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  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 23:48

Chaque jeudi, l’Humanité publie un point de vue en solidarité avec Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, otages en Afghanistan. Aujourd’hui, c’était Stéphane Bern, animateur de l’émission le « Fou du Roi » sur France-Inter qui était l’invité de ce point de vue.

« Leur sort me préoccupe, et je me sens profondément solidaire de ces deux journalistes. Il est bon de rappeler encore et encore qu’ils ne sont pas partis en Afghanistan pour prendre des vacances, mais pour exercer une difficile mission d’information. Et l’accès à l’information conditionne notre liberté. Nous devons les soutenir, soutenir leurs familles et tout mettre en œuvre pour les faire libérer rapidement.


Je n’ai pas supporté du tout d’entendre un général aller expliquer à la télévision ce que leur libération allait nous coûter, en investigations et en argent. C’est indigne. Il sait ce que l’armée nous coûte par an ? C’est juste indécent, comme propos. D’ailleurs, quand je l’ai entendu, j’ai pensé à cette phrase de Caroline de Monaco, qui disait : « On a le temps de s’occuper de culture parce qu’on n’a pas de budget de l’armée. » Et personnellement, je rêve d’une société où le budget de la culture dépasserait celui de l’armée… »


Propos recueillis Caroline Constant



NDLR – Il faut rappeler que le général en question est le chef d'état-major des armées, Jean-Louis Georgelin. Il s’était également trouvé le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, pour déclarer « Ils font courir des risques aussi à beaucoup de nos forces armées, qui du reste sont détournées de leurs missions principales ». Des propos vraiment déplacés !

 


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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 22:34

On ne peut que se réjouir de la libération de Clotilde Reiss. A son sujet, Nicolas Sarkozy l'a reçue à l'Elysée et a déclaré : "Elle a fait preuve tout au long de cette détention et de sa liberté conditionnelle d'un courage et d'une dignité exemplaires".


Mais concernant Salah Hamouri, que faites vous M. le Président ? RIEN ! Est-ce parce qu'il est détenu en Israël ? Un état qui occupe les territoires palestiniens et qui ne respecte pas les décisions de l'ONU. C'est un état qui a 12000 prisonniers palestiniens, un état condamné par le rapport Goldstone des Nations Unies pour crimes contre l’Humanité.


Salah Hamouri, jeune franco-palestinien de 25 ans, est détenu en Israël depuis 1890 jours. dans des conditions difficiles.  Pourtant, Nicolas Sarkozy continue de refuser de recevoir sa famille. Pour ceux qui ignorent l'histoire de Salah Hamouri, les liens ci-dessous pointent sur de précédents articles à son sujet.


En attendant, il est insupportable de constater que pour ce gouvernement, il y a deux poids deux mesures dans le traitement des otages.


L'arrestation de Salah

Le « plaider coupable » made in Israël

Les mots de la force occupante

La balle est dans votre camp, monsieur le président

Quel joli nom : humanité !

Salah Hamouri inconnu sur France 2 et de J.F Copé, entre autres

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 23:56

En France , seuls les députés PCF et du PG ont refusé de voter le plan d’aide à la Grèce, car c’est avant tout un plan d’aide aux créanciers de la Grèce. Et qui sont ces créanciers ? La BNP, la Société Générale, Credit Suisse, la Deutsche Bank, les mêmes qui ont enfoncé la Grèce dans la crise en spéculant sur sa dette publique en lui octroyant des prêtes à taux élevés. S’ajoutent parmi les créditeurs les marchands d’armes, la Grèce consacrant vingt fois plus de son PIB à l’armement que la moyenne des Etats du monde.

 

Les députés PS ont voté avec la droite ce qui sera un plan d’austérité pour le peuple grec. Ils ont cherché à jouer les équilibristes en disant qu’ils étaient pour l’aide mais pas pour le plan d’austérité. Sauf que cela ne se discute pas et le résultat sera que les salariés grecs, du public comme du privé, ainsi que les retraités vont souffrir de la mise en oeuvre de ce plan. François Hollande a cherché à justifier ce vote en déclarant que « nous n’étions pas là dans un débat droite-gauche », mais « dans un débat européen ».

 

Cela lui a valu les propos suivants de la part de Frédéric Lefebvre « Je rends hommage à François Hollande qui a montré qu’il était capable de prendre ses responsabilités et de soutenir un dispositif vertueux. »

 

Il est des hommages dont un homme qui se dit de gauche devrait aimer se passer.

 

dessin grèce barrigue

Dessin de Barrigue

 

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 22:23

Salah Hamouri est un jeune franco-palestinien illégalement emprisonné en Israël dont j'ai déjà parlé à plusieurs reprises dans mon blog. 

 

Jean-Claude Lefort est député honoraire, président de l'Association France-Palestine Solidarité. Il a rencontré Salah Hamouri dans sa prison, en voici le compte-rendu.


Ma rencontre avec Salah Hamouri


Gilboa, le 14 avril 2010


«  Un cimetière à numéros » …


prisonniers-palestiniens.1272947886Il fait beau ce mercredi matin 14 avril où je vais rencontrer, pour la troisième fois, Salah Hamouri dans sa prison de Gilboa. Le rendez-vous est fixé à 11 heures, grâce au Consul de France à Haïfa, Monsieur Jean-Christian Coppin. Nous partons ensemble en voiture depuis les hauteurs de Haïfa, une ville lumière que lèche une mer d’un bleu profond.

 

 

Le Consul a pris avec lui trois livres pour les donner à Salah ainsi que deux lettres. Nous roulons dans un environnement fait de champs qui semblent très fertiles et puis, toujours cette désagréable impression, la prison grise surgit d’un seul coup. Contrairement aux fois précédentes, il n’y a personne sur le parking : les familles de prisonniers ont en effet décidé de faire grève, avec les prisonniers eux-mêmes, pour protester contre le fait que les détenus issus de la bande de Gaza n’ont droit à aucune visite depuis très longtemps. La grève est suivie à 100%.

 

Avec le Consul nous allons vers une porte « réservée » mais blindée où l’on nous attend. Ouverture et fermeture des portes métalliques. Bruit sourd. On donne nos pièces d’identité et nos portables téléphoniques au surveillant. On passe sous un détecteur puis nous voilà dans une petite cour. Le Consul donne les trois livres et les lettres au gardien qui nous accompagne. Ils devront d’abord être lus avant d’être donnés, peut être, à Salah. Le Consul précise que ce ne sont pas des livres politiques. Le tout disparaît de notre vue et l’on nous dirige vers une pièce dans laquelle se trouvent des sièges en bois avec des rabats pour écrire. Salah apparaît sourire aux lèvres. Je l’embrasse fortement…

 

Il s’assied et pose un petit bloc de papier où toute une page est écrite. Il me dit d’emblée qu’il a préparé ce rendez-vous avec ses compagnons d’infortune. Il veut me dire des choses précises mais aussi me demander des informations.

 

Il veut soulever 6 points. Je l’écoute et je prends des notes. Son premier point, ce sont les conditions de détention dans la prison. Il repose la question des livres qu’on refuse absolument aux prisonniers depuis plusieurs mois. L’administration pénitentiaire a même trouvé une nouvelle « astuce » devant les protestations d’avoir droit à des livres et de lire. Elle a proposé aux prisonniers une liste de livres non-politiques parmi lesquels ils pourraient choisir. Un libraire israélien les fournirait leur a-t-on dit. Ils l’ont fait. Ils ont choisi.

 

Salah a choisi quant à lui un roman de Tahar Ben Jelloun. Il ne l’a toujours pas. Aucune explication. Aucun prisonnier n’a reçu le moindre livre commandé à partir d’une liste pourtant préparée par l’administration pénitentiaire. Salah revient avec insistance sur ce point. C’est un vrai lavage de cerveau, dit-il. « A notre souffrance générale ils ajoutent une souffrance collective particulière. Ils veulent nous couper du monde », assène-t-il. Et cela est vrai dans toutes les prisons. « Il faudrait faire campagne contre cela » dit-il.

 

Puis il enchaîne sur les « droits de visite ». Il dit qu’il est contraire à la 4ème Convention de Genève de transférer des populations. Je l’arrête, étonné, pour lui demander d’où il tient ses sources concernant les Conventions de Genève. « Nous avons cela dans la bibliothèque », me répond-il. Et il insiste sur les prisonniers issus de Gaza. « Il y a environ 8.000 prisonniers palestiniens aujourd’hui, dont 1.000 de Gaza. Ils ne peuvent recevoir aucune visite. On nous dit que c’est à cause de la capture de Gilad Shalit, détenu dans un lieu inconnu. Mais c’est faux car cela était vrai avant qu’il soit capturé. Ils n’avaient pas droit aux visites bien avant. Alors ? Pour les prisonniers de Cisjordanie, poursuit-il, ils n’ont droit de voir qu’une personne. Pas deux. Si bien que des enfants en bas âge sont obligés de venir seuls pour voir leur père ou leur mère. Parmi les prisonniers il y a aussi ceux de Jérusalem. Ils sont 300. Et il y a aussi 200 « arabes israéliens ».

 

C’est contre cette situation qu’ils sont en grève et les familles solidairement. Et ils entendent continuer, sous d’autres formes encore, malgré toutes les menaces qui pèsent sur eux. Une grève de la faim est envisagée.

 

Il parle des « malades et des enfants emprisonnés ». Il y a environ 300 à 350 enfants emprisonnés. Ils sont traités comme des adultes. Rien de particulier pour eux dans ce « monde » spécial. Ils sont perdus. Ils ne comprennent rien. L’un d’entre eux vient d’être libéré. « Il avait 12 ans et il était en prison depuis l’âge de 9 ans. Comment est-ce possible ? » Il demande : « Est-ce qu’au moins l’UNICEF est informée de cette situation et fait quelque chose ? » Je ne sais que répondre…

 

Il enchaîne sur les malades. « Tous les soirs, raconte-t-il, un docteur passe dans les cellules pour demander aux prisonniers si tout va bien. Quelque soit le mal ou le symptôme dont vous vous plaignez, on vous donne de l’aspirine. C’est tout. Toujours de l’aspirine. C’est ainsi que 18 prisonniers ont le cancer et n’ont pas été soignés autrement qu’avec de l’aspirine. On refuse de les libérer même dans ce cas alors qu’ils sont en fin de vie. On les estime trop dangereux car ils n’ont plus rien à perdre… Dans ma cellule il y a un aveugle. Il a 25 ans. Il est traité comme les autres. » Ils demandent que des médecins palestiniens puissent venir les consulter. Seuls les dentistes sont des Palestiniens.

Il m’interroge alors sur la campagne contre le mur et sur Bil’in. Je lui raconte ce qui se fait.

Il me demande pourquoi la résistance n’est pas généralisée. Il est très clair : « Devant la situation actuelle et l’échec des négociations politiques nous n’avons pas d’autre choix que celui de la résistance. Il faut élargir le mouvement et lutter avec l’aide de tous ceux qui dans le monde se mobilisent pour la Palestine. Les Etats étrangers doivent faire cesser cette occupation qui se moque des lois internationales. Celles-ci doit être appliquées, à commencer par la résolution 194 avec le droit sacré au retour des réfugiés. Aujourd’hui le peuple palestinien est confronté à un gouvernement d’extrême droite des plus racistes qui utilise tous les moyens pour détruire l’objectif d’un Etat palestinien. On le voit avec ce mur d’apartheid qui est un mur politique visant à tracer unilatéralement les frontières afin d’effacer l’idée d’un véritable Etat palestinien. Ils veulent renforcer leur slogan historique : « La Palestine est une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». La colonisation continue. Surtout à Jérusalem. Ils veulent vider notre capitale pour que Jérusalem devienne effectivement la capitale de l’Etat sioniste. Ce qui se passe à Jérusalem est un nettoyage ethnique. Et le gouvernement israélien vient de prendre la décision d’expulser les Palestiniens qui ne sont pas enregistrés par l’administration israélienne. Cela vise les habitants de Gaza mais aussi de Cisjordanie ainsi que les internationaux qui se mobilisent à nos côtés. Ils se livrent à un véritable génocide politique. » Je ne pourrai pas lui dire, et pour cause, que l’ONU vient de condamner cet ordre militaire israélien numéro 1650. Verbalement…

 

Salah a un discours charpenté. Il est moins « tendu » que les fois précédentes où je l’ai rencontré. Il fait des analyses politiques. Presque sereinement. En tout cas froidement.

 

Il parle maintenant du rapport Goldstone qui reste sans suite réelle et du siège de Gaza qui est illégal et dur. Encore une preuve pour lui de la différence de traitement dont bénéficie la politique israélienne qui n’encoure jamais d’actes fermes de la communauté internationale à son endroit pour que le droit international soit respecté.

 

Il reparle alors de la solidarité qui se manifeste vers lui et les prisonniers. Il me dit que sans cette solidarité « Notre sort et notre existence seraient inconnus. Les prisons israéliennes nous les appelons « des cimetières à numéros ». Vous ne pouvez pas imaginer tout ce que cette solidarité nous apporte et je n’aurai jamais des mots assez forts pour vous le dire. Grâce à vous ils sont obligés de parler de nous. On parle de nous. C’est considérable ! »

 

Il en vient à son cas personnel. Nous parlons déjà depuis plus d’une heure et demie… Il me dit « officiellement » qu’il se refuse, dans le cas d’une procédure de remise de peine, à présenter des « excuses. Ni directes ni indirectes ». Il parle d’excuses « indirectes » car l’idée avait existé que son avocat en présente à sa place en quelque sorte. Il refuse cela. « Ce n’est pas à moi de présenter des excuses mais aux autres, en face. Moi je n’ai rien à regretter. Je suis fier de mon peuple et de sa résistance contre l’occupation. » Je lui demande de préciser ce qu’il entend par « Je viendrai en France » afin de lever toute interprétation. Il me redit qu’une fois libéré il compte bien venir en France, en effet, mais pas pour y vivre durablement. » Aucune autre interprétation n’est possible sur ce point. Et il me dit en me regardant droit dans les yeux : « Je ne comprends pas pourquoi Nicolas Sarkozy ne fait rien pour moi qui suis pourtant aussi Français ». Je souris. Jaune…

 

 

Puis il reparle des autres mais plus de lui. Il a réfléchi, avec ses camarades, à des idées pour aider les prisonniers.

 

Il se demande comment mettre en place une aide spécifique et solidaire pour les enfants de prisonniers. Imaginer des actions avec les Centres culturels français ? On parle de cela. On imagine. On va voir… Il dit qu’il faut trouver les moyens pour que les prisonniers qui sortent soient pris en charge psychologiquement. De même il pense que des prisonniers qui sont libérés et qui possèdent des diplômes devraient pouvoir être aidés pour poursuivre leurs études, peut être à l’étranger ? Il me parle d’une idée : pourquoi ne pas filmer un enfant de prisonnier durant plusieurs semaines pour montrer sa vie. Quand il va et sort de l’école, sans la présence de son père à la maison ni devant l’école. Comment il doit se lever très tôt pour aller tout seul lui rendre visite en prison au milieu des adultes. « Ce serait bien de montrer comment vivent les enfants de prisonniers. » On parle de tout cela, dans les détails.

 

Deux heures se sont déjà écoulées depuis le début de notre entretien. Il va falloir que nous nous quittions. On se lève. Je l’embrasse encore très fort. On se salue par signes de la main tandis qu’il avance vers une porte derrière laquelle il rejoindra sa geôle. Il me lance une dernière phrase : « Il faut dire à ma mère que les visites reprendront le 2 mai ! ». Le message sera transmis le soir même mais finalement ce sera le 9 mai. La lourde porte se ferme derrière lui.

 

Nous sortons de la prison. Le soleil est toujours là pour nous. Mais toujours pas pour lui…

 

Jean-Claude Lefort

 

Le 28 avril 2010

 


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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 22:48

Le peuple grec n’est pas responsable de la faillite de son Etat. C’est pourtant lui que les marchés financiers et les institutions internationales veulent saigner à blanc en lui faisant payer la faillite de son Etat.


Le peuple grec se bat courageusement, mais si nous le laissons seul face aux moyens déployés par les "saigneurs" de la finance, le risque est grand que cela ne suffise pas et que la thérapie de choc édictée par Trichet, (président de la BCE), Strauss-Kahn (président du FMI), Merkel (Chancelière d’Allemagne) et quelques autres ne soit bientôt appliquée à d’autres peuples.


La Banque centrale européenne a accordé des prêts gigantesques à seulement 1% d’intérêt aux banques qui, à leur tour, les ont prêtés à des taux de 4 à 8%. La Grèce doit elle aussi bénéficier de taux n’excédant pas 1%, sans autres conditions que le maintien des droits sociaux, de l’emploi et des services publics.


Tous les peuples d’Europe sont menacés de plans d’austérité de même nature. L’Union européenne et tous les Etats membres doivent donc se mobiliser pour préserver les chances d’une Europe des peuples. Le peuple grec a besoin de notre solidarité.


Je vous invite à signer la pétition en ligne accessible par le lien ci-dessous.


http://www.humanite.fr/APPEL-Il-faut-aider-le-peuple-grec#sp2765102



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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 22:36

 

drapeau grecLe 5 mai sera une journée de mobilisation et de grève générale en Grèce contre le plan d’austérité draconien imposé par l’Union européenne et par le FMI. Les nouvelles dispositions prévues signifient, en effet, l’application de mesures restrictives socialement accablantes et économiquement dangereuses puisqu’elles conduisent au risque évident et sérieux de récession.


Il faut répondre positivement et vite à la demande de solidarité des mouvements grecs qui organisent cette journée du 5 mai. Nous sommes tous concernés.


A peine sauvés par les États, les banques, les spéculateurs et les divers acteurs des marchés financiers s’en prennent maintenant à eux. Ce n’est pas aux peuples de payer la crise.

Il est plus nécessaire que jamais de combattre la stratégie de Lisbonne, le pacte de stabilité et les règles de la BCE et toutes ces politiques européennes qui convergent dans leur volonté d’imposer aux peuples l’austérité et la régression au seul bénéfice des acteurs spéculatifs à la recherche des profits maximum.


Il est urgent de rassembler et de lutter pour de véritables politiques européennes de coopération budgétaire et fiscale au service d’objectifs sociaux, écologiques et pour le développement de l’emploi ; urgent d’imposer un contrôle strict et des taxations significatives des mouvements financiers ; urgent de mettre à contribution les revenus des acteurs financiers et des grands actionnaires dans le cadre de la création de pôles bancaires publics coopérant à l’échelle européenne ; urgent de transformer profondément la BCE pour qu’elle devienne un outil au service des Etats de l’Union et de leurs peuples.

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 00:07

« Si une partie du territoire (de la zone euro) est attaquée, il faut être solidaire ». C’est le commentaire de Christine Lagarde évoquant, dans le Journal du dimanche, le plan d’aide à la Grèce qui sera discuté au Parlement le 3 mai prochain. Il représente une enveloppe de 6,9 milliards d’euros, dont 3,9 versés immédiatement. Mais solidarité bien ordonnée… Le taux d’intérêt exigé par la France est très supérieur à celui qu’aura à débourser Bercy sur les marchés financiers. Ces 3,9 milliards ont été empruntés au taux en vigueur de 1,5 % sur trois ans, mais les Grecs devront les rémunérer à 5 %. Paris, explique la ministre des Finances, s’est octroyé un surtaux de sécurité de 3 %. Si donc Athènes rembourse sans retard, elle devra verser 150 millions d’intérêts. Si une partie des sommes n’est pas remboursée dans les délais, un complément de 1 % puis de 0,5 % alourdira encore la dette.

C’est ce que Christine Lagarde appelle « ne pas être complaisant avec la Grèce ».

Un langage d’usurier qu’elle ne tenait pas quand la BCE aida les banques avec des taux de 1 %.

 

Article de Jean-Paul PIEROT dans l'Humanité

 

 

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 22:21

L'Association France Palestine Solidarité 79 appelle à un rassemblement 

 

 

MARDI 30 MARS à 18 heures

sur le parvis des Droits de L'Homme à NIORT

(à côté de l'Hôtel de Ville)

 

 

30 mars 1976- 30 mars 2010

 

Une même logique israélienne de confiscation des terres palestiniennes.

 

 

Chaque année, le 30 mars, depuis 1976, le peuple palestinien -et avec lui le mouvement de solidarité avec ses droits nationaux- commémore une journée de deuil mais aussi de lutte contre la confiscation de sa terre par Israël. En 1976 en effet, le gouvernement, travailliste, décide de confisquer 2 000 hectares de terre, principalement en Galilée. Ce sont donc les Palestiniens de 1948, c’est-à-dire théoriquement citoyens de ce qui est devenu en 1948 l’Etat d’Israël, qui sont visés. Après l’expulsion massive et la dépossession de 1947-1948, les confiscations des terres de Palestiniens ayant réussi à rester dans le territoire devenu israélien se poursuivent. Citoyens de dernière zone, ils ont vu la destruction de centaines de leurs villages et subissent eux aussi le vol de leurs terres et de leurs ressources. Le 30 mars 1976, c’est la grève générale. Un jour de renaissance politique pour les Palestiniens d’Israël. Un jour de révolte. Un jour de lutte pour leur terre et pour leurs droits, avec le soutien des Palestiniens de Cisjordanie, de Jérusalem, de la bande de Gaza. La répression militaire israélienne en Galilée sera féroce. Bilan de la journée : six morts, des centaines de blessés et autant d’arrestations.


Aujourd’hui encore ces Palestiniens de 1948, s’ils ne sont plus soumis à l’état d’urgence militaire, continuent de subir un apartheid de fait, politique, social, économique. A l’automne 2000, treize d’entre eux ont été tués et des centaines d’autres blessés lors d’une manifestation de protestation contre la répression massive et meurtrière d’Israël contre la seconde Intifada. Le gouvernement israélien, obsédé par la démographie, en est en outre à exiger la reconnaissance de l’Etat comme Etat juif, c’est-à-dire niant les droits nationaux et citoyens de près de 20% de la population. Et le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, n’hésite pas à prôner ouvertement le transfert de la population palestinienne, pour faire d’Israël un Etat « ethniquement pur »…


En commémorant le « Jour de la Terre » de ce 30 mars 1976, les Palestiniens ne font pas seulement acte d’histoire. Ils disent aussi la continuité d’une politique de négation des droits du peuple palestinien, de confiscation et d’annexion de sa terre. Et celle de la résistance palestinienne.


La colonisation de la terre de Palestine occupée, elle, s’accélère. Tout en renforçant le siège inhumain de la bande de Gaza, il s’agit pour Israël en Cisjordanie d’accaparer le maximum de terres et d’eau en refoulant le maximum de Palestiniens et d’empêcher l’édification d’un Etat palestinien indépendant, souverain, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. Ainsi de la décision israélienne de ne geler la colonisation que pour dix mois, mais hors des projets nombreux déjà en cours et hors de Jérusalem-Est. Ainsi de l’annonce par Israël ce mois-ci, à l’occasion de la visite du secrétaire d’Etat américain Joe Biden, de la construction de 1600 nouveaux logements dans le secteur oriental illégalement annexé de Jérusalem. Jérusalem-Est « fait partie intégrante de notre capitale », assène Avigdor Lieberman : « Nous ne sommes pas prêts à négocier sur Jérusalem ». Enfonçant le clou ; le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exclu lui aussi, le 22, à Washington, tout gel de la colonisation dans le secteur oriental de la ville


La construction du mur de l’annexion à l’intérieur de la Palestine occupée se poursuit également, en violation des résolutions des Nations unies et de la Cour internationale de Justice. Les manifestants pacifiques contre la construction du mur subissent une répression meurtrière. Nous serons à leurs côtés et aux côtés des anticolonialistes israéliens, à Bil’in, en avril prochain.


Le « Quartet pour le Proche-Orient » (Onu, Etats-Unis, Union européenne, Russie), réuni à Moscou, a exhorté le gouvernement israélien « à geler toutes les activités de colonisation (…) à démanteler tous les avant-postes construits depuis mars 2001 et à s’abstenir de procéder à des démolitions et des expulsions à Jérusalem-Est », a déclaré le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon.


Il ne s’agit plus d’exhorter. La paix mérite des actes.


Il est temps de boycotter la politique israélienne, de désinvestir, de sanctionner, en commençant par suspendre l’accord d’association entre l’UE et Israël.


C’est la voie de la raison, celle du droit, pour donner une chance à la paix.

 


En vert sur les cartes, la Palestine de 1946 à aujourd'hui


palestine1946palestine1947.jpgpalestine1967.jpg

palestine2009


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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 22:02

Projection-débat organisée par l'Association France Palestine Solidarité 79 en présence du réalisateur Samir Abdallah le :


Vendredi 12 mars à 2030

Maison des Associations

12 rue Joseph Cugnot à NIORT



"Gaza-strophe, le jour d’après", qui sort un an après l’abominable opération de guerre israélienne « Plomb durci » contre Gaza et sa population, témoigne de la dignité d’un peuple qui veut vivre coûte que coûte, qui s’accroche à la poésie et à l’humour comme à une bouée de sauvetage pour ne pas sombrer. Samir Abdallah et Kheiridine Mabrouk nous livrent des images insoutenables d’une guerre criminelle menée jour et nuit pendant trois semaines – du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009 – par l’armée israélienne, qui a causé un véritable bain de sang – plusieurs centaines de morts et des milliers de blessés – dont les séquelles et les conséquences sur la nature et la population perdurent encore.


Le film de Samir Abdallah et de Kheiredine Mabrouk nous donne à voir toute la tragédie vécue par la population de Gaza pendant les trois semaines de bombardements qui n’ont épargné ni les femmes, ni les vieillards, ni les enfants, ni les malades. Ce que les missiles n’ont pas accompli a été achevé par les chars : maisons systématiquement détruites, usines, terres cultivées, arbres fruitiers, écoles... Des images apocalyptiques et, au milieu des décombres, des hommes, des femmes, des enfants dignes dans leur douleur et leurs souffrances, criant leur impuissance face à l’injustice et à l’arbitraire imposés par un ennemi surarmé et tout puissant qui les tient sous le contrôle de sa suprématie technologique, à l’exemple de ce ballon dans le ciel contenant un radar qui surveille tout Gaza.


Gaza, une vaste prison de laquelle les Palestiniens ne peuvent sortir sans autorisation, comme cet agriculteur qui, depuis sept ans, n’a pu approcher de la délimitation frontalière, à quelques dizaines de mètres de son lopin de terre, sous peine d’être mitraillé. Des hommes et des femmes enfermés dans une bande étroite de quelques dizaines de kilomètres carrés, encerclés par le feu et les bombes au phosphore, des hommes et des femmes à qui on a tout enlevé, sauf leur dignité, leur enracinement à la terre de leurs ancêtres et leur humanité. Car ces Gazaouis n’ont pas perdu ce qui fait l’essence de l’être humain. Et dans le désespoir le plus profond, ils en viennent à l’humour et à la poésie.


D’où, certainement, le titre du documentaire, Gaza-strophe. Il est à souligner que le rapport Goldstone – du nom du juge désigné par les Nations unies pour conduire une mission d’établissement des faits à Gaza – présenté devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève, le 29 septembre 2009, précise que « la mission conclut que le comportement des forces armées israéliennes constitue une grave violation de la quatrième Convention de Genève concernant les meurtres délibérés et la volonté de causer de grandes souffrances à des personnes protégées ». « Elle a aussi découvert que viser directement et tuer arbitrairement des civils palestiniens est une violation du droit à la vie. » Voir le Résumé du rapport et ses Conclusions.


Le rapport critique « la politique délibérée et systématique des forces armées israéliennes de cibler des sites industriels et des installations d’eau » et « l’usage de civils palestiniens comme boucliers humains ». Concernant les objectifs et la stratégie de l’opération militaire israélienne, la mission a conclu que les stratèges militaires ont suivi délibérément une doctrine impliquant « l’usage d’une force disproportionnée et suscitant de gros dégâts et des destructions de biens et d’infrastructures civils et des souffrances chez les populations civiles ».

 

Gaza-Strophe.jpg

Abu Samer et Joker, deux militants du Centre Palestinien des Droits de l’Homme de Gaza, nous attendent au postefrontière de Rafah où nous sommes passés avec une délégation française, après une longue attente côté égyptien. Nous sommes le mardi 20 janvier 2009, jour de l’investiture de Barak Obama, à peine 48 h après l’annonce d’un cessez le feu, mais ici les drones continuent de bourdonner dans le ciel resplendissant et les bombes israéliennes de pleuvoir sur les populations civiles. Pendant 3 semaines, les militants des droits de l’homme palestiniens nous guident tout le long de l’étroite bande de Gaza, sur les traces des chars israéliens qui ont tout détruit sur leur passage, en plus des attaques par air et par mer. Des dizaines de témoins des exactions israéliennes témoignent devant la caméra. Leurs récits frappent par la précision des faits et nous font entrer dans le cauchemar palestinien.

 

Ils dressent l’autopsie d’un massacre méthodique commencé en 1948, avec ses suites, en 1956, 1967, 1973, et quasiment tous les ans depuis. Mais nous nous sommes tenus loin des préchi précha victimaires et de tout misérabilisme : partout nous avons rencontré des gens debout, dignes, tout entièrement investis dans l’impérieuse nécessité de poursuivre leur existence, malgré tous les gouvernements de la mort qui se succèdent de l’autre côté de la frontière. Nous avons rapporté ces images de Palestine, ce pays qui ressemble de plus en plus à une métaphore. Nous y avons retrouvé des amis que nous avions laissé il y a 7 ans (lors du tournage des films "écrivains des frontières" avec Mahmoud Darwish, et "le siège" avec Yasser Arafat assiégé dans son QG). 7 ans de malheurs. Mais nos amis nous ont offert des poèmes, des chants et même des "Nokta" (blagues ou histoires à raconter) !


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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 14:07
Malali JoyaMalalai Joya est contrainte de vivre en fugitive dans son propre pays après son expulsion du Parlement. Infatigable critique des chefs de tribu et des quelques criminels de guerre au sein du gouvernement Karzai, elle a échappé à au moins quatre tentatives d’assassinat et, toutes les nuits, elle change d’endroit pour dormir. Elle se déplace avec des gardes armés, dont elle devra se séparer à présent puisque son salaire de parlementaire ne lui est plus versé. À Farah, son quartier général jouxte une petite caserne, en alerte de jour comme de nuit. À Kaboul même, d’autres parlementaires l’ont frappée physiquement. Mais ces derniers n’ont pas été inquiétés. Elle répète ses accusations dans toutes les tribunes.

Son livre, Au nom de mon peuple, vient d’être publié en France, aux éditions Presses de la cité.

Voici l’entretien exclusif avec la jeune députée, exclue du Parlement afghan pour avoir dénoncé l’ingérence des puissances étrangères paru dans l’Humanité du 20 février 2010.

« Pas de démocratie sous occupation »

Malalai Joya est une femme en colère. En colère contre la guerre que mène la coalition internationale en Afghanistan, son pays, en colère contre les bombes de l’Otan qui tuent les civils dans les villages, en colère contre l’appel à la réconciliation avec les talibans et les seigneurs de guerre. « Faites cesser les massacres dans mon pays, faites retirer les troupes étrangères pour que s’arrête la talibanisation ! » lance la jeune députée afghane aux opinions publiques occidentales.

La conférence de Londres, qui s’est tenue fin janvier, a officialisé une négociation avec les dirigeants de l’ancien régime taliban. Que peut-il se passer ?

Malalai Joya. Des millions de dollars ont été promis au régime de Karzai pour que les insurgés déposent les armes alors que des millions d’Afghans meurent de pauvreté. Cela va conduire à la réhabilitation des talibans, ils vont prendre le contrôle de la Loya Jirga, l’assemblée des anciens et des représentants des tribus qui doit se réunir prochainement. Croit-on pouvoir établir la démocratie avec de tels réactionnaires ? Mais les talibans ne sont pas les seuls intégristes. Quand les États- Unis et leurs alliés ont renversé le régime du mollah Omar, ils ont installé à sa place d’autres fondamentalistes, des seigneurs de guerre alliés à l’Alliance du Nord, que dirigeait Massoud. Ce groupe ressemble aux talibans sur le plan des croyances. Au cours des dernières années, il y a eu toute une série de lois et de décisions de justice scandaleuses. Sous prétexte de réconciliation nationale, on a accordé l’immunité aux seigneurs de guerre et autres criminels de guerre connus, dont plusieurs siègent au Parlement. Ces anciens seigneurs de guerre ont des postes élevés, ils sont au Parlement, dans les ministères, l’administration judiciaire, et ils sont tous corrompus. Et voilà maintenant que l’ONU elle-même biffe de sa « liste noire » les noms d’anciens dirigeants talibans. Est-ce avec de tels actes que l’on construit l’avenir d’un peuple ? À moins de lui faire croire que c’est l’usine Coca-Cola, inaugurée par le président Karzai dans la banlieue de Kaboul, dans notre pays pauvre où l’eau est une denrée précieuse, qui doit servir d’emblème des bienfaits du progrès occidental…

Vous avez été élue au Parlement en 2005. Dix-huit mois plus tard, vous en étiez expulsée, pourquoi ?

Malalai Joya. Lors de la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire, j’ai présenté « mes condoléances au peuple afghan ». Ce qui évidemment n’a pas plu à de nombreux députés, qui se sont plaints d’être offensés. Ce sont ces seigneurs de guerre qui ont voulu mon exclusion. J’avais rappelé qu’ils avaient saccagé Kaboul pendant la guerre civile qui s’est déroulée de 1992 à 1996 et qu’ils étaient responsables de la mort de dizaines de milliers de personnes. J’ai dit qu’ils devaient être traînés devant les tribunaux internationaux. J’ai aussi dénoncé la corruption, alimentée par les milliards versés par la communauté internationale au nom de la reconstruction. Très vite je n’ai même plus pu. Ils coupaient aussitôt mon micro quand je demandais la parole et je devais crier à pleins poumons sous les insultes et les menaces. Des députés m’ont défendue, des hommes, des femmes, mais ils étaient peu nombreux. On m’a traitée de communiste et d’infidèle. Des injures suprêmes à leurs yeux. J’ai fini par comparer, lors d’un entretien télévisé, le Parlement à un zoo ! Pire qu’une étable car, au moins, il y a des animaux qui servent à quelque chose.

À quoi vont servir les renforts de troupes annoncés par Obama ?
Malalai Joya. La guerre ne visait pas à apporter la démocratie et la justice ou à déraciner des groupes terroristes, elle a servi à pérenniser l’occupation, installer des bases militaires et à garder la mainmise sur la région où se trouvent de grandes ressources naturelles. Obama est comme Bush, voire pire puisqu’il intensifie la guerre, et la porte au Pakistan. Le gouvernement américain maintient une situation dangereuse pour rester plus longtemps en Afghanistan, et surveiller ainsi plus facilement des pays voisins comme l’Iran, le Pakistan, la Russie, l’Ouzbékistan. Si Obama ne retire pas ses soldats, il y aura plus de sang et plus de désastres. Regardez les bombardements de l’Otan. Dans ma province de Farah, en mai (2009 – NDLR) plus de 150 civils ont été tués. Ce massacre permet au monde d’entrevoir les horreurs auxquelles notre peuple fait face. Mais veut-on vraiment les voir ? J’ai organisé une conférence de presse, un homme du village de Geranai, accablé de douleur, est venu expliquer qu’il avait perdu 20 membres de sa famille dans le massacre. N’aura-t-il pas envie, lui ou d’autres jeunes gens, de rejoindre les insurgés, même s’ils sont des intégristes ?

Le sort réservé aux femmes sous le régime taliban avait fini par émouvoir l’opinion publique internationale. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Malalai Joya. La Constitution afghane contient des clauses concernant les droits des femmes. J’étais l’une des nombreuses déléguées, à la Loya Jirga de 2003, qui ont poussé fort pour leur inclusion, mais elle est marquée par la forte influence des fondamentalistes avec lesquels Karzai et l’Occident ont fait des compromis. Le texte fondamental a beau déclarer l’égalité entre les hommes et les femmes, le pays est régi selon la charia. La soidisant démocratie de la Constitution officielle est bafouée systématiquement. Elle ne sert que de faire-valoir pour attirer les deniers de l’assistance internationale, généralement détournés. L’Afghanistan est aujourd’hui un pays où les femmes, souvent des gamines de quatorze ou quinze ans, qui fuient le domicile conjugal à cause de l’extrême violence, sont considérées comme criminelles et emprisonnées. On peut, certes, constater un retour des filles à l’école, mais les chiffres ne tiennent pas compte du nombre d’entre elles qui sont obligées de la quitter à cause des menaces pour leur sécurité et des pressions familiales pour se marier. Le suicide est devenu l’ultime arme des jeunes femmes désespérées, qui sont conscientes d’alternatives, mais qui savent qu’elles n’y auront jamais droit.

Et quelles sont, justement, ces alternatives ?

Malalai Joya. Toutes les troupes étrangères doivent partir et les milices des seigneurs de guerre démantelées. La démocratie ne peut être établie par une occupation qui ne fait qu’étendre et renforcer la talibanisation de mon pays. Et c’est mon peuple qui en souffre. Si les États-Unis et les troupes de l’Otan qui occupent notre pays ne quittent pas volontairement l’Afghanistan dans un délai raisonnable, ils vont être confrontés à encore plus de résistance de la part des Afghans. Volontairement, les gouvernements occidentaux ne veulent pas voir que des gens se battent pour reconstruire leur pays dans la paix et la sécurité, en respect des droits de chacun et de chacune. Des partis, des associations démocratiques luttent le plus souvent dans la clandestinité. N’oublions pas que la Constitution interdit l’existence de partis laïcs qui ne se réfèrent pas au Coran. Les manifestations étudiantes contre les plus récents bombardements, tout comme les protestations de centaines de femmes, le mois dernier à Kaboul, montrent au monde la voie vers une réelle démocratie en Afghanistan. Il y a beaucoup de héros et d’héroïnes obscurs. Ils luttent dans leurs ville et village. Pourquoi aucun dirigeant occidental ne veut reconnaître l’existence même d’une force progressiste qui pourrait émerger et jouer un véritable rôle ? Je ne perds pas espoir, nous avons besoin de l’aide des opinions publiques occidentales et, au cours de mes voyages, je me rends compte qu’elles bougent. Il y a eu des manifestations contre l’envoi de renforts, on ne croit plus à une « guerre juste ». La pression doit monter pour faire fléchir les gouvernements bellicistes.

Entretien réalisé par Dominique Bari



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