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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 23:19

Depuis une semaine, les médias n’en finissent pas de célébrer le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. Depuis la chute de ce mur et au nom de la démocratisation, place nette a été faite au capitalisme.

Aujourd’hui dans le monde, d’autres murs se construisent sans que tous ces bien-pensants du monde « dit » libre ne s’émeuvent.

Et puis un autre mur s’élève de jour en jour, le mur de l’argent. Selon les données de la Banque mondiale, sur la base d’un seuil de pauvreté fixé à 1,25 dollar par jour et par habitant, le nombre de pauvres dans le monde est de 1,4 milliard de personnes. Toutefois, si ce seuil de pauvreté considéré comme particulièrement bas était simplement à 2,5 dollars, on comptabiliserait plus de trois milliards de pauvres, soit plus de la moitié de la planète.


Le comble, c’est que ce sont ceux qui érigent ce nouveau mur qui vont être aux premières loges des cérémonies de commémoration à Berlin.


Le mur de Berlin est tombé, mais le monde ne va vraiment pas mieux.



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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 19:00

Le 30 octobre 2009, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international, s'est dit "inquiet" après la promulgation par le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, d'une loi augmentant le salaire minimum. Cette loi prévoit d'augmenter le salaire minimum de 11 % au 1er novembre. Le FMI a fortement critiqué cette idée, laissant entendre qu'elle serait de nature à remettre en cause l’aide du FMI à son pays.


Rendez-vous compte, une augmentation de 11 % !!!  Ce n’est pourtant pas excessif si l’on sait que le salaire moyen en Ukraine est de 100 euros et que le SMIC Ukrainien est de 70 euros. Et pendant ce temps, Strauss-Kahn gagne près d'un demi-million de dollars par an, non imposables. Le contrat de travail de l'ancien ministre français des Finances, publié par l'institution financière internationale précise "votre salaire en tant que directeur général du Fonds s'élèvera à 420 930 dollars par an". "Ce salaire s'entend net d'impôts", précise le texte. A cela s'ajoute une dotation annuelle de 75.350 dollars, plus les frais, selon le FMI. 

Mais ce même Strauss-Kahn ne s’était pas dit « inquiet » de la politique de relance coûtant 800 Milliards de dollars pour les USA ou de la politique de Sarkozy dégageant une enveloppe de 40 milliards pour venir en aide aux banques en difficulté ! Parce qu'on ne prête qu'aux riches peut-être !

Il est vrai que l'ancien candidat à la candidature du PS pour la présidentielle de 2007 promet de relégitimer l'institution dont la mission est de prêter de l'argent aux pays pauvres, mais en appliquant en échange des programmes économico-politiques ultralibéraux. 


Encore un socialiste adepte de la doctrine sarkozyste.

 

 

 


 

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 23:37

Jean Ziegler, rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation affirme que le nombre de personnes sous-alimentées en Afrique est passé en 30 ans de 81 millions à 203 millions.

 

Les promesses du G8, réitérées lors de son récent sommet en Italie, d'augmenter de plus de 20 milliards de dollars par an son aide à l'Afrique d'ici 2010, ont suscité un large scepticisme. Depuis le sommet de Gleneagles en 2005, les pays riches promettent de soutenir l'Afrique mais n'ont jamais honoré leurs engagements. Le sommet du G8  de 2005 s’était mis d’accord pour doubler l’aide au développement africain à l’horizon de 2010, l’année suivante, l’aide au développement n’avait augmenté que de 8 % et, depuis, les bailleurs de fonds prennent du retard.

 

Mais de là à imaginer que l’aide au développement de l’Afrique se jouerait à présent au Loto, il y a des limites que certains osent franchir sans aucune honte.

 

Le secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet a déclaré ce jour que la France étudie «la création d'un jeu spécifique pour l'Afrique», un loto ou un bingo en ligne, qui compléterait l'aide publique au développement. L'idée d'un bingo pour l'Afrique me plait bien a t’il dit.

 

Ce serait certainement trop demander que de taxer les multinationales qui ont et continuent de piller le continent africain, et aux pays du G8 de respecter leurs engagements.

 

Voilà le Loto de la solidarité pour le continent Africain. Notre monde est devenu fou.


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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 22:54

Le bateau « Spirit of Humanity » tentait d’atteindre Gaza avec du matériel médical pour la population de Gaza prise au piège du blocus israélien et des personnalités et militants de défense des droits humains. Des navires de guerres l’ont intercepté au large de la Bande de Gaza, mardi matin.

Le bateau avait quitté le port de Larnaca, à Chypres, lundi matin. Il devrait arriver dans la bande côtière aujourd’hui. 21 militants de droits de l’homme sont à son bord, y compris le prix Nobel Mairead Maguire et l’ancienne députée au Congrès U.S. Cynthia McKinney.

La marine israélienne a approché « Spirit of Humanity » à 1h40 du matin, et a menacé d’ouvrir le feu si le bateau n’aurait pas fait demi-tour. Les activistes ne se sont pas laissés intimider et les forces israéliennes ont commencé à brouiller les GPS, les radars et le système de navigation, ceci en violation directe du droit matitime international.

Huwaida Arraf, présidente du Free Gaza Movement, parlait au téléphone avec les canonnières israéliennes : « Vous ne pouvez pas ouvrir le feu sur des civils non-armés. »

La députée McKinney a affirmé : « Je suis furieuse. Nous exigeons que le gouvernement israélien rappellent leurs chiens d’attaque. Nous sommes des civils non-armés à bord d’un bateau non-armé amenant de l’aide médicale et de l’aide pour la reconstruction à d’autres êtres humains à Gaza. Pour l’amour du ciel, pourquoi Israël voudrait nous attaquer ? »

Il y a une demi heure (8.45 heure à Paris) l’équipage a envoyé un message, déclarant d’être encore entouré par cinq navires de guerre israéliens qui leur ordonneraient de faire marche arrière.

« Cette aide est absolument nécessaire pour la population de Gaza », a déclaré Mairead Maguire (prix Nobel de la Paix). « Le président Obama a appelé les Palestiniens à renoncer à la violence, mais Israël leur refuse le droit de résister de façon non-violente au siège de Gaza. »

Huwaida Arraf a souligné : « Nous ne cherchons pas une confrontation. Nous avons voyagé à travers des eaux chypriotes, nous sommes entrées dans des eaux internationales et nous entrerons dans les eaux de Gaza. Nous n’avons pas été en Israël. Le blocus israélien sur la bande de Gaza est un acte de punition collective et une violation flagrante du droit international. Nous appelons nos gouvernements à prendre des mesures pour respecter leurs obligations en vertu de la quatrième Convention de Genève. Si ils ne le feront pas, ou jusqu’à ce quand ils ne le feront pas, nous agirons. Nous viendrons à Gaza, encore et encore, jusqu’à ce que ce siège brutal sera cassé. Nous invitons les bonnes personnes du monde entier à se joindre à nous. »

Une fois de plus, la communauté européenne est bien discrète. Comme elle l’a été lors des crimes de guerre commis par Tsahal (l’armée israélienne) contre les civils de Gaza.

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 23:26

Il n’a jamais cessé d’être journaliste : depuis le couloir de la mort, Mumia Abu-Jamal a écrit un article, pour Reporters sans frontières. De la misère à Philadelphie du temps de sa liberté, en passant par les conditions de détention actuelles, Mumia "couvre" un univers caché que même les journalistes les plus intrépides ne peuvent pénétrer", écrit-il.


J’ai fait mes débuts dans le journalisme en tant que reporter, chargé du logement au sein d’une station de radio locale, affiliée à NPR (National Public Radio). A Philadelphie, l’une des plus vieilles villes des Etats-Unis, les problèmes de logement étaient alors très nombreux : on pouvait parler d’un délabrement généralisé, surtout dans les quartiers où vivaient les Noirs, les Portoricains et les Blancs les plus démunis. Lorsque je me repenche sur ces années, (…) impossible d’oublier la manifestation contre les mauvaises conditions d’habitat organisée par les locataires d’une résidence de Southwest Philadelphia, une partie de la ville que j’avais jusque-là maintes fois longée en voiture sans oser m’y aventurer…


Les façades du bâtiment étaient plutôt belles, stylisées, et se démarquaient du reste de la rue grâce à leurs moulures ornementales, symboles d’une ère révolue où les bâtisseurs, véritables artisans, se souciaient de beauté. Lorsque l’un des organisateurs de la manifestation m’a appelé pour m’alerter, je me suis immédiatement rendu à l’immeuble. Ma première réaction a été un haut-le-cœur : les plafonds étaient dangereusement affaissés, suspendus au-dessus des enfants ; la tuyauterie était bouchée et le bâtiment était si peu entretenu qu’il menaçait la sécurité de ses occupants.


Les meneurs de la manifestation ne cachaient pas leur colère. En repensant à cet événement aujourd’hui, je réalise que le sujet n’était pas, en soi, le logement. Le sujet, c’était la résistance. C’est cela qui donnait du sens à cette histoire symptomatique de ce que vivent les gens de la classe ouvrière, qui affrontent, au quotidien, des conditions de vie injustes et inacceptables. De nombreuses années plus tard, au fond de ce que j’appelle l’American House of Pain (ma prison), ce serait mon lot.


Les milliers de personnes incarcérées autour de moi pourraient chacune faire l’objet d’un reportage : sur les raisons les ayant conduites en prison ou, bien plus souvent, sur les procédures utilisées pour leur condamnation. Le système judiciaire américain s’apparente à un broyeur à viande : vus de près, ses rouages sont répugnants. J’ai rédigé maints articles sur des détenus condamnés injustement ou illégalement, soumis à de terribles violences, victimes de sidérantes aberrations bureaucratiques ou de cruautés à vous glacer le sang.


En 1995, j’ai fait l’objet de sanctions pour m’être « adonné à des activités de journaliste ». Il m’aura fallu des années de lutte contre le système judiciaire, dont plusieurs semaines de présence dans une salle d’audience, assis avec des chaînes serrées à en faire enfler et saigner mes chevilles, pour faire enfin admettre que le 1er amendement de la Constitution américaine protège de telles activités (ce fut l’affaire Abu-Jamal contre Price). Je ne regrette nullement ce combat.


Pendant longtemps, pour rédiger mes articles, j’ai été contraint de les écrire sur un bloc-notes, avec un stylo ou parfois même avec un simple tube de 10 centimètres en plastique souple et transparent, c’était comme si j’écrivais avec une nouille.

Deux de mes livres ont été écrits avec de tels instruments, puis envoyés à des amis ou à des éditeurs pour les faire taper.


Les ordinateurs n’ont pas encore fait leur entrée dans le monde carcéral (ou, tout du moins, pas en Pennsylvanie). Je suis souvent amusé de recevoir des lettres de personnes bien intentionnées qui me donnent spontanément leur adresse de courriel ou de site Web. J’en conclus qu’elles pensent que je dispose, là, dans ma cellule, d’un ordinateur personnel, ou que cette prison propose aux détenus des points d’accès à l’Internet. Pas du tout.


Ici, il n’y a ni ordinateurs, ni I-pod, ni CD, ni cassettes (l’ironie est que l’on peut acheter des lecteurs de cassette à l’intendance ! ). Nous ne sommes guère que des dinosaures qui vivons dans un autre temps, figés dans une ère où nous faisons "sans".


Un détenu surnommé Amin (Harold Wilson), qui avait été acquitté lors d’un nouveau procès sur des accusations de meurtre non fondées, a été libéré après deux décennies passées dans le quartier des condamnés à mort. Il a quitté la prison centrale de Philadelphie avec tous ses biens réunis dans un sac poubelle, et un jeton d’autobus. Un détenu portoricain qui avait été libéré de la même prison au même moment a été si touché par l’expression de désarroi sur son visage qu’il lui a offert son téléphone portable. Amin a regardé en plissant les yeux le petit appareil au creux de sa main et a demandé : « Ça sert à quoi, ce truc ? »


Il n’avait aucune idée de la façon de faire marcher cet étrange objet car il n’en avait jamais vu ou tenu un auparavant. Plus tard, il m’a dit : « Oh là là, on aurait dit un gadget directement sorti de Star Trek ! »


Il y a parfois des histoires qu’on aurait préférer ne pas connaître. Il y a plusieurs mois, Bill Tilley, apprécié pour son sens de l’humour dans les couloirs de la mort, mais usé par trop d’années de coups de tête contre l’épaisse muraille judiciaire et redoutant que de récents problèmes de santé ne soient le prélude d’un cancer, s’est levé à l’aube et s’est servi de la grille d’une bouche d’aération de sa cellule pour effilocher les lacets de ses tennis et faire un nœud coulant. Il s’est pendu.


Suite à son décès, des rumeurs ont circulé selon lesquelles il était effectivement atteint de cancer, mais que le personnel médical de la prison n’en avait pas parlé car, s’agissant d’un condamné à mort, l’Etat ne voulait pas gaspiller d’argent en soins pour un patient qui allait de toute manière mourir.


Plusieurs semaines avant sa mort, Tilley avait confié à quelques amis qu’il pensait qu’il s’agissait d’un cancer, compte tenu de la sévérité de ses symptômes, mais que, quoi qu’il en soit, il avait tellement souffert qu’il ne voulait « plus jamais, jamais, passer par cela ». Ce que nous ignorions alors, c’est qu’il nous annonçait du mieux qu’il pouvait son projet de suicide. Peut-être essayait-il de nous dire en quelques mots qu’il avait plus peur de souffrir que de mourir. Tilley a mis fin à ses jours à moins de 12 mètres de la porte de la cellule dans laquelle ont été écrit ces mots.


J’ai "sorti" cette affaire, mais sans aucun plaisir. Des affaires à sortir, il y en a des dizaines de milliers dans cette « Maison de la Peine ». Elles m’ont inspiré des centaines d’articles.


Je "couvre" un univers caché que même les journalistes les plus intrépides ne peuvent pénétrer.

Cet univers, c’est mon domaine, et j’entends y faire mon travail avec la même rigueur et le même professionnalisme que ceux qui m’animaient dans le passé.


Car même s’il s’agit d’un monde caché, loin des millions de regards, il s’agit bien d’un monde public, bâti et entretenu grâce à l’argent du contribuable. Ce dernier n’est-il pas en droit de savoir où passent ses impôts ?


Je l’en informe du mieux que je peux, plusieurs fois par mois, par écrit au travers d’articles ou de recueils de commentaires. Je me bats contre le fait que je suis ici, mais je suis ici ; et tant que cela durera, c’est ici que je poursuivrai cette vie.

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 17:42

Dans le cadre d’une réunion du Conseil de l’association Union européenne–Israël à Bruxelles, Avigdor Lieberman, ministre israélien des Affaires étrangères devrait être reçu par Bernard Kouchner le 5 mai prochain à Paris mais également à L’Elysée par le secrétaire général de la présidence, Claude Guéant, ce dernier n’excluant pas qu’il puisse rencontrer Nicolas Sarkozy.

Après avoir déroulé le tapis rouge à Tzipi Livni, ministre israélienne, en pleine guerre d’agression contre Gaza, le Ministre français salira-t-il encore une fois la France en accueillant son homologue israélien de sinistre réputation ? Et cela au moment même où une demande de procès pour crime de guerre est en cours ! C’est inadmissible et intolérable !

D’une part parce que l’homme lui-même, Avigdor Lieberbam est un fasciste, raciste et belliciste notoire qui affiche ouvertement et sans complexe sa haine des Palestiniens qu’il traite de « cafards »et qu’il déclare « vouloir noyer au fond de la Mer Rouge ». Il pense qu’il faut « exécuter les parlementaires israéliens d’origine palestinienne ». Et en janvier dernier il déclarait qu’ « Israël devait continuer à bombarder la bande de Gaza et le Hamas comme les Etats-Unis l’avait fait avec les Japonais pendant la seconde guerre mondiale ». La liste est longue de ses déclarations abjectes.

Recevoir ce sinistre personnage revient à cautionner ses propos contre la création de l’Etat palestinien et qui est le représentant d’un Etat colonialiste et expansionniste qui jour après jour, mètre carré après mètre carré, poursuit l’expropriation des terres des Palestiniens et le nettoyage ethnique du territoire illégalement conquis.

Tous les démocrates, tous les humanistes ne peuvent qu’être choqués de cet accueil. Et pendant ce temps, le jeune franco-palestinien Salah Hamouri est emprisonné en Israël depuis 1513 jours, et le gouvernement français reste muet.

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 06:39
Retour de Palestine, devenue véritable bantoustan.

Par Patrick Le Hyaric, Directeur de l’Humanité.

 

Imaginez : des militaires haineux pénètrent chez vous par la force. Ils vous expulsent. Puis détruisent votre maison. Ils s’emparent de votre terre. Imaginez, chaque jour, votre ville, votre quartier réduit de plus en plus à la portion congrue par un État étranger qui annexe. Et installe dans ce qui hier était encore la maison de vos voisins, le quartier de vos amis, ses colons. Partout dans le pays, l’inique processus de colonisation s’accroît ainsi sans limite et dans l’illégalité la plus totale. Jusqu’à vous cerner, vous emprisonner dans ce qu’il faut bien appeler un bantoustan.

 

Imaginez : chaque matin, pour vous rendre à votre travail, chaque soir pour en revenir. Quand vos enfants vont à l’école, et quand ils en reviennent. Dans votre propre pays, une frontière à franchir. Le cliquetis glacial d’un tourniquet. Vos vêtements, vos affaires passées aux rayons X des détecteurs de métaux ou d’explosifs. Votre pays et pourtant, un laissez-passer à présenter. Et puis les insultes et les quolibets proférés par les jeunes soldats d’une armée d’occupation.

 

Imaginez que l’État qui occupe, qui annexe votre terre, construise de larges routes modernes à travers votre pays, au service exclusif des colons qui peuplent les villes construites pour eux, quand vous devez vous contenter de chemins goudronnés ou en terre, où le croisement du moindre véhicule est dangereux. Imaginez que dans votre pays, votre ville, votre jardin, au milieu de votre maison, l’État occupant construise un mur de séparation : séparation avec les habitants de cet autre État, mais aussi avec votre famille.

 

Imaginez : vous vous mariez avec une personne habitant Lyon, Marseille, Tulle ou Lorient. Mais comme vous résidez en Seine-Saint-Denis, on vous interdit de vivre avec votre amour et vos enfants. Non, je n’exagère pas ! Non, ce n’est pas un cauchemar. Car ceux dont je parle ici le vivent au quotidien. Nous l’avons hélas vérifié, avec effroi, à nouveau la semaine dernière, avec une délégation d’une centaine d’élus et d’acteurs sociaux, citoyens et culturels d’opinion diverses.

 

Où ? En Palestine. Oui. Par-delà nos opinions religieuses, politiques et philosophiques, discutons raisonnablement, sans haine, et constatons ce fait : une autre guerre, silencieuse est menée contre le peuple palestinien. Une guerre qui consiste à coloniser, à annexer des terres, à mener à Jérusalem ce qu’on ne peut qualifier que d’épuration ethnique. Jérusalem, cette si belle ville, historique, culturelle, carrefour des religions, à l’intérieur de laquelle sont détruites les maisons des Palestiniens selon une géographie minutieuse qui consiste à couper Jérusalem-Est en deux, à bien scinder la ville grâce à la construction désormais bien avancée d’un tramway. Et à installer et développer à la périphérie des colonies équivalentes à une ville moyenne de France qui enserrent Jérusalem, défigurée par ce mur hideux qui la traverse de part en part désormais.

 

Tout cela se fait chaque jour dans un silence aussi assourdissant qu’inquiétant, pour que le peuple palestinien n’existe plus. Tout est fait pour liquider l’idée même d’un État national palestinien. Pourtant toutes les règles internationales interdisent de toucher à Jérusalem. Le gouvernement israélien n’en tient aucun compte et personne n’y trouve rien à redire. Révoltant !

 

Quelle conscience humaine, quelle humanité peut continuer à accepter cela ? Ne nous y trompons pas ! Vivre ensemble, dans le même monde, faire humanité ensemble, implique de relancer le processus de paix et de faire cesser cette colonisation, cette annexion, cette militarisation de l’espace palestinien, cette politique qui ne peut porter d’autre nom que celui d’apartheid.

 

Le monde entier, ses dirigeants doivent bien comprendre que laisser les mains libres au gouvernement israélien ne fait que renforcer les extrémismes, et donc la guerre. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se saisir d’urgence du scandale de l’occupation et de la destruction des maisons et du mur de séparation, comme de l’enjeu de la souveraineté alimentaire et de l’accès à l’eau des Palestiniens.

 

On ne peut laisser seul le peuple palestinien grillagé, emmuré, colonisé, occupé, contrôlé par des miradors, à la merci des meutes de militaires et de policiers israéliens. On ne peut le laisser ainsi humilié, étouffé, réduit au silence, sans réagir ! C’est de la mobilisation internationale aux États-Unis, en Europe et ailleurs, de tous les peuples, de tous les humanistes que dépend maintenant la solution. L’Union européenne dispose d’un moyen de pression : suspendre immédiatement l’accord d’association avec l’État d’Israël tant que ses dirigeants ne reviennent pas à la table des négociations.

 

Quelles que soient nos opinions, nos préférences philosophiques on doit, tous ensemble, réclamer la simple application des résolutions de l’ONU. C’est la voie de la justice, de la sécurité, du droit, de la paix pour tout le monde. Le gouvernement israélien doit répondre de ses crimes à Gaza, cesser le blocus, la colonisation, ces affreux check-points et la destruction des maisons. Il doit abattre le mur, appliquer la résolution des Nations unies pour le droit au retour des réfugiés et restituer les biens volés aux familles palestiniennes. Il doit libérer les 11 000 prisonniers politiques palestiniens, à commencer par Marwan Barghouti. Et le président de la République française doit agir avec fermeté pour sortir le jeune Franco-Palestinien, Salah Hamouri, des geôles israéliennes où il croupit depuis 1 500 jours. Une solution juste et durable pour le peuple palestinien et israélien, c’est le retour aux frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale, comme l’exige le droit international. Il y a urgence ! Il faut que le monde se bouge ! L’impunité ça suffit ! C’est le cri que nous ont lancé les populations palestiniennes, ses élus, les partis politiques, les responsables des camps de réfugiés. Nous le relayerons jusqu’à ce que justice soit enfin faite ! Rien n’est jamais irréversible. Les peuples unis ont toujours fait gagner la démocratie, la liberté, la paix, la souveraineté des peuples contre la barbarie.

 

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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 07:16

Denise Hamouri est la mère du jeune Franco-Palestinien Salah Hamouri, emprisonné illégalement en Israël. Elle est l’invitée cette semaine du journal l’Humanité. Je reprendrai chaque jour son témoignage, car il faut faire connaître la situation de ce jeune Franco-Palestinien oublié par les autorités françaises et les médias.

Quel joli nom : humanité !

On comprendra que je tienne aujourd’hui, et en tout premier lieu, à remercier, en mon nom mais aussi au nom de toute ma famille et de Salah qui est informé de tout, le journal l’Humanité dans son ensemble. Nous remercions ses reporters, en particulier Pierre Barbancey, et son directeur, Patrick Le Hyaric, qui m’a fait l’honneur et l’infini plaisir de m’inviter à la dernière Fête de l’Humanité où je l’ai rencontré et où il m’a donné la chance de parler sur la scène centrale le dimanche après-midi.


Merci Patrick, permettez-moi de vous appeler par votre prénom ! Je sais tout ce que vous faites pour mon fils qui n’a qu’une hâte au sortir de son calvaire : venir lui aussi à la Fête remercier toutes celles et tous ceux qui le soutiennent ! Merci pour ce que vous réalisez, avec ce journal qui porte si bien son nom, pour les prisonniers palestiniens, pour Marwan Barghouti, mais aussi pour votre engagement pour la cause palestinienne. Mes voeux sincères et mon soutien vous accompagnent dans vos entreprises. Mes remerciements s’adressent également à toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés, venant de tous les horizons, pour Salah et qui depuis le début ne lâchent pas prise et multiplient les initiatives. Je pense ici au Comité national de soutien à Salah Hamouri, qui mène un combat obstiné que je tiens à saluer. Quel réconfort pour notre famille que de recevoir, jour après jour, des courriels qui m’annoncent telle ou telle initiative. Par exemple l’envoi de cartes postales anniversaire à Salah où, en prison, il aura vingt-quatre ans le 25 avril prochain. Par exemple encore, dans mon « pays » de Bourg-en-Bresse où ce sont 600 personnes de cette ville, de toutes les couleurs politiques, qui se sont déjà regroupées pour Salah.


Ce soutien qui fait chaud au coeur est plus nécessaire que jamais. Car aujourd’hui, en plus de l’attitude tiède et souvent méprisante des autorités françaises, c’est maintenant en Israël la droite extrême qui domine. Ses volontés ne font aucun doute quant à la Palestine et la paix. Ils ne veulent ni de l’une ni de l’autre. Le rabbin Yossef Ovadia, du parti Shass, est dans ce mouvement, il coule des jours heureux. Mon fils ne lui a rien fait tandis que lui a pu dire, sans que cela ne lui soit reproché, que « les Arabes étaient des vipères qu’il fallait exterminer à coups de missiles ». Ce combat qui passe par un incontournable : briser le mur du silence, un mur de plus, qui entoure le sort de mon fils. Ce mur est comme sa seconde prison.


Ensemble nous le ferons tomber ! J’ai confiance. Et j’en suis sûre : Salah viendra vous remercier en personne à la prochaine Fête de l’Huma !

Précédent témoignage 

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 16:09

Denise Hamouri est la mère du jeune Franco-Palestinien Salah Hamouri, emprisonné illégalement en Israël. Elle est l’invitée cette semaine du journal l’Humanité. Je reprendrai chaque jour son témoignage, car il faut faire connaître la situation de ce jeune Franco-Palestinien oublié par les autorités françaises et les médias.

La balle est dans votre camp, monsieur le président

Le 6 novembre 2007, M. Nicolas Sarkozy déclarait : « J’irai chercher les Français où qu’ils se trouvent… J’irai chercher ceux qui restent quoi qu’ils aient fait… Ceux qui ont fait des choses bien mais aussi ceux qui ont fait des erreurs, cela peut arriver à tout le monde. » Une telle conviction m’aurait presque redonné un peu d’espoir puisqu’à cette époque Salah était en prison depuis plus de deux ans. J’avais déjà interpellé les autorités françaises, mais je me heurtais à des portes closes tandis qu’elles s’ouvraient toutes grandes pour les parents du soldat franco-israélien Gilad Shalit.

 

Depuis, avec l’aide et le soutien de nombreux amis du droit et de la justice qui refusent le deux poids, deux mesures, nous continuons de nous battre pour que Salah et ses 11 000 camarades détenus en Israël ne tombent pas dans l’oubli. Nous continuons à demander une intervention efficace de la France pour obtenir la libération de Salah.

 

Je peux comprendre l’émotion de M. Sarkozy face à la situation de Gilad Shalit puisqu’il s’intéresse à tous les Français où qu’ils soient. Mais apparemment cela ne concerne ni la Palestine ni les Franco-Palestiniens. Je comprends la douleur des parents de Gilad Shalit. Mais nos deux fils, qui vivent des situations différentes, méritent une égale attention des autorités. Les demandes de rendez-vous des membres du comité de soutien ou de moi-même ont été rejetées par l’Élysée, alors que le père de Gilad Shalit y a été reçu trois fois. M. Sarkozy fait même de la libération de Gilad une « affaire personnelle ».

 

Salah est un jeune homme de vingt-quatre ans qui devrait être à l’université. Il a été condamné par un tribunal militaire installé en Cisjordanie à sept ans de prison, alors qu’il n’a rien fait d’autre que de résister pacifiquement à l’occupation. Or résister à une occupation étrangère est un droit imprescriptible ! Qu’il s’agisse de Gilad Shalit, mais aussi d’Ingrid Betancourt, des animateurs de l’Arche de Zoé ou encore de Florence Cassez, tous ont vu leurs proches ou leurs amis être reçus par le président. Tous, sauf pour un seul et unique cas : celui de mon fils ! Pourquoi ? Je ne supplie pas et ne supplierai pas le président. Je lui demande par contre de respecter chacun avec une égale attention. Ma douleur n’est pas moindre que celle des autres. Il a mon numéro de téléphone et celui des amis du comité de soutien. Il a le choix : ou de composer ces numéros, ou de se déconsidérer. La balle est dans son camp…

Précédent témoignage  

 

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 21:15

Denise Hamouri est la mère du jeune Franco-Palestinien Salah Hamouri, emprisonné illégalement en Israël. Elle est l’invitée cette semaine du journal l’Humanité. Je reprendrai chaque jour son témoignage, car il faut faire connaître la situation de ce jeune Franco-Palestinien oublié par les autorités françaises et les médias.

Les mots de la force occupante

Quiconque est de bonne foi et admet ce fait qui est reconnu internationalement selon lequel l’État d’Israël est une « force occupante » ne peut reprendre à son compte les mots qu’il utilise, sauf à s’en faire complice, volontairement ou non.


Pourtant que n’ai-je lu ou entendu !


Le tribunal militaire qui a condamné Salah est situé à Ofer, prenez une carte et vous le constaterez : Ofer se trouve à quelques kilomètres de Ramallah, en plein coeur de la Cisjordanie. Un tribunal militaire israélien installé en pleine Cisjordanie, cela devrait être un fait suffisant pour qu’il soit admis que c’est bien un tribunal d’occupation qui ne peut en aucun cas procéder d’un État de droit. On ne peut à la fois occuper le territoire d’un peuple et juger ce peuple ! Ce tribunal est donc illégitime en son principe. Pourtant j’ai lu, sous des plumes qui n’étaient pas des moindres, qu’on ne pouvait interférer dans le processus qui s’est abattu sur mon fils au titre « du respect de l’indépendance » de la justice israélienne…


Le tribunal militaire israélien installé à Ofer porte ce titre officiel : « tribunal de Judée ». Et, en France, des personnalités importantes, eu égard à leur titre, ont repris ce terme : tribunal de Judée. La Judée, c’est le nom donné et le vocabulaire utilisé par l’occupant israélien, preuve formelle qu’il n’admet pas l’existence d’un État palestinien, de cette partie de la Palestine historique qui ne lui appartient pas et qui s’appelle la Cisjordanie et non pas la Judée, qui n’existe plus depuis des milliers d’années.


Nous habitons Jérusalem-Est. Et Salah, notre fils, est franco-palestinien. Je suis française. Mon mari est palestinien. Mais quand on habite Jérusalem-Est et qu’on est palestinien, on n’existe pas en tant que tel. Puisque Jérusalem est annexée par la force occupante. Tout Palestinien vivant à Jérusalem ne possède pas de papiers d’identité portant mention de sa nationalité, il possède une carte de résident de Jérusalem, il n’est ni israélien ni palestinien. Il n’est « rien ». C’est pourquoi, bien que l’annexion de Jérusalem-Est par Israël soit condamnée par l’ONU, il n’y a jamais de libérés palestiniens hiérosolymites (habitants de Jérusalem) quand il y a des libérations sur décision politique, et non judiciaire, des autorités israéliennes.


De sorte que Salah, à qui on dénie une partie de sa personnalité et la dimension palestinienne de sa double nationalité est, en droit, uniquement français. Être hiérosolymite est donc un mot qui cache bien des maux, ceux provoqués par l’occupation. Tout le monde sait cela ici. Pas à Paris ? Les mots de la force occupante se répandent dans bien des esprits…

 

 

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