Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Réagir - Blog militant de joseph coutant
  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
  • Contact

Rechercher

Tags

22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 00:48

A partir d'aujourd'hui, l’ambassadeur de l’Arabie saoudite à Genève, Faisal Trad, a été choisi pour présider le panel du Conseil des droits de l’Homme de l'ONU.

 

Ce n'est pas cela qui va crédibiliser davantage l'ONU.

 

Le but principal du panel du Conseil des droits de l’Homme est de nommer les cinq hauts fonctionnaires qui édictent les standards internationaux, de choisir les personnes qui vont occuper plus de 77 postes relatifs à la défense des droits de l’homme dans différentes régions du monde et d’informer sur les violations perpétrées en matière de droits de l’Homme.

 

Il fallait oser mettre à la tête de la plus importante organisation de défense des droits de l’homme dans le monde, l’ambassadeur du pays le plus critiqué pour le statut qu’il reconnaît aux femmes, aux minorités et aux dissidents et la barbarie des exécutions qui n'ont rien à envier à Daesch. Il faut savoir aussi que violer et assassiner sa fille n'est pas un crime dans la monarchie d’Arabie saoudite.

 

 

Entre janvier et mai 2015, le régime avait déjà exécuté 79 personnes, soit presque autant que l'année 2014 en entier. Il y a eu en 2012 l’arrestation de l’écrivain et bloggeur Raif Badawi dont les déclarations ont provoqué son arrestation et sa condamnation à recevoir 1 000 coups de fouet pour avoir «insulté l’islam». Sa femme tente toujours d’obtenir sa libération mais en vain. Il y a le cas de ce jeune chiite, emprisonné en 2012 à l'âge de 17 ans, neveu d'un haut dignitaire opposé au régime, condamné à mort le 27 mai 2014 et qui devrait être exécuté jeudi puisqu'il vient d'épuiser ses voies de recours. Selon l'International Business Times, Il est aujourd'hui sur le point d'être «décapité puis son corps attaché à une croix et laissé [jusqu'à] pourrissement».

 

L'ambassadeur va t-il commencer par informer sur les violations perpétrées en matière de droits de l’Homme dans son propre pays ?

Partager cet article
Repost0
18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 15:42

Après une visite au roi du Maroc en avril 2013 où François Hollande avait préféré se taire face au système répressif, il rend à nouveau visite ce week-end au monarque marocain. Va t-il rester silencieux alors que les atteintes au droit de l'Homme se poursuivent ? Il y a à peine plus d'un an, un militant de l’Union Nationale des Etudiants du Maroc succombait après 72 jours de grève de la faim pour protester contre sa détention. Il y a moins d'un an, Wafaa Charaf, militante syndicaliste et politique et aussi vice-présidente de l'association marocaine des Droits de l'homme était condamnée à un an de prison ferme pour avoir dénoncé la brutalité de la police marocaine.

 

A propos de cette visite, le PCF vient de publier le communiqué suivant :

 
 

La visite de François Hollande au Maroc ce week-end suscite de nombreuses questions.

 

Dans un pays où la corruption et l'impunité règnent en maîtres, où les inégalités sociales et la pauvreté s'aggravent, où la répression policière et les emprisonnements s'abattent sur les démocrates et les syndicalistes, cette visite « d'amitié » et de « travail » du Président de la République ne peut que provoquer indignation et consternation chez les progressistes des deux rives.

 

Les autorités françaises par cette visite donnent une nouvelle fois un blanc-seing à un régime et à son chef qui nient les droits sociaux et humains du peuple marocain.

 

L'abstention massive aux dernières élections locales et régionales ont montré le fossé grandissant entre les Marocains et les institutions et partis politiques. Seul le parti islamique tire profit de ce discrédit.

 

Par ailleurs, rien ne peut justifier l'accord judiciaire adopté par le Parlement en septembre contre l'avis des élus du Front de Gauche et d'EELV.

 

Ce protocole porte gravement atteinte aux prérogatives internationales de la justice française comme l'ont dénoncé les associations Amnesty International-France, la FIDH, la LDH, l'ACAT et HRW.

 

La remise de la Légion d'honneur à Abdellatif Hammouchi, chef du contre-espionnage marocain, et poursuivi pour actes de torture, est une insulte pour toutes les victimes.

 

Enfin, les autorités françaises s'acharnent à soutenir, à l'encontre des résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU, la position marocaine sur le Sahara occidental, en refusant le droit à l'auto-détermination du peuple sahraoui.

 

La politique française en direction du Maroc, comme celle vers les monarchies du Golfe, fait peu de cas des droits de ces peuples et des principes de justice, de vérité, de solidarité, de paix et de liberté d'expression qui devraient guider notre politique extérieure.

 

Le PCF se place résolument aux côtés des progressistes marocains, des syndicalistes, des militants des droits humains, dont le combat courageux pour un état de droit et un Maroc démocratique a tout son soutien.

 

 
Partager cet article
Repost0
17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 19:00

Sur ce même blog, dans un billet ayant pour titre « Le mur de la honte », j'évoquais les médias qui n'en finissaient pas en novembre 2009 de célébrer la chute du mur de Berlin. Et j'ajoutais que tous ces bien-pensants du monde « dit » libre ne s’émouvaient guère de tous ces autres murs qui se construisent dans le monde. A l'occasion des célébrations qui s'étaient tenues à Berlin, toute l'Europe s'était donnée rendez-vous, y compris la secrétaire d’État Hillary Clinton qui représentait les États-Unis. Parmi tous les dirigeants européens présent à ces cérémonies, l'ancien dirigeant hongrois Miklos Nemeth, qui avant la chute du mur avait autorisé les Allemands de l'Est à passer la frontière austro-hongroise, déclenchant un exode qui encouragea les manifestations anti-régime dans toute la RDA.

 

Ce rappel parce qu'aujourd'hui, ce même pays la Hongrie vient d'ériger un mur de barbelés avec lames de rasoir d'une longueur de 175 km le long de sa frontière avec la Serbie et le gouvernement ultra-nationaliste de Viktor Orban prévoit de construire une nouvelle clôture, cette fois-ci à sa frontière avec la Roumanie et en envisage également une avec la Croatie.

 

La mondialisation a aboli bien des frontières, pour les marchandises et la finance qui peuvent circuler, mais pas pour les humains. Il y a un quart de siècle, à la chute du mur de Berlin, il y avait 16 murs défendant des frontières dans le monde. Il y en a aujourd'hui 65, terminés ou en voie de l'être.

 

Les murs et les barrières sont de plus en plus prisés par certains politiques désireux de paraître fermes sur les questions de migrations et de sécurité. Mais les murs ne changent rien aux causes profondes de l'insécurité ou de l'immigration. Les barricades n'ont en rien enrayé la hausse des demandes d'asile. La fermeture des frontières ne fait que déplacer le problème, conduisant les migrants à travers de terribles déserts ou sur des bateaux de fortune en Méditerranée. Cela ne fait qu'augmenter le nombre des victimes.

 

Des dizaines de milliers de personnes prennent le chemin migratoire pour fuir les guerres, les persécutions et les famines. Ce ne sont pas les murs qui résoudront le problème. Il faut s'attaquer aux causes, et ne pas oublier les ravages causés par l'impérialisme occidental dans les régions d'où fuient toutes ces personnes.

 

« Le monde est trop petit pour avoir des murs », pouvait-on sur le béton du mur de Berlin ... Il serait bon de s'en souvenir !

Dessin de Chappatte dans Le Temps (Suisse)

Dessin de Chappatte dans Le Temps (Suisse)

Partager cet article
Repost0
4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 12:12
Migrants, il est urgent de changer de politique
Partager cet article
Repost0
3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 23:54

"N’est-ce pas à la portée de l’Europe d’accueillir dignement ces hommes et ces femmes, naufragés des guerres et de la mondialisation capitaliste ?"

 

C’est une photo qui va hanter l’Europe. De celles qui frappent les esprits, réveillent les consciences endormies. Celle du corps d’un petit garçon, échoué sur une plage turque. Ce cliché terrible d’un petit Syrien de 3 ans, couché face contre terre sur le sable, a fait le tour des réseaux sociaux et suscite une vague d’indignation inédite. Cela fait pourtant des années que la Méditerranée est devenue le vaste charnier d’une Europe forteresse en plein naufrage, étrange eldorado où l’on construit des murs, où l’on inscrit des numéros sur les mains des migrants… Alors la compassion ne suffit plus. Les larmes de crocodile des dirigeants européens masquent mal leur responsabilité dans ce qui s’annonce être le plus grand drame humain de ce début de siècle. Et, sur ce dossier encore, François Hollande n’aura pas brillé par son courage, lui qui a attendu l’autorisation d’Angela Merkel pour sonner le tocsin et commencer à envisager une réponse politique qui ne soit pas que sécuritaire. On a froid dans le dos en imaginant l’avenir que nous préparerait le maintien durable des surenchères autoritaires, à l’instar du cousin autrichien de Marine Le Pen, qui voit dans les survivants des barbelés une « menace pour les racines chrétiennes de l’Europe ». Car, en dépit des contrevérités démagogiques du FN, la France est en réalité bien pingre en matière d’accueil de réfugiés. En 2014, elle a reçu 6 2 735 demandes d’asile, ce qui représente un demandeur pour un millier d’habitants. Les migrants qui arrivent illégalement en Europe chaque année ne représentent que 0,05 % de la population.

N’est-ce pas à la portée de l’Europe d’accueillir dignement ces hommes et ces femmes, naufragés des guerres et de la mondialisation capitaliste ? Il est grand temps que les pays européens se montrent à la hauteur d’une démocratie moderne, qu’ils ouvrent des accès sûrs et légaux pour que les migrants ne perdent plus la vie à vouloir survivre. Cet été, de nombreux citoyens d’Europe se sont soulevés dans un bel élan de solidarité, organisant eux-mêmes l’aide aux migrants. Voilà le visage de l’Europe qu’il faut construire. Une humanité partagée.

 

Maud Vergnol dans L'Humanité

Partager cet article
Repost0
1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 00:52

Bien que mes occupations m'aient tenu éloigné de la rédaction de mon blog durant la période estivale, l'actualité elle ne s'est pas arrêtée. Actualité dramatique concernant ces populations qui fuient leurs pays en guerre. Et c'est ce sujet qui me fait réagir pour la reprise.

 

Dans le camion abandonné sur la bande d'arrêt d'urgence d'une autoroute autrichienne tout près de la frontière hongroise, ce sont 71 personnes qui ont été trouvées mortes, asphyxiées, victimes des conflits en cours dans leurs pays, et victimes de la cupidité des passeurs qui profitent de la détresse humaine.

 

Ces 71 personnes mortes sur le continent européen s'ajoutent aux milliers de morts en Méditerranée. En 2014, plus de 3400 personnes sont mortes en tentant de traverser la mer Méditerranée. Rien que sur la période de janvier à avril 2015, le nombre de décès était supérieur à 1700, soit 30 fois plus que sur la même période de 2014.

 

Et il est important de regarder d'où viennent ces populations. D’Afghanistan, d'Irak, de Syrie, de Lybie, des pays où les forces occidentales ont mené des opérations dont on peut juger du résultat aujourd'hui. C'est le chaos qui a été installé.

 

Aujourd'hui, l'Europe doit accélérer la mise en place de mécanismes d’accueil et de protection à la hauteur des besoins. L’Europe a su faire face à des crises financières en mettant sur la table des moyens considérables. Avec une réflexion incluant les pays d’origine, elle doit trouver des solutions durables et dignes pour résoudre ces questions migratoires.

 

Juste deux comparaisons qui montrent que notre monde ne tourne vraiment pas rond. L'Union européenne a décidé en début d'année de tripler le budget de son opération de surveillance et de sauvetage en mer Triton pour prévenir de nouveaux drames de l'immigration. Il est passé de trois millions d'euros par mois à neuf, soit 108 millions pour l'année. Des sommes inférieures à celles dépensées par les états européens pour édifier des murs de barbelés et fermer les frontières. Aujourd'hui on apprend qu'un club de football anglais, Manchester United, verse 80 millions d'euros pour recruter un joueur de Monaco !

 

L'Europe sera t-elle une terre d’accueil et de dignité ?

Partager cet article
Repost0
27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 21:59

A lire ce très long mais très intéressant entretien de Stathis Kouvélakis, philosophe francophone, membre du Comité central de Syriza et figure de la Plateforme de gauche dans la revue Ballast. Lien article ci-dessous.

 

Que ce qui se passe en Grèce serve au moins à ouvrir une perspective d’avenir.

 

Stathis Kouvélakis : « Le non n’est pas vaincu, nous continuons »

Partager cet article
Repost0
24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 22:31

Dans son opuscule " La Lutte des classes en France ", Karl Marx tenait des propos sur l'endettement de la France en 1848 d'une étonnante... actualité.

 

Extrait: : « L'endettement de l'État était, bien au contraire, d'un intérêt direct pour la fraction de la bourgeoisie qui gouvernait et légiférait au moyen des Chambres. C'était précisément le déficit de l'État, qui était l'objet même de ses spéculations et le poste principal de son enrichissement. A la fin de chaque année, nouveau déficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt. Or, chaque nouvel emprunt fournissait à l'aristocratie une nouvelle occasion de rançonner l'État, qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, était obligé de traiter avec les banquiers dans les conditions les plus défavorables.»

 

Karl Marx écrivait cela il y a 1 siècle et demi !

 

Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite
Partager cet article
Repost0
17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 15:09

Drôle de question vont penser certains. Que vient faire le pilote de la Lufthansa, qui a provoqué le crash de l'A320 de Germanwings dont il était copilote avec 149 personnes à bord, avec la chancelière allemande et le ministre des finances. Rien a priori pourrait-on répondre, hormis d'être allemands tous les trois. Alors voyons.

 

Concernant Lubitz, il a précipité froidement 149 de ses compatriotes dans la mort.

 

Concernant la Grèce, l'accord arraché à Tsipras l'a été avec « le pistolet sur la tempe ». Selon ce qui a été rapporté, la négociation a été d’une rare intensité et d’une rare violence. De plus en plus de voix, y compris aujourd'hui au FMI, s'accordent à dire que la dette grecque n'est pas soutenable et doit être rééchelonnée. Mais pour l'instant, on assiste à une mise sous tutelle de la Grèce, avec un accroissement des mesures d'austérité, pourtant inefficaces, qui vont aggraver les conditions de vie de la population grecque. Avant l'arrivée au pouvoir de Syriza, voilà ce qu'avait déjà entraîné pour 2014 les mesures d'austérité appliquées (voir tableau-ci-dessous). C'est aux causes de cette politique que s'opposait le gouvernement Tsipras.

 

Mais aujourd'hui, il est à craindre que les mesures imposées par la Troïka, sous le diktat de l'Allemagne de Merkel et Schäuble, vont accroître encore plus les difficultés. Faites le compte, à raison de 2 suicides par jour, ça fera plus de morts que le crash de l'A320 de Lubitz.

 

Oui c'est à un assassinat du peuple grec que se livrent Merkel et Schaüble. Il y a donc bien  similitude entre ces personnages.

Quelle similitude entre Andreas Lubitz, Angela Merkel et Wolfgang Schäuble ?
Partager cet article
Repost0
14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 17:39

Comme le disait fort justement Yanis Varoufakis, le ministre des Finances de la Grèce : " Le gouvernement doit faire face à un coup d'Etat d'un nouveau genre. Nos assaillants ne sont plus les chars d'assaut comme en 1967, mais les banques."

 

C'est un acte de résistance dont fait preuve la présidente du parlement grec. Lisez son discours jusqu'au bout, cela en vaut la peine. 

 

Discours de Zoé Konstantopoulou, présidente du parlement grec, sur le projet soumis par le gouvernement aux créanciers le 11/07/2015

 

Mesdames et messieurs, chers collègues,

En de pareils instants, nous devons agir et parler avec sincérité institutionnelle et courage politique.

 

Nous devons assumer chacune et chacun la responsabilité qui nous revient.

 

Protéger, comme notre conscience nous y oblige, les causes justes et les droits sacrés, inviolables et non négociables de notre peuple et de notre société.

 

Sauvegarder l’héritage de ceux qui ont donné leur vie et leur liberté pour que nous vivions aujourd’hui libres.

 

Préserver l’héritage des nouvelles générations et celles à venir ainsi que la civilisation humaine, de même que ces valeurs inaliénables qui caractérisent et donnent un sens à notre existence individuelle et collective.

 

La façon dont chacun choisit de décider et d’agir peut varier, mais personne n’a le droit de se moquer, de dégrader, de dénigrer ou d’utiliser à une fin politique les décisions qui sont issues d’un processus et d’une épreuve qui touchent au cœur de notre existence.

 

Nous toutes et tous sommes et serons jugés au regard de notre attitude et de nos décisions, de nos oui et de nos non, de nos actes et de nos omissions, de notre cohérence, de nos résistances, de notre abnégation et de notre désintéressement.

 

Depuis cinq mois, le Gouvernement, qui a comme tronc la Gauche et comme noyau les forces anti-mémorandum, livre un combat inégal dans des conditions d’asphyxie et de chantage contre une Europe qui a trahi les objectifs inscrits dans ses statuts, à savoir le bien-être des peuples et des sociétés, une Europe qui utilise la monnaie commune, l’euro, non pas comme moyen d’atteindre le bien-être social, mais comme levier et instrument d’assujettissement et d’humiliation des peuples et des gouvernements rebelles, une Europe qui est en train de se transformer en une prison cauchemardesque pour ses peuples alors qu’elle a été construite pour être leur maison hospitalière commune.

 

Le peuple grec a confié à ce Gouvernement la grande cause de sa libération des chaînes du mémorandum, de l’étau de la mise sous tutelle et de la mise sous surveillance qui a été imposée à la société sous le prétexte de la dette, une dette illégale, illégitime, odieuse et insoutenable, dont la nature, comme l’ont démontré les conclusions préliminaires de la Commission pour la Vérité de la Dette Publique, était déjà connue par les créanciers depuis 2010.

 

Une dette qui n’a pas surgi comme un phénomène météorologique, mais qui a été créée par les gouvernements précédents avec des contrats entachés de corruption, avec des commissions, des pots-de-vin, des clauses léonines et des taux d’intérêt astronomiques dont ont tiré bénéfice des banques et des compagnies étrangères.

 

Une dette que la Troïka, en accord avec les précédents gouvernements, a transformé frauduleusement de dette privée en dette publique, sauvant ainsi les banques françaises et allemandes mais aussi les banques privées grecques, condamnant le peuple grec à vivre dans des conditions de crise humanitaire, et en mobilisant et rétribuant pour ce faire les organes de la corruption médiatique chargés de terroriser et tromper les citoyens.

 

Cette dette, que ni le peuple ni le gouvernement actuel n’ont ni créé et gonflé, est utilisée depuis cinq ans comme instrument d’asservissement du peuple par des forces qui agissent à l’intérieur de l’Europe dans le cadre d’un totalitarisme économique.

 

Au mépris de la morale et du droit, l’Allemagne n’a pas acquitté jusqu’à aujourd’hui ses dettes à la petite Grèce résistante dont l’histoire reconnaît l’attitude héroïque. Des dettes qui dépassent la dette publique grecque et représentent un montant de 340 milliards d’euros selon les calculs modérés de la Commission de la Cour des Comptes qui a été créée par le gouvernement précédent, quand la prétendue dette publique grecque a été chiffrée à 325 milliards d’euros. L’Allemagne a bénéficié du plus grand effacement de dette après la Seconde Guerre Mondiale afin qu’elle se remette sur pied, avec le concours généreux de la Grèce. Or, c’est cette même Allemagne qui a accordé sa protection à des responsables d’entreprises coupables d’actes de corruption avec les précédents gouvernements et leurs partis politiques, comme Siemens, et elle les a protégés en les soustrayant à la justice grecque.

 

Pourtant, l’Allemagne se comporte comme si l’Histoire et le peuple grec avaient des dettes envers elle, comme si elle voulait prendre sa revanche historique pour ses atrocités, en appliquant et en imposant une politique qui constitue un crime non seulement envers le peuple grec, mais aussi un crime contre l’humanité, au sens pénal du terme car il s’agit ici d’une agression systématique et de grande envergure a contre une population avec l’objectif bien prémédité de produire sa destruction partielle ou totale.

 

Et malheureusement, alors qu’ils devraient se montrer à la hauteur de leurs responsabilités et du moment historique, des gouvernements et des institutions se rendent complices de cette agression.

 

Mesdames et messieurs, chers collègues,

 

Soumettre le peuple et le gouvernement à des conditions d’asphyxie et à la menace d’une violente faillite, par la création artificielle et préméditée des conditions d’une catastrophe humanitaire, constitue une violation directe de toutes les conventions internationales qui protègent les droits de l’Homme, de la Charte de l’ONU, des Conventions Européennes, mais aussi des Statuts mêmes de la Cour Pénale Internationale.

 

Le chantage n’est pas une fatalité. Et la création et la mise en place de conditions dont le but est de supprimer le libre arbitre, ne permet à personne de parler de liberté de « choix ».

 

Les créanciers font du chantage sur le gouvernement. Ils agissent frauduleusement alors qu’ils savaient depuis 2010 que la dette n’était pas soutenable. Ils agissent consciemment, puisqu’ils reconnaissent dans leurs déclarations la nécessité de l’octroi d’une aide humanitaire à la Grèce. Une aide humanitaire pour quelle raison ? Pour une catastrophe naturelle imprévue et inattendue ? Un séisme imprévu, une inondation, un incendie ?

 

Non. Une aide humanitaire qui est la conséquence de leur choix conscient et calculé de priver le peuple de ses moyens de subsistance, en fermant le robinet des liquidités, en représailles à la décision démocratique du Gouvernement et du Parlement d’organiser un référendum et donner la parole au peuple pour qu’il décide lui-même de son avenir.

 

Le peuple grec a honoré le Gouvernement qui lui a fait confiance ainsi que le Parlement qui lui a donné le droit de prendre sa vie et son destin entre ses mains. Il a dit un NON courageux et fier,



NON aux chantages,

NON aux ultimatums,

NON aux memoranda de l’assujettissement,

NON au paiement d’une dette qu’il n’a pas créé et dont il n’est pas responsable,

NON à des nouvelles mesures de misère et de soumission,

 

Ce NON, les créanciers persistent obstinément à vouloir le transformer en OUI, avec la complicité perfide de ceux qui sont responsables de ces memoranda et qui en ont tiré profit, ceux qui ont créé la dette.

 

Ce NON du peuple nous dépasse toutes et tous et nous oblige à défendre son droit à lutter pour sa vie, lutter pour ne pas vivre une vie à moitié ou une vie servile, pour être fier de tout ce qu’il va laisser à ses successeurs et à l’humanité.

 

Le Gouvernement est aujourd’hui objet d’un chantage afin de lui faire accepter tout ce qu’il ne veut pas, qui n’émane pas de lui et qu’il combat. Le Premier Ministre a parlé avec sincérité, courage, franchise et désintéressement. Il est le plus jeune Premier Ministre et il est aussi celui qui a lutté comme aucun de ses prédécesseurs pour les droits démocratiques et sociaux du peuple et des nouvelles générations, qui a représenté et représente notre génération et lui donne espoir. Je l’honore et je continuerai toujours de l’honorer pour son attitude et ses choix. Et en même temps, je considère de ma responsabilité institutionnelle, en tant que Présidente du Parlement, de ne pas fermer les yeux et feindre ne pas comprendre le chantage. Jamais je ne pourrai voter et légitimer le contenu de l’accord et je crois que la même chose vaut et vaudra pour le Premier Ministre, qui est aujourd’hui l’objet d’un chantage utilisant l’arme de la survie de ce peuple. Je crois que la même chose vaut pour le Gouvernement et les groupes parlementaires qui le soutiennent.

 

Ma responsabilité envers l’histoire dans cette institution, je l’assume en répondant « présente » au débat et au vote d’aujourd’hui. Je considère ainsi que je suis plus utile au peuple, au Gouvernement et au Premier Ministre, aux générations futures et aux sociétés européennes, en exposant au grand jour les véritables conditions dans lesquelles le parlement est appelé à prendre des décisions et en refusant le chantage, au nom de l’alinéa 4 de l’article 120 de la Constitution.

 

Le peuple grec est le deuxième à subir une telle agression à l’intérieur de la zone euro. Il a été précédé par Chypre en mars 2013.

 

La tentative d’imposer des mesures que le peuple a rejetées par référendum, en utilisant le chantage de la fermeture des banques et la menace de la faillite, constitue une violation brutale de la Constitution et qui prive le Parlement des pouvoirs que lui attribue cette même Constitution.

 

Chacun et chacune a le droit et a le devoir de résister. Aucune résistance dans l’histoire n’a été facile. Cependant, nous avons demandé le vote et la confiance du peuple pour affronter les difficultés et c’est face à ces difficultés que nous devons maintenant réussir. Et sans avoir peur.

 

Traduction : Yorgos Mitralias relue par Patrick Saurin

Partager cet article
Repost0