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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 22:48

C'est ainsi que se conclut la lettre de Salah Hamouri, ce jeune franco-palestinien prisonnier politique en Israël suite à une condamnation pour délit d’opinion par un tribunal militaire. Le gouvernement français va t-il enfin intervenir, la mère de Salah Hamouri n'a jamais été reçue par Nicolas Sarkozy. Après une intervention du mouvement des jeunesses communistes, le nouveau ministre des affaires étrangères Alain Juppé a prévenu qu’il s’engageait à « ouvrir le dossier de Salah Hamouri ». Il serait grand temps.

 

Salah Hamouri3Voici la lettre adressée par Salah Hamouri depuis sa prison de Guilboa en Israël.

 

Depuis les cellules de la prison, on peut entendre des voix parfois indignées qui parlent des droits de l’homme… Ces hommes politiques, ces gouvernements qui prétendent défendre les droits de l’homme et appliquer la justice savent-ils ce qui se passe dans les prisons de l’occupation israélienne ? Savent-ils que plus de 8 000 prisonniers sont victimes de mort lente ?

Parfois, des voix s’élèvent lors de réunions au sommet, il arrive que quelqu’un parle des prisonniers politiques palestiniens, mais on parle de nous comme de terroristes, des numéros sans visage alors que, comme tous les êtres humains, nous sommes parfois faibles, parfois forts, nous aimons et nous détestons, nous rions, nous avons même des moments de joie, ou nous pleurons aussi quand nous pensons à nos familles.

Pour exprimer notre souffrance, il me faudrait écrire dix livres, mais même une encyclopédie ne ferait pas bouger vos consciences, s’il vous en reste une après la course aux pétrodollars de l’Oncle Sam qui occupe l’Irak en guise de démocratie.

Vous soutenez la justice et les droits de l’homme dans certains endroits du monde, mais ici, vous soutenez et légitimez l’occupation, et nous en payons le prix dans nos cellules.

Avez-vous déjà imaginé une femme palestinienne accouchant en prison, les pieds et mains liés ?

Avez-vous déjà vu un enfant de douze ans menotté à un check-point et laissé des heures au soleil ou sous la pluie par la volonté d’un simple soldat ?

Savez-vous qu’un grand nombre de mes camarades ont déjà passé plus de vingt ans derrière les barreaux ? Beaucoup ont perdu leurs parents sans pouvoir leur dire adieu…

Les gouvernements occidentaux se doivent de réviser leurs positions concernant le Proche-Orient avant qu’il ne soit trop tard.

Depuis quelque temps, les révolutions de peuples arabes sont en train de mettre fin à des dictatures qui ont le plus souvent servi vos intérêts au lieu de défendre leurs peuples.

Vive les révolutions arabes ! Vive le pouvoir des peuples ! Vive la liberté !

 

Salah Hamouri


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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 23:09

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer à plusieurs reprises le cas de Salah Hamouri, ce jeune franco-palestinien condamné pour délit d’opinion par un tribunal militaire israélien et emprisonné illégalement en Israël depuis le 13 mars 2005. Ses parents attendent toujours d’être reçus par Nicolas Sarkozy qui a pourtant déclaré qu'il ne laisserait jamais tomber des français retenus à l'étranger.

 

Concernant les demandes faites auprès de la ministre des affaires étrangères pour intervenir auprès des autorités israéliennes, Mme Alliot-Marie a rétorqué qu’« Il n’appartient pas aux autorités françaises d’intervenir ou même de commenter les procédures judiciaires d’un Etat souverain »

 

Il est intéressant de faire un parallèle avec le cas de Florence Cassez, cette française emprisonnée au Mexique, dont les parents viennent d’être reçus à l’Elysée pour la dixième fois. Sur cette affaire, la chef de la diplomatie française, Michèle Alliot-Marie annonçait le 11 février qu'elle ne participerait à aucune manifestation de l'Année du Mexique en France et qu'elle avait convoqué l'ambassadeur du Mexique à Paris. « Je suis choquée, c'est un véritable déni de justice », a-t-elle déclaré, qualifiant de « décision inique » le rejet au Mexique du recours en cassation de la Française Florence Cassez, condamnée à 60 ans de prison pour complicité d'enlèvements.

 

Voilà quelques preuves d’une diplomatie à géométrie variable :

 

-   La ministre annonce qu’elle boycottera l’année du Mexique en France, et il y a quelques mois, elle appelait à poursuivre toute personne participant au boycott des produits provenant des colonies israéliennes ;

-   La ministre annonce à propos du cas Salah Hamouri  qu’ il n’appartient pas aux autorités françaises d’intervenir ou même de commenter les procédures judiciaires d’un Etat souverain. C’est pourtant ce qu’elle fait en parlant de « déni de justice », de « décision inique » pour Florence Cassez ;

-   D’un côté les parents de Florence Cassez sont reçus, de l'autre, ceux de Salah Hamouri sont ignorés.

 

Cette diplomatie a géométrie variable est une véritable honte.


 

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 23:26

« Après plusieurs semaines durant lesquelles le peuple égyptien a exprimé avec force et dignité sa volonté de changement, le président Moubarak a décidé de mettre fin à ses fonctions de président de la République arabe d'Égypte. La France rend hommage à cette décision courageuse et nécessaire », c’est ce qu’a déclaré Nicolas Sarkozy dans un communiqué, saluant la décision de Hosni Moubarak de quitter le pouvoir.

 

Comment peut-il oser dire « la France rend hommage à cette décision courageuse » ? C’est Sarkozy qui a voulu rendre hommage à son ami dictateur Moubarak et non pas la France. Et dire « Moubarak a décidé de mettre fin à ses fonctions de président de la République arabe d'Égypte », c’est travestir les évènements, car Moubarak n’a rien décidé, il a été contraint de partir sous l’action des millions d’Egyptiens qui, malgré les morts, ont bravé la police politique et les nervis au service du dictateur rivé à son fauteuil depuis trente ans. C’est bien au peuple Egyptien et à lui seul que revient le mérite du renversement du raïs.

 

Mais la déclaration de Sarkozy n’est que la confirmation du soutien qu’ont toujours apporté les occidentaux à ces régimes. Plutôt une dictature protégeant le capital que la liberté pour les peuples, tel était la position de nos prétendues démocraties occidentales.

 

Par ses silences au début de la révolution dans ces pays, puis les déclarations calamiteuses comme celles d'Alliot-Marie, voilà une nouvelle déclaration de Sarkozy qui déshonore la France. 


 

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 21:54

Par Ignacio Ramonet, Président de l’association Mémoire des Luttes

 

Une dictature, la Tunisie ? L’Egypte, une dictature ? En voyant les médias se gargariser maintenant du mot "dictature" appliqué à la Tunisie de Ben Ali et à l’Egypte de Moubarak, les Français ont dû se demander s’ils avaient bien entendu ou bien lu. Ces mêmes médias et ces mêmes journalistes n’avaient-ils pas, durant des décennies, martelé que ces deux "pays amis" étaient des "Etats modérés" ? Le vilain mot de "dictature", dans le monde arabo-musulman, n’était-il pas exclusivement réservé (après la destruction de l’ "effroyable tyrannie" de Saddam Hussein en Irak) au seul régime iranien ? Comment ? Il y avait donc d’autres dictatures dans cette région ? Et nos médias, dans notre exemplaire démocratie, nous l’auraient-ils caché ?

 

Voilà, en tout cas, un premier dessillement que nous devons au peuple révolté de Tunis. Sa prodigieuse victoire a libéré les Européens de la "rhétorique d’hypocrisie et de dissimulation" en vigueur dans nos chancelleries et nos médias. Contraints de mettre bas les masques, ceux-ci font semblant de découvrir ce que nous savions depuis longtemps [1], que les "dictatures amies" ne sont que cela : des régimes d’oppression. En la matière, les médias n’ont fait que suivre la "ligne officielle" : fermer les yeux ou regarder ailleurs confirmant l’idée que la presse n’est libre qu’envers les faibles et les gens isolés. Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas eu l’aplomb d’affirmer, à propos du système mafieux du clan Ben Ali-Trabelsi, qu’en Tunisie, "il y avait une désespérance, une souffrance, un sentiment d’étouffement dont, il nous faut le reconnaître, nous n’avions pas pris la juste mesure" ?

 

"Nous n’avions pas pris la juste mesure..." En 23 ans... Malgré la présence sur place de services diplomatiques plus prolifiques que ceux de n’importe quel autre pays du monde... Malgré la collaboration dans tous les domaines de la sécurité (police, gendarmerie, renseignement...). Malgré les séjours réguliers de hauts responsables politiques et médiatiques qui y ont établi, de façon décomplexée, leur lieu de villégiature [2]... Malgré la présence en France de dirigeants exilés de l’opposition tunisienne maintenus à l’écart, comme des pestiférés, par les autorités françaises et quasiment interdits d’accès, pendant des décennies, aux grands médias... Ruine de la démocratie.

 

En vérité, ces régimes autoritaires ont été (et continuent d’être) complaisamment protégés par les démocraties européennes au mépris de leurs propres valeurs et au prétexte qu’ils constituaient des remparts contre l’islamisme radical [3]. Le même argument cynique utilisé, à l’époque de la guerre froide, par l’Occident pour soutenir des dictatures militaires en Europe (Espagne, Portugal, Grèce, Turquie) et en Amérique latine, en prétendant empêcher ainsi l’arrivée du communisme au pouvoir.

 

Quelle formidable leçon donnent les sociétés arabes révoltées à ceux qui, en Europe, ne les décrivaient qu’en termes manichéens : soit des masses dociles soumises à des satrapes orientaux corrompus, soit des foules hystériques possédées par le fanatisme religieux. Or voilà qu’elles surgissent soudain, sur les écrans de nos ordinateurs ou de nos téléviseurs (cf. l’admirable travail d’Al-Jazeera), préoccupées de progrès social, aucunement obsédées par la question religieuse, assoiffées de liberté, excédées par la corruption, détestant les inégalités et réclamant la démocratie pour tous, sans exclusives.

 

Loin des caricatures binaires, ces peuples ne constituent nullement une sorte d’ "exception arabe" mais apparaissent semblables, dans leurs aspirations politiques, au reste des sociétés urbaines modernes éclairées. Le tiers des Tunisiens et presqu’un quart des Egyptiens naviguent régulièrement sur Internet. Comme l’affirme Moulay Hicham El Alaoui : "Les nouveaux mouvements ne sont plus marqués par les anciens antagonismes comme l’anti-impérialisme, l’anti-colonialisme ou l’anti-sécularisme. Les manifestations de Tunis et du Caire ont été dépourvues de tout symbolisme religieux. C’est une rupture générationnelle qui réfute la thèse de l’exceptionnalisme arabe. De plus, ce sont les nouvelles technologies de communication de l’Internet qui animent ces mouvements. Ceux-ci proposent une nouvelle version de la société civile où le refus de l’autoritarisme va de pair avec le rejet de la corruption [4]."

 

Grâce notamment aux réseaux sociaux numériques, les sociétés, aussi bien en Tunisie qu’en Egypte, se sont mobilisées à très grande vitesse et ont pu bousculer les pouvoirs en un temps record. Avant même que les mouvements aient eu l’occasion de "mûrir" et de favoriser l’émergence en leur sein de dirigeants nouveaux. C’est une des rares fois où, sans leader, sans organisation dirigeante et sans programme, la simple dynamique de l’exaspération des masses a suffi à faire triompher une révolution.

 

C’est un instant fragile, et des puissances travaillent sans doute déjà, notamment en Égypte, à faire en sorte que "tout change pour que rien ne change", selon le vieil adage du Guépard. Ces peuples qui conquièrent leurs libertés doivent garder à l’esprit l’avertissement de Balzac : "On tuera la presse comme on tue un peuple, en lui donnant la liberté [5]." Les "démocraties de surveillance" sont infiniment plus habiles à domestiquer, en toute légitimité, un peuple que les anciennes dictatures. Mais cela ne justifie en rien le maintien de celles-ci. Ni ne doit ternir l’ardeur de mettre à bas une tyrannie.

 

L’effondrement de la dictature tunisienne a été si rapide que les autres peuples maghrébins et arabes en ont conclu que ces autocraties - parmi les plus anciennes du monde - étaient en réalité profondément vermoulues, et n’étaient donc que des "tigres en papier". La démonstration s’est encore vérifiée en Egypte.

 

D’où cette impressionnante levée des peuples arabes qui fait inévitablement penser à la grande floraison des révolutions à travers l’Europe de 1848, en Jordanie, au Yémen, en Algérie, en Syrie, en Arabie Saoudite, au Soudan et au Maroc.

 

Dans ce dernier pays, une monarchie absolue où le résultat des "élections" (toujours truquées) reste déterminé par le souverain qui désigne selon son bon vouloir les ministres dits « de souveraineté », quelques dizaines de familles proches du trône continuent d’accaparer les principales richesses [6]. Les câbles diffusés par WikiLeaks ont révélé que la corruption y atteignait des niveaux d’indécence faramineux, plus élevés que dans la Tunisie de Ben Ali, et que les réseaux mafieux conduisaient toujours au Palais. Un pays où la pratique de la torture est généralisée et le bâillonnement de la presse constant.

 

Pourtant, comme la Tunisie de Ben Ali, cette "dictature amie" bénéficie d’une très grande indulgence, dans nos médias et chez la plupart de nos responsables politiques [7]. Ceux-ci minimisent les signes qui montrent le début d’une "contagion" de la révolte. Déjà quatre personnes s’y sont immolées par le feu. Des manifestations de solidarité avec les révoltés de Tunisie et d’Egypte ont eu lieu à Tanger, à Fez et à Rabat [8]. Saisies de crainte, les autorités ont préventivement décidé de subventionner les denrées de première nécessité pour éviter des "révoltes du pain". D’importants contingents de troupes auraient été retirées du Sahara Occidental et acheminées à la hâte vers Rabat et Casablanca. Le roi Mohammed VI et quelques collaborateurs se seraient spécialement déplacés en France, le week-end du 29 janvier, pour consulter des experts en matière de maintien de l’ordre du ministère français de l’Intérieur [9].

 

Même si les autorités démentent ces deux dernières informations, il est clair que la société marocaine suit avec exaltation les événements de Tunisie et d’Egypte. Prête à rejoindre l’élan de ferveur révolutionnaire pour briser enfin le carcan féodal. Et à demander des comptes à tous ceux qui, en Europe, pendant des décennies, furent les complices des "dictatures amies".

 

 

Notes

[1]  Lire, par exemple, Jacqueline Boucher, "La société tunisienne privée de parole", et Ignacio Ramonet, "Main de fer en Tunisie", Le Monde diplomatique, respectivement février 1996 et juillet 1996.

[2]  Alors que Mohammed Bouazizi s’était immolé par le feu dès le 17 décembre 2010, que l’insurrection gagnait l’ensemble du pays et que des dizaines de Tunisiens révoltés continuaient de tomber sous les balles de la répression bénaliste, le maire de Paris, Bertrand Delanoé, et la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, trouvaient parfaitement normal d’aller fêter allégrement le réveillon en Tunisie.

[3]  En même temps, et sans apparemment mesurer la contradiction, Washington et ses alliés européens soutiennent le régime théocratique et tyrannique de l’Arabie Saoudite, principal foyer officiel de l’islamisme le plus obscurantiste et le plus expansionniste.

[4]  http://www.medelu.org/spip.php ?article710

[5]  Honoré de Balzac, Monographie de la presse parisienne, Paris, 1843.

[6]  Lire Ignacio Ramonet, "La poudrière Maroc", Mémoire des luttes, septembre 2008.
http://www.medelu.org/spip.php ?article111

[7]  De Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, en passant par Dominique Strauss-Kahn qui possède un "ryad" à Marrakech, des dirigeants politiques français n’ont eu aucun scrupule à séjourner dans cette "dictature amie" durant les récentes vacances de fin d’année.

[8]  El País, 30 janvier 2011
http://www.elpais.com/../Manifestaciones/Tanger/Rabat

[9]  Lire País, 30 janvier 2011 http://www.elpais.com/..Mohamed/VI/va/vacaciones..
et Pierre Haski, "Le discret voyage du roi du Maroc dans son château de l’Oise", Rue89, 29 janvier 2011.
http://www.rue89.com/..le-roi-du-maroc-en-voyage-discret...188096

 

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 00:39

A lire ou entendre les propos des chroniqueurs depuis la chute de Ben Ali, on a l’impression qu’ils n’ont jamais cessé de dénoncer le pouvoir dictatorial, mais que par contre, les politiques se sont montrés complaisants. Ils se posent alors en donneurs de leçons. Dans cette circonstance, il est malvenu de sanctionner toute la classe politique.  Sauf à être malhonnête, il faudrait pour le moins dire quelles ont été les positions prises par les uns et les autres.  

 

Ce mercredi matin, Thomas Legrand sur France-Inter pense que les journalistes sont responsables, « mais pas d’avoir été silencieux sur le régime de Ben Ali. Tous les reporters qui sont allées en Tunisie savent que c’était l’un des pays les plus fliqués. Nous savions que c’était une dictature et de nombreux articles, livres et reportages dans la presse écrite, à la télé et à la radio le disaient et le répétaient. Combien d’opposants sont en France depuis des années et le disent ? Là, il faut distinguer d’un côté la presse, les associations de défense des droits de l’homme, certains partis politique comme les écologistes et de l’autre, les responsables politiques des partis plus classiques de gouvernement … »  J’imagine que Thomas Legrand ignore l’existence du Parti Communiste et ce qu'a été son attitude (voir plus bas) pour ne pas le citer parmi les « certains partis politiques » qui font exception. C’est peut-être une raison pour laquelle le PCF n’a jamais d’invité dans la matinale de France-Inter. Pourtant, les députés PCF ont un groupe à l’assemblée nationale au sein duquel siègent d’ailleurs les quelques députés verts.

 

De la même manière, le chroniqueur Jean-Michel Apathie dans le Grand Journal de Canal + le mardi 17 janvier traite de la responsabilité des uns et des autres concernant la Tunisie. « Les hommes politiques, journalistes, se seraient accommodés du dictateur Ben Ali sans dénoncer ce qui se passait en Tunisie ? C’est faux car il suffit de faire une revue de presse de ce que les journaux français ont publié ces dernières années sur ce qui se passait en Tunisie (on verra Libé, Le Monde et le Figaro) et pour ceux qui ne lisent pas les journaux ils pouvaient écouter la télé et des extraits qui datent de 15 ou 20 ans et apprendre que Ben Ali était un dictateur. » Et il poursuit, « il y a longtemps que les choses sont dites. Par contre, à côté des reportages, des analyses des journalistes, le discours des politiques lui était absent et ce qui fait une opinion publique, ce ne sont pas les journalistes, ceux qui font l’opinion publique, ce sont les responsables politiques, et en vingt ans, vous ne trouvez pas un homme politique qui a dit que Ben Ali est un dictateur. »

 

Sauf que là encore, Jean-Michel Apathie formate l’opinion publique en disant des contre-vérités. Car si aujourd’hui, de nombreux politiques français veulent faire oublier leur complaisance vis-à-vis du régime de Ben Ali, celle-ci n’a pas concerné tous les partis, et notamment le PCF.

 

Vouloir faire croire que tous les partis politiques seraient, au final, pareillement coupables, c’est oublier un peu vite les positions du Parti communiste par la voix de sa secrétaire nationale du moment, Marie-George Buffet. Elle n’a eu de cesse, dans tous ses actes et toutes ses déclarations ces dernières années, de dénoncer le régime de Ben Ali et son soutien par les autorités françaises, et de manifester sa solidarité aux démocrates tunisiens.

 

Pas plus tard que cet été, une délégation du PCF s’était rendue sur place pour rencontrer les forces démocratiques tunisiennes en butte à une situation « intolérable », soulignait Jacques Fath, responsable du PCF (l’Humanité du 12 juillet 2010). Je peux citer le soutien constant de Marie-George Buffet au journaliste Taoufik Ben Brik, recevant son épouse Azza Zarrad lors de l’incarcération de son mari (l’Humanité du 6 février 2010), ou sa rencontre à Tunis avec la Ligue tunisienne des droits de l’homme, le 26 novembre 2008, en « solidarité avec le mouvement social du bassin minier, les jeunes, les femmes, les victimes de la répression « (l’Humanité du 3 décembre 2008). Ou bien encore la « consternation » de la députée communiste exprimée dans une lettre à Nicolas Sarkozy après les félicitations adressées par le président français à l’annonce de la réélection de son homologue tunisien. « La police n’a cessé de harceler l’opposition démocratique, des journalistes ont fait l’objet d’intimidations », relevait Marie-George Buffet, dénonçant « un chef d’État élu par la manipulation et par la peur dans un contexte où la liberté d’expression et d’association est étouffée » (l’Humanité du 31 octobre 2009).

 

Probablement que Jean-Michel Apathie ne doit pas lire l’huma. C’est bien dommage, car il verrait que la solidarité avec le peuple tunisien et la condamnation du régime de Ben Ali ne date pas de décembre 2010 comme pour certains. (voir par exemple l'huma du 6 septembre 2001). Cela lui aurait évité cette énormité : « en vingt ans, vous ne trouvez pas un homme politique qui a dit que Ben Ali est un dictateur ».  FAUX ! Mais sans contradicteurs, il est facile d’asséner des mensonges. 

 

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 17:26

Mme Canto-Sperber, directrice  de l'Ecole Normale Supérieure, vient de retirer la réservation d'une salle accordée à Stéphane Hessel et aux pacifistes de la campagne BDS pour la tenue d'une rencontre exceptionnelle. De nombreuses personnalités devaient effectivement s'exprimer à la tribune ou par des messages:

 

- Benoist Hurel (secrétaire général adjoint du Syndicat de la Magistrature)

- Leila Shahid (ambassadrice de la Palestine auprès de l'Union Européenne)

- Haneen Zoabi (députée au parlement israélien)

- Michel Warschawski (Israélien, fondateur du Centre d'Information Alternative)

- Nurit Peled (mère israélienne d'une victime d'attentat, fondatrice du cercle des familles endeuillées, Prix Sakharov pour la paix du parlement européen)

- Elisabeth Guigou (députée, ancienne Ministre de la Justice et Garde des Sceaux)

- Daniel Garrigue (député, porte parole de République Solidaire)

- Gisèle Halimi

- ... et bien d'autres...

 

Le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) revendique cette victoire de la censure, et remercie ses amis : Valérie Pécresse (ministre de l'enseignement supérieur), Bernard-Henry Lévy, Alain Finkielkraut, Claude Cohen-Tanoudji, Arielle Schwab.

 

C'est un comportement indigne de la directrice d'un des hauts lieux de l'intelligence française et de celles et ceux qui ont fait pression pour censurer cette rencontre.

 

Nul n'a le droit d'interdire aux citoyens de notre pays de dénoncer l'impunité des violations israéliennes du droit international et la collusion de notre gouvernement avec la droite extrême au pouvoir en Israël.

 

Un grand rassemblement contre la censure et pour le respect des libertés démocratiques est prévu mardi 18 janvier à 18h30 Place du Panthéon, devant l'édifice où sont inhumés les grands hommes de la république.

 


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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 09:33

ben-ali_degage.jpgLe président du Parlement tunisien, Foued Mebazaa, a été proclamé aujourd'hui président par intérim par le Conseil constitutionnel écartant ainsi la possibilité d'un retour à la tête de l'Etat de Zine El Abidine Ben Ali qui a fui en Arabie saoudite.

 

Ben Ali  n’a pas eu le temps de savourer les propositions de Michèle Alliot-Marie, de disposer du " savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité » pour régler la situation en Tunisie et s'est réfugié en Arabie Saoudite. 

 

La nouvelle est tombée à 8h45 ce samedi, annoncée par le palais d’un autre despote. "Le gouvernement saoudien a accueilli le président Zine El Abidine Ben Ali et sa famille dans le royaume" indique un communiqué du palais royal cité par l'agence officielle saoudienne SPA.

 

Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, a quitté hier la Tunisie après des manifestations populaires sans précédent contre son régime qui ont été réprimées dans le sang. Ryad exprime "son soutien à toute mesure bénéfique au peuple tunisien frère" et apporte "sa solidarité totale avec ce peuple et espère la cohésion de tous ses enfants pour surmonter cette conjoncture difficile", selon le texte du palais royal d’Arabie saoudite.

 

Ben Ali souhaitait se réfugier en France, mais il a compris qu’un dictateur chassé par son peuple perd de sa valeur, même auprès des grandes puissances qui le soutenaient jusqu’à hier encore. Il n’a donc pas eu le temps de savourer les propositions alléchantes de Michèle Alliot-Marie, ministre française de l’Intérieur, de disposer du " savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité » pour régler la situation en Tunisie.  

 

Plusieurs rumeurs avaient précédemment fait état de l'atterrissage de l'avion transportant le président en fuite à Malte, puis en Italie. L'identité des membres de sa famille qui se trouvent avec lui en Arabie saoudite n'a pas été précisée. Selon des informations non confirmées, son épouse Leila Ben Ali serait arrivée avant lui à Dubaï où elle avait déjà séjourné fin décembre.

 

Il y a une certaine similitude historique entre le destin de Ben Ali et celui du Shah d’Iran. Ce dernier aussi, en fuite car chassé par le peuple iranien après 25 ans de règne sanglant,  cherchait à faire atterrir son avion dans un « pays ami », mais leurs portes restaient closes. Les dirigeants des grands pays industriels qui avaient pourtant, avec la complicité du Shah, pompé la richesse de l’Iran n’ont pas voulu accueillir leur « ami » malade.

 

Le premier ministre tunisien sortant, Mohammed Ghannouchi, avait annoncé juste après le départ de vers 22 heures GMT (23 heures à Paris). Les habitants étaient cloîtrés chez eux dans Tunisie de Zine El Abidine Ben Ali qu'il assurait l'intérim de la présidence jusqu'à nouvel ordre. Il a précisé qu'il assumait ces fonctions de président par intérim en vertu d'un décret signé par M. Ben Ali avant son départ. Comme Shahpour Bakhtiar  le dernier premier ministre d’Iran.

 

A Tunis, sous couvre-feu, des tirs d'armes automatiques ont résonné en début soirée avant de cesser totalement une ville quasiment déserte et silencieuse. Depuis avant-hier, le président multipliait, sans succès, les annonces pour tenter de mettre un terme à un mois d'émeutes et manifestations, violemment réprimées. Des dizaines de personnes ont été tuées, suscitant les vives inquiétudes de la communauté internationale.

 

Reprenant Hegel, Karl Marx affirmait : « tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois […] la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce». Si le destin de Ben Ali montre une similitude frappante avec le destin du Shah d’Iran, souhaitons que le destin de la révolution iranienne soit évité à la révolution tunisienne.

 

Abrahim Saravaki


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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 18:47

Lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée Nationale, le député communiste Jean-Paul Lecoq interrogeant Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, lui demande : « Comment justifiez-vous cette incohérence de notre pays : d'un côté la France appelle au respect de la démocratie en Côte d'Ivoire alors que de l'autre elle soutient de manière indéfectible la dictature de M. Ben Ali ? »

 

La réponse de Michèle Alliot-Marie est saisissante : « On ne peut que déplorer des violences concernant des peuples amis. Pour autant, je rappelle que cela montre le bien-fondé de la politique que nous voulons mener quand nous proposons que le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type. » 

 

On aurait pu attendre pour le moins la condamnation des violences, elle ne fait que déplorer et pire encore, elle propose ni plus ni moins que les forces de sécurité française puissent assister les forces de sécurité du dictateur Ben Ali !

 

Elle n’est hélas pas la seule dans ce gouvernement à vouloir protéger l’ami de Sarkozy. Le Ministre Bruno Lemaire trouve que « Ben Ali est souvent mal jugé, il fait beaucoup de bonnes choses ». Beaucoup de bonnes choses pour son clan au détriment de son peuple.

 

Et quand François Fillon appelle « instamment l'ensemble des parties à faire preuve de retenue », n’est-on pas en droit d’attendre d’autres propos ? Qui doit faire preuve de retenue, car il semble oublier que les morts se situent du côté des manifestants.

 

Quant au porte-parole du gouvernement François Baroin il déclarait aujourd’hui que la France était « extrêmement vigilante » sur la situation mais en même temps qu'elle n'avait pas « à s'ingérer dans les affaires » de Tunis. C’est vrai, jamais la France ne s’est ingérée dans les affaires d’un autre pays. On n’a pas entendu Sarkozy prendre position par rapport à la Côte d’Ivoire par exemple.

 

Toujours est-il qu’un bilan fait état de 65 morts depuis la mi-décembre. Je n’ose imaginer si la même chose se passait à Cuba !

 


 

ben-ali-sarko.jpg


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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 19:18

« Ces murs qui ne font pas honte au monde « dit » libre ». Tel était le titre de l’article que je publiais en mars 2009, quelques mois avant que ne soit célébrée la chute du mur de Berlin, ce mur baptisé « mur de la honte ». Et voilà qu’un nouveau mur va être érigé cette fois-ci en Grèce, sans que cela ne soulève l’indignation.

 

C’est au nom du « monde libre » que la Grèce va construire un mur de 12,5 km, sur une partie de sa frontière terrestre avec la Turquie, afin d’empêcher les incursions de migrants. Mais à chaque durcissement des contrôles aux frontières, les migrants cherchent d’autres voies d’accès, ce n’est donc pas une solution. Sinon, c’est un mur pour boucler le pourtour de l’Union Européenne qu’il va falloir.

 

L’inscription « Le monde est trop petit pour avoir des murs », avait été inscrite sur le béton qui séparait les deux moitiés de Berlin. Est-ce que ceux qui célébraient la chute de ce mur en se disant défenseurs des droits de l’homme se préoccupent aujourd’hui du sort qui est fait à tous ces réfugiés qui fuient la misère, la famine, la guerre ?

 

Rien n’empêchera l’homme de se déplacer pour fuir la misère et espérer rejoindre un lieu de vie espéré meilleur.

 


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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 12:28

Vous ne trouvez pas surprenant que Nicolas Sarkozy n’ait pas encore à ce jour dénoncé la répression du pouvoir tunisien face à la révolte de sa population contre le chômage ? Pourtant, Sarkozy semble toujours prêt à s’indigner sur les atteintes à la liberté et les droits de l’homme … mais selon l’endroit où ça se passe. Il a en effet une indignation très sélective.

 

Lors de sa visite en Tunisie en 2008, il déclarait « Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse, ce sont des signaux encourageants que je veux saluer, et la Tunisie peut se comparer sans rougir à tant d'autres pays. Ces signaux s'inscrivent sur un chemin étroit et difficile, mais essentiel, celui de la liberté et du respect des individus sans lesquels un pays n'est pas un grand pays. Ce chemin, aucun pays ne peut prétendre l'avoir entièrement parcouru et personne ne peut se poser en censeur ... Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m'ériger en donneur de leçons. J'ai pleinement confiance dans votre volonté de vouloir continuer à élargir l'espace des libertés en Tunisie. » On voit de quelle façon progresse cet espace de liberté ! Je vous invite à relire ces billets d’avril 2008  « Tunisie, les contrats avant les droits de l’homme » et de novembre 2009 « Tunisie, les drôles de soutien de Ben Ali ».

 

La France vient seulement de sortir timidement de son silence par la voix du ministère des Affaires étrangères « Nous déplorons les violences, qui ont fait des victimes, et appelons à l'apaisement. »

 

Il y a quelques jours, à l’occasion d’une cérémonie de vœux, Sarkozy faisait la leçon à Gbagbo en Côte d’Ivoire. Par contre, on ne l’a pas encore entendu par rapport à son ami Ben Ali, réélu la dernière fois pour un 5ème mandat avec près de 90% des voix. Aujourd’hui, les masques tombent et apparaît au grand jour le visage de la dictature Ben Ali, un pouvoir policier et corrompu. On ne peut que condamner le soutien officiel de la France à Ben Ali.

 

Exprimons soutien et solidarité au mouvement social tunisien.

 

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