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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 16:04
Propos recueillis par Clotilde Mathieu dans l'Humanité du mardi 19 Janvier 2016
 
Gérard Mordillat est romancier et cinéaste
 
«Danielle Simonnet [ NDLR - Conseillère de Paris, coordinatrice du PG ]  crie : “Salauds !” à l’adresse de ceux qui ont condamné les syndicalistes de Goodyear à vingt-quatre mois de prison, dont neuf ferme. Quand l’ignominie atteint un tel degré, quand il ne reste que ruines et décombres de justice, reste l’injure, et Danielle Simonnet frappe juste au cœur de la cible… Salauds !
 
Cependant, comme l’enseigne la sagesse des nations, “à toute chose malheur est bon”, la condamnation des syndicalistes de Goodyear règle d’une certaine manière la question de la primaire à gauche : messieurs Hollande, Valls et tous les membres du gouvernement – je dis bien tous ! – sont définitivement disqualifiés pour y participer. Aucun d’entre eux ne peut se revendiquer “de gauche” ; une gauche et ses valeurs qu’ils vilipendent, qu’ils déshonorent, qu’ils insultent par le verbe et par les faits. Si le cœur leur en dit, ils peuvent toujours se mêler à la primaire de droite, où ils retrouveront leurs amis, leurs complices et pourront célébrer en chœur l’entreprise, le Medef, la déchéance nationale, les racines chrétiennes de la France, la terre qui ne ment pas, l’État fort à la sauce mussolinienne, la persécution des syndicalistes, des étrangers et de tous les opposants à leur vision ultralibérale, voire néofasciste du monde. Inutile de tourner autour du pot, le gouvernement actuellement au pouvoir, ses soutiens, ses hérauts ne sont pas “de gauche”, c’est un gouvernement ultralibéral, défendant les intérêts patronaux, les actionnaires et les spéculateurs. Leurs ennemis ne sont pas “la finance” mais la classe ouvrière et ses représentants, le peuple tout simplement : salariés, chômeurs, précaires, intérimaires, bénéficiaires du RSA, etc., sans distinction d’origine, de statut ou de nationalité. C’est à se demander si monsieur François Le Pen (comme l’appelle le journal italien Il Manifesto) et son Manuel Lavalls ne veulent pas entrer dans le livre Guinness des records comme ayant conduit le gouvernement le plus réactionnaire depuis la fondation de la Ve République ? Les preuves sont accablantes, inutile d’en dresser la liste, elles sont connues de tous, même si les médias s’emploient à dissimuler les interpellations, les assignations à résidence de militants écologistes, antiracistes, syndicalistes, la persécution des Roms, des sans-papiers, des grévistes, qu’ils soient de Goodyear, d’Air France, de Continental ou d’ailleurs, la ruine des services publics, la destruction annoncée du Code du travail, etc.
 
La coupe est pleine. De deux choses l’une : ou les membres du Parti socialiste qui font la même analyse que nous (et il y en a, n’est-ce pas, Gérard Filoche ? N’est-ce pas, Emmanuel Maurel ?) ont le courage de quitter ce camion à ordures et refondent un Parti socialiste avec qui toutes les forces authentiquement de gauche pourront s’allier pour gouverner ou ils continuent – au nom de la discipline de parti – à soutenir les pendus du gouvernement et il n’y aura plus qu’à les renvoyer en bloc aux poubelles de l’histoire.
 
Il est urgent qu’à l’indignation succède l’insurrection, que “le goudron se soulève”, selon l’expression de Frédéric Lordon. La Commune n’est pas morte. Au plus tard, en 2017 (pour le centenaire de la Révolution russe), son cri doit nous réunir : vive la Sociale ! »
 
 
 
 
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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 22:21
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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 16:59

Suite au jugement concernant huit syndicalistes de Goodyear, le professeur de droit Emmanuel Dockès s'est dit « Abasourdi » par la décision, « l’incroyable disproportion entre ce qu’ils ont fait et ce qu’ils vont subir », il constate « inquiet, combien les puissants demeurent bien lotis en France quand les faibles sont réprimés ». « Que le parquet maintienne ses accusations alors qu’il n’y a eu aucune agression physique et pas de plaintes interroge sur la répression pénale à l’œuvre qui résonne avec la montée de l’autoritarisme » Pour lui, « d’ordinaire, dans les conflits sociaux, les magistrats prennent en compte le contexte des événements et ne prononcent pas de prison ferme, au pire, du sursis », poursuit le juriste, qui plaide pour « une vraie juridiction du travail ». Selon lui, « nous sommes ici face à des magistrats totalement déconnectés du monde du travail auxquels on demande de juger des conflits sociaux et qui les jugent à la chaîne entre un vol de Mobylette et un trafic de stupéfiants, en les isolant du contexte social dans lequel ils ont lieu». (source Mediapart)

 

Hollande a certainement oublié son passage en octobre 2011 sur le parking de l'usine Goodyear, alors en campagne pour la primaire socialiste, il promettait une loi contre les licenciements boursiers. Il avait déclaré entre autres « Je ne suis pas comme [un] autre [NDLR – il évoquait Sarkozy] qui vient devant les travailleurs et leur promet ce qu’il n’est pas capable de tenir après ». Cela aide aussi à comprendre la colère des salariés qui se battaient pour sauver leur usine.

 

Et 24 heures après ce jugement inique contre les syndicalistes de Goodyear, je découvre qu'une autre cour de justice, la cour d’appel d’Aix-en-Provence, vient aujourd'hui de confirmer la relaxe du sénateur Jean-Noël Guérini (ancien président de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône ) et du député socialiste Jean-David Ciot. Ils étaient poursuivis pour détournement de fonds publics et recel de ce détournement.

 

On peut en conclure qu'il vaut mieux détourner de l'argent public que de se battre pour défendre son usine. 

 

Les puissants demeurent bien traités quand les faibles sont réprimés.

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 16:31

Ce n'est pas le premier billet sur mon blog concernant Goodyear. Le précédent date d'un peu plus d'un mois où je titrais, Salariés Goodyear Amiens, va t-on assister à un scandale judiciaire ? La réponse qui vient de tomber ce jour confirme l'inquiétude soulevée.

 

Le tribunal correctionnel d'Amiens vient de condamner mardi à deux ans de prison, dont neuf mois fermes huit anciens salariés de Goodyear Amiens jugés pour avoir retenu dans l'usine le directeur des ressources humaines et le directeur de la production entre le 6 et le 7 janvier 2014 . Les salariés étaient en lutte pour sauvegarder leur entreprise. Aucune violence n'avait été commise, sinon celle de la direction de Goodyear qui au final a fermé l'usine et a licencié les 1143 salariés.

 

Vous trouverez ci-dessous le lien vers plusieurs billets sur ce sujet.

 

27 novembre 2015 Salariés Goodyear Amiens, va t-on assister à un scandale judiciaire ?

 

7 janvier 2014 Goodyear Amiens, qu'a fait le gouvernement socialiste ?

 

3 octobre 2013 article Mediapart « Comment Goodyear a déshabillé l'usine d'Amiens nord »

 

11 mars 2013 Les ouvriers qui luttent ne sont pas des délinquants

 

30 avril 2008 Chantage chez Goodyear-Dunlop

 

Un communiqué de la CGT Goodyear appelle à une campagne de solidarité pour exiger que cesse la campagne de répression anti-sociale du gouvernement.

 

Ce jugement inacceptable condamnant les militants CGT de Goodyear à 9 mois de prison ferme est l'arme avec laquelle Hollande, Valls, Macron, Taubira et l'ensemble du gouvernement ont décidé d'intimider tous les salariés qui se battent pour leur droit et leurs emplois. C'est une criminalisation de l'action syndicale. La détresse sociale qu'entraînent les licenciements, ce gouvernement semble s'en moquer. Une chose préoccupe Hollande et les siens, leur réélection.

 

Face à cette justice de classe, soyez nombreux à signer l'appel des Goodyear adressé à François Hollande.

 

Justice de classe par Charb

Justice de classe par Charb

 

L’APPEL DES GOODYEAR à François HOLLANDE

 

Pour la première fois depuis un demi siècle un gouvernement a demandé que soit requis des peines de prison ferme contre des syndicalistes pour avoir participer avec les salariés à des actions en vue d’empêcher la fermeture de leur usine.

En même temps qu’ils préparent la suppression dans quelques mois de plus 1000 articles du Code du travail, Hollande, Valls et Macron ont décidé de déclencher une répression sans précédent des syndicalistes qui luttent dans les entreprises.

Avec les 8 condamnés de GOODYEAR l’exécutif veut faire un exemple.

Le gouvernement affiche sa volonté de mettre les Procureurs et les forces de polices aux services des grands groupes pour briser toute résistance à la destruction des emplois et de l’industrie.

Evidemment les militants de terrain en général et ceux de la CGT en particulier sont les plus touchés.

C’est pourquoi nous en appelons à l’ensemble des salariés, aux militants, aux syndicats d’entreprises, unions locales, départementales, régionales, fédérations ou simples salariés solidaires, pour qu’ensemble nous fassions la démonstration de notre force.

Nous pouvons être des millions à faire reculer Hollande, Valls et Macron en commençant par leur imposer l’arrêt des poursuites contre les 8 de GOODYEAR et en organisant le plus grand rassemblement solidaire en prévision de l'appel.

 

Je signe l'appel Nous Sommes Tous Des Goodyear

 

 

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 22:12

A l'heure où comparaissaient au tribunal de Bobigny les cinq syndicalistes d'Air France interpellés suite à l'affaire des chemises, un rassemblement de solidarité s'est tenu devant le tribunal de Niort à l'appel de la CGT, de FO et de la FSU.

 

Nous étions là pour dénoncer la criminalisation de l'action syndicale et la violence patronale. Les coups pleuvent un peu partout sur les salariés et ceux qui les défendent. C'est quoi la chemise déchirée d'un dirigeant comparée aux milliers de suppressions d'emplois qu'il met en oeuvre, ou à côté des plus de 600 000 accidents du travail dont 530 mortels provoqués par la course aux rendements.

 

Les récents événements dramatiques ne doivent pas faire oublier la réalité sociale de notre pays..

Rassemblement à Niort en soutien aux salariés d'Air France
Rassemblement à Niort en soutien aux salariés d'Air France
Rassemblement à Niort en soutien aux salariés d'Air France
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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 16:28

Mercredi 2 décembre sera une journée nationale de mobilisation contre la violence sociale. A Paris, à l’appel unitaire des syndicats d’Air France, un rassemblement aura lieu à partir de 12 h devant le tribunal de Bobigny (93) où sont convoqués les 5 salariés d’Air France.

 

Leur délit n'est que d'avoir défendu leur emploi alors que la direction de cette entreprise annonce 2900 suppressions d'emplois après les 9000 déjà supprimés au cours des années précédentes. Face à la réaction massive du personnel et de leurs syndicats unis, la direction choisit la répression plutôt que l'écoute et le dialogue pour construire des alternatives économiques et sociales.

 

A Niort, la CGT, FO et la FSU organisent un regroupement devant le TGI de Niort mercredi 2 décembre à 12 heures, jour où sont convoqués les 5 salariés d’Air France au tribunal de Bobigny. La CGT, FO et la FSU rappellent que le chômage tue entre 10 000 et 20 000 personnes par an et est responsable de nombreux suicides, plus de 580 entre 2008 et 2010. 

 

Ce 2  décembre, exigeons d'autres choix en matière d'emplois, de salaires, de développement de l'industrie et des services publics. L’argent public doit être investi dans la sécurité des citoyens et la réponse aux besoins sociaux, l’urgence de la situation l’exige.

 

Tous rassemblés le mercredi 2  décembre contre la violence sociale.

A NIORT, rendez-vous devant le TGI à 12h00

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 13:49

Pour mieux comprendre cette affaire, j'invite les lecteurs à consulter le billet publié sur ce même blog le 7 janvier 2014 intitulé Goodyear Amiens, qu'a fait le gouvernement socialiste ?

 

L'usine Goodyear d'Amiens est à présent fermée, et ses 1143 salariés ont été licenciés. Les salariés ont lutté pour sauver leur entreprise et c'est dans ce contexte que deux dirigeants avaient été retenus quelques heures dans les locaux de l'usine occupée.

 

Bien que la firme et les dirigeants retenus dans l'usine en janvier 2014 aient retiré leurs plaintes, devant le tribunal correctionnel d'Amiens, plus royaliste que le roi, le procureur de la République poursuit l'affaire et réclame de très lourdes peines contre huit ex-Goodyear. Il a requis contre chacun un an de prison ferme aménageable plus un an avec sursis.

 

Scandaleux quand on pense à la détresse des salariés en lutte qui avait entraîné la séquestration dans le but d'obtenir une négociation. Et les 750 anciens salariés au chômage, les 14 suicides en moins de deux ans, il n'y a pas de procureur pour poursuivre en justice les dirigeants qui créent ces situations ?

 

Le jugement sera rendu le 12 janvier, mais imaginez la triste fin d'année pour ces huit pères de famille injustement poursuivis. C'est le combat de plusieurs années que la justice de classe veut leur faire payer ? Ce pouvoir et sa justice ne supportent plus ceux qui relèvent la tête.

 

 

 

Voir communiqué CGT Goodyear RÉQUISITIONS PROGRAMMÉES ...

 

 

 

 

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 22:57

Ce week-end, une grande partie de la ville de Sens (Yonne) a été soumise à un couvre-feu, sans rapport clair avec les attentats. C’est la perquisition d’un appartement – dont les locataires n’auraient finalement pas été inquiétés – qui a justifié cette punition collective. Parmi les 1072 perquisitions nocturnes diligentées hors de tout cadre judiciaire par les préfets, moins d'une sur dix a abouti à une garde-à-vue. À Nice, c'est une fillette de six ans qui a été blessée lors d'une opération de police : les policiers intervenus en pleine nuit avaient enfoncé la mauvaise porte. Dimanche en Loire-Atlantique, c'est une caravane de 200 vélos accompagnée de 5 tracteurs qui a été bloquée par les forces de l'ordre : il s'agissait de dissuader les cyclistes de rejoindre Paris pour la COP21.



Pendant ce temps, le gouvernement reprend sans scrupules des mesures promues hier encore par l’extrême droite. Les journaux nous l’assurent : les sondages confirment l’adhésion massive des Français à cet état d’exception sans précédent depuis cinquante ans.



C'est une victoire pour daesh que d'être parvenu, avec moins d'une dizaine d'hommes, à faire sombrer l’État dans ses pires réflexes réactionnaires. C'est une victoire pour daesh que d'avoir provoqué la mise sous tutelle sécuritaire de la population tout entière.

 


Le dimanche 29 novembre, une gigantesque manifestation était prévue dans les rues de Paris pour faire pression sur les gouvernants mondiaux, à qui personne ne faisait confiance pour trouver une solution au réchauffement climatique. Des centaines de milliers de personnes étaient attendues de toute l'Europe. Manuel Valls, certainement lucide sur le caractère dérisoire des accords qui sortiront de la COP21, craignait beaucoup cette manifestation; il a donc décide de l’interdire. Le prétexte : la foule risquerait d’être la cible d'un attentat – M. Valls jouerait-il avec le feu en laissant les Français risquer leur vie en faisant leurs courses de Noël ?  Les moyens: ceux qui voudraient manifester encourent 6 mois de prison. M. Valls va-t-il nous mettre en prison pour nous protéger des attentats ?



La proposition que nous faisons, nous savons que dans les circonstances actuelles nous aurons du mal à la faire entendre. Depuis dix jours, les écrans ressassent la gloire des “valeurs” françaises. Nous prenons cela au pied de la lettre. S’il existe quelque chose comme une valeur française, c’est d’avoir refusé depuis au moins deux siècles de laisser la rue à l’armée ou à la police. La mobilisation à l'occasion de la COP21 est un enjeu primordial et nous n'acceptons pas que le gouvernement manipule la peur pour nous interdire de manifester.

 

Dimanche 29 novembre, nous appelons à braver l'état d'urgence et à nous retrouver à 14h sur la place de la République.»

Parmi les signataires :

Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS
Pierre Alféri, romancier, poète et essayiste
Hugues Jallon, éditeur
Ludivine Bantigny, historienne
Eric Hazan, éditeur
Julien Salingue, docteur en Science politique
Joelle Marelli, philosophe, écrivain
Jacques Fradin, mathématicien, chercheur en économie
Ivan Segré, philosophe
Nathalie Quintane, poétesse
Christophe Granger, historien
Nacira Guénif, sociologue
Serge Quadruppani, écrivain
Joss Dray, auteure-photographe
Seloua Luste Boulbina, philosophe
Laurent Lévy, essayiste
Cedric Durand, économiste
Olivier Roueff, chercheur
François Gèze, éditeur
Yannis Youlountas, écrivain, cinéaste
Jérome Leroy, romancier
Thierry Bourcy, romancier
Jean-Jacques Reboux, romancier, éditeur
Gérard Delteil, écrivain
Caryl Ferey, écrivain
Pascal Dessaint, écrivain
François Cusset, professeur de civilisation américaine
La Parisienne Libérée, chanteuse
Jean-jacques Rue, programmateur de cinéma et journaliste
Annie Ohayon, ingénieure
Willy Pelletier, sociologue
Agathe Duparc, journaliste

 

Pour ajouter votre signature, c'est par ici.

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 16:58

Sylvie* ne s’attendait pas à trouver la brigade anti-criminalité devant son domicile. Ce 5 novembre, à 11h, cette femme de 59 ans est arrêtée et placée sept heures en garde à vue. Motif : sa participation le matin même, avec 21 autres militants, à une réquisition de cinq chaises dans une agence de la Société générale de Bordeaux. Un braquage citoyen : cette action répond à un appel à la désobéissance civile, lancé par plusieurs personnalités, pour « en finir avec l’évasion fiscale » et dégager des financements publics « pour des politiques de transition écologique et social »

 

L’objectif est de réquisitionner 196 chaises au sein des banques qui comptent des filiales dans les paradis fiscaux : une chaise pour chaque État et groupe d’États représentés au sein des négociations sur le climat lors de la COP21. Les chaises « réquisitionnées » serviront à organiser une action pour dénoncer l’immobilisme des États et mobiliser les citoyens sur le sujet. Pourquoi la Société générale est-elle visée en particulier ? Selon le Tax Justice Network, la banque française a « multiplié par trois le nombre de ses filiales situées dans des paradis fiscaux », détenant désormais 787 sociétés « offshore », rappellent les Amis de la Terre dans un communiqué (lire notre enquête : Évasion fiscale, fraudes et manipulations : découvrez le casier judiciaire de votre banque).

 

« Les moyens déployés pour des chaises sont ahurissants »

En réaction à la réquisition de ses chaises, l’agence bordelaise a déposé plainte pour « vol en réunion », indiquent les policiers de la Bac à Sylvie au moment de son arrestation. Elle est la seule militante interpellée à l’issue de l’action, réalisée une heure plus tôt à visage découvert. Propriétaire de la camionnette dans lequel ont été placées les cinq chaises, elle a probablement été identifiée par sa plaque d’immatriculation. « La seule question qui préoccupait la police, c’était qu’elle puisse donner l’identité des gens ayant procédé à la réquisition des chaises », indique un proche, contacté par Basta !. « Elle a rappelé qu’elle agissait dans le cadre d’une action civique et citoyenne et n’a pas donné les noms. Ils sont revenus à plusieurs reprises pendant la garde à vue lui poser la même question. »

 

Une perquisition de son domicile, en présence de Sylvie, a lieu l’après-midi en vue de vérifier si les chaises sont chez elle. Aucune ne s’y trouve. Sylvie est finalement libérée à 18h sans poursuite immédiate. La police annonce continuer l’enquête pour identifier les mystérieux participants à l’action et retrouver le précieux butin... « Les moyens déployés suite à cette réquisition de chaises sont ahurissants », déplore son entourage. « On aimerait une réaction aussi incisive pour lutter contre l’évasion fiscale. » En France, la fraude fiscale représente un manque à gagner pour les fonds publics de 60 à 80 milliards d’euros, et atteindrait 2000 milliards d’euros au niveau européen.

 

Vingt réquisitions similaires de chaises ont été menées dans des agences de BNP ou de HSBC, pour un butin de 109 chaises. Avec un message : « L’argent pour le climat existe, il est dans les paradis fiscaux ». Les dangereux braqueurs à visage découvert de ces précédents hold-up ont été convoqués à de multiples reprises au commissariat, en particulier les militants de l’association Bizi !, à Bayonne, suite à une réquisition au sein d’une agence HSBC. « On attend de voir quand la police mettra les mêmes moyens pour lutter contre les banques qui organisent l’évasion fiscale et qui privent les finances publiques de milliards d’euros. On voit qu’il y a deux poids deux mesures selon qu’on réquisitionne des chaises à visage découvert, où qu’on vole des milliards », s’insurge Jon Palais, porte-parole d’Action non-violente COP21.

 

@Sophie_Chapelle dans Bastamag

 

*Le prénom a été modifié

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 16:14
Pour un droit du travail protecteur des salarié-e-s : non au rapport Combrexelle !

La construction du Code du travail en France est issue d’un siècle entier de grèves et de négociations. Les lois et les conventions internationales concernant les durées légales, le Smic, les conditions de travail, les institutions représentatives du personnel, la santé, l’hygiène, la sécurité, et les droits attachés aux licenciements sont le fruit des combats passés. Il en est de même de la construction du statut de la fonction publique.

 

À peine les lois Macron et Rebsamen votées, le gouvernement compte engager, en suivant les préconisations du rapport Combrexelle, une réforme qui peut changer la nature du Code du travail et transformer la fonction de la négociation collective. La volonté affichée de simplification dissimule un projet de déréglementation qui vise à affaiblir les droits des salarié-e-s en élargissant les possibilités pour la négociation d’entreprises de déroger au Code du travail en défaveur des salarié-e-s.

 

Ne nous y trompons pas. L’ensemble des salarié-e-s est visé. Le premier ministre préconise le même breuvage pour la fonction publique : « Il faudrait un rapport Combrexelle pour la fonction publique. » D’ores et déjà un agent sur cinq est soumis au système du contrat. Et Macron affirme que le statut des fonctionnaires n’est plus ni « adéquat » ni « justifiable ».

 

En réalité le droit du travail n’a jamais été aussi complexe que depuis que se sont multipliées les dérogations à la loi en faveur du patronat. Le but du Medef et du gouvernement n’est pas de simplifier le droit du travail. Il est de mettre en cause la légitimité de la loi, de liquider définitivement le principe de faveur, qui prévoit que les accords d’entreprises ne peuvent déroger aux accords de branche ou au Code du travail que s’ils sont plus favorables aux salarié-e-s. Le but est de mettre la négociation collective au service de la compétitivité et des employeurs et d’aboutir à un Code du travail facultatif pour sa plus grande partie. Le rapport Combrexelle va même jusqu’à prévoir qu’un accord collectif puisse primer sur « l’intérêt individuel » du salarié-e concrétisé par son contrat de travail. Sont donc remis en cause par ces propositions tant les acquis collectifs des salarié-e-s que les avantages individuels des contrats de travail.

 

Le respect des droits des salarié-e-s est un choix politique qui concerne toute la société, il doit donc faire l’objet de décisions s’appliquant à toutes les entreprises. La négociation collective est nécessaire pour prendre en compte les situations diverses. Elle doit rester un complément au service des salarié-e-s et non pas se substituer à la loi. Le droit du travail, hélas, est le moins enseigné, le moins connu, le plus dénigré, le plus fraudé, alors qu’il est le plus essentiel, le plus vital pour 18 millions de salarié-e-s. Réduire les droits des salarié-e-s, c’est aussi par contrecoup s’attaquer aux chômeurs-euses, aux retraité-e-s, aux jeunes qui débutent une activité professionnelle.

 

La justification première du droit du travail, contrebalancer le pouvoir patronal, reste plus que jamais d’actualité. Face aux tenants d’une simplification du droit du travail au travers d’un droit avec le moins possible de lois, de juges, de sanctions, nous défendons un droit du travail avec davantage de droits pour tous et toutes les salarié-e-s, leurs représentant-e-s, les comités d’entreprise (CE), les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), des médecins du travail non soumis au patronat, et davantage d’inspecteurs-trices du travail avec une garantie d’indépendance. Nous voulons un droit du travail plus accessible, plus effectif, avec un accès au juge facilité, des sanctions réelles et rapides des violations aux règles qu’il prévoit.

 

Nous refusons tout ce qui renforce la soumission des salarié-e-s à l’exploitation patronale. Ensemble, nous appelons à faire campagne contre les projets annoncés par le gouvernement, visant à réduire et à subordonner les droits des salariés aux exigences des entreprises. Nous appelons à expliquer, à mobiliser, à empêcher par toutes actions utiles que le patronat et le gouvernement liquident un siècle de combats. Pour un droit du travail protecteur des salarié-e-s ! Que le progrès social l’emporte au travail, pas l’exploitation féroce !

 

La campagne unitaire, à l’initiative de la Fondation Copernic et de syndicalistes du ministère du Travail, sera lancée lundi 9 novembre, salle Croizat, bourse du travail République, à 19 heures, avec les syndicalistes, les personnalités, les partis et élus, les salarié-e-s, qui se mobilisent ensemble pour défendre le droit du travail. Venez nombreux.

 

SIGNEZ L’APPEL !

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