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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 23:19

On se souvient de l’intervention en 2003 du secrétaire d'Etat américain Colin POWELL prononçant un discours attendu devant le conseil de sécurité de l'ONU, concernant les preuves de la détention par l'Irak d'armes de destruction massive. Il était allé jusqu’à brandir une éprouvette affirmant haut et fort que son contenu, fabriqué par les épouvantables Irakiens, suffirait à exterminer des milliers, voire des millions de braves américains.


powel

Sauf qu’aucune arme de destruction massive n’a été trouvée en Irak. Par contre plus de 100 000 civils irakiens sont morts dans les violences et la guerre a provoqué l’exode d’au moins deux millions d’Irakiens.

 

Mais un autre scandale a eu lieu, un véritable crime de guerre. Feurat Alani, un journaliste dont les parents sont originaires de la ville de Fallujah, ville irakienne dont les Américains peinèrent à prendre le contrôle en 2004, est allé enquêter dans cette zone martyre. Dans Les Enfants sacrifiés de Fallujah, il a enquêté pour Spécial Investigation émission de Canal +, relevant les témoignages des habitants et des médecins, puis les confrontant avec ceux d’ex-militaires américains ou l’avis d’experts. Un enfant sur cinq naît déformé et la plupart ne survivent que quelques heures. Bébés sans crâne, ou sans orifices, ou avec deux têtes, ou sans organes, ou avec des membres complètement tordus, les médecins conseillent aux femmes d’éviter les grossesses.

 

Mais pourquoi cela ? L’enquête de Feurat Alani révèle que les américains et leurs alliés ont utilisé durant cette bataille de novembre 2004 des bombes à phosphore blanc, des bombes à uranium appauvri, de nouvelles versions de bombes au napalm (MK-77), au plasma. Aujourd’hui, les habitants de Fallujah sont désespérés de l’omerta mondiale sur leur tragédie.

 

C’était ça la « guerre propre » que menait l’administration Bush ? Après l’agent orange au Vietnam, c’est le phosphore blanc et l’uranium en Irak.

 

Pourquoi les responsables ne sont-ils pas poursuivis devant le Tribunal Pénal International pour crime de guerre ?

 

 

Article à ce sujet : « Fallujah, c’est pire qu’Hiroshima »

 

Extrait Spécial Investigation

 


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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 23:22

Les Palestiniens sont devenus lundi membres à part entière de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), réalisant ainsi une percée diplomatique significative. C’est un premier succès pour les Palestiniens dans leur démarche d'adhésion à l'ONU en tant qu'Etat membre à part entière. 

 

« La Conférence générale, qui réunit l'ensemble des Etats-membres, décide de l'admission de la Palestine comme membre de l'Unesco », indique la résolution adoptée par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre, parmi les pays présents. « Ce vote permettra d'effacer une infime partie de l'injustice faite au peuple palestinien », a déclaré le ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne. Les Etats-Unis, l'Allemagne et le Canada ont voté contre, tandis que l'Italie et le Royaume Uni se sont abstenus. La quasi-totalité des pays arabes, africains et latino-américains se sont prononcés pour l'adhésion. La France, qui avait émis de sérieuses réserves sur la démarche palestinienne à l'Unesco, a finalement voté pour l'adhésion.

 

Aussitôt avalisé le vote de l'entrée de la Palestine à l'Unesco comme Etat membre, les Etats-Unis ont annoncé lundi qu’ils suspendaient leur contribution financière, soit une subvention de 60 millions de dollars. En décidant d’arrêter de subventionner l’UNESCO, les Etats-Unis vont à l'encontre de la réconciliation des peuples. C’est une attitude honteuse. Drôle de conception de la démocratie de la part des Etats-Unis, et honte à Obama prix Nobel de la Paix.

 

Cette adhésion constitue une nouvelle avancée vers la reconnaissance de la Palestine en tant qu'Etat, il serait temps.

 

unesco-honte-a-obama.jpg

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 22:47

Le soldat Gilad Shalit vient d’être libéré par les Palestiniens après 1949 jours de détention, aux termes de l'accord entre Israël et le Hamas. Nicolas Sarkozy a fait savoir que la libération du jeune franco-israélien était un très grand soulagement, mais il n’a toujours pas eu un mot pour le jeune franco-palestinien Salah Hamouri, détenu dans les prisons israéliennes depuis 2402 jours.

 

L'étudiant franco-palestinien de 26 ans, enfermé, depuis maintenant sept ans dans les geôles israéliennes, vient d’être transféré dans une autre prison, mis à l'isolement, et interdit de visite jusqu’au 5 novembre confiait sa mère. Une mesure de rétorsion qui a été prise par les autorités israéliennes contre la grève de la faim entamée par les prisonniers palestiniens. D’autre part, en vertu d'une nouvelle disposition des lois israéliennes, il risque de purger 140 jours de prison supplémentaires, alors que la fin de sa détention était espérée pour le 28 novembre.

 

Mais Nicolas Sarkozy reste toujours muet ! Halte à l’arbitraire ! Liberté pour Salah Hamouri et tous les prisonniers politiques palestiniens ! Liberté pour la Palestine !

 

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 23:23

Arno Klarsfeld , ami de Nicolas Sarkozy et ex de Carla Bruni a été nommé le 13 septembre dernier président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) en remplacement de Dominique Paillé. A peine nommé, il a montré tout son côté ignoble au travers certaines déclarations. Vis à vis de son prédécesseur pour commencer en déclarant « Mon prédécesseur a critiqué le gouvernement. Il était donc normal qu'il s'en ailleDe plus, il n'était pas très actif à la tête de l'OFII ». Puis il a défendu avec vigueur la politique du chiffre de Claude Guéant en matière de reconduite aux frontières, puisque celui-ci entend éloigner 30 000 étrangers en 2011. C’est ainsi qu’il a déclaré « S’il n’y a pas de politique du chiffre, c’est-à-dire s’il n’y a pas d’aiguillon sur les préfets, alors les préfets ne font pas ce travail de renvoyer… » Selon Klarsfeld, les étrangers reconduits comme les Roms ne vont pas vers une «destination fatale». «Les Roms qui sont renvoyés, disons en Roumanie, vont vers un pays où ils sont moins heureux qu’en France, mais c’est pas pour autant qu’ils peuvent rester en France ».

 

Mais franchement, est-ce qu’Arno Klarsfeld est bien placé pour tenir ce genre de propos ? En 2003-2004, Arno Klarsfeld, propagandiste du gouvernement israélien, a tenu à faire un service militaire dans l’armée israélienne. Il a ainsi été membre des gardes-frontières, un corps dont le rôle a toujours été d’opprimer et de pourchasser la population civile palestienne. Rentré en France, il a offert ses bons offices à Sarkozy dans le dispositif créé à l’été 2006, pour identifier et ficher un maximum de sans-papiers.  

 

S’il est aujourd’hui en Roumanie, ce n’est pas pour retourner sur la terre de naissance de son père. C’est pour un déplacement de trois jours en tant que président de l'OFII, afin d'y « pousser des projets de réinsertion des populations roms », a-t-il expliqué.

 

Dommage qu’il n’y reste pas !

 

La politique du chiffre qu’il défend ravale des êtres humains au rang de statistiques, atteignant par là-même les limites de la bêtise humaine.

 

Sous le règne de Sarkozy et de ses amis, on croit régulièrement avoir touché le fond, et on se rend compte que ça peut être encore pire.

 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 10:07

Champion de la communication, le président états-unien Barack Obama, tout en menant une politique étrangère aux objectifs somme toute assez semblables à ceux de son prédécesseur, a su la couvrir d’un sourire charmeur et, distribuant les bonnes paroles, renverser l’image désastreuse héritée de George Bush Jr.

 etat-palestinien-onu-israel-39984.jpg

 

Dans son célèbre « Discours du Caire », le 4 juin 2009, il avait fustigé la colonisation européenne du Moyen-Orient, rappelé ses origines africaines, évoquant son père et les générations de Musulmans qu’avait comptées sa famille, vanté le message de paix exalté par le Coran et condamné l’occupation et la colonisation israéliennes en Palestine, les humiliations infligées à la population arabe et la violation des traités internationaux par l’État hébreux.

 

Peu après, Barack Obama avait remis le couvert, devant l’Assemblée générale des Nations unies cette fois, le 23 septembre 2010, réclamant la création d’un État palestinien pour 2011 et sa reconnaissance par l’ONU, dans les frontières de 1967, comme le prévoit la résolution du Conseil de sécurité 242, jamais respectée, ordonnant le retrait des forces israéliennes, c’est à dire dans les limites préexistantes à la Guerre des six jours qui s’était conclue sur l’annexion par Israël de Jérusalem-Est et de toute la Cisjordanie.

 

De paroles en paroles, Mister Magic a ainsi conquis le cœur du monde musulman et gagné la confiance de la rue arabe, propulsant le soft-power états-unien dans le firmament étoilé du pays des contes des Mille et Une Nuits.

 

Hélas pour la Maison blanche, la réalité rattrape parfois la fiction…

 

Alors que s’ouvre la soixante-sixième assemblée générale de l’ONU, c’est précisément cette date du 23 septembre, tout juste un an plus tard, que le président de l’autorité palestinienne a choisie pour remettre au secrétaire général Ban Ki-moon la demande de la Palestine d’adhérer aux Nations Unies et le prier de la déposer devant le Conseil de sécurité, qui devra décider de la recevabilité de cette candidature.

 

Prenant le président Obama au mot, Mahmoud Abbas, lassé par plus de soixante ans d’occupation israélienne, après avoir bien voulu patienter toute une année encore, jour pour jour, sans voir se dessiner la moindre perspective d’un État palestinien (au contraire, la construction de colonies de peuplement israéliennes en Cisjordanie n’est jamais allée aussi bon train), semble ne plus hésiter à placer le président Obama dos au mur et l’État d’Israël face au jugement de la communauté internationale, dont plus de cent quarante pays (sur les cent nonante-trois membres que compte l’ONU) se sont déclarés favorables à la reconnaissance de la Palestine, parmi lesquels l’Inde, la Chine, le Brésil et la Russie...

 

Rien de compliqué dans le chef de cette initiative palestinienne : c’est à l’ONU qu’il revient de faire appliquer le droit international et, de même qu’Israël bénéficia de la reconnaissance de l’Assemblée générale en 1947 par le vote de la résolution 181, de même la Palestine attend son tour.

 

La probabilité d’une telle reconnaissance fait certainement grincer des dents à Tel-Aviv, qui n’a certainement pas l’intention de la respecter, au risque d’achever de ruiner le peu de sympathie qui lui reste dans l’opinion publique mondiale, encore sous le choc du massacre perpétré par les commandos israéliens lors de l’attaque, en eaux internationales, de la Flottille de la Paix, en mai 2010, qui s’était soldée par la mort de neuf civils et une cinquantaine de blessés par balles après que les soldats avaient ouvert le feu tous azimuts.

 

Mais elle a également abîmé l’éclatant sourire obamien, dont le maître, confronté à une situation cornélienne, en a déjà bien soupesé toutes les conséquences, tant pour la politique extérieure états-unienne que pour lui-même : s’il n’utilise pas le droit de veto dont disposent les États-Unis en tant que l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité et ne bloque pas la reconnaissance d’un État de Palestine, Barack Obama plongera Israël, l’allié de toujours, dans une conjoncture impossible, a fortiori dans le contexte explosif du « Printemps arabe », et se mettra à dos le puissant lobby juif nord-américain, et ce à quelques mois des élections présidentielles auxquelles il compte bien briguer un second mandat. En revanche, s’il s’oppose à cette reconnaissance, le beau parleur tombe le masque et ruine trois années d’une fructueuse diplomatie au Moyen-Orient ; après la destruction de l’ambassade israélienne par la rue égyptienne, ce pourrait alors être le tour de celles des Etats-Unis, au Caire et ailleurs…

 

D’où cette suggestion de la Maison blanche au président Abbas, relayée par la France sarkozienne, le nouvel et fidèle allié, de renoncer à son projet et de se contenter d’un vote de l’Assemblée générale et d’une moitié de reconnaissance. La procédure, en effet, ne donnerait pas à la Palestine le statut de membre des Nations unies. Sauf si…

 

Sauf si, prétextant du danger que constituerait, à ce stade, le non-règlement de la question israélo-palestinienne, l’Assemblée générale déclenchait la procédure exceptionnelle appelée « Unité pour la Paix », en vertu de la résolution 377, selon laquelle l’Assemblée générale peut elle-même prendre les mesures qu’elle jugerait opportunes pour préserver la paix et la sécurité internationales, dans le cas où les membres permanents du Conseil de sécurité s’en montreraient incapables…

 

Comment Mister Magic, le « super-pro d’ la com’ », va-t-il faire pour se sortir de ses incohérences qui lui éclatent aujourd’hui au visage ? Tous les spectateurs, désormais, attendent de savoir s’il reste encore un lapin (ou un bon mot) dans le chapeau du président Obama.

 

 

Pierre PICCININ

Historien – Politologue (Bruxelles)

 

Source michelcollon.info


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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 21:30

troy davisLe 22 septembre sera marqué d'une pierre noire. Troy Davis, devenu un symbole de la lutte contre la peine capitale, a été exécuté mercredi aux Etats-Unis après avoir clamé son innocence jusqu'au bout, mais sans pouvoir remporter son ultime marathon judiciaire.

 

L'exécution a été retardée de plus de 4 heures dans l'attente d'une décision de la Cour Suprême, laquelle a finalement autorisé la mise à mort ce matin. Quelques heures auparavant le Président Barack Obama avait fait savoir qu'il se refusait à intervenir.

 

Mumia Abu-Jamal, Hank Skinner… et plusieurs milliers de détenus sont actuellement dans les couloirs de la mort aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Le cœur de Troy s’est arrêté de battre, mais son combat pour l’abolition du châtiment cruel est plus que jamais d’actualité.

 

Les droits de l'Homme sont en deuil. L'abolition de la peine de mort est une exigence universelle. Il faut en finir avec cette barbarie.

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 19:04

Troy Davis est un américain, symbole international de la lutte contre la peine capitale, condamné à mort en 1991 pour le meurtre d'un policier blanc, mais qui a toujours clamé son innocence. Il doit être exécuté jeudi à 01h00 heure française à la prison de Jackson, son dernier recours ayant été rejeté mardi par le comité des grâces de Géorgie.

 

Il a déclaré mardi, à la veille de son exécution prévue en Géorgie (sud-est), que le combat pour la justice ne s'arrêtait pas avec lui. « Le combat pour la justice ne s'arrête pas avec moi. Ce combat est pour tous les Troy Davis avant moi et tous ceux qui viendront après moi », a écrit le détenu dans un message à ses défenseurs du monde entier diffusé par Amnesty International USA.

 

Il a été condamné en 1991 au terme d’une instruction à charge. Depuis, 7 des 9 témoins se sont rétractés, avouant les pressions dont ils furent victimes pour accabler Troy Davis. Aucune expertise n’a été menée sur les lieux du crime, l’arme utilisée n’a jamais été retrouvée.

 

Encore une fois, un homme dont la culpabilité n’a pas été prouvée va être tué, légalement. Ce sera le 52ème condamné exécuté par l’état de Géorgie depuis que les Etats-Unis ont rétabli en 1976 la peine capitale.

 

Victor Hugo disait « La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. »

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 08:24

La répression sanglante en Syrie se poursuit, et Sarkozy est bien discret à ce sujet, il est vrai que Bachar El Assad faisait partie de ses invités à la tribune d’honneur du défilé du 14 juillet en 2008.

 

D’autres voix par contre se font entendre. Le gouvernement du Bahrein a rappelé lundi son ambassadeur en Syrie, du fait de la détérioration de la situation de sécurité dans le pays. Le ministre bahreini des Affaires étrangères, Khaled ben Mohammed Al Khalifa, a annoncé cette décision à l'agence de presse bahreini. Le ministre a précisé que cette décision fait suite à celles prises par des pays voisins comme l'Arabie saoudite et le Koweit « en signe de protestation contre la répression en Syrie ».

 

Le roi saoudien Abdullah bin Abdullaziz a condamné les répressions en Syrie et rappelé son ambassadeur de Damas appelant les dirigeants syriens à « arrêter la machine de mort et l'effusion de sang, et à faire valoir la raison avant qu'il ne soit trop tard ». « Le royaume saoudien ne peut aucunement accepter ce qui se passe en Syrie. L'événement ne se prête à aucune justification », a ajouté le roi, estimant que « la direction syrienne peut mettre en oeuvre des réformes globales et rapides » pour sortir leur pays de la vague de violence qui le secoue.

 

Ils semblent avoir la mémoire courte ces personnages. Il ne faudrait pas oublier l’intervention militaire de l’Arabie Saoudite au Bahrein au printemps dernier pour réprimer les importantes manifestations dans le pays, ni le fait que l’Arabie Saoudite héberge à présent le dictateur tunisien Ben Ali, après qu’il ait fuit son pays suite aux sanglantes répressions, sans oublier que pour l’Arabie Saoudite, les événements d’Egypte n’étaient pas une révolution et que Moubarak était un ami de Riyad…

 

L’Arabie Saoudite ou le Bahrein pourraient balayer devant leur porte. Les milliards de dollars du pétrole permettent encore d’acheter un certain silence, mais pour combien de temps ?

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 23:26

Pour l’universitaire et chercheur égyptien, plus rien ne sera comme avant : ce mouvement de protestation remet en cause à la fois l’ordre social interne aux pays et la place des pays arabes dans l’échiquier politique régional et mondial.

 

Quel regard portez-vous sur ce qui se passe dans le monde arabe six mois et plus après la chute de Ben Ali en Tunisie et d’Hosni Moubarak en Égypte ? 

Samir Amin. Ce qui est sûr, c’est que plus rien ne sera comme avant. Car il ne s’agit pas d’un soulèvement avec pour seul objectif celui de se débarrasser des dictateurs en place, mais d’un mouvement de protestation de très longue durée, qui remet en question à la fois l’ordre social interne dans ses différentes dimensions, notamment les inégalités criantes dans la répartition de revenus, et l’ordre international, la place des pays arabes dans l’ordre économique mondial, c’est-à-dire la sortie de la soumission au néolibéralisme, et dans l’ordre politique mondial, c’est-à-dire la sortie de la soumission au diktat des États-Unis et de l’Otan. Ce mouvement, qui a aussi pour ambition de démocratiser la société, réclamant la justice sociale et une autre politique économique et sociale, nationale et, je dirai, anti-impérialiste, va donc durer des années, avec, bien sûr, des hauts et des bas, des avancées et des reculs parce qu’il ne va pas trouver sa solution dans les semaines ou les mois à venir.

 

Cela vous a-t-il surpris que ces soulèvements soient portés, voire impulsés, par de nouveaux acteurs – les jeunes en particulier ?  

Samir Amin. Non, et c’est très positif. Les nouvelles générations se sont en fait repolitisées. En Égypte, par exemple, la jeunesse est très politisée. Elle l’est à sa manière, en dehors des partis traditionnels de l’opposition qui, dans la tradition égyptienne, sont les partis de tradition marxiste. Mais elle ne s’est pas repolitisée contre ces partis. Je peux vous dire qu’à l’heure actuelle il y a une sympathie profonde et spontanée entre ces jeunes et les partis de la gauche marxiste radicale, à savoir ceux de tradition socialiste et communiste.

 

Vous dites que c’est un mouvement de longue durée, mais si on prend l’exemple de l’Égypte, est-ce qu’il n’y a pas un risque que ces révolutions soient récupérées par les forces conservatrices ?  

Samir Amin. Il y a certes des risques de natures diverses, dont celui à court ou à moyen terme de mise en place d’une alternative islamiste et réactionnaire. C’est d’ailleurs le projet des États-Unis et, malheureusement, l’Europe les suit, du moins en ce qui concerne l’Égypte, c’est-à-dire l’alliance entre les forces réactionnaires égyptiennes et les Frères musulmans, avec de surcroît le soutien des alliés de Washington dans la région, Arabie saoudite en tête, et même d’Israël. Alors est-ce que cela réussira ou non ? Il est possible que cela fonctionne dans le moyen terme, mais cela n’apportera aucune réponse aux problèmes du peuple égyptien. Par conséquent, le mouvement de protestation et de lutte continuera et s’amplifiera. En outre, il faut savoir que les Frères musulmans sont eux-mêmes en crise...

 

En rapport avec ce que vous venez d’évoquer, que pensez-vous de ce qui se passe d’abord en Syrie, où le régime de Bachar Al Assad vient d’autoriser le multipartisme, escomptant ainsi ramener le calme ? 

Samir Amin. La situation syrienne est extrêmement complexe. Le régime du Baas, qui avait été légitime il y a longtemps, ne l’est plus du tout : il est devenu de plus en plus autocratique et policier, et en même temps, sur le fond, il a fait une concession gigantesque au libéralisme économique. Je ne crois pas que ce régime puisse se transformer en régime démocratique. Aujourd’hui, il est contraint à des concessions, ce qui est une bonne chose, parce qu’une intervention extérieure comme celle en Libye – heureusement elle n’est pas possible dans le cas de la Syrie – serait une catastrophe supplémentaire. En outre, par rapport à l’Égypte et à la Tunisie, la faiblesse en Syrie est que les mouvements de protestation sont très disparates. Beaucoup, je ne veux pas généraliser, n’ont même pas de programme autre que la protestation et ne font pas le lien entre la dictature du régime et ses options libérales en matière économique.

 

Ne craignez-vous pas une implosion de la Syrie en raison d’un risque d’affrontement interconfessionnel entre sunnites et alaouites, druzes, chrétiens ?  

Samir Amin. C’est un risque. L’implosion des États de la région est un projet des États-Unis et d’Israël. Mais ce ne sera pas facile parce que le sentiment national syrien est une composante forte et présente dans tous les mouvements qui contestent aujourd’hui le régime, et ce en dépit des divergences existantes entre eux.

 

Il y a aussi le Yémen, allié des États-Unis ? 

Samir Amin. Les États-Unis soutiennent le régime d’Ali Abdallah Saleh. La raison est leur crainte du peuple yéménite, surtout dans le sud du pays. Ce dernier avait eu un régime progressiste marxiste, légitime, bénéficiant d’un soutien populaire puissant, et dont les forces aujourd’hui sont présentes et actives dans le mouvement de protestation sociale. Washington et ses alliés craignent donc un éclatement du pays et le rétablissement du régime progressiste dans le Sud-Yémen. Par conséquent, en laissant al-Qaida, qui est un instrument largement manipulé par les États-Unis, occuper des villes du Sud, le régime yéménite, avec l’aval américain, veut faire peur aux couches progressistes afin de leur faire accepter le maintien de Saleh au pouvoir.

 

Et s’agissant de la situation en Libye, où le risque d’implosion existe ?  

Samir Amin. La situation est dramatique mais très différente de celles de l’Égypte et de la Tunisie. Les forces qui s’opposent en Libye ne valent guère mieux les unes que les autres. Le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, est un démocrate très curieux : c’était le juge qui avait condamné à mort les infirmières bulgares avant d’être promu ministre de la Justice par Kadhafi. Le CNT est un bloc de forces ultraréactionnaires. Quant aux États-Unis, ce n’est pas le pétrole qu’ils recherchent, ils l’ont déjà. Leur objectif, c’est mettre la Libye sous tutelle afin d’y établir l’Africom (commandement militaire pour l’Afrique) – aujourd’hui basé à Stuttgart en Allemagne – après que les pays africains, et ce, quoi qu’on en pense, ont refusé son établissement en Afrique. Concernant le risque d’éclatement du pays en deux ou trois États, Washington peut très bien opter pour le schéma irakien, à savoir maintenir formellement une unité sous la protection militaire occidentale.

Entretien réalisé par Hassane Zerrouky


Source l’Humanité

 

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 07:54

Il y a plus de deux ans, à l’occasion de la journée mondiale de l’Alimentation, je titrais « Des milliards pour les financiers et des enfants meurent de faim ... »

 

La situation n’a guère évolué puisque onze millions d'habitants de la Corne de l'Afrique sont menacés par la famine et des centaines de milliers d'entre eux risquent de mourir de faim si la communauté internationale ne se mobilise pas, préviennent les Nations unies.

 

Le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire qui présidait une réunion d’urgence aujourd’hui à Rome a déclaré que « La communauté internationale a échoué à assurer la sécurité alimentaire », « Si nous ne prenons pas les mesures nécessaires, la faim sera le scandale de ce siècle », a poursuivi le ministre, tout en disant « mesurer parfaitement la lassitude des opinions publiques, la tentation de la résignation et de l'indifférence ».

 

Le directeur général de la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation, Jacques Diouf estime qu’il faut mobiliser 1,6 milliard de dollars (1,1 milliard d'euros) dans les 12 mois à venir et 300 millions de dollars dans les deux mois.

 

En 2010, l’ensemble des opérations militaires françaises dans le monde dont l’Afghanistan ont coûtées 866 millions d’euros ! Sur 1 an d’intervention, le coût pourrait être de 250 millions d’euros, rien qu’en Lybie.

 

Dans la corne de l'Afrique il n'y a pas les ressources énergétiques comme en Lybie, en Côte d'Ivoire , en Irak etc. Les états préfèrent assurer la protection des exploiteurs d'énergie.

 

Total a engrangé 10 milliards de bénéfice net en 2010 et pendant ce temps des milliers d'enfants, de femmes, d'hommes meurent de faim !

 

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