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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 18:22

« C’est donc la quatrième conférence de presse que je tiens, aujourd’hui, depuis mon élection. C’était un engagement que j’avais pris et qui consistait à rendre compte régulièrement, devant vous, donc devant les Français, de l’action que je mène. »

 

C'est la première phrase du propos liminaire du président de la République lors de sa conférence de presse du 18 septembre 2014. Il souligne que c'est un engagement qu'il avait pris, de rendre compte devant les français. Très bien, mais il y a d'autres engagements qu'il avait pris devant les français, 60 exactement, dans son programme « Le changement c'est maintenant ». On attend les résultats car ils sont encore nombreux à ne pas avoir été tenus. Et alors que nous dit le président de la République ? Qu’il n’a plus franchement le contrôle sur ces « résultats qui, j’espère, arriveront avant 2017 ».

 

Mais il y a un domaine où il semble plus efficace, c'est en chef de guerre. Après 2 ans et demi au pouvoir, il est déjà le président le plus interventionniste de la Ve République. Il a annoncé qu’à la suite d’un conseil de défense qui s'est tenu à l’Élysée, il avait donné son accord pour des frappes aériennes françaises en Irak contre l’État islamique et « que le Parlement sera informé dès les premières opérations engagées, c’est à dire vite. Le Premier ministre réunira les Présidents des groupes parlementaires du Sénat et de l’assemblée nationale dès la semaine prochaine. Un débat pourra avoir lieu au sein des assemblées. »

 

La conférence de presse avait lieu jeudi soir, les frappes aériennes ont eu lieu ce vendredi matin. Je dois être bien naïf, mais je me demande bien à quoi va servir le débat au sein des assemblées puisque l'engagement militaire est déjà effectif sans que celles-ci aient été consultées. C'est bien ici la décision d'un monarque.

 

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 18:50

La Fête de l'Humanité comme vous ne risquez pas de l'avoir vue dans nos médias. Retrouvez un aperçu de la diversité des débats, des rencontres, des spectacles et des concerts de la Fête de l'Humanité 2014.

Le journal de la Fête - Partie 1

Le journal de la Fête - Partie 2

Le journal de la Fête - Partie 3

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 21:41

Ci-dessous un communiqué d'ACRIMED ( Observatoire des médias, Action - Critique - Médias ) que je relaie volontiers. L'administration fiscale est manifestement plus prédisposée à s'acharner contre ACRIMED qu'à s'occuper de Thévenoud ... 

 

Les Français peuvent être rassurés. L’administration fiscale traque impitoyablement et prioritairement les avantages fiscaux exorbitants et indus, les « niches fiscales » les plus scandaleuses, les fraudeurs du fisc les plus fortunés, contraints d’ « exiler » leurs magots et parfois même de les abandonner à des paradis fiscaux. La preuve : le Ministère des finances vient de faire appel de la décision du tribunal administratif de Montreuil annulant les décisions qui privaient Acrimed du droit de délivrer des reçus permettant à celles et ceux qui nous soutiennent d’obtenir une réduction de leurs impôts sur les dons effectués en faveur de notre association.

Sous quels prétextes ? Résumons. Le droit français permet aux associations d’intérêt général ayant un caractère éducatif ou culturel de faire bénéficier leurs donateurs d’une telle réduction. Mais, attention, Acrimed, à la différence de « Civitas » par exemple, ne serait pas une association d’intérêt général en raison du caractère « partisan » de ses prises de positions : c’est-à-dire de leur parti-pris. Les activités d’Acrimed n’auraient pas de caractère « culturel » « au sens de la loi fiscale »… totalement silencieuse sur ce point. Elles n’auraient pas de caractère « éducatif », en raison de l’absence d’un projet pédagogique déterminé s’adressant à des élèves. Ainsi la défense du droit d’informer et de la qualité de l’information ne serait ni « culturelle » ni « éducative ». Évidemment, les interprétations restrictives qu’on nous oppose sont totalement arbitraires. Elles ont finalement un caractère étroitement « partisan » : l’acharnement de l’administration fiscale est manifestement politique. Mais il est à craindre qu’elle ne s’en rende même pas compte.

Qu’on ne se méprenne pas : nous sommes déterminés à apporter notre contribution à la réduction de la dette publique. Nous le faisons par exemple en contestant, non le principe des aides publiques à la presse, mais la gabegie qui préside à sa distribution. Mais nous sommes tout aussi déterminés à faire valoir le droit de nos donateurs à une très modeste réduction de leurs impôts. Nous le ferons en épuisant toutes les voies de recours juridiques, pour que force ne reste pas aux interprétations iniques de la loi.

Nous savons que nous pourrons compter sur la solidarité de toutes celles et des tous ceux qui, dans les médias ou ailleurs, considèrent, qu’ils nous approuvent ou non, que notre simple existence est d’intérêt général, en raison du caractère culturel et éducatif de notre activité.

Une solidarité qu’ils peuvent manifester en diffusant ce communiqué…

Acrimed

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 09:09

France Télévision va devoir se serrer la ceinture. La Loi de finances rectificative ampute les ressources du groupe public de 7 millions d'euros, les rentrées publicitaires accusent une baisse de 3,5% soit 5 millions d'euros, un nouveau plan de départs volontaires touchant 340 postes est mis en œuvre en 2014. « Dans un contexte difficile, avec une crise amplifiée d'une année sur l'autre, il nous faudra faire des choix » a prévenu le PDG de France Télévisions Rémy Pfimlin.

 

On a déjà un aperçu de certains choix. Les téléspectateurs du 20 heures de France 2 ont pu constater que le petit pape du 20 heures était installé dans un studio flambant neuf pour la présentation du journal. Comme le révèle le Canard enchaîné, Pujadas a exigé et obtenu un changement de décor. Le lifting a coûté la bagatelle d'environ 200 000 euros. France Télévisions s'est adressé à un constructeur basé au Portugal, Cenycet qui fabrique des décors d'émissions à bas coût en faisant turbiner des ouvriers au tarif portugais (560 euros par mois).

 

Dans un reportage du magazine « Envoyé spécial » de janvier 2013 intitulé « Les nouveaux forçats du BTP » France 2 montrait comment certaines boîtes font travailler en France des salariés d'autres pays européens pour une misère. Avec la nouvelle rubrique intitulée « l'oeil du 20 heures » nul doute que Pujadas, qui a eu besoin d'un nouveau décor pour son journal, présentera ces travailleurs low-coast qui contribuent au nivellement par le bas du droit social nen Europe, pour le plus grand bonheur des actionnaires.

 

Merci d'avance à Pujadas.

 

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 23:54

Aujourd'hui, près de 50 tonnes de fruits et légumes ont été vendues à prix coûtant en quelques heures à Paris et dans 34 villes franciliennes. C'était l'occasion de débattre de la crise agricole et des alternatives à mettre en place pour défendre le pouvoir d’achat des consommateurs et le revenu des producteurs.

 

Concurrence déloyale, dumping social, marges abusives de la grande distribution, les producteurs de fruits et de légumes français subissent de plein fouet une crise profonde à laquelle s’ajoute, particulièrement cette année, celle du pouvoir d’achat des ménages. D’un côté, les maraîchers écoulent leurs récoltes en dessous de leur coût de production, et de l’autre, les consommateurs voient les prix exploser. Entre les deux : les marges scandaleuses de la grande distribution.

 

Vous aurez pu entendre que cette vente était organisée par un syndicat paysan dont le sigle a parfois été cité, mais sans en donner la signification. Et stop.

 

Les présentateurs de journaux (peut-on les appeler journalistes?) ont pratiqué la censure. Car en effet, ces ventes solidaires sont organisées chaque année par le PCF avec l'appui du Modef (Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux) , et cela depuis plus de 15 ans.

 

Cela doit leur écorcher la gueule à ces présentateurs que de prononcer le mot PCF. Ça été le cas sur France-Inter, France 2, France 3. Voilà comment le service public s'érige en censeur.

 

Voir article Humanité :

Pour que manger cinq fruits et légumes ne soit plus un luxe

 

Vente de fruits et légumes à prix coûtant en Ile de France : Quand le service public de l'information pratique la censure
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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 17:01

Dans un billet publié le 6 août, je posais la question « BHL aurait-il disparu ? Sinon, pourquoi ce silence ? » C'était à propos de son silence concernant l'offensive d'Israël sur Gaza.

 

Grâce au site observatoire des Médias ACRIMED, voilà quelques nouvelles. Un BHL toujours égal à lui-même !

 

Par Julien Salingue

 

Le 8 août dernier, l’inénarrable Bernard-Henri Lévy était invité à l’Opéra d’Odessa pour y jouer sa pièce Hôtel Europe, que Le Point présente ainsi : « [un] monologue [qui] retrace en cinq actes la tempête qui se lève sous le crâne d’un intellectuel engagé (qui ressemble furieusement à BHL) deux heures avant de prononcer un discours à Sarajevo sur la Bosnie, les conflits qui émaillent le monde, la montée des nationalismes et la construction européenne ». BHL mettrait en scène un intellectuel qui lui ressemble ? Comment est-ce possible ? La veille de cette représentation où il interprète son propre rôle, BHL, dans sa chemise blanche (son costume de toutes les scènes), était l’invité (s’était invité ?) sur le plateau d’une télévision ukrainienne. Une répétition, en quelque sorte, et une occasion d’entonner un hymne médiatique à la gloire médiatique du plus médiatique des intellectuels.

Le principe même de l’interview est pour le moins cocasse et prometteur : BHL est en effet invité à parler d’une pièce écrite par BHL, à propos de BHL, et interprétée par BHL. Résultat : du très grand BHL-moi-je dont chacun pourra se délecter (quelle que soit l’appréciation que l’on porte sur la complexe situation en Ukraine, sur laquelle nous n’entendons pas nous prononcer ici). Une grande leçon de modestie et d’humilité.

« Un modeste représentant des opinions publiques européennes »

L’interview dure environ 17 minutes, durant lesquelles Bernard-Henri Lévy s’exprime pendant environ 7 minutes et 30 secondes (en raison du temps pris par les questions et surtout la traduction) Après un rapide décompte, il s’avère que le grand homme emploie à pas moins de 55 reprises les termes « je », « moi », « mon » ou « ma », soit environ une référence à sa belle personne toutes les huit secondes. Belle performance. Et, comme nous allons le voir, ces références ne brillent pas, bien que BHL s’en défende, par leur modestie.

Cela commence très fort, puisqu’après seulement quelques secondes d’interview, le spécialiste de Botul annonce clairement la couleur : « Je suis venu soutenir le peuple ukrainien, je suis venu saluer la ville d’Odessa, et je serai demain soir à l’opéra d’Odessa pour jouer une pièce que j’ai écrite pour l’Ukraine. (…). Je vais dire qu’Odessa est une capitale de Europe et je vais venir saluer, très humblement, l’esprit de résistance européen d’Odessa ». C’est tout ? Non. Car BHL n’est pas seulement venu parler au nom de BHL, même s’il adore parler de BHL, et même s’il le fait « très humblement » : « Vous savez, les peuples, le peuple d’Europe est avec vous. Les dirigeants sont frileux, les dirigeants ont peur de Poutine, nos dirigeants. Mais nos peuples sont avec vous ». « Nos peuples » ? Étonnante formule… Le richissime Bernard-Henri Lévy aurait-il fait de nouveaux investissements lui permettant de devenir propriétaire des « peuples d’Europe » ? À voir…

Ne soyons pas injustes : BHL ne se pense peut-être pas propriétaire des peuples d’Europe. N’oublions pas qu’il s’exprime « très humblement »… La suite nous renseigne en effet davantage sur le rapport complexe qu’il entretient avec « ses peuples » : « Je suis ici le représentant de ces opinions publiques européennes, ces opinions publiques elles savent que le cœur de Europe bat à Odessa, et demain soir à l’Opéra, c’est ça que je vais dire. Le cœur battant de l’Europe, il est à Odessa. Et c’est pas moi qui le pense, c’est la majorité du peuple français, c’est la majorité des peuples européens, et je suis ici leur modeste porte-parole, leur modeste représentant ». Espérons que BHL, représentant auto-proclamé de peuples dont il affirme connaître les « opinions », ne soit pas un jour étouffé par sa « modestie ». Le théâtre ne s’en relèverait probablement pas…

« Le commerce c’est bien, mais la morale c’est tellement mieux »

Le « représentant des opinions publiques européennes » se fait ensuite plus incisif, notamment à l’égard des autorités françaises. Mais quand il met en cause certaines décisions du gouvernement Hollande-Valls, c’est pour mettre en scène sa propre audace et l’influence qu’il s’attribue (et que, trop souvent, on lui concède) : « Mon pays, la France, comme vous le savez, a promis deux navires à la Russie, deux Mistral, ça n’est pas possible, la France ne peut pas livrer à Poutine, aujourd’hui des navires de guerre. Le président Hollande qui a reçu le président Porochenko, ne peut pas livrer des bateaux de guerre à Poutine. Alors ça je le dis ici, je le dis dans la pièce de demain à l’opéra d’Odessa, mais je le dis aussi à Paris, et je le dis au président français Hollande et j’espère que je gagnerai. J’espère que ces bateaux ne seront pas livrés. J’espère que ces contrats seront rompus ».

On remarque à nouveau l’incroyable capacité de BHL à se poser comme l’homme de toutes les situations et l’égal des puissants qu’il ose affronter. Ce qui importe, du moins ici, ce n’est pas ce qu’il dit puisque ce qui importe est qu’il le dise… comme il le dit et le redit lui-même, dans sur sorte d’imitation de l’art de l’anaphore : « Je le dis ». Et il le redit, en personnifiant un combat qui devient ainsi « son » combat : « j’espère que je gagnerai ».

Notons au passage ce petit cadeau offert par BHL à ceux qui connaissent un peu son CV et ses prises de position passées : « J’espère que ces contrats seront rompus. Parce que le commerce c’est bien, mais la morale c’est tellement mieux et tellement plus important ». Quand bien même on pourrait s’accorder avec BHL pour estimer que vendre des armes à la Russie de Vladimir Poutine n’est pas l’acte le plus moral qui soit, il est pour le moins audacieux de la part de cet admirateur inconditionnel de l’armée israélienne, qu’il considère comme « l’armée la plus morale du monde » (rien que ça), d’avoir recours à ce type de vocable, a fortiori en pleine offensive meurtrière contre Gaza. À moins que BHL ait des indignations à géométrie variable ? Nous n’osons le penser…

Quelques leçons du génial BHL aux « simples » Ukrainiens

François Hollande n’est pas le seul à bénéficier des conseils avisés du grand BHL. Ce dernier offre en effet aux Ukrainiens eux-mêmes, dans une autre partie de l’interview, et ce à titre gracieux, quelques leçons de géopolitique et de résistance. La preuve : « Sur le Maïdan à Kiev j’ai dit "Attention ! Poutine est capable de tout, Poutine est un impérialiste, Poutine est un néo-fasciste" (…). J’ai dit ça sur le Maïdan. J’ai dit aux jeunes du Maïdan : "Attention ! Vous avez face à vous un adversaire redoutable, capable de tout" ». Nul doute que les « jeunes du Maïdan », confrontés directement, et au quotidien, aux manœuvres de Poutine et à la répression organisée par ceux qui étaient alors ses alliés ukrainiens, devaient et doivent encore remercier Bernard Henri-Lévy qui est venu leur apporter ses lumières directement depuis Saint-Germain des Prés sans même prendre le temps de faire une escale par son somptueux riad de Marrakech.

Les jeunes de Maïdan sont donc des privilégiés, mais ils ne sont pas les seuls. En effet, BHL entend dispenser son savoir à d’autres Ukrainiens sans doute très impatients d’entendre l’avis de l’éternel rebelle à propos de leur situation : « Je vais aller voir tout à l’heure des blessés, des réfugiés du Dombass ; pour moi ce sont des héros d’ailleurs, ils affrontent une des plus puissantes armée du monde. (…) Je vais donc aller les saluer et je vais leur dire comme sur le Maïdan à Kiev : "Vous êtes braves, mais Poutine est barbare, il est capable de tout !" ». On ne doute pas un seul instant que ces blessés vont être ravis, et étonnés, d’entendre dans la bouche de BHL ce qu’ils savent déjà.

Pourquoi le grand BHL se sent-il donc obligé d’administrer ses doctes leçons à des personnes qui, étant en première ligne, connaissent mieux que lui la situation sur le terrain, et notamment le degré des violences armées ? Pourquoi leur enseigner ce qu’elles savent ? Tout simplement parce que ces gens sont « simples ». La preuve ? C’est BHL qui le dit : « La barbarie des hommes d’un côté et l’esprit de résistance et l’héroïsme et la grandeur des hommes de l’autre coté. Et moi j’admire l’esprit de résistance, j’admire cet esprit de grandeur qui s’empare de gens simples, à Kiev et à Odessa comme à Sarajevo où comme en France à l’époque de la résistance contre le nazisme, des gens simples saisis par la grandeur qu’ils ont en eux ». En résumé, BHL aime la simplicité quand elle permet d’honorer celui qui l’honore : BHL-moi-je, qui se réserve la complexité et le sens de la complexité.

Poutine n’est pas Hitler, mais quand même…

Un grand sens de la complexité qui s’exprime particulièrement lorsque BHL, en philosophe pour les nuls, déclare identique ce qu’il se défend de comparer : « Il y a une tradition en Europe qui s’appelle "l’esprit de Munich", c’était en 1938, face à Hitler, on a donné à Hitler ce qu’il voulait : les Sudètes, la Tchécoslovaquie, l’Autriche et on a dit "Ouf, on a la paix !". (…) L’Europe a peur de Poutine comme elle avait peur d’Hitler, mais ce qu’elle ne comprend pas, c’est que les gens comme Hitler ou comme Poutine il faut les arrêter tout de suite. Plus on attend plus ce sera difficile. Ce n’est pas la même chose Hitler et Poutine, naturellement, naturellement, mais l’attitude de Europe c’est la même, c’est "l’esprit de Munich" ». Un même « esprit » pour des contextes différents ? La fabrication des amalgames est en marche ! En résumé, je ne dis pas que Poutine est l’équivalent d’Hitler, mais quand même.

Le parallèle avec Hitler ? Une spécialité de BHL qui, comme nous le soulignions déjà en 2006, a déjà par le passé « [mis] dans le même sac Milosevic, Khomeiny, Hitler et les Talibans » et, plus récemment, comparé Kadhafi à Hitler dans une interview que nous avions déjà eu l’occasion d’évoquer : « Alors, bien sûr, Kadhafi n’est pas Hitler et Benghazi ce n’est pas Auschwitz. Mais enfin ce n’est pas complètement le contraire. Kadhafi est une des figures majeures de la barbarie contemporaine ». Le même procédé qu’à propos de Poutine : une mise en équivalence insistante, que l’on dément aussitôt en la maintenant. Mais le résultat est là : un goût immodéré de l’emphase rhétorique et des comparaisons sans contenu qui ont notamment pour effet (à contresens du béachélisme lui-même) de relativiser considérablement ce que fut l’ampleur de la barbarie nazie, à commencer par celle qui s’est exercée dans les camps de concentration.

BHL est donc prêt à raconter à peu près n’importe quoi, emporté par sa volonté de se mettre en scène et en avant, dans une posture de héros des temps modernes. Même le journaliste ukrainien semble, par moments, gêné. Manifestement les éditocrates et les journalistes français qui accueillent régulièrement BHL le sont beaucoup moins.

***

Chacun l’aura compris, et pourra s’en assurer en regardant la vidéo dans son intégralité (ce que nous avons fait, non sans mal, à plusieurs reprises), BHL moi-je a une fois de plus démontré l’étendue de son talent et de son amour de BHL. On ne peut ici s’empêcher de citer quelques extraits compte-rendu du spectacle de BHL sur BHL joué par BHL, dans la revue La Règle du jeu, dirigée par BHL. Ces extraits montrent que le fan club de BHL a su tirer les principales leçons des enseignements du maître :
« Le pari n’était pas mince. Le risque était grand que l’immense nef de 1600 sièges, étagée six fois jusqu’au paradis, devant tant d’étrangeté, de radicalité, d’attente, se vide peu à peu, ainsi qu’il arrive, paraît-il souvent, lors du Festival du film d’Odessa où aficionados et estivants se volatilisent sans façon, en grappes, quand l’histoire sur l’écran dérange ou déplaît. Pensez : un monologue en français de deux heures ou presque sans entracte, sous-titré en ukrainien ainsi que le veut la règle du pays, pour un public presqu’exclusivement russophone, en fin d’après-midi quand l’air est si doux aux terrasses d’Odessa. On nous avait prédit le pire.
Le public est resté, happé par la véhémence et l’ordre impérieux du discours d’un homme seul, qui, ordinateur en main, vivait en direct son texte, sentinelle hallucinée des catastrophes en cours et de l’abaissement européen face au retour de la saloperie populiste un peu partout à l’Ouest et de l’impérialisme à l’Est. Un ton, oui, entre halluciné et prophétique, en mémoire, peut-être, d’Artaud au Vieux Colombier, un soir de 1947, quand nous n’étions pas encore nés… (…)
Quant à Lévy, costume noir, mèche folle, corps dandy infatigable, les Dieux du Théâtre, ce soir-là, étaient au-dessus de sa tête, grand rebelle ».

N’en jetez plus ! Le fan club a d’autant moins peur du ridicule qu’il relaie son héros, dont la capacité à s’auto-congratuler n’a d’égale que son insistance sur sa « modestie ». On ne peut d’ailleurs manquer de souligner le contraste entre sa posture de laudateur du « peuple ukrainien » et de représentant des « peuples européens » et son désormais légendaire égocentrisme, une fois de plus à l’honneur dans cette interview. Comme si les uns n’étaient faits que pour mieux servir l’autre ?

Tout cela ferait sourire si la prestation de BHL à la télévision ukrainienne n’était pas la caricature caricaturale de celles qu’il offre dans les médias français. Tout cela ferait sourire si la situation en Ukraine n’était pas si tragique, et si BHL ne jouait pas, par moment, un véritable rôle auprès des pouvoirs en place, comme ce fut le cas lors de la guerre en Libye. La Libye… Que pense d’ailleurs BHL du chaos dans lequel se trouve le pays après l’intervention de l’OTAN ? A priori pas grand chose, son nouveau cheval de bataille étant désormais l’Ukraine. Soyons honnêtes : le « bloc-notes » de BHL daté du 7 août est consacré à la Libye. Qu’y apprend-on ? Que la situation en Libye n’est certes pas rose, mais que BHL « ne regrette rien ». Pourquoi ? Parce que la Libye « n’est pas [devenue] un pays islamiste ». C’est tout ? C’est tout. Rideau.

Julien Salingue

 

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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 22:54

De retour après quelques jours d'absence, j'ai machinalement allumé le poste radio ce matin. De constater que l'invité dans le 7/9 de France Inter était Michèle Alliot-Marie m'agaçait déjà. Quand je pense que Fillon déclarait il y a quelque temps que les médias français sont, à une majorité écrasante, de gauche.

 

Toujours est-il que solliciter Alliot-Marie sur les problèmes en Irak où les djihadistes menacent le Kurdistan autonome et des milliers de civils, c'est assez étrange. Mais là où ça devient cocasse, c'est sur les propos qu'elle tient sur la diplomatie française par rapport au voyage éclair de Laurent Fabius dans ce pays.

 

Pour elle, l’action de l’actuel chef de la diplomatie française, c'est de « l'agitation médiatique ». Elle dira même qu' « on a toujours un temps de retard dans la diplomatie française ces derniers temps ».

 

Alliot-Marie a la mémoire courte ou bien très sélective. Elle oublie que lorsqu'elle était aux commandes au Quai d'Orsay et qu'avait éclaté les révolutions arabes, elle proposait le savoir faire français en matière de maintien de l'ordre à la police tunisienne de Ben Ali. C'est vrai que dans le même temps, Fillon avait profité des largesses du gouvernement égyptien de Moubarak.(Voir billet du 8 février 2011). La diplomatie française avait mis longtemps a prendre la mesure de ces révolutions.

 

Mais France Inter a aussi un temps de retard. Comment peut-on donner la parole à une ancienne ministre qui s'est fourvoyée avec des états totalitaires pour des besoins personnels ?

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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 17:24
Les chroniques Latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent sud-américains... - See more at: http://www.humanite.fr/blogs/les-medias-sous-la-botte-au-venezuela-548239#sthash.IorcqhER.dpuf
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Les chroniques Latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent sud-américains...

 

Occupé en cette période estivale avec mes petits-enfants, je me suis mis en service réduit sur mon blog pour la rédaction de billets. Je publie cette chronique de Jean Ortiz pour la partager avec les lecteurs de mon blog. Puisse t'elle contribuer à ouvrir les yeux sur la façon dont nos médias nous manipulent. 

 

Les médias sous la botte au Venezuela

 

Je me suis réveillé ce matin en érection idéologique. Je grassematinais en écoutant d'une oreille France-Inter, lorsqu'à 7h45, la "chronique internationale" du "7/9" me mit dans un état jouissif d'exaltation. Enfin un chroniqueur dénonçait "billes en tête" le latifundium médiatique français, la mort du pluralisme de l'information (qui n'a jamais vraiment existé depuis la Libération), la "normalisation" de France-Inter, les marchands d'armes et de béton qui font l'opinion, l'info-propagande-manipulation, la censure et l'autocensure implacables exercées par la pensée de marché... J'attendais que le chroniqueur indique qu'il n'existait au pays jadis des Lumières qu'un seul quotidien différent: L'Humanité... J'attendais...

 

 

Las. Mon excitation priapique ne fut que passagère. Il était en réalité question des médias bâillonnés par l'autocrate "chichement élu", 50,8%, (et Hollande?), répressif, au "charisme d'une huître de Sibérie" (quelle hauteur de vue et d'argumentation!), le président Nicolas Maduro, au Venezuela. Un Venezuela tellement dictatorial que les groupes privés nationaux et internationaux sont libres d'y réaliser leurs opérations, dans le cadre de la loi. C'est ainsi que El Universal, le plus ancien des quotidiens, très critique envers la révolution bolivarienne, comme la plupart des médias, a été racheté par un curieux groupe espagnol d'investisseurs. Son nouveau directeur serait "proche du pouvoir". Jesús Abreu s'est engagé à maintenir la ligne éditoriale, et à ne licencier aucun journaliste. S'il y a "restructuration", elle ne se fait pas sur le mode occidental, de la thérapie de choc, du délit d'opinion : journalistes jetés à la rue...

En fait, le groupe investisseur espagnol Epalisticia aurait pour unique actionnaire une compagnie panaméenne, qui aurait usurpé le nom d'une entreprise vénézuélienne (Tecnobreaks); le montage impliquerait donc une entreprise vénézuélienne, une entreprise panaméenne et deux groupes espagnols (Gallaecia Invergest et Epalisticia), ainsi que des oligarques, banquiers et avocats : les Velasco au Venezuela, le banquier Eduardo Lopez, l'avocat J.A. de la Torre Lopez, et un Espagnol, José Luis Basante Otero. Il faut être médium pour voir dans cette bouillie financiaro-spéculative la main de Maduro.

Mais l'essentiel est ailleurs. La campagne permanente de haine contre le Vénézuéla bolivarien fait qu'aujourd'hui, face à la guerre idéologique des maîtres des médias, Goebbels ferait figure d'amateur. Le paysage médiatique vénézuélien est composé de dizaines de télés et de radios privées, qui dénigrent, voire salissent, quotidiennement un gouvernement, au demeurant fort tolérant à leur égard. Sur 115 journaux ou périodiques, 90% sont aux mains du secteur privé. En 1998, lorsque Chavez est élu pour la première fois, il y avait au Venezuela 331 radios privées qui couvraient le territoire; elles sont aujourd'hui 466. La majorité d'entre elles farouchement hostiles au régime. Toujours en 1998, le Venezuela comptait 32 chaînes de télévision privées, aujourd'hui 61, dont certaines ont appelé et soutenu le coup d'Etat contre Chavez, ce qui relève de la faute lourde. Venevision et Televen pilonnent quotidiennement le chavisme.

Quant aux centaines de prétendus prisonniers politiques, lors des 3 mois de "guarimbas" (manifestations violentes, destructions de centres sociaux et d'universités, barricades meurtrières, barrages de routes ...), 3 200 personnes furent arrêtées pour violences. Les étudiants y étaient très minoritaires (7%). Il ne reste aujourd'hui que 88 détenus (dont 58 de nationalités étrangères) pour des faits relevant plus du terrorisme que de l'opposition démocratique. Le Venezuela devrait-il renoncer à appliquer la loi et laisser faire les pilleurs, les casseurs, les incendiaires? La tentative de déstabilisation insurrectionnelle de la révolution se solda par un bilan de 42 morts, la majorité d'entre eux chavistes. 14 agents des forces de l'ordre, coupables d'excès, sont toujours emprisonnés.

Un "scoop" pour terminer la cure de désintoxication : le sénat américain étudie un projet de loi pour augmenter l'aide financière des States aux médias et aux groupes vénézuéliens partisans de revenir au "bon vieux temps" de l'inféodation à l'impérialisme et du pillage des hydrocarbures. La manne de Washington passerait de 5 à 15 millions de dollars. Tout est dit. Après avoir dégraissé Stéphane Guillon, Didier Porte, Daniel Mermet, et Jean Passe, France Inter devrait embaucher Alexandre Adler, connu pour son élégance envers Chavez.

 

 

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 19:06

S'il y a un sujet où les médias ne rivalisent pas d'originalité, c'est bien dans la façon de traiter les grévistes. Ils sont jetés à la vindicte populaire. Intermittents qui menacent la saison des festivals ou cheminots qui empêchent les trains de rouler ; en dehors du fait de les traiter de privilégiés ou fainéants, les médias les accusent de prendre les gens en otage. Ce mot « otage », le même mot employé que pour qualifier les jeunes filles enlevées par la secte Boko-Haram en Afrique. Pas de demi-mesure pour les médias, ces bons chiens de garde du système.

 

Par contre, on pourrait s'attendre à ce que ces mêmes médias nous livrent certaines informations. Mais voilà, cela pourrait amener les gens à réfléchir, et là, SILENCE ! Alors que plus de 8 millions de français vivent en-dessous du seuil de pauvreté, alors que les salariés de la fonction publique voient leur indice salarial bloqué depuis plusieurs années, alors que les retraités voient la revalorisation de leur pension bloquée etc. pas un mot sur les millions d'euros accordés aux groupes tricolores sous forme de crédit d'impôt compétitivité. Et pas pour investir. L'argent il n'y en a pas pour vous, mais pour les entreprises, il peut couler à flot.

 

Le député communiste JJ Candelier soulevait ce sujet sur son compte facebook :

 

« D’après une source confidentielle, s’agissant d’une grande entreprise du SBF 120, voici l’utilisation du CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi, lancé par Hollande et le Gouvernement, voté par la majorité PS) : 9,5 millions de cadeaux fiscal (nos impôts, nos services publics…) pour 236 000 euros d’investissement dans l’innovation… 40 fois moins…

Au fait, cette société a distribué 19 millions de dividendes en 2013, (+ 21 % par rapport à 2012).

Merci qui ? »

 

Un peu curieux sur ce qu'était ce SBF120, j'ai poussé un peu ma recherche. Le SBF120 (Société des Bourses Françaises) est un indice boursier déterminé à partir des cours des actions du CAC 40 et de 80 valeurs des premier et second marchés cotés à Paris parmi les 200 premières capitalisations boursières françaises. Le journal du net (l'économie demain) nous apprend que le CICE est le secret un peu honteux des grandes entreprises françaises. Des millions d'euros sont accordés mais seuls quelques-uns l'admettent.

 

Sur les 49 groupes contactés, 33 groupes ont refusé de répondre. Les sociétés les plus silencieuses seraient-elles celles qui bénéficient le plus du CICE ? Sur les trois banques interrogées, aucune n'a accepté de divulguer le montant de son crédit d'impôt. Les 16 grandes entreprises françaises ayant accepté de répondre cumulent une réduction d'impôt de 828,9 millions d'euros au titre de 2013, soit 8,3% du CICE, son coût total ayant été chiffré à 10 milliards d'euros.

 

Le Medef peut dire merci à Hollande et à tous les députés qui ont voté ce texte de loi. Ceux du Front de Gauche n'en sont pas.


 

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 22:01

Une chape de plomb médiatique s'est abattue en France sur l'événement considérable qui s'est déroulé ce samedi en Espagne. Service minimum pour les dizaines de milliers d’hommes et de femmes qui ont marché contre l’austérité.

 

Un événement considérable s’est déroulé samedi en Espagne. Des dizaines de milliers d’hommes et de femmes ont marché contre l’austérité, le chômage, le mal vivre, la politique de la droite au pouvoir et de l’Union européenne. Ils venaient de toutes les régions du pays pour converger vers Madrid. Ils étaient plus d’un million samedi sur les grandes places madrilènes (beaucoup plus que sur la place Maidan à Kiev, il y a quelques jours) et pourtant une chape de plomb s’est abattue sur cette démonstration de force et de large unité combative. Comment expliquer ce désintérêt sur cette explosion maitrisée de colère si ce n’est qu’elle ne correspond pas aux objectifs fixés aux médias français à la botte. Critiquer un pouvoir de droite détruisant le pays sur directive de Bruxelles au nom du remboursement de la dette et de la compétitivité, relève de l’impossible. Et comme la plupart des présentateurs télé et radio observent scrupuleusement l’orientation atlantiste, la mission de silence ou de détournement des faits ne leur pose aucun problème.

 

Dans ces conditions, et alors que nos démarches pour plus de pluralisme et d’honnêteté dans l’information ne sont pas entendues, faut-il se limiter à protester poliment, gentiment, posément. Ne faut-il pas réfléchir à d’autres formes d’actions rassembleuses et déterminées pour en finir avec les caciques et détenteurs à vie de la distribution de l’information. Le temps n’est-il pas venu de les écarter de la vie démocratique qu’ils participent à dévoyer en renvoyant dans leurs foyers les plus vieux, souvent gâteux, accrochés à leurs fauteuils et leurs enfants putatifs accrochés à leurs privilèges ?

 

José Fort dans l'Humanité

A Madrid ce samedi, plus d'un million de manifestants ont protesté contre l'austérité

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