsi l’exemple révoltant du crime.

 

On dira : c’était des communistes. Est-il possible que des Français, est-il possible que des hommes, unis à d’autres hommes, à d’autres femmes par les liens de la chair, de l’affection de l’amitié, puissent se satisfaire d’une phrase pareille ? Tous ceux qui diront, croyant se débarrasser ainsi de la chose : c’étaient des communistes, n’entendent-ils pas que cela n’excuse pas le crime allemand, mais que cela honore les communistes ? Ces hommes étaient prisonniers pour leurs idées, ils avaient défendu leurs croyances au mépris de leur liberté. Ils s’étaient refusés à suivre l’exemple de ceux qui , se reniant par lâcheté ou par intérêt, sont passés dans le camp de ceux qu’ils combattaient la veille. S’ils avaient voulu les imiter, ils auraient pu, comme certains, revêtir l’uniforme allemand et être libres, collaborer aux journaux, aux organisations que l’Allemagne contrôle, et être libres. Ils ne l’ont pas voulu. On les a envoyés à la mort. Il y a eu dans le monde des hommes comme ceux-là, et même ceux qui ne croient pas en Dieu, ceux qui haïssent l’Eglise dont ils sont martyrs ne sont jamais à ce point entraînés par la violence anticléricale, qu’ils ne reconnaissent pas la grandeur, la noblesse, la beauté du sacrifice des chrétiens jetés aux bêtes, qui chantaient dans les supplices. Vous pouvez haïr le communisme, vous ne pouvez pas ne pas admirer ces hommes. Ecoutez !

 

Au camp de Châteaubriant, il y avait en octobre 1941, un peu plus de quatre cent prisonniers. On sait ce qu’est la vie dans ces camps, on ne sait pas assez le courage qu’y déploient des hommes et des femmes démunis de tout, mais qui paraissent se préoccuper que de maintenir le moral de tous. A Châteaubriant, ils préparaient des divertissements communs, ils faisaient des cours pour mettre en commun le savoir particulier de chacun. Le 20 octobre, un lundi, on y apprend qu’un officier allemand vient d’être tué à Nantes. Vers une heure de l’après-midi, un officier de la Kommandantur confère avec les directeurs du camp. Il s’agit de désigner les otages. Deux cent dossiers environ sont remis par le camp au chef de cabinet du sous-préfet qui les portera à Paris au ministère de l’Intérieur, où seront choisis les otages.

 

On ne peut s’en tenir à l’exposé nu des faits. Depuis qu’il y a des guerres, les belligérants ont considéré comme otage des hommes, des notables désignés d’avance pour porter les conséquences des actes de leurs concitoyens contre l’ennemi. Ici, c’est après l’acte que sont choisis de prétendus otages et parmi les hommes qui ne peuvent matériellement en être solidaires. Quels hommes ? Des notables dont la perte aurait un caractère retentissant ? Non ! Des hommes qui portent le poids de leurs idées, qui sont choisis par ceux-là qui prétendaient assurer l’ordre, leurs ennemis politiques qui y trouvent l’occasion de vengeances personnelles. Parmi eux, il y a des étudiants, des ouvriers. Quelques-uns sont presque des enfants. Ce n’est plus le bourgmestre qui répond de ses concitoyens comme jadis. – Otages ? – Non. – Martyrs ? – Oui.

 

Ce même 20 octobre, les troupes allemandes prennent la garde du camp, à la place des gardes mobiles français. Les prisonniers sont consignés dans les baraques jusqu’au lendemain 9 heures. Vers 9 heures du soir les sentinelles tirent dans le camp, croyant voir une ombre ; une balle entre dans la baraque 10 et siffle aux oreilles d’un prisonnier couché.

 

Le lendemain, la garde allemande est relevée. Des rumeurs circulent. Les prisonniers apprennent le départ pour Paris du chef de cabinet du sous-préfet avec les dossiers. On prétend que trente otages doivent être désignés dans le camp. Dans la baraque 19, il y a vingt et un hommes : une indiscrétion a fait savoir que c’est de cette baraque que viendra le gros du contingent exigé. Vers 9 heures du soir, les soldats allemands reprennent la garde …

 

Voici les vingt-sept enfermés dans la baraque 6. Chacun reçoit une feuille et une enveloppe pour écrire ses dernières volontés. Kérivel est autorisé à faire ses adieux à sa femme internée dans le même camp. J’ai sous les yeux le récit des mêmes heures faites par un autre interné qui se trouvait dans la baraque 10. Il traduit aussi cette angoisse sourde et montante des deux journées, les bruits qui courent encore incertains, les signes précis d’un événement qu’on doit deviner sans en être sûr. Puis l’arrivée de l’officier et des gendarmes. Quand s’ouvre la baraque 10, le sous-lieutenant Touya lance sans hésitation, avec un sourire pincé, un seul nom : Guy Môcquet. Le nom est un couperet qui tombe sur chacun de nous, une balle qui perce chacune de nos poitrines. Il répond d’un seul : présent ! et comme sans réfléchir, droit, plus grand que jamais, notre Guy s’avance d’un pas rapide et assuré, dix-sept ans, plein d’insouciance et de vie ! A peine éveillé aux premiers rêves d’amour, il est parti, notre Guy, comme serait parti un peu de nous.

 

On cherche à se persuader dans les baraques que la parti n’est pas jouée ; cependant, suivant un autre témoignage, les otages étaient si sûrs de leur sort que Timbaud avait décidé de liquider toutes ses provisions en un bon repas et demandé à deux de ses camarades d’écrire à sa femme et à sa fille s’il lui arrivait quelque chose. D’autres camarades faisaient remarquer à Pesqu é qu’il serait prudent de fumer tout de suite ses trois paquets de tabac. Quant à Poulmarch, il se faisait disputer après le repas de midi pour ne pas avoir fait chauffer l’eau du thé :  " Dépêche-toi au lieu de dormir ; nous n'aurons même pas le temps de boire le thé. " En effet, l’eau du thé est restée sur le feu.

 

Maintenant, dans les baraques, on attend. Chaque porte, chaque fenêtre a été condamnée avec un lit dressé contre les parois. Ils voient le curé de Béré entrer dans le camp. Cela en dit long. Le curé de Châteaubriant s’est récusé. On voit passer Mme Kérivel, autorisée à voir son mari. L’espoir disparaît. C’est à 14h22 que le prêtre sort de la baraque 6. Cinq minutes plus tard, des camions allemands apparaissent sur la route. Alors, de la baraque monte :  " La Marseillaise ". Tout le camp P.1 reprend le chant à son tour. Oh ! les avez-vous jamais bien entendues, ces paroles françaises :

 

Ils viennent jusque dans nos bras

Egorger nos fils, nos compagnes !

 

A 15 heures, les camions sont rangés devant la baraque 6. Voici les termes mêmes du récit d’un des rescapés :

 

Le lieutenant ouvre la porte et commence le dernier appel. A l’annonce de son nom, chacun d’eux se présente. Les gendarmes fouillent, vident les poches et leur attachent les mains, puis les font monter dans les camions. Chaque camion prend neuf camarades ; ceux-ci n’arrêtent pas de chanter et nous font des signes d’adieu, car ils nous voient à la fenêtre. Ténine interpelle l’officier allemand : " C’est un honneur pour nous, Français, de tomber sous les balles allemandes. " Puis, désignant le jeune Môcquet qui n’a que dix-sept ans : " Mais c’est un crime de tuer un gosse !… "

 

Il faudrait tout citer, chaque récit, car ils s’éclairent l’un l’autre. Dans cet autre, il y a des larmes aux yeux de ceux qui assistent impuissant au drame. Le geste instinctif de se découvrir quand éclate " La Marseillaise " des condamnés. Ah ! ce n’est pas César qui salue ceux qui vont mourir, mais la France, mais l’avenir du pays pour lequel ils meurent. Comme ils reconnaissent les voix lointaines, celles de Timbaud, de Mocquet ! Après " La Marseillaise ", il y a " Le Chant du Départ " et comment lire, dans ce texte d’un homme simple, sans en avoir les yeux humides, cette remarque : " Qu'ils sont beaux, ces vers ; Un français doit vivre pour elle ! Pour elle un Français doit mourir. " Puis vient " L'Internationale ". Et une seule voix, jeune fraîche, entonne " La Jeune Garde ". C’est Môcquet, pour sûr, le benjamin des otages. On en peut pas couper ce récit-là :

 

Par la fenêtre, nous voyons des ombres s’agiter à travers les interstices de la palissade. Nous devinons que nos camarades prennent place dans les camions. Nous nous massons aux fenêtres, côté nord, pour voir le départ de nos héros. Les gendarmes sont toujours là, impassibles, postés de dix en dix mètres. Plus loin, sous le mirador, on distingue les silhouettes sombres des soldats allemands casqués et armés. Une voiture à cheval entre. Elle ne va pas loin. Un gendarme arrête le cheval par la bride et lui fait faire demi-tour. Le temps est superbe, le ciel d’une pureté exceptionnelle pour un 22 octobre. Pas une âme qui vive. La consigne est parfaitement respectée dans notre quartier. Seul Kiki, notre petit fox-terrier, se roule dans l’herbe, heureux de s’étirer et de s’ébattre au soleil. A côté de la 9e, des pas martèlent le plancher. Enfin, " La Marseillaise ", une fois de plus, s’élève de l’autre côté des palissades. Les moteurs sont mis en marche. Les camions vont partir. " La Marseillaise " s’envole des camions, irrésistible, gagne tout le camp, baraque par baraque. Les gendarmes rendent les honneurs militaires à nos camarades quand ils montent dans les camions et au moment où ceux-ci s’ébranlent…

 

Alors, mus par le chant qui les a gagnés, ceux dont les camarades viennent de partir pour le supplice, tous se trouvent soudain hors des baraques. Ils sont quatre cents à chanter. Deux couplets, deux refrains de " La Marseillaise ".

 

Le lieutenant Touya qui, tout à l’heure, serrait les mains de l’officier allemand qui venait de prendre livraison des vingt-sept martyrs, est bien embarrassé, mais il montre aux détenus la sentinelle allemande, et déjà il siffle. Eux, les détenus, sur un mot d’ordre qui circule parmi eux, se taisent et le silence tombe sur les bourreaux. Il faudra bien que le lieutenant consente quelques renseignements. De groupe en groupe, on se les passe, ainsi que la liste des otages. Touya leur a déclaré qu’ils seront fusillés dans une heure, à 16h15. Aussitôt, on décide de se rassembler à cette minute-là.

L’heure est lente et lourde à passer dans les baraques. C’est pendant cette heure-là que, pieusement, dans la baraque n°6, certains vont recopier les instructions laissées par les condamnés. Les planches où ils ont marché, qu’ils ont touchées, sont découpées et mises à l’abri comme des reliques.

 

A 16h15, les voilà tous ensemble comme pour l’appel, tête nue ; en silence, trois cent hommes réunis par camp. Dans chaque camp, l’appel est fait. Au nom des fusillés, un camarade répond : " fusillé ! " Une minute de silence. Cérémonial simple, sobre, spontané. Ils l’ont naturellement inventé. Et peut-être inaugureront-ils, pour la suite des temps, la commémoration qui fera du 22 octobre de chaque année, un anniversaire pour tous les Français, le deuil, l’orgueil aussi, parce que vingt-sept Français sont morts comme on sait mourir chez nous.

 

De la soirée qui suit, que rapporter ? Seulement le courage de Mme Kérivel. Cette femme admirable, quand elle est venue à la cellule des condamnés embrasser son mari, prise de pitié à la vue du jeune Guy Môcquet, a proposé aux officiers de prendre sa place. On le lui a refusé. Maintenant son calme fait l’admiration de tous. Elle se promène sur la piste avec ses amis, " Pourquoi se frapper ? Nous ne sommes pas ici pour cueillir des fleurs, la vie continue. " Et elle dit aux femmes : " Surtout, faites votre fête dimanche, rien n'est changé ! " Elle tiendra ainsi toute la soirée : ce n’est que dans sa baraque que la fièvre s’emparera d’elle. Mais le lendemain la retrouvera debout, courageuse.

 

C’est le lendemain que l’on apprend les détails de l’hécatombe. C’est dans une carrière de sable, à deux kilomètres de Châteaubriant, qu’ils ont été fusillés. Ils avaient traversé la ville en chantant " La Marseillaise " dans les camions. Les gens se découvraient sur leur passage. On imagine l’émotion qui régnait dans la ville. A la ferme voisine de la carrière, les paysans étaient consignés par les Allemands, portes et volets clos, une mitrailleuse braquée sur leurs portes.

 

Par un raffinement singulier, l’exécution a eu lieu en trois fournées. Il y avait trois rangées de neuf poteaux dans la carrière. Les exécutions ont été faites en trois salves : à 15h55, à 16 heures et à 16h10.

 

Les vingt-sept condamnés ont voulu aller à la mort les yeux non bandés et les mains libres. Ces hommes, en tombant, ont étonné leurs bourreaux. Ils ont chanté jusqu’à la dernière minute. Ils criaient : " Vive la France, vive l'U.R.S.S., vive le Parti communiste ! " Le docteur Ténine a dit à l’officier allemand qui commandait le peloton : " Vous allez voir comment meurt un officier français ! " Et le métallurgiste Timbaud, avec cette décision qu’il a toujours montrée dans la vie, a choisi pour sa dernière parole un cri bien particulier qui risque de rester comme un souvenir dans les cœurs des hommes qui ont tiré sur lui, Français : " Vive le Parti communiste allemand ! " Il avait demandé du feu à un gendarme pour fumer une dernière cigarette. Au départ, dans le camion, il a dit quelques mots sévères au lieutenant Touya. Il est mort comme il a vécu. C’est une image qui restera de l’ouvrier français, notre frère.

 

Les gendarmes ont rapporté la montre de l’un, une lettre de l’autre, l’alliance d’un autre. Ils ont dit aux détenus ce qui se disait dehors. Eux-mêmes partagent l’émotion du camp et de la ville. La municipalité a refusé d’enfermer les corps dans les cercueils ignobles que les autorités allemande avait apportés. Les corps ont passé la soirée au château de la ville. On les dispersera le lendemain dans divers cimetières de la région. Les familles pourront y aller, mais elles ne sauront pas quelle tombe est la leur, car les cercueils ne porteront pas de noms, mais un numéro correspondant à un registre, pour plus tard… et c’est tout. A la carrière, les gens du pays se sont rendus nombreux, en pèlerinage ; on voyait encore les poteaux, le sang sur le sable. On sait maintenant que le même jour, à Nantes, vingt et un otages étaient tombés dans des conditions semblables. Quarante-huit en tout pour la journée du 22 octobre. Le dimanche suivant, plus de 5.000 personnes ont défilé dans la carrière et déposé des fleurs.

 

C’est d’un garde mobile que l’on tient les détails de l’exécution. Cet homme déclare que les vingt-sept victimes lui ont donné une leçon de courage ineffaçable.

 

Guy Môquet, qui avait eu une faiblesse au départ mais dont le courage avait été égal à celui des autres en chemin, s’est évanoui dans la carrière. Il a été fusillé évanoui. Dans le pays, on se répète les mots des martyrs. Le jour de la Toussaint, les défilés ont recommencé, une gerbe de fleurs a été déposée à l’emplacement de chaque poteau dans la carrière tragique, des bouquets ont été portés dans les cimetières. Les autorités allemandes ont interdit les défilés et fait une enquête pour rechercher " les coupables " qui avaient apportés les fleurs.

 

Un détail terrible : lors de la mise en bière, l’un des cadavres (on frémit de le reconnaître) était trop grand pour la caisse. Un Allemand pris une barre de fer pour l’y faire entrer. Comme le fossoyeur municipal qui était présent protestait, l’autre cria : " Kommunist , pas Français ! " Ce mot-là, oui, il faudra qu’aucun Français ne l’oublie. Les brutes qui sont venues chez nous, jusque dans la mort, disposer de la nationalité des nôtres, d’un enfant de dix-sept ans, nous apprennent par là même ce qui nous unit conter eux. Il est seulement étrange et monstrueux que le mot de cette brute, il puisse se trouver parmi nous des gens pour le reprendre. Nous n’oublierons pas qui a envoyé au poteau cet enfant et ses vingt-six camarades ; qui tranquillement, du bureau d’un de nos ministères, a jeté aux balles allemandes ceux qui devaient mourir " La Marseillaise " à la bouche et la France au cœur, parce qu’il pensait comme les bourreaux : " Communistes, pas Français ! "

 

Il faudrait parler de ces vingt-sept hommes. Comment ne pas marquer à leur tête le député Michels qui portait aux yeux des autorité françaises, le seul crime d’avoir voté contre la guerre, contre cette guerre à l’Allemagne : voici qu’il est tombé sous les balles allemandes, désigné par les autorités françaises. Il laisse une femme et deux enfants. A côté de lui, Poulmarch, secrétaire de syndicat à Ivry ; sa femme reste avec un enfant de six ans et deux personnes à sa charge. Voici le métallurgiste parisien Timbaud qui laisse une femme avec un enfant de treize ans, et deux jours de travail par semaine. Voici Vercruysse de Paris, mutilé de la face de l’autre guerre, qui laisse une femme sas ressource avec un enfant de huit ans. Les soldats du Kaiser n’avaient pu que le défigurer, ceux de Hitler lui ont donné le coup de grâce. Voici Granet de Vitry ; sa femme fait des ménages pour élever un enfant de onze ans. Barthélemy de Tours, retraité des chemins de fer, cinquante-sept ans, dont le fils est marié, mais la femme de ce fils a été emprisonnée à Niort, Bartoli, qui avait cinquante trois ans, une femme un enfant. Batard, d’Angers, lui, n’avait que vingt et un ans ; une mère le pleure. Bourbis, dont l’ordre de libération est arrivé le soir même de l’exécution, instituteur à Saint-Brieuc ; il laisse une femme institutrice et un enfant de six ans. Laforge, instituteur, devait comme lui être libéré. Il laisse une femme, professeur de lycée, et un enfant de dix-sept ans. C’est Lalet, étudiant de vingt et un ans, déjà marié, dont la libération est arrivé pendant qu’il écrivait ses dernières volontés : cela ne l’a pas sauvé du poteau. Lefèvre, d’Athis-Mons, nous laisse une femme et quatre enfants. Le Panse, de Nantes, laisse une femme malade avec deux enfants de cinq et trois ans. Môquet, notre Guy, comme disaient les camarades, le martyr de dix-sept ans, avait à sa charge sa mère et son jeune frère de 10 ans, son père étant lui aussi emprisonné. Pesqué docteur à Aubervilliers, cinquante-six ans, laisse un enfant. Pourchasse, trente-trois ans, laisse une femme sans ressource avec deux enfants de dix et quatre ans ; sa sœur a été arrêtée. Renelle, ingénieur de Paris, laisse une fille de vingt ans qui devra faire vivre sa grand-mère. L’artisan imprimeur Tellier, d’Amilly (Loiret) quarante-quatre ans, veuf. Le docteur Ténine, trente-cinq ans, celui qui dit : " Vous allez voir comment meurt un officier français !" médecin à Anthony, fils d’un chauffeur de taxi qui, sans travail, était à sa charge, venait de perdre son fils de huit ans, quelques jours plus tôt ; on dit que sa femme, apprenant l’exécution quelques jours après ce terrible deuil, s’est tué volontairement. Voici Kérivel, dont la femme eut le triste privilège, prisonnière à Châteaubriant, de l’embrasser à la dernière heure. Voici Delavaquerie, qui avait dix-neuf ans et en paraissait quinze. Houyn-Kong-Ha, Annamite dont le pays a été livré au Japonais tandis que lui était livré aux Allemands et que sa femme était jetée en prison à Rennes. Voici David, Grandel, Guéguen, Gardette… Tous des gens pauvres qui vivaient de leur travail.

 

Est-ce bien la France, direz-vous, où se passent des choses pareilles ? Oui, c’est la France, soyez-en sûrs. Car ces vingt-sept hommes représentent la France mieux que ceux qui les ont désignés aux bourreaux allemands. Leur sang n’aura pas coulé en vain : il restera comme une tâche indélébile au visage de l’envahisseur. Ce sang précieux, c’est le rouge de notre drapeau qu’il a reteint et qui, mieux que jamais, se marie au blanc et bleu de la France pour marquer l’unité de notre pays contre l’ennemi installé sur notre terre et la poignée de traîtres pourvoyeurs de ces bourreaux.

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 23:22

L’équipementier automobile Heuliez avait défrayé la chronique en 2009. En juillet 2010, l’activité carrosserie (ferrage, emboutissage, peinture) qui devenait Heuliez SAS, était reprise par le groupe BGI (Baelen Gaillard Industries), soit 335 salariés sur 650. Heuliez SAS est sous-traitant du constructeur de la Mia Electric, autre entité issue de l’éclatement du groupe Heuliez.

 

Mais si j’évoque cette entreprise deux-sévrienne aujourd’hui, c’est suite à un article de la Nouvelle République de ce jour qui a attiré mon attention ; il titrait « Un nouveau directeur général chez Heuliez SAS ». Lien vers l'article.

 

A la lecture de l’article, j’ai surtout été interpellé par la responsabilité précédemment exercée au sein du groupe Alstom par ce nouveau directeur : « responsable de la mise en place d'une démarche d'amélioration continue basée sur les méthodes du lean manufacturing* »

 

C’est quoi ce truc-là ? Heureusement que la précision est apportée sur ce « lean manufacturing » qui est « une technique de gestion qui met l'accent sur la minimisation des ressources utilisées pour la production de grandes quantités de biens ou de services à un moindre coût ».

 

Minimisation des ressources pour la production de grandes quantités … J’imagine qu’il s’agit des ressources humaines. Comment faire plus avec moins de monde. J’ai d’ailleurs trouvé une explication sur internet confirmant ceci. Concevoir et produire mieux, plus vite, moins cher …pour contribuer à satisfaire les clients, le personnel, les actionnaires de l’entreprise tel est le but du lean-manufacturing.

 

Satisfaire le personnel ? Cela m'apparait plus comme de l'aliénation, la robotisation de l'individu. Par contre, satisfaire les actionnaires, c'est une évidence, avec leur volonté d'avoir une rentabilité à 2 chiffres. Je vous laisse deviner la suite. Le "Lean manufacturing", technique de gestion ? Plutôt une technique de toujours plus d'exploitation de l'individu !

 

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 17:29

Un peu plus d'une semaine en vadrouille, et je n'ai pas pris le temps de réagir à l'actualité. Le retour est pour bientôt et je ne manquerai pas de réagir aux élections sénatoriales, à la demande de reconnaissance de l'état de Palestine par l'ONU et au comportement inadmissible d'Israël. Il y aura beaucoup à dire également sur cette république irréprochable que proclamait Sarkozy. On voit ce qu'il en est avec le Karachi Gate où sont mêlés des très proches de Sarkozy. Et puis il y a les déclarations des uns et des autres, d'Arno Klarsfeld nouveau président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) et qui défend la politique du chiffre de Guéant quant au renvoi des immigrés. Il a oublié son histoire, lui fils de Beate et Serge Klarsfeld n'est pas à la hauteur du combat de ses parents. Sur toutes ces choses je reviendrai bientôt... si je ne m'empêtre pas dans la toile.

 

A très bientôt.

 


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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 23:28

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Carnets de croquis,

chevalets, aquarelle …

 

Dans le cadre des journées du patrimoine, les 17 et 18 septembre 2011, après une promenade découverte guidée, vous pourrez poser votre chevalet ou ouvrir votre carnet de croquis sur les plus beaux sites des communes d’Ardin et Béceleuf .

 

Lavoirs, passerelles, pigeonniers, porches, fermes, berges, bosquets, garennes … La vallée de l’Autize recèle d’innombrables trésors qui attendent votre oeil et votre main pour être fixés sur la toile ou la feuille.

 

Cette initiative gratuite, n’est pas un concours, elle ne comprendra pas de palmarès. Tous les artistes y sont attendus, y compris les jeunes et les débutants. Elle sera clôturée le dimanche en fin d’après-midi par une exposition sur le site du pigeonnier de Pouzay .

 

GPS : 46° 28’ 43’’ N – 0° 32’ 10’’ O

 

Renseignements et inscriptions :

 

courriel : severineboutant.ccga@orange.fr

Téléphone : votre interlocutrice : Séverine Boutant, le lundi et jeudi matin

et le mardi toute la journée : 05 49 06 81 44

Carnets de croquis

Communauté de Communes Gâtine-Autize

20 rue de l'Epargne

79160 Coulonges sur l’Autize

 

• Sur inscription et pour un montant de 11 €, dîner en commun prévu le samedi soir.

• Hébergement possible sous yourte, en chambre d’hôtes …


 

 

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 11:47

Après deux semaines de silence, je reprends la publication de mon blog. Quand j’écris « trêve estivale » les guillemets se justifient, car le temps n’a pas été très estival mais plutôt à l’image de l’actualité, pas très brillant.

 

Je commencerai cependant par un rayon de soleil avec une très bonne nouvelle. C’est l’arrivée d’un petit fils, Titouan, qui fait déjà le bonheur de Adeline et Jérémie ses parents. Comme ils ne sont plus dans la région pour des raisons professionnelles, nous avions opté pour des vacances en Haute-Normandie (mon article précédent) afin d’être à proximité lors de la naissance. Ce petit bonhomme tout adorable est arrivé le 21 août, voilà un petit cousin pour Pierrot avant l'arrivée prochaine de sa petite sœur. Inutile de dire le bonheur des grands-parents.


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Mais durant cette période où mon blog était réduit au silence, il n’y a pas eu que de bonnes nouvelles. C’est la disparition du chanteur Allain Leprest qui à 57 ans, a décidé d’écrire lui-même le mot fin à Antraigues-sur-Volane, dans le village de Jean Ferrat. Communiste depuis sa jeunesse, ami fidèle du journal l’Humanité et de sa fête, il avait accumulé les prix et les distinctions. Révélation du printemps de Bourges en 1985, trois fois primé par la Sacem, la dernière en 2009 pour le grand prix des poètes, deux fois grand prix de l’académie Charles-Cros, dont la dernière, pour l’ensemble de son œuvre. Chanteur engagé, on l’a peu entendu sur les ondes, et comme l’écrit Maurice Ullrich dans l’Humanité, « Tous ceux qui le connaissaient, qui l’écoutaient, ne doutaient pas qu’il fût un artiste rare. Ses pairs l’avaient bien compris qui, pour son CD Chez Leprest en 2007, sur les arrangements de son complice et ami de longue date Romain Didier, avaient repris quinze de ses chansons. Daniel Lavoie, Jacques Higelin, Loïc Lantoine, Hervé Vilard, Enzo Enzo, Olivia Ruiz, Sanseverino, Michel Fugain, Jean Guidoni… Belle équipe. »


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Photo JCO fête de l'Huma 2009

 

Et puis il y a toutes les mauvaises nouvelles imputables au système capitaliste et à la politique au service de la finance menée par Sarkozy. Un chômage toujours en hausse, des mesures d’austérité qui mettront plus à contribution les victimes de la crise du système que les plus fortunés, la poursuite de la casse du service public, etc. etc.

 

Avec la reprise des publications sur mon blog, ce sont des sujets sur lesquels j’aurai l’occasion de revenir.

 

Bonne rentrée et rendez-vous dès à présent dans les luttes à venir.

 


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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 07:40

Photos de vacances.

 

Au Tréport, l'inquiétude est clairement affichée près de la jetée. Cela donne aussi à réfléchir sur ce genre de projet. Une énergie peut-être pas si écologique que ça.

 

Lien vers le site de l'association SOS à l'horizon (Sans Offshore à l'horizon)


 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 17:51

 

 

 

 

 

Des têtes connues aux côtés du marchand d'armes franco-libanais Ziad Takieddine qui a joué un rôle trouble dans la négociation de contrats avec la Libye, l'Arabie Saoudite et le Pakistan. Cet homme a une situation fiscale peu claire, des relations privilégiées avec les proches de Nicolas Sarkozy, etc.

 

Voir quelques explications :

 

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 10:24

« A nous de vous faire préférer le train ! » fut un slogan publicitaire de la SNCF. Je dis bien « fut » car la politique menée par la SNCF se rapproche plutôt aujourd’hui du slogan « A nous de vous faire détester la SNCF ! »

 

Il y a ceux qui détestent la SNCF à cause de mouvements de grèves bien légitimes des agents qui se battent pour la défense du service public, et il y a ceux qui détestent la SNCF pour sa politique de casse du service public et le mépris qu’elle a des usagers. Je me situe dans cette dernière catégorie.

 

Les faits que je relate se sont produits le week-end dernier dans les gares de Bressuire et Thouars dans le département des Deux-Sèvres. La pénurie d’effectifs chez les conducteurs a « contraint » la SNCF à supprimer six trains sur les huit prévus dans le nord du département. Les trains qui devaient rallier Saumur et Tours ne sont pas partis, 2 sur 2 au départ de Bressuire et 4 sur 6 au départ de Thouars, faute de conducteurs disponibles. Comme le relate un représentant CGT cheminot, « en 2003 il y avait environ 85 conducteurs sur l’ensemble du périmètre, aujourd’hui, il n’y en a plus qu’une vingtaine. »

 

« Environ 80 % des horaires des trains en France changeront le 11 décembre », a récemment indiqué le président de la SNCF Guillaume Pépy, il aurait dû ajouter que le départ des trains était devenu aléatoire. Le plus scandaleux dans l’histoire, c’est qu’une affiche en gare de Thouars évoquait « des mouvements sociaux » comme étant la cause de cette situation. Le représentant CGT a dénoncé avec force « un mensonge et une manipulation… c’est une opération de sabotage organisé ».

 

Guillaume Pepy, président de la SNCF, peut parader comme il l’a fait au Cercle des économistes samedi dernier à Aix en Provence, le résultat de sa politique est bien la casse du service public. Le slogan tient plutôt du « Comment vous faire détester le train ! »

 

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