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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 23:20

Dans sa déclaration à propos du jugement de Jérôme Kerviel , Dominique Pauthe, président de la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, a déclaré : « Par son action délibérée, il a mis en péril la solvabilité de la banque qui employait les 140.000 personnes dont il faisait partie, et dont l'avenir se trouvait gravement hypothéqué. [...] Par leur ampleur, leur spécificité et le contexte de crise dans lequel ils se sont inscrits, ses actes ont incontestablement porté une atteinte à l'ordre public économique international dont l'impact financier a pu être finalement circonscrit par la réactivité de la banque ».

 

Quand dès la première année il engrange au bénéfice de son employeur 1,4 milliard d’euros de profits, la banque le laisse continuer sur sa lancée. Car finalement, le boulot du trader, c’est de spéculer mais à condition que la société gagne toujours de l’argent. Trop facile qu’il soit le seul coupable, et la Société Générale là-dedans ?

 

Actuellement agissent d’autres spéculateurs qui se livrent à une manipulation des cours du blé, du riz ou du maïs. Certains d’entre eux ont acheté, il y a déjà un moment, des  céréales sur pied, bien avant les moissons, aux alentours de 100€ à 130€ la tonne, pour le revendre aujourd’hui 200€ à 230€ la tonne. Cela va avoir pour conséquence  le risque de crise alimentaire, dans les pays pauvres alors que la famine ou la malnutrition déciment chaque jour des millions d’enfants et d’adultes. N'est-ce pas plus grave encore ?

 

A quand un tribunal pour juger le système capitaliste qui porte plus gravement encore « atteinte à l'ordre public  économique mondial » ?

 

 

Kerviel-par-Chaunu.jpg

Dessin Chaunu

 

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 22:23

Je faisais état hier de la situation faite à un ex-ouvrier de Thomé-Génot, « étranglé » financièrement par l’Etat et l’assureur Groupama pour avoir incendié une caméra de vidéo-surveillance à la préfecture de Charleville-Mézières. Je rapprochais cette affaire de celle des Conti condamnés pour quelques dégradations dans un bureau de la sous-préfecture de Compiègne. A chaque fois, il s’agissait d’un conflit d’ouvriers en lutte contre la fermeture de leurs sites et qui les uns et les autres ont été trahis par des patrons voyous, voire par l’Etat lui-même suite à ses engagements.


Dans un article sur le blog des anciens de Thomé-Génot, le président de l’association fait part de sa colère quant à la condamnation prononcée contre l'ancien salarié, soulignant « On n'en fait pas autant quand d'autres catégories de manifestants déversent du lisier ». Il a tout à fait raison, car des dégradations bien supérieures n’ont pas donné lieu aux mêmes sanctions.


Pour avoir défoncé, à l'aide de son tracteur, vingt mètres de muret, la grille et un portail d'entrée de la préfecture de l'Ain le 16 octobre dernier à Bourg-en-Bresse, au cours d'une manifestation paysanne, un exploitant agricole a été condamné fin janvier, par le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse, à une peine de deux mois de prison avec sursis. Sans amende ni dommages et intérêts à régler. La raison, ni le conseil général de l'Ain, propriétaire des murs, ni l'État, occupant légal d'une partie des bâtiments, ne se sont constitués partie civile pour en réclamer réparation. Le montant de la facture était pourtant évalué à 57 000 euros. Source Le Progrès.fr


Alors, pourquoi l’Etat est-il plus intransigeant pour un ouvrier des Ardennes que pour un agriculteur de l’Ain ? Est-ce parce que les agriculteurs, notamment les proches de la FNSEA, font potentiellement partie des électeurs de ce pouvoir en place ?  Justice doit-être rendu au camarade ouvrier de chez Thomé-Génot.


Le comité de soutien qui s’est organisé autour de cet ex-ouvrier appelle à la solidarité de tous pour faire reculer la répression, pour que l’appel qui sera interjeté se solde par une relaxe complète.

"Les prolétaires n'ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !" disait Karl Marx.


Lien vers le blog de l'association pour laisser vos commentaires de soutien.

 


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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 23:22

Cela rappelle un peu l’affaire des Conti, poursuivis en justice par l’Etat pour des dégradations à la sous-préfecture de Compiègne.


Cette fois, cela se passe à Nouzonville dans les Ardennes. Les salariés du sous-traitant automobile Thomé-Génot ont été victimes du pillage de leur usine en 2006 par des patrons voyous américains, entraînant le licenciement de 268 salariés, dans une région déjà largement sinistrée. (Le parquet de Reims vient d’ailleurs de demander aux États-Unis de livrer à la France les anciens dirigeants de Thomé-Génot, condamnés pour malversations.)

 

Comme on peut le comprendre en pareille situation, la colère des salariés a pu donner lieu à quelques débordements. Alors qu’ils étaient 200 à manifester devant la préfecture, l’un d’eux fut accusé d’avoir incendié une caméra de vidéosurveillance. Lors des négociations qui avaient mis fin au conflit, des engagements avaient pourtant été pris par les représentants de l'état qu’il n’y aurait aucune plainte en justice. Ces promesses avaient été faites en échange d'une garantie de calme  lors de la visite du candidat Sarkozy, venu dans les Ardennes faire sa litanie de promesses à la France qui souffre.


Mais voilà que près de trois ans plus tard, l’ancien métallo toujours au chômage, comme la majorité de ses camarades, a été condamné en audience civile (sans même avoir été convoqué semble-t-il) à verser plus de 22 000 euros à l’assureur des pouvoirs publics, Groupama. L’action en justice avait été engagée par la société d’assurances et la préfecture des Ardennes elle-même.


C’est une double peine qui est infligée à cet ex-ouvrier, licencié comme ses camarades, et condamné à payer une somme considérable, qu’il lui aurait fallu plus d’un an à gagner lorsqu’il était en activité. Et pendant ce temps, les patrons-voyous courent toujours.

 

Quant à l’assureur Groupama, il lui est possible de verser des millions d’euros pour faire voguer les trimarans de Cammas sur les océans, mais impossible d’épargner un ouvrier au chômage.

 

Un jour, la colère ne pourra plus se contenir.

 

 

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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 23:06

C'était le 19 mai, à Rennes. Une femme de 41 ans circule à moto sur la rocade nord et s'engage sur une bretelle menant à la route de Lorient. Un 4X4 arrive à sa hauteur et la « serre » : « Il y avait deux jeunes hommes à l'avant. Ils m'ont collée. Moi, je roulais en appui contre la voiture », relate la motarde avec émotion. L'accrochage dure plusieurs mètres. Elle parvient à ne pas tomber. « Un moment, ils ont ralenti. J'ai accéléré. Ils sont restés derrière moi quelques instants avant de me dépasser à nouveau. Là, j'ai eu droit à diverses insultes. »

La motarde a le temps de relever la plaque d'immatriculation et déposera plainte. Le véhicule qui vient de la Sarthe appartient à François Fillon, et le conducteur n'était autre que l'un de ses fils, Edouard. Début septembre, le délégué du procureur prévient la plaignante qu'il engage un rappel à la loi : une mesure alternative aux poursuites pénales. Si l'automobiliste en cause se présente à la convocation, « ce dossier sera classé sans suite ». Devant le délégué du procureur, le fiston « accepte de payer le coffre à bagages, même s’il n’a pas le sentiment de l’avoir abîmé, et veut bien réfléchir à une indemnisation ». Et de préciser que « sa réponse parviendra sous huitaine avec ou sans chèque ».

Mais finalement, le canard enchaîné nous apprend cette semaine que cette aide-ménagère de profession et mère de trois enfants n’aura pas un sou. Le jeune homme « bien élevé », conseillé par deux avocats, a envoyé une jolie lettre à la victime, regrettant de lui avoir fait peur. Mais, ajoute-t-il, elle n’aura pas un sou car il y a « eu, dans les médias, une utilisation » de l’incident « qui n’est pas acceptable ». Quant au doigt d’honneur, c’est une tragique méprise, affirme-t-il. Il a juste « montré son poing, avec le pouce levé ».

 

Et le procureur avale ça sans broncher !


Ça suffit cette justice de classe !


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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 08:05

Tribune parue dans l’Humanité du  3 février 2010
Par Maxime Cessieux, Secrétaire Général du Syndicat des Avocats de France.

Pourquoi faut-il une assistance dès les premières heures de privation de liberté ?


Avec 336 000 mesures en 2001 et environ 800 000 en 2008, la garde à vue n’arrive plus qu’aux autres. Le commun des mortels peut aujourd’hui raisonnablement craindre de se voir embarquer par les forces de l’ordre. Mieux vaut en effet éviter de manifester, de fumer un joint à la sortie de la fac, de s’agacer lors d’un contrôle routier ou de traverser hors des clous… Un agent de police pourrait vous offrir un séjour au commissariat.


Dès lors que le nombre de gardes à vue est un outil privilégié de la mesure de leur activité, les services de police et de gendarmerie sont soumis à une pression constante exigeant toujours plus de placements en garde à vue. Au sein même de la police, les principales organisations syndicales, SGP et Unité Police, dénoncent un double langage  : « C’est le gouvernement qui impose des quotas d’interpellations aux fonctionnaires de la police nationale, tout en mettant la pression sur les policiers par une politique du chiffre aveugle ne leur permettant plus d’exercer avec discernement. » Ainsi, la garde à vue est-elle devenue un acte banal, quotidien et presque systématique pour les policiers alors qu’il s’avère traumatisant pour la plupart de ceux de nos concitoyens qui s’y trouvent confrontés.


La garde à vue a une utilité dans l’enquête, elle permet aux policiers de garder sous les verrous un suspect, de le confronter, de faire des vérifications, des perquisitions… Mais, nous le savons bien, c’est aussi le temps des interrogatoires et l’occasion d’obtenir des aveux. L’individu menotté au banc du commissariat ou de la gendarmerie commence une épreuve dont il ne connaît pas le terme. Il est isolé, sans aucun contact avec ses proches en dehors de l’appel que l’officier pourra passer pour signaler son arrestation. Le gardé à vue ignore parfois ce qui lui est exactement reproché, l’information sur ce point se limitant bien souvent à une qualification (vol, violences…) sans précision, par exemple, de la date et du lieu des faits… Vient la fouille à corps, il faut ensuite attendre de longues heures dans une cellule nauséabonde et sale avant d’être interrogé. Dans certains cas, nos clients nous confient qu’il leur a été suggéré de coopérer s’ils souhaitaient sortir au plus vite. Ces amicales pressions vont parfois même jusqu’à la menace de les envoyer croupir en prison s’ils ne reconnaissent pas les faits. Les mères nous rapportent encore que la menace de se voir retirer la garde de leurs enfants est souvent utilisée.


Dans ce contexte, beaucoup parlent. Certains avouent même des crimes qu’ils n’ont pas commis. C’est ce que les policiers appellent « attendrir la viande ». Pendant des siècles, l’aveu a été considéré comme la reine des preuves. Les innombrables erreurs judiciaires n’y ont rien changé, pas plus que les innocents condamnés et incarcérés. L’aveu a ceci de pratique qu’il conforte, parfois à tort, le juge ou le policier dans sa conviction de tenir un coupable. Dans ce contexte, l’avocat est bien souvent une planche de salut. Non qu’il dispose de pouvoirs extraordinaires, mais il est un contact avec l’extérieur  ; il est peut-être aussi l’assurance qu’après son passage il ne vous arrivera rien. L’avocat est à tout le moins une présence bienveillante qui, pour reprendre la formule de la Cour européenne des droits de l’homme, assure « le soutien de l’accusé en détresse ». Il n’est pas rare de voir des gens, même les petits durs habitués des lieux, s’effondrer en larmes une fois seuls avec nous. L’avocat écoute, explique, conseille, informe le gardé à vue de ses droits, notamment celui de garder le silence, car, depuis 2004 il n’est plus notifié.


Beaucoup de policiers ou de gendarmes savent tout cela et nous accueillent donc fort cordialement. Nous ne sommes pas les ennemis, nous avons une fonction différente de la leur, ils le comprennent et l’acceptent parfaitement. Seulement voilà, l’avocat n’intervient pas systématiquement, loin s’en faut. S’il peut théoriquement arriver dès la première heure dans les gardes à vue de droit commun, certains officiers dissuadent l’intéressé d’y avoir recours. La loi elle-même s’oppose dans certains cas à une intervention de l’avocat dès le début. Sa présence n’est en effet possible qu’au bout de trois voire quatre jours dans les régimes dits dérogatoires qui sont fréquemment invoqués. L’intervention de l’avocat dès le début de la garde à vue est pourtant, on l’a compris, fondamentale.


La Cour européenne des droits de l’homme rappelle qu’un accusé doit, dès qu’il est privé de liberté, pouvoir bénéficier de l’assistance d’un avocat  : « L’équité de la procédure requiert que l’accusé puisse obtenir toute la vaste gamme d’interventions qui sont propres au conseil. À cet égard, la discussion de l’affaire, l’organisation de la défense, la recherche des preuves favorables à l’accusé, la préparation des interrogatoires, le soutien de l’accusé en détresse et le contrôle des conditions de détention sont des éléments fondamentaux de la défense que l’avocat doit librement exercer. » Elle a récemment insisté sur le fait que les garanties du procès équitable, dont l’une, et non des moindres, est le droit à l’avocat, « revêtent une importance particulière dans le cas des infractions graves, car c’est face aux peines les plus lourdes que le droit à un procès équitable doit être assuré au plus haut degré possible par les sociétés démocratiques ».


La loi française interdit dans bien des cas l’intervention de l’avocat dès la première heure. L’argument le plus savoureux consiste à dire  : « Si l’avocat vient dès la première heure, les gardés à vue ne parleront plus pendant les enquêtes. »


Aveu, aveu quand tu nous tiens  ! Le Syndicat des avocats de France demande depuis des années la possibilité pour les avocats de pouvoir intervenir dès le début de toutes les gardes à vue. Le président de la République a déclaré en janvier 2007 vouloir en finir avec le règne de l’aveu. Chiche  !

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 22:57

Après son renvoi en correctionnelle le 30 octobre pour "détournements de fonds publics" - son procès devrait se tenir en novembre à Paris -, Jacques Chirac a été mis en examen en décembre pour "prise illégale d'intérêt" dans un autre dossier portant sur des emplois fictifs à la mairie de Paris. Il sera jugé pour 21 emplois de complaisance présumés, rémunérés entre octobre 1992 et mai 1995 par le cabinet du maire de Paris, fauteuil occupé par Jacques Chirac de 1977 à 1995.

Bernadette Chirac a déclaré, «cela me fait très mal». Selon elle, un «président de la République, qui a été élu par tous les Français pour cinq ans, doit être protégé». «Je ne trouve pas qu'il puisse être soumis aux mêmes obligations dans certains cas que les citoyens ordinaires. Cela me choque beaucoup.» Et elle ajoute « Mon mari a donné toute sa vie avec une énorme générosité, toutes ses forces au service de la France et au service des Français. C'est un honnête homme. »

Il ne devrait pas être soumis aux mêmes obligations que les citoyens ordinaires ? Et puis quoi encore, il a déjà été protégé suffisamment longtemps au regard de sa fonction présidentielle.


Le principe d’égalité des citoyens devant la loi figure à l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, et il implique nécessairement l’égalité des citoyens devant l’application qui est faite de la loi par l’institution judiciaire. Le Conseil constitutionnel a consacré en 1975 cette équivalence, affirmant que le principe d’égalité de tous les individus devant la justice possède une valeur constitutionnelle. Cela signifie que tous les justiciables doivent être traités de manière identique par les juridictions françaises.


Peut-être l'ignore t'elle, l'ex-première dame. Et si son mari est un honnête homme, que craint-elle de la justice ?


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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 00:15
Le jeudi 19 novembre, François Fillon accompagné d’une équipe ministérielle venait à Reims inaugurer un projet d’aide à la réussite au Lycée Roosevelt. Lors de sa visite, des lycéens manifestaient devant le lycée afin de protester contre ces réformes. Ils brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « mouvement des lycéens en lutte ». Comme le relate le journal L’Union de Reims, «  Les gendarmes mobiles ont alors attaqué le rassemblement lycéen faisant preuve d'une violence féroce […] » Douze lycéens ont également été interpellés sans aucun motif. Ils ont été traduits en comparution immédiate. Quatre d’entre eux sont condamnés à trois mois de prison avec sursis pour participation ou organisation d’une manifestation illégale et violences volontaires contre gendarmes mobiles ayant entraîné une interruption temporaire de travail.

 

 

Ci-joint le témoignage du père d’un de ces jeunes.

 

Bonjour,

 

J'apporte ce jour le témoignage d'un père de famille dont le fils est passé en comparution immédiate suite à cette manifestation et a été condamné à 3 mois de prison avec sursis après avoir passé 24h en garde à vue.

Mon fils Léo Belenguier a 18 ans, donc majeur, et il  est étudiant en fac d'histoire à Reims. Il n'est pas inscrit à un parti politique et s'est rendu à la manif par solidarité avec ses camarades et amis du  lycée Roosevelt. Il a un casier judiciaire vierge, un attachement profond aux valeurs de justice et de solidarité doublé d'un tempérament doux et pacifiste. Il s'intéresse à l'actualité politique en tant que personne majeure porteur d'un droit de vote particulièrement en ce qui concerne ses pairs. Mon fils a déjà participé à des manifestations et n'a jamais commis aucune violence ni exaction d'aucune sorte allant même jusqu'à redresser des containers de poubelles en déplorant ces actes susceptibles selon lui de discréditer les actions menées. C'est ce même jeune garçon qui s'est fait interpeller et menotter jeudi après la manifestation au cours d'une rafle commise par la BAC alors qu'il attendait assis sur un plot pour reprendre son vélo garé devant le lycée, alors que la manifestation était terminée et qu'il avait demandé aux CRS à quel moment son vélo serait accessible.

Cette arrestation brutale est motivée par l' accusation d'avoir jeté des pierres sur les policiers pendant la manifestation avec soi disant pour preuve une vidéo le montrant distinctement. Mon fils  fort de son innocence a demandé aussitôt à voir la vidéo qui le mettait en cause.

Il a été placé en garde à vue pour 24 heures, sans jamais pouvoir visionner ce document qui était sensé l'accabler. La raison en était, d'après la police que la vidéo était sous scellés pour le tribunal. Après 24 heures de garde à vue traumatisantes (refus de l'informer de notre connaissance de sa situation, annonce que sa garde à vue pouvait être prolongée s'il niait, refus de nous contacter pour que nous communiquions aux forces de l'ordre les coordonnées de notre avocat...),il a été jugé en comparution immédiate qu'il a acceptée pour éviter de se retrouver en "préventive" chantage odieux qui ne lui laissait d'autres choix que le procès expéditif ou la prison. Il n'a rencontré son avocat commis d'office que quelques minutes avant d'entrer dans le prétoire ce qui laisse perplexe sur le temps accordé pour préparer sa défense.

Malgré la demande des avocats et des inculpés, malgré l'absence complète de preuves (le seul témoignage écrit est celui du policier blessé qui disait n'avoir reconnu personne et expliquait que les jets de pierre venant de l'arrière de la manifestation ne leur étaient pas imputables puisqu'ils étaient sur l'avant ) et malgré les dénégations des quatre inculpés, cette bande vidéo n'a jamais été présentée à quiconque et le procès s'est conclu par une peine de sursis de trois mois pour chacun alors même qu'aucun témoin n'avait été entendu et qu'aucune preuve n'existait.

La conclusion de tout cela dépasse ce qu'un citoyen français peut imaginer: la condamnation sans preuve d'un innocent pour l'exemple, un traumatisme psychologique évident provoqué par une garde à vue visant prioritairement à faire d'un innocent un coupable à coup d'intimidation et de brimades de toutes sortes : autorisation d'aller aux toilettes plus d' une demie heure après la demande, nuit passée dans des conditions d'hygiène épouvantables, refus d'appeler les parents pour le choix de l'avocat, refus des policiers du commissariat de Reims alors que je me suis rendu sur place sur leur conseil de me donner les informations sur les suites de la garde à vue jusqu'à la comparution immédiate après avoir soufflé le chaud et le froid et m'avoir donné des informations erronées ou contradictoires, refus du tribunal de prendre en compte l'absence de preuves et au final une condamnation avec sursis mettant directement en péril l'accès à la vie professionnelle de mon fils au terme de ses études.

J'espère que beaucoup de parents auront accès à cette information pour s'alarmer des conséquences désastreuses d'une politique sécuritaire et paranoïaque capables de  briser la vie d'un jeune homme jusque là libre et heureux.

 

Georges Belenguier

 

Cela rappelle étrangement les condamnations sans preuve de Samuel et Jean-Salvy à Poitiers

 


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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 18:36

A Poitiers, Jean-Salvy et Samuel sont libres, mais leur innocence n'est toujours pas reconnue. Quant à Patrick Dubreucq, condamné à 4 mois de prison ferme pour avoir jeté un projectile en direction des forces de l’ordre sans que personne n’ait été blessé, il est toujours incarcéré. La « justice » a considéré que ses garanties de représentation en justice et de non réitération étaient insuffisantes.

Il est bien connu que selon que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

J’invite les lecteurs de mon blog à signer la pétition pour demander la libération immédiate de Patrick Dubreucq, la relaxe de tous les inculpés et l’arrêt de toutes les procédures en cours et d’inviter leurs amis à faire de même.

Lien vers la pétition

Pour écrire à Patrick, en prison : Patrick Dubreucq - Centre Pénitentiaire de Poitiers / Vivonne - Champ de Grolles - RD 742 - 86370 Vivonne

 

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 18:49


A Poitiers, deux étudiants et un SDF ont été condamnés et emprisonnés malgré les nombreux témoignages de leur innocence. En cause, les sanctions lourdes réclamées par Hortefeux qui s'est déplacé à Poitiers le jour du jugement en comparution immédiate. Ils paient pour qui alors ?






Qui étaient les casseurs ? Un témoignage paru dans l'Humanité du 19 octobre.

Fin de manif à Poitiers. De chez lui, Arnaud (1) voit une dizaine de jeunes débouler dans sa cour, dans le centre-ville. Il les y rejoint. Pendant près d’une heure, il se trouve donc aux premières loges pour observer l’organisation de ces « manifestants », venus selon lui de « toute la France, même d’Amiens ». Ce qui le marque : le silence et la rapidité de mouvements « parfaitement coordonnés ». En « quelques minutes », les jeunes gens, « entre 20 et 25 ans », se changent, « comme un seul homme », quittent leurs gants, déguisements et vêtements, « pour enfiler des chemises comme jamais je ne pourrais m’en payer », se recoiffent. Puis se débarrassent de leurs affaires dans un grand sac-poubelle qu’ils confient à Arnaud avec mission de le jeter. Ils se renseignent ensuite « sur le moyen de rejoindre leurs véhicules garés sur le boulevard et de quitter la ville sans croiser la police ». Et enfin, sortent de l’immeuble, « séparément, par couples, méconnaissables ». Plus tard, le jeune homme retrouvera « un pétard énorme, des lunettes de plongée, de véritables masques à gaz, et même leurs recharges, une centaine de flacons de sérum physiologique, deux plans de Poitiers… » Devant lui, ils n’ont pas mentionné un seul nom. « Et ne se connaissaient peut-être même pas. » Pour lui, les casseurs appartiennent au mouvement « Black Block », sont venus de toute la France, d’Espagne… mais aussi de Poitiers. Selon Arnaud, ils se sont organisés, de façon indépendante, par Internet. « Notre génération a un temps d’avance sur les policiers en la matière, or il est très facile de déjouer l’attention, de brouiller le circuit d’envoi d’un mail. » Pour lui, leur mode d’organisation est, en soi, un démenti à la volonté affichée par le gouvernement de « dissoudre des groupuscules » : « Ce sont des gens qui fonctionnent en réseau, mais de manière individuelle pour ne pas être bridés par une organisation… Il est impossible de dissoudre des individus ou des idées. » Sous couvert d’anonymat, un membre des renseignements nationaux s’interrogeait samedi dans la presse : lui avait été informé depuis des mois des risques inhérents à cette manifestation.


A. R.

(1) Le prénom a été modifié.

 

A lire également la double peine des militants de Poitiers


Le lien vers le blog de soutien à Samuel Bastard et Jean-Salvy Compte

 

 

 

Signez la pétition de soutien


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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 23:17
C'est par hasard que je suis tombé sur un fait divers, mais pas si divers que ça finalement.

Source Ouest-France

En mai, à Rennes, l'un des fils du Premier ministre a accroché une motarde. Volontairement, selon cette dernière.

 

« J'ai vraiment eu la trouille de ma vie. » C'était le 19 mai, à Rennes. Une femme de 41 ans circule à moto sur la rocade nord et s'engage sur une bretelle menant à la route de Lorient. Un 4X4 arrive à sa hauteur et la « serre » : « Il y avait deux jeunes hommes à l'avant. Ils m'ont collée. Moi, je roulais en appui contre la voiture », relate-t-elle avec émotion. L'accrochage dure plusieurs mètres. Elle parvient à ne pas tomber. « Un moment, ils ont ralenti. J'ai accéléré. Ils sont restés derrière moi quelques instants avant de me dépasser à nouveau. Là, j'ai eu droit à diverses insultes. »

 

La motarde s'arrête mais a le temps de relever la plaque d'immatriculation. Le véhicule vient de la Sarthe. Elle dépose plainte au commissariat. C'est là que l'affaire se corse. L'enquête montre que la voiture appartient à François Fillon. Et que le conducteur n'était autre que l'un de ses fils. Début septembre, le délégué du procureur prévient la plaignante qu'il engage un rappel à la loi : une mesure alternative aux poursuites pénales. Si l'automobiliste en cause se présente à la convocation, « ce dossier sera classé sans suite ».

 

Le fils du Premier ministre s'est bien présenté, le 16 septembre. « On lui a rappelé les règles fondamentales de la sécurité routière », dit le procureur, Hervé Pavy.

 

L'automobiliste a contesté avoir agi intentionnellement.

 

La plaignante demande 2 120 € de dommages et intérêts. Par l'intermédiaire de son avocat, Me Mikaël Goubin, elle a écrit au procureur afin que celui-ci saisisse un juge d'instruction ou renvoie directement l'affaire devant le tribunal correctionnel.

 


Cela me rappelle un autre fait divers avec un protagoniste dénommé Jean Sarkozy. Cette fois c'est le fils du 1er ministre. Essayez d'imaginer si c'était un de vos enfants qui avait été le chauffeur de ce véhicule ? Un dossier classé sans suite ?

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