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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 00:50

Entretien dans Fakir avec Emmanuel Todd

 

Fakir : C’est un petit truc, Nuit debout…

 

Emmanuel Todd : Il ne faut pas dire ça. D’abord, c’est peut-être une petite chose mais au milieu de rien. Et ça, le fait que les médias s’intéressent à cette petite chose, c’est aussi un signe du grand vide. Les journalistes, qui certes appartiennent à des grands groupes, liés à l’argent, qui certes ne remettront jamais en cause ni l’euro ni l’Europe ni le libre-échange, mais qui sont des gens diplômés, pas toujours bêtes, ils sentent ce grand vide. Ils savent qu’ils donnent la parole à des hommes politiques méprisables, inexistants, tellement creux. Eh bien, ce qui se dit, ce qui se passe place de la République, et sur les places de province, parce qu’il faut regarder l’ouest de la France, Rennes, Nantes, Toulouse, la jeunesse des villes universitaires, ce qui se dit sur ces places, pour aussi farfelus que ce soit, ça vaut toujours mieux que ce grand vide. Et il ne s’agit pas seulement de remplir des pages, de vendre du papier…

 

Fakir : Ça remplit l’âme ? C’est l’indice d’une crise métaphysique ?

 

E.T. : Presque ! Et puis, pour aussi petit que ce soit, c’est peut-être un signe avant-coureur. Regardez Occupy Wall Street. Quelques mois après, je regardais les sondages qui paraissaient aux Etats-Unis, les jeunes devenaient favorables à l’Etat, à du protectionnisme. Et aujourd’hui, certes Bernie Sanders a perdu contre Hilary Clinton, mais il s’est revendiqué du « socialisme » aux Etats-Unis, et ses thèmes font maintenant partie de la campagne.

 

Fakir : Donc ça pourrait mener à un basculement ?

 

E.T. : C’est sans doute une étape dans la maturation des esprits. Déjà, si ça pouvait conduire à un engagement simple, chez les jeunes : « Plus jamais nous ne voterons PS ! » Je me porte beaucoup mieux, c’est une libération spirituelle, depuis que j’ai fait ce serment pour moi-même. Je rêverais de la mise à mort du PS. C’est peut-être ce que va nous apporter Hollande, il y a là une ouverture pour se débarrasser du parti socialiste. Et il existe désormais un boulevard à gauche.

 

Fakir : Mais ce sont des bobos qui se réunissent ?

 

E.T. : C’est facile de dire ça. Les jeunes diplômés du supérieur, c’est désormais 40 % d’une tranche d’âge. Ce n’est plus une minorité privilégiée, c’est la masse. Il y a donc un énorme potentiel d’extension du bobo. Et surtout, il faut comprendre, faire comprendre, que les stages à répétition, les boulots pourris dans les bureaux, les sous-paies pour des surqualifications, c’est la même chose que la fermeture des usines, que la succession d’intérim pour les jeunes de milieu populaires. La baisse du niveau de vie, c’est pour toute une génération.

 

Fakir : Donc la réunion des deux jeunesses est en vue ?

 

E.T. : Avec un marxisme simpliste, on dirait que oui, ça doit bien se passer, les intérêts objectifs sont les mêmes. Mais le système scolaire, notamment, opère une stratification, il sépare tellement les destins, trie, évalue, que la jonction ne va pas de soi. Et on voit que la jeunesse populaire se tourne massivement vers le Front national…

 

Fakir : A cause, donc, d’habitudes culturelles différentes ? La techno contre Manu Chao ?

 

E.T. : Je ne sais pas ça, moi. Il ne vous aura pas échappé que je ne suis pas jeune !
C’est d’ailleurs une chose très positive : voilà quelque chose qui appartient aux jeunes. Enfin ! La société française est sous la coupe des vieux et des banques. Non seulement pour les richesses, mais pour le pouvoir surtout : le suffrage universel devient un mode d’oppression des jeunes par les vieux, qui décident d’un avenir qu’ils n’auront pas à habiter. Je milite pour la mise à mort de ma génération. Donc, l’idée d’un territoire libéré, à la fois des vieux et des banques, ça ne me déplait pas. C’est pour cette raison que l’éviction de Finkielkraut m’est apparu comme une bonne nouvelle. Jusqu’ici, je trouvais les jeunes trop gentils, au vu de la domination qu’ils subissaient.

 

Fakir : Mais dans ce mouvement, il y a comme un refus de l’organisation…

 

E.T. : C’est le drame de cette jeunesse : c’est nous, en pire. Les soixante-huitards ont découvert les joies de l’individualisme, mais ils avaient derrière eux, dans leur famille, une solide formation dans des collectifs : le Parti communiste, l’Eglise, les syndicats. Là, ces générations sont nées individualistes, ce sont des soixante-huitards au carré, quasiment ontologiques. Il n’y a même pas le souvenir de ces collectifs forts. Et la volonté de ne pas s’organiser est presque élevée au rang de religion.


Mais c’est terrible parce que s’ils savaient, s’ils savaient à quel point les mecs en face d’eux, les patrons, l’Etat, le Parti socialiste, les banques sont organisés. Ce sont des machines. Et moi qui suis plutôt modéré, keynésien, pour un capitalisme apprivoisé, je me souviens de la leçon de Lénine : « Pas de révolution sans organisation » !

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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 02:03

Haro sur la CGT dans les médias à propos d'une affiche. J'ai cru qu'il s'agissait de l'affiche concernant un meurtre avec préméditation. Oui vous savez, celle ou l'on voit le Code du Travail être poignardé par le Medef (voir image ci-dessous), résumant ce qu'il adviendrait si le projet de loi El-Khomri était appliqué . Mais non, ce n'est pas à propos de celle-là. Pourtant, sur cette affiche il y a une flaque de sang, mais les médias ne sont pas montés au créneau pour dénoncer sa violence comme ils le font au sujet d'une autre affiche, celle du syndicat CGT des salariés de l'information et de la communication.

 

Une affiche de la CGT qui fait du bruit

L'affiche qui fait scandale est pourtant un appel à stopper la violence, indiquant même "La police doit protéger les citoyens et non les frapper". Pour illustrer, elle montre une matraque et un insigne de CRS près d'une flaque de sang. Certains trouvent la violence de l'affiche insupportable. Mais que pensent les mêmes de la violence des coups portés par les CRS ? Voir les photos ci-dessous.

 

Pourquoi cette attaque en règle dans les médias contre la CGT ? Parce que se déroule en ce moment son 51ème congrès ? Parce que la CGT est dans la lutte contre la loi El-Khomri ? Je ne vois pas d'autres raisons. Ce ne peut pas être parce que l'image de la police est mise en cause. Car quand une ONG, chrétienne de surcroît, lance une pétition il y a un mois contre les violences policières en exigeant la transparence, je n'ai rien entendu dans les médias. Le message disait ceci : « On sait combien de personnes sont tuées par an par des guêpes. Par les violences policières, on ne sait pas. Violences policières, brisons le silence. » Et l'ONG en question lançait une pétition. Voir la page de cette pétition.

 

L'affiche de la CGT fait peut-être du bruit, mais au moins elle ne fait pas mal, contrairement aux coups portés par les CRS.

 

Quant à Cambadelis qui y voit une gauchisation de la CGT, il ferait mieux de s'abstenir de donner des leçons de gauche, vu que lui, le PS et le gouvernement l'ont quittée pour une politique de droite.

Une affiche de la CGT qui fait du bruit
Une affiche de la CGT qui fait du bruit
Une affiche de la CGT qui fait du bruit
Une affiche de la CGT qui fait du bruit
Une affiche de la CGT qui fait du bruit
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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 21:13

Après de nombreuses interventions dans ce sens, le 51e congrès de la CGT réuni à Marseille vient d'adopter un appel à la grève reconductible pour le retrait de la loi El Khomri. Le texte demande à tous les militants dans les entreprises et autres lieux de travail d'organiser dès à présent des assemblées générales avec les salariés pour décider de la reconduction de la grève au soir du 28 avril si la loi El Khomri n'est pas retirée par le gouvernement.

 

Pour certains syndicats, c'est déjà acté. Voir ci-dessous l'appel de la CGT spectacle.

Préavis de grève illimité jeudi 28 avril 2016 ...
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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 08:09

C'est quelques jours après avoir vu le film « Comme des Lions », film qui entraîne le spectateur au cœur de deux ans d'engagement de salariés de PSA Aulnay contre la fermeture de leur usine que l'on apprenait par les médias l'augmentation de salaire du PDG de PSA, Carlos Tavares. Arrivé il y a deux ans à la tête de PSA Peugeot Citroën, celui-ci vient de doubler son salaire. Pour mieux se rendre compte, cela représente un salaire quotidien de 14 500 euros par jour, y compris les samedis et dimanches. Oui vous avez bien lu, quatorze mille cinq cents euros quotidiennement, certains ne gagnent pas cette homme en une année.

 

Et Carlos Tavares juge ce système de rémunération "tout à fait normal". « Ma rémunération est fortement indexée sur les résultats de l'entreprise depuis mon arrivée, ça fait partie de mon contrat initial, je trouve ça tout à fait normal compte tenu de mes responsabilités ».

 

Bien entendu, Pierre Gattaz patron du Medef n'y trouve rien à redire. « Il faut féliciter Carlos Tavares du redressement exceptionnel qu'il a fait de PSA. Quand il y a de la réussite, ça ne me choque pas qu'on récompense la réussite. »

 

Réussite à quel prix ! Ce sont les salariés qui ont payé le plus cher tribut. Salaires bloqués depuis mars 2012, primes diminuées ou supprimées, 17 000 suppressions d'emplois depuis le 1er janvier 2013 sur l'ensemble du groupe PSA. Et comme cela ne suffit jamais au système capitaliste, Carlos Tavares a annoncé qu'il allait y avoir un nouvel accord de compétitivité mis en place.

 

S'il y a réussite, c'est avant tout le fruit du travail des salariés, des ouvriers, des techniciens et ingénieurs; ce sont eux qui créent les richesses, ces milliards de profits qui engraissent les actionnaires.

 

Alors, chez PSA comme dans les autres entreprises, s'il y avait une mobilisation des salariés pour bloquer les entreprises et bloquer la production, le rapport de force changerait, car sans production, pas de richesses créées donc pas de profits, et ça les actionnaires ne supportent pas.

 

Comme le disait Frédéric Lordon, économiste et sociologue, directeur de recherche au CNRS, lors d'une intervention à la Nuit Debout, « Il va falloir tout bloquer pour que tout se débloque »

 

 

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 21:26

Celle de François Ruffin, initiateur du mouvement Nuit Debout (voir ici)

Celle de Frédéric LORDON, économiste et sociologue, directeur de recherche au CNRS, chercheur au centre de sociologie européenne, membre du collectif "Les économistes atterrés"

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 21:21

Démarré avec une cinquantaine de participants, la 1ère Nuit Debout organisée à Niort a rassemblé au moment le plus fort près de 200 personnes. La parole y était libre. Chacun pouvait aborder les sujets qu'il aimerait voir débattre. En premier ce fut celui de la Loi Travail, c'est d'ailleurs à l'issue de la manifestation du 31 mars contre ce texte qu'est née la première Nuit Debout place de la République à Paris. Pour d'autres c'est la question des Droits de l'Homme dans notre pays, a été évoqué le Conseil national de transition, les votations citoyennes, la démocratie en péril etc. Le mouvement est en route à l'instar de ce qui se passe dans plein de villes de France.

 

 

Après le démarrage de NuitDebout à Niort, c'était jour de manifestation ce 9 avril pour le retrait de la Loi travail
Après le démarrage de NuitDebout à Niort, c'était jour de manifestation ce 9 avril pour le retrait de la Loi travail
Après le démarrage de NuitDebout à Niort, c'était jour de manifestation ce 9 avril pour le retrait de la Loi travail

En ce samedi 9 avril, 200 manifestations avaiant lieu pour le retrait la « Loi Travail ». A Niort, même si nous étions moins nombreux que le 31 mars, nous étions quand même pas loin d'un millier d'opposants à la loi travail à maintenir la pression sur le gouvernement pour le retrait de ce texte.

 

Quelques photos de la manifestation, une nouvelle fois sous la pluie.

Après le démarrage de NuitDebout à Niort, c'était jour de manifestation ce 9 avril pour le retrait de la Loi travail
Une marée de parapluie

Une marée de parapluie

Un pense-bête Loi Travail Non Merci sur la permanence de la députée PS

Un pense-bête Loi Travail Non Merci sur la permanence de la députée PS

Un autre pense-bête sur le portail du Medef pour rappeler notre opposition à cette loi Travail

Un autre pense-bête sur le portail du Medef pour rappeler notre opposition à cette loi Travail

Et une explication à propos de la CFDT

Et une explication à propos de la CFDT

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 22:07

 

Entretien de François RUFFIN (réalisateur du film "Merci Patron" et directeur du journal Fakir) avec Mathilde Blottière pour Télérama. C'est ici

 

 

François Ruffin, le réalisateur du documentaire “Merci Patron”, matrice et film phare de Nuit Debout, raconte comment est né le mouvement, et quel peut être son avenir.

Depuis le 31 mars, ils sont là, des centaines, chaque soir, au pied de la statue de la place de la République, à Paris. Les noctambules de Nuit Debout ne désarment pas. Intimement lié au succès populaire du film Merci Patron, de François Ruffin, et à l'activisme joyeux de son journal, Fakir, le mouvement a pris forme dans la foulée de la création d'un collectif composé « d'intermittents, de syndicalistes et de citoyens engagés ». Tous unis, disent-ils, « contre une politique gouvernementale qui n'a de cesse de réduire nos droits sociaux, au seul profit des intérêts du patronat. » Nuit Debout a déjà essaimé dans une vingtaine de grandes villes en France, et à partir ce mercredi soir, passera même la fontrière belge, les Bruxellois étant invités à se réunir place des Barricades. Nous avons demandé à François Ruffin, que nous avons joint par téléphone, de nous raconter comment tout a commencé...

 

Quel rôle a joué "Merci Patron" dans la naissance du mouvement « Nuit debout » ?

 

D'abord, il y a eu cet article de Frédéric Lordon sur Merci Patron dans Le Monde Diplomatique qui disait que ce film avait tout pour mettre « le feu aux foules ». Je ne suis pas optimiste de nature mais dans le doute, je me suis dit que s'il y avait une chance qu'il dise juste, ça s'organisait. Dans les avant-premières, on voyait bien qu'il se passait quelque chose, et que les gens avaient envie d'agir. Le 23 février, on a donc organisé une rencontre publique à la Bourse du travail qu'on a baptisée : « Leur faire peur ». L'idée, c'était de faire converger des luttes dispersées, qu'il s'agisse de celle contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, de celle des ouvriers de Goodyear, de celle des profs contre la réforme des collèges, etc. On avait convié des syndicalistes, des militants, des intellectuels... Dans la salle, il y avait près de mille personnes. En deuxième partie de soirée, après les interventions publiques, est venu le temps des interventions officieuses. Des tas de gens sont venus s'agglutiner autour de Loïc Canitrot, de la Compagnie Jolie Môme, de Johanna Silva de Fakir et de moi-même, avec une question : « et maintenant, on fait quoi ? » Des mots d'ordre sont apparus. Certaines personnes voulaient se mobiliser de leur côté, sans s'appuyer sur la grande manif du 31 mars contre la Loi travail.

 

Personnellement, je pense qu'il est toujours préférable de partir de ce qui existe déjà plutôt que d'essayer de créer une dynamique ex nihilo. C'est alors que Loïc, de Jolie Môme, a lancé son propre mot d'ordre : « après la manif, je ne rentre pas chez moi ». L'idée d'occuper un endroit et de faire une projection géante de Merci Patron a fait son chemin... D'autant que chez Fakir, on avait déjà une petite expérience en la matière avec le blocage de la zone industrielle d'Amiens, en octobre 2010, pour protester contre la réforme des retraites.

 

Qu'est-ce qui vous a donné envie de croire à ce rassemblement ?

 

Je ne sais pas. Précisément, le fait d'inventer autre chose que les sempiternels appels à la grève générale, si désespérants quand on mesure le fossé existant entre ces désirs de rébellion et l'état des forces potentiellement mobilisables... Je me suis dit qu'au pire on échouerait – l'avantage, quand on est de gauche, c'est qu'on a l'habitude des défaites. Le collectif « Convergence des luttes » est né dans la foulée. Il ne faudrait surtout pas croire que Nuit Debout est un mouvement spontané, né comme par miracle de la somme de désirs communs. Ceux qui disent « oui, oui » dans l'euphorie de l'instant ne viennent pas tous mouiller leur chemise pour que la dynamique s'enclenche... Il a fallu organiser tout ça, canaliser ces aspirations disparates et ce besoin d'action. Il a fallu communiquer, distribuer des centaines de tracts lors de la manif du 31 mars, créer un site internet puis monter des barnums, acheminer le matériel pour projeter le film...

 

Quelles sont les revendications des noctambules ?

 

Cela me paraît assez flou pour l'instant... Des tas de revendications s'agrègent, sociales, écolos, anti-sécuritaires... Tout est parti du rejet de la loi El Khomri. C'est une opposition commune et solide mais aujourd'hui, on a le sentiment que c'est presque devenu un prétexte. Ce qui fédère les uns et les autres, c'est l'absence totale de perspective politique. Moi-même, je suis un déçu des partis politiques : en tant qu'ex-compagnon de route j'ai pris acte du suicide du Front de gauche. Quant aux autres formations de gauche, il suffit de voir ce qui se passe dans ma région, en Picardie : le FN est à 42 % et le PS et les Verts ne trouvent rien de mieux que de se diviser. J'ai compris qu'on était électoralement liquidé. Le changement ne passera plus par les urnes mais par un mouvement social de grande ampleur. C'est le pari presque pascalien que j'ai fait depuis la sortie de Merci Patron.


 

Peut-on comparer ce mouvent à celui des Indignés espagnols ou d'Occupy Wall Street ?

 

Je ne crois pas que ce soit comparable. D'abord, si je me souviens bien, Occupy n'a pas très bien marché finalement... Quant aux Indignés, qui ont fini par se constituer en parti politique, il s'agit d'un mouvement massif et populaire, ce que Nuit Debout est loin d'être encore. L'Espagne a connu une crise terrible, bien plus grave que celle que traverse la France... On ne peut pas dupliquer une mobilisation, il faut trouver autre chose. Le plus important et le plus urgent à mes yeux, c'est de dépasser les frontières sociales. Même si on en parle beaucoup, il est frappant de constater que les gens qui occupent la place de la République et d'autres places dans de grandes villes en France ne représentent pas grand monde. Ils appartiennent grosso modo à la même classe que moi, cela dit sans aucun mépris ni jugement : la petite bourgeoisie intellectuelle, à précarité variable. Il ne faut surtout pas en rester là.

 

Le mouvement doit dépasser les seuls centres urbains et essaimer à la périphérie, dans les banlieues, les zones rurales et industrielles, sinon il trouvera vite ses limites. Il faut trouver le moyen de toucher des milieux populaires. Je suis persuadé que l'une des clefs du succès de Merci Patron réside dans cette rencontre entre différentes classes sociales : le journaliste et les Klur, ce couple d'ouvriers au chômage. Dans le film, j'avais d'ailleurs été très attentif à glisser tout un tas de références culturelles très popus afin que tout le monde puisse s'y reconnaître : ça allait du maroilles à La Petite Maison dans la prairie. Maintenant, si on veut que ça bouge vraiment, il va falloir aller les chercher les Klur !


 

Comment faire durer un mouvement aussi hétéroclite et vers quoi se dirige-t-il ?

 

Honnêtement, je n'en sais rien. Je serai place de la République ce soir [mardi 5 avril, NDLR] pour rencontrer les autres initiateurs du mouvement, discuter avec eux, jauger nos forces : a-t-on encore du jus ? Comment faire évoluer la mobilisation ? Pour quels objectifs à atteindre ? En tous cas, je vous l'ai dit, la prochaine étape consiste à sortir de l'entre-soi pour exporter la mobilisation jusqu'au fin fond de la France. Je rêve de Nuit Debout à Flixecourt !

 

L'affaire des « Panama Papers » va-t-il alimenter le feu de la révolte ?

 

Malheureusement, je crois que la dénonciation n'a plus vraiment d'effet sur le corps social, trop anesthésié à force de s'être pris des coups. On le dirait immunisé, ou bien atteint d'une forme grave de fatalisme. Des révélations de l'ampleur des « Panama Papers » peuvent peut-être alimenter la colère mais ça ne suffira pas. Il faut proposer une voie, tracer un chemin. Offrir des perspectives de transformation...

 

 

 

 

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 15:11

Nous étions 1,2 million dans les rues le 31 mars ! Le gouvernement joue la montre, espérant que les vacances vont éteindre la contestation. A nous de lui montrer que nous sommes déterminé-e-s !

 

Manifestation le samedi

9 avril à 10h30

Place de la Brèche à Niort

 

#loitravailnonmerci  #OnVautMieuxQueCa  #loitravailnonmerci  #OnVautMieuxQueCa #loitravailnonmerci #OnVautMieuxQueCa #loitravailnonmerci  #OnVautMieuxQueCa #loitravailnonmerci #OnVautMieuxQueCa #loitravailnonmerci

Manifestation à Niort le 9 avril pour le retrait de la loi travail
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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 17:21
Appel pour soutenir toutes les nuits debout
#NuitDebout

 

Vous ne pouvez pas vous y rendre, signez la pétition de soutien.

 

Depuis le 31 mars nous, citoyens-nes, sommes installés-ées en toute légalité sur différentes places dans nos villes.  Ces rassemblements pacifiques, ouverts et populaires visent à réinvestir l’espace public pour échanger, débattre et construire ensemble.

Malgré les dispersions arbitraires de la police, malgré la pluie et les difficultés matérielles, malgré des tentatives d’infiltration et de récupération par des réseaux d’extrême droite, notre mouvement a réuni chaque jour et chaque nuit des milliers de citoyens-nes différents-es mais DEBOUT partout en France et des soutiens partout dans le monde.

Une foule toujours plus nombreuse de citoyens-nes concernés-ées, engagés-ées ou tout simplement curieux-ses, des femmes et des hommes de tous âges, de tous milieux sociaux, passent sur les lieux de ces différentes nuits debout, participent aux débats et manifestent leur soutien.

Si besoin était, cela confirme l’échec manifeste du travail permanent d’exclusion des citoyens-nes mené par les dirigeants politiques et les faiseurs médiatiques d’opinion. 

Pourquoi cette pétition ?

Cette pétition ne porte pas d'autre revendication que de permettre à tous ceux et celles qui veulent participer à une #NuitDebout de pouvoir s'organiser et le faire.

A ceux et celles qui veulent tout simplement apporter leur soutien de pouvoir le faire en deux clics.

Cette pétition est donc un moyen de nous compter localement et globalement.  Nous vous demandons de signer et partager massivement.

 

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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 22:40

Trois salariés d'une entreprise de métallurgie du Nord qui ont fait grève jeudi 31 contre la loi travail ont reçu vendredi  une convocation à un entretien préalable à licenciement éventuel pour faute grave.


 

« Nous envisageons de procéder à votre licenciement pour faute grave (...). Alors que notre entreprise se trouve en grand danger de survie (...), nous sommes confrontés à une absence inopinée de votre part qui désorganise (la) production », est-il écrit dans ces courriers dont l'AFP publie des extraits.


 

« Ces salariés n'ont pas demandé la permission de faire grève (...). S'ils en avaient fait la demande, je n'aurais jamais envoyé cette lettre », a affirmé à l'AFP François Segard, PDG de "Fonderies du Nord", entreprise située à Hazebrouck (Nord), où une trentaine de salariés fabriquent des pièces en acier inoxydable. La direction de l'entreprise écrit également n'avoir eu « connaissance d'aucun avis de grève ni au plan national », « ni au niveau de la branche professionnelle », ni d'« aucune grève interne à notre entreprise ».


 

Ce dirigeant ne doit pas écouter la radio ou la télé, ni lire la presse. Comment pouvait-il ignorer qu'il y avait un appel de plusieurs organisations syndicales à participer aux manifestations pour le retrait de la loi-travail le 31 mars ?


 

Le responsable communication de l'union locale CGT d'Armentières (Nord) indique que ces trois personnes avait clairement prévenu la direction une semaine avant. Par ailleurs, pour ce qui concerne les entreprises privées, en dehors des entreprises de transport, les salariés n'ont pas l'obligation de prévenir en avance la direction de leur volonté de faire grève. Toute la mauvaise foi de la direction apparaît dans le courrier qu'elle a adressé à ces trois salariés. Il y est écrit « vous nous indiquez devoir vous rendre à une grève et vous nous donnez comme justificatif le document joint » qui était un tract de la CGT. La direction savait donc que ces salariés étaient grévistes.


 

Les trois salariés sont convoqués le 8 avril "en vue d'un entretien préalable". La veille d'une nouvelle journée d'actions contre cette loi El-Khomri.


 

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