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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 18:43

La BCE a mis Athènes sous pression en privant ses banques d’un important canal de financement. Le nouveau ministre grec des Finances rencontre aujourd’hui à Berlin son homologue allemand pour plaider une renégociation de la dette de la Grèce.

 

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé mercredi soir qu’elle n’accepterait plus les obligations d’Etat grecques en garantie pour l’accès des banques à ses opérations de refinancement. Les banques grecques ne disposent donc plus que de la facilité de liquidité d’urgence (ELA) de la banque centrale nationale pour se fournir en liquidités.


Les banques grecques ont obtenu le feu vert pour accéder en cas de besoin à 10 milliards d’euros de financements d’urgence supplémentaires, a déclaré jeudi un responsable gouvernemental, ajoutant qu’Athènes n’entendait céder à aucun chantage.


Le responsable gouvernemental a estimé que la décision de la BCE visait à accroître la pression sur toutes les parties impliquées dans les discussions. "La Grèce n’a l’intention d’exercer aucun chantage sur qui que ce soit et elle ne cèdera à aucun chantage", a-t-il ajouté. "La décision de la BCE (...) est un acte de pression politique visant à ce qu’un accord soit conclu rapidement."

 

Yanis Varoufakis, ministre grec des Finances, est reçu ce jeudi en fin de matinée par son homologue allemand Wolfgang Schäuble, l’un des plus ardents défenseurs de la rigueur budgétaire en Europe. Le déplacement du ministre des Finances grec dans la capitale allemande, premier échange bilatéral direct entre Berlin et Athènes depuis l’arrivée au pouvoir du leader de la gauche radicale ant-austérité Alexis Tsipras, constitue la dernière étape d’une tournée par les nouveaux dirigeants grecs auprès de leurs partenaires européens.

 

Athènes cherche à renégocier sa dette de plus de 300 milliards d’euros et assouplir la cure de rigueur drastique qui lui été imposée par ses créanciers, notamment européens, en échange de l’aide internationale.

 

M. Varoufakis espère obtenir le soutien des Allemands, en dépit des relations jusqu’à présent glaciales du nouveau pouvoir grec avec Berlin qui s’est déclaré très hostile aux demandes d’Athènes. "Je pense que parmi tous les pays en Europe, les Allemands sont ceux qui comprennent le mieux cette information simple", a expliqué M. Varoufakis sur la chaîne publique ARD. "Quand on humilie trop longtemps une nation fière (...) sans lumière au bout du tunnel, cette nation a un moment donné est en ébullition", a-t-il ajouté dans une référence indirecte à la crise des années 30 qui avait porté Hitler au pouvoir en Allemagne.


Mais la BCE a porté un coup à la position grecque mercredi soir. L’institution monétaire de Francfort a annoncé qu’elle suspendait à compter du 11 février un régime de faveur accordé jusqu’ici aux banques grecques, qui leur permettait d’emprunter de l’argent auprès de la BCE avec des garanties inférieures à ce qu’elle exige habituellement.


L’annonce de la BCE a fait l’effet d’une bombe sur les marchés financiers. L’euro a fortement accusé le coup face au dollar, passant sous 1,14 dollar. Le taux d’emprunt de la Grèce est repassé jeudi au dessus de la barre des 10% à l’ouverture du marché obligataire en zone euro, et les Bourses européennes étaient en baisse alors que celle d’Athènes perdait plus de 5% en milieu de matinée.

 

Le ministère grec des Finances a cherché à atténuer l’impact de la décision de la BCE, en assurant qu’elle n’aurait "pas de répercussions négatives" sur le secteur financier du pays qui reste "totalement protégé" grâce aux autres canaux dont il dispose pour se procurer des liquidités. "La liquidité et le financement du système bancaire grec sont assurés et il n’y a donc pas de raison de s’inquiéter", a renchéri jeudi matin le porte-parole du gouvernement, Gabriel Sakellaridis, cité sur la télévision Mega.

 

Il a estimé que la décision de la BCE constituait "un moyen de pression politique au moment où une consultation à tous les niveaux se développe" autour de la question de la dette grecque. "Il faut qu’il y ait une volonté de discuter, de trouver un terrain d’entente pour conclure de nouveaux accords" entre la Grèce et ses partenaires, a plaidé le porte-parole, répétant qu’Athènes voulait un "accord transitoire" lui ouvrant une période durant laquelle pourraient se tenir de "réelles discussions" sur l’avenir de la dette.

 

L’institution monétaire européenne a envoyé ce coup de semonce à Athènes quelques heures après une visite de M. Varoufakis, venu en personne à Francfort demander au président de la BCE Mario Draghi de quoi "garder la tête hors de l’eau" le temps de s’entendre avec ses partenaires européens.


Mais M. Draghi, peu accommodant, lui a demandé de "négocier rapidement et de manière constructive" avec ses partenaires de l’Eurogroupe afin d’assurer "la stabilité financière" de la Grèce, selon une source à la BCE.

 

La disposition suspendue par la BCE permettait aux banques grecques d’emprunter des fonds pour financer des achats d’obligations grecques, et donc indirectement à l’Etat grec de lever de l’argent. Elle était conditionnée au programme d’aide dont bénéficie Athènes jusqu’à fin février.

 

Mais "il n’est pas possible à l’heure actuelle d’anticiper une issue positive" de ce programme d’aide, a expliqué la BCE dans son communiqué. En d’autres termes, elle réclame de la clarté sur le devenir du programme -les réformes lancées vont-elles êtres menées à bien ? Que se passera-t-il après fin février ?- avant de rouvrir ce robinet.


Le coup de semonce de la BCE survient alors que M. Tsipras s’est dit mercredi à Bruxelles "très optimiste" sur la possibilité de "trouver une solution viable pour notre avenir". Il a proposé un plan de réformes et de financement sur quatre ans (2015-2018), a indiqué une source gouvernementale à Athènes.

HUMANITE.FR
Fabrice SAVEL

Un organisme non élu contre le vote d’un peuple. La BCE fait le coup de force contre la Grèce
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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 22:46

C'est une réaction d'indignation que j'ai eu à la lecture d'un pareil titre. C'est en page "monde" du quotidien local (La Nouvelle République) que j'ai trouvé ce titre. L'article n'était pas signé. En cherchant sur leur site internet, un autre article de la veille au soir titrait « le gouvernement Tsipras assomme les marchés avec des annonces tous azimuts ». En poussant plus loin les recherches, j'ai retrouvé ces mêmes titres repris tels quels dans nombre de journaux de la presse quotidienne régionale, et même nationale puisque ce titre est repris dans Libération. La raison est toute simple, c'est ni plus ni moins que l'information partisane diffusée par une agence de presse, l'AFP dans le cas présent.

 

Dès le premier jour de la mise en place du gouvernement d'Alexis Tsipras, Syriza met en œuvre les premières mesures du programme sur lequel il a été élu. Quoi de plus normal. Mais une agence de presse censée délivrée de l'information considère que Syriza assomme les banques et les marchés. Il ne lui serait pas venu à l'idée d'écrire que Syriza mettait déjà en œuvre son programme. Mais c'est vrai que voir un parti porté au pouvoir et mettre en œuvre ses promesses électorales, ça nous change de ce qui se passe en France.

 

Mais au-delà de ces réflexions, ce titre est du parti pris. Tout au long de sa campagne, Syriza annonçait clairement les choses, et les médias de notre pays, à l'exception d'une infime minorité, relayaient plus facilement les désirs de la Troika de voir se poursuivre la politique d'austérité en Grèce et souhaiter que les sortants soient reconduits. Ces médias veulent-ils pleurer aujourd'hui sur le sort des banques et des marchés financiers ? Il en est de même de l'agence de notation Goldman Sachs qui menace de baisser la note de la Grèce si elle ne poursuit pas la politique d'austérité menée jusqu'à présent alors qu'elle a aidé la Grèce à maquiller ses comptes en 2001.

 

Eh bien, la démocratie a parlé et la Grèce nous montre l'exemple en voulant en finir avec cette soumission à la finance. Et les médias qui osent aujourd'hui titrer que les banques ou les marchés sont assommés par les premières mesures prises par le gouvernement Syriza, avaient ils fait des titres tels que « La finance étrangle le peuple grec » ? Malheureusement non !

 

Ce peuple grec qui a été assez pillé a dit, non ça suffit ! Les médias feraient bien d'en tenir compte.

 

Un petit renvoi sur des billets traitant de cet étranglement :

 

mai 2010 - Ils ne viennent pas en aide au peuple grec, mais aux financiers !

février 2012 - La légitime révolte du peuple grec

mai 2012 - Christine Lagarde est très mal placée pour donner des leçons au Grecs

juin 2013 - Grèce, quand il ne restera plus rien

 

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 23:13

Les dirigeants de la commission européenne, son président Jean Claude Juncker en tête, ne cessent de donner des leçons sur les budgets des États et les recettes pour résorber la dette. Au nom de la dette, ils imposent aux États des politiques d'austérité. Pourtant, alors que ce même Juncker était 1er ministre du Luxembourg, des accords fiscaux secrets entre le Grand Duché et 340 multinationales (parmi lesquelles les français Axa et Crédit Agricole) ont été passés, privant de milliards d'euros de recettes fiscales les Etats où ces entreprises réalisent des bénéfices. On retrouve aussi Moscovici, nouveau commissaire européen, qui donne des instructions à la France après avoir pourtant géré les affaires économiques.

 

Ils sont mal placés pour donner des leçons. Mais pire encore, ils veulent s'immiscer dans le vote en Grèce, ce pays qui est pourtant dans l'histoire le berceau de la démocratie. L'élection présidentielle initialement prévue en février a été avancée de deux mois par le premier ministre conservateur Antonis Samaras. La politique d'austérité a mis ce pays à genoux. Le fardeau de la dette publique ne s’est pas allégé pour autant : il est passé de 120 % du PIB en 2010 à 177 % prévus cette année. De quoi réjouir les créanciers qui louent ouvertement les hauts rendements de la dette grecque.

 

Dans un contexte social explosif, marqué, ces dernières semaines, par des mobilisations massives, et face à la montée de Syriza (équivalent du Front de Gauche) qui pourrait l'emporter en cas de législatives anticipées, les dirigeants de la commission européenne font de l'ingérence. C'est Juncker qui donne d'arrogantes consignes de vote, disant sa préférence pour des « visages familiers » plutôt que des « forces extrêmes » au pouvoir en Grèce. C'est Moscovici, dépêché à Athènes pour qui « un tel travail a été fait par les autorités grecques, tant d’efforts, tant de choses accomplies que ce serait dommage de ne pas continuer ».

 

Dommage de ne pas continuer ? Moscovici se moque des Grecs. En septembre, selon les chiffres officiels, 25,7 % de la population active était toujours privée d’emploi. Ce taux grimpe à 49,8 % chez les moins de 25 ans. La Grèce détient le record européen du taux de pauvreté (23,1 %). La pression fiscale étrangle les classes populaires, le système public de santé est détruit, le patrimoine grec est dilapidé.

 

Finalement, ces dirigeants européens invitent les Grecs à voter pour la dictature de la finance et font fi de la démocratie. Syriza exprime précisément la volonté de se libérer de la tutelle de la troïka (FMI, BCE et Commission européenne) pour rompre avec des politiques d’austérité aux effets catastrophiques.

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 15:59

Article de Lucien Sève, philosophe marxiste, publié dans l'Humanité du mardi 9 décembre

 

 

A l’obsédante campagne sur le « coût du travail » qui serait cause de nos malheurs, on riposte souvent : ce qui nous écrase est le coût du capital ! On n'en dira jamais trop sur le coût du capital, mais on semble ainsi admettre l'idée de coût du travail. Or. c'est une énormité.

 

1 - Avec la nature, le travail est la source de toute richesse sociale. Étant source de la valeur économique, il n'en a pas lui même, comme le courant électrique qui fait briller l'ampoule est en lui même dépourvu de brillance. N’ayant pas de valeur, le travail ne saurait avoir de coût. La formule « coût du travail » est un non-sens.

 

2) Ce non-sens recouvre la confusion du « travail » avec la « force de travail ", ensemble des capacités qu’un individu met en œuvre dans son travail. La force de travail, dont la production et reproduction exigent des biens eux-mêmes produits. a de ce fait une valeur, et un coût pour qui l’achète.

 

3) Cette confusion est entretenue à plaisir, a montré Marx, parce qu'elle masque le secret du profit capitaliste : la force de travail peut produire bien plus de valeur qu'elle n'en a. Ce qui coûte au capital n'est pas le travail, source de ses profits, mais l’appropriation privée de cette poule aux oeufs d'or qu'est la force de travail. Dénonçant le « coût du travail », il ne cesse en fait de se plaindre que la poule aux oeufs d'or doive quand même être assez nourrie pour pouvoir pondre.

 

4) On nous dira peut être : ne jouez pas sur les mots, le capital doit bien payer les salaires et les charges ! Mais c'est la valeur créée par la force de travail et appropriée par le capital qui en vérité les paie, et bien au delà ! Qui joue sur les mots ? L'expression « coût du travail » est une radicale falsification des rapports économiques.

 

Veut-on une preuve courte de ce qui précède ? Elle tient en une question : si pour le capital le travail était un coût, nous expliquera-t-on pourquoi il met un tel acharnement à vouloir en allonger la durée hebdomadaire ?

 

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 17:07

« Je proposerai la création d'une taxe sur toutes les transactions financières » ; ça faisait partie de la promesse n° 7 du programme " le changement c'est maintenant ". Ce changement qu'on attend toujours, enfin plus vraiment avec eux.

 

Malheureusement, encore une promesse bafouée. Selon un communiqué de presse des associations Oxfam, Attac, Aides et Coalition plus, « le soi-disant « compromis » de taxe sur les transactions financières proposé par le ministre des Finances français a abouti à un échec des négociations ». Lors du dernier conseil de l’année des ministres européens des Finances, un accord n'aura pas été possible entre les 11 états membres concernés de la zone euro.

 

Les ministres des Finances européens réunis à Bruxelles autour du projet de taxe européenne sur les transactions financières (TTF) n’ont pas accepté la proposition au rabais portée par la France. Même les sociaux-démocrates allemands et autrichiens ont exprimé, en amont de cette rencontre, leur mécontentement devant la position française a minima.

 

Michel Sapin, en dévoilant la position française le mois dernier, s’est fait officiellement l’avocat personnel des grandes banques françaises. La France va se priver de milliards d’euros de recettes supplémentaires par an afin de protéger les privilèges du lobby financier. Et pendant ce temps, le gouvernement poursuit les coupes dans les services publics, dans les dotations aux collectivités locales etc.

 

On voit à quel point le discours du Bourget, avec son ennemi qui s'appelait la finance, c'était du pipeau.

 

Voir communiqué sur site Oxfam

Pierre Moscovici et Michel Sapin se congratulent au sommet Ecofin à Bruxelles, le 9 décembre 2014 (Photo Emmanuel DUNAND / AFP).

Pierre Moscovici et Michel Sapin se congratulent au sommet Ecofin à Bruxelles, le 9 décembre 2014 (Photo Emmanuel DUNAND / AFP).

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 08:57

Le 11 octobre, mon billet portait sur la journée européenne contre le projet de grand marché transatlantique. Voir ici.

 

Dans le cadre de l’initiative citoyenne européenne lancée par des organisations européennes, dont le collectif « Stop Tafta » (voir les membres), l'objectif est de recueillir un million de signatures et de les offrir à Jean-Claude Juncker, nouveau président de la Commission européenne, lors de son anniversaire, le 9 décembre.

 

Cet ex-dirigeant du plus grand paradis fiscal de l’Union européenne, le Luxembourg, avait récemment annoncé qu’il allait lutter pour une plus grande transparence et pour la participation démocratique dans les négociations de libre-échange. En répondant aux critères officiels, l’initiative européenne compte bien lui rappeler son intention.

 

Il reste moins de 20 000 signatures à collecter dans le cadre de cette initiative citoyenne européenne pour arriver au million. Si vous ne l'avez pas encore fait, SIGNEZ VITE. Et partagez cet appel avec vos proches.

Stop TAFTA, le cadeau à faire à Juncker
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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 14:30

 

Dans la rubrique du journal économique et financier La Tribune, à la rubrique "La chronique des livres et des idées" le journaliste Jean-Yves Paillé publie une analyse d'un ouvrage paru aux éditions La Découverte, et rédigé par cinq des plus éminents chercheurs internationaux. Cet ouvrage a pour titre "Le capitalisme a-t-il un avenir ?".

 

Eh bien non selon ces chercheurs, et c'est rassurant. Cela ne fait que valider la pensée de Marx soulignant que le capitalisme conduit à des contradictions; cela se vérifie actuellement :

- Concentration des richesses sur une classe de la société et misère pour l'autre,

- Accroissement continu de la rentabilité par le progrès technique,

- Surpopulation de travailleurs, engendrant le chômage,

- Augmentation de la production sans augmentation de la consommation provoquant des crises cycliques de surproduction.

 

L'article de Jean-Yves Paillé à propos de l'ouvrage :

 

"Pourquoi le capitalisme aura disparu dans... moins de 40 ans"

 

Fin de l'accumulation du capital, automatisation, réchauffement climatique, pollution... Dans le livre “Le capitalisme a-t-il un avenir ?”, un collectif réunissant un sociologue, un historien et un économiste voit dans la conjoncture actuelle certaines tendances qui pourraient mener à la fin de l’économie de marché.

 

Remettre au goût du jour la théorie de Marx pour prévoir un effondrement inéluctable du capitalisme. Les universitaires Immanuel Wallerstein, Randall Collins et dans une moindre mesure, Craig Calhoun, s'y sont attelés dans l'ouvrage "Le capitalisme a-t-il un avenir ?". En s'appuyant sur les sciences sociales et en analysant les ressorts de l'histoire économique du XXe siècle, ces trois Américains considèrent que les limites de ce "système-monde" seront atteintes dans quelques décennies. Un déclin qui serait "accéléré et multidimensionnel". Revue de détails des arguments de chacun.

 

  • Un capital qui ne s'accumulera plus

Immanuel Wallerstein, historien, sociologue économiste à l'Université de Yale, n'aime pas les circonlocutions: "Impossible d'imaginer que le capitalisme va poursuivre son chemin. J'annonce sa mort prochaine [...] dans une quarantaine d'années." Selon le chercheur, aucun système historique n'est éternel. La poursuite incessante de l'accumulation du capital, essence du système capitaliste, est au point mort. "Le cycle d'essor passé, on se dirige vers la régression", schématise-t-il.

 

Selon ce chercheur, la rentabilité des quasi-monopoles nécessaires pour accumuler un volume suffisant de capitaux pousse d'autres acteurs à intégrer le marché. Et comme ces monopoles proposent des conditions plus favorables aux travailleurs (notamment pour éviter les arrêts de travail), ils augmentent le coût de la main-d'œuvre ce qui réduit leurs profits. Ces quasi-monopoles sont ainsi sapés d'une "manière ou d'une autre" par les concurrents. S'ensuit une une guerre des prix qui, si elle fait le bonheur des consommateurs, est une hantise pour le producteur qui finit par vendre à perte.

 

Des délocalisations industrielles pour compenser cette chute des profits? Elles ne sont plus assez rentables aujourd'hui, rétorque Immanuel Wallerstein. Et la financiarisation ne constitue pas une solution miracle selon lui, car "elle n'augmente pas le capital mais le transfère d'un "richard" (en français dans le texte) à un autre, ironise-t-il. Même les capitalistes n'en voudront plus."

 

 

  • L'automatisation et l'informatisation, dévoreurs d'emplois

La théorie du robot destructeur trouve grâce aux yeux de Randall Collins. Ce professeur de sociologie à l'université de Pennsylvanie en est sûr: la machinerie et l'automatisation causeront la perte de l'économie de marché. "On l'attendait déjà au XIXe siècle, mais la création d'emplois dans le tertiaire a compensé ceux détruits dans l'industrie." Un sursis. Aujourd'hui, l'informatisation élimine la classe moyenne plus rapidement que la mécanisation détruit les emplois dans l'industrie. L'informatisation affecte notamment le travail administratif "et détruit ainsi les emplois des classes moyennes". Cela va prendre 40 ans, sachant que "le processus de.destruction a démarré dès les années 1990", selon le sociologue qui prophétise : "Le capitalisme s'effondrera vers 2045."

 

Randall Collins s'attache en outre à démonter plusieurs contre-arguments. La théorie de la "destruction créatrice" de Schumpeter? Inapplicable pour l'informatisation, parce qu'elle ne sera pas suivie de la création de nouveaux emplois. Le développement dans des pays moins touchés par l'automatisation? Toujours niet, selon Randall Collins qui souligne "la présence d'un marché des classes moyennes presque unifié par les technologies de communication". Et d'ajouter que la mondialisation a déjà commencé à décimer les emplois de cette classe moyenne : l'exemple des cols blancs indiens travaillant dans l'Internet, en tête. L'État ne pourra rien y faire non plus, puisqu'il crée des emplois administratifs avant tout.

 

  • Les catastrophes environnementales: le coup de grâce?

Autre phénomène, les changements climatiques qui provoqueront assurément la mutation du système, d'après Craig Calhoun, sociologue et directeur de la prestigieuse London School of Economics and Political Science. Pour lui, pollution et destruction de l'environnement auront un coût énorme pour les futures générations. En somme, l'accumulation du capital est menacée par la destruction de son "environnement naturel". Elle dépend des matières premières, des moyens de subsistance de la population et de la capacité de celle-ci à supporter "les coûts de dégradation de l'environnement" qui "échappent au marché et pèsent sur la société". Les ressources sont limitées alors que le capitalisme repose sur le principe de l'expansion perpétuelle.

 

Et les solutions enclenchées n'y feront rien. L'innovation a accru la durée de vie des nouveaux matériaux, mais nécessite une énergie alimentée par des ressources rares. "En parallèle, l'environnement sert de monnaie d'échange", juge le sociologue, citant l'exemple du commerce du carbone. "Tous ceux qui ne polluent pas au-delà d'une certaine limite vendent leurs quotas aux pollueurs qui peuvent polluer davantage." En outre, l'offre de technologies vertes ne fournit pas d'énergie proportionnelle à la demande. Pour Craig Calhoun, l'extraction du pétrole de gaz de schiste est une solution partielle et temporaire au mouvement d'accumulation de capital... puisque cela provoquera de nouvelles crises écologiques...

 

Pour Randall Collins, les catastrophes climatiques achèveront à coup sûr le capitalisme. Même si ce dernier a survécu en 2100, l'auteur prévoit cette année-là les effets les plus dévastateurs pour les habitats humains: inondations et déplacements de populations. Un flux de réfugiés synonyme de concurrence et de main-d'œuvre bon marché qui "diminuera les opportunités de la majorité des travailleurs" et ne fera qu'"aggraver la crise économique". Et les "emplois verts", créés par les "industries vertes", ne suffiront pas, prévoit-il, car ces dernières risquent elles-même d'emprunter la voie de l'informatisation et de l'automatisation.

 

 

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 07:04

Alstom, un des fleurons de l'industrie française, est dépecé au profit de la multinationale américaine General Electric. La France perd la maîtrise de secteurs stratégiques dans l’énergie, son indépendance dans le nucléaire.

 

A l’occasion de la vente à l’américain General Electric (GE) de l’essentiel de ses activités dans l’énergie, le groupe français Alstom a indiqué dans un communiqué publié mercredi 12 novembre, qu'il compte verser à ses actionnaires « entre 3,5 et 4 milliards d’euros ». Les actionnaires vont donc récupérer environ la moitié de ce que doit rapporter l’accord avec GE. « C’est le casse du siècle, un hold-up déguisé dont l’entreprise est victime », s’exclame Christian Garnier, le coordinateur CGT d’Alstom. « Il ne va pas rester grand-chose pour le développement du groupe », se désole Philippe Pillot, de Force ouvrière. Et dans ces cas-là, la Bourse a applaudi à cette nouvelle. A Paris, l’action Alstom progressait de 3 % dans les premiers échanges.

 

Quelques jours avant, le PDG Patrick Kron annonçait qu'Alstom prévoyait 1300 suppressions d'emplois. « Est ce qu'il y en aura d'autres? On verra. » ajoutait-il ne voulant rien annoncer avant d'en parler avec les partenaires sociaux.

 

Au fait, qu'en pense Gattaz, celui qui en réclame toujours plus au gouvernement ? Ce n'est quand même pas le code du travail qui est la cause de ce gâchis !

 

Non, c'est le système capitaliste qui s'en fout de l'intérêt national et préfère sacrifier les salariés sur l'hôtel de la finance. Et malheureusement, l’État a capitulé. C'est aussi le résultat de la conversion des sociaux-libéraux aux logiques du capitalisme mondialisé.

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 08:13

Les inégalités économiques atteignent des sommets. Du Ghana à l’Allemagne, de l’Afrique du Sud à la France, le fossé entre les riches et les pauvres se creuse. En 2013, sept personnes sur dix vivaient dans un pays dans lequel l’écart entre les riches et les pauvres est plus grand qu’il y a 30 ans, et en 2014, 85 personnes dans le monde détiennent autant que la moitié la plus pauvre de l’humanité.

 

Le dernier rapport de l'association Oxfam met en évidence que le fossé entre riches et pauvres se creuse encore davantage et nuit à l'éradication de la pauvreté.

 

Ce rapport s'intéresse aux causes de la crise des inégalités et envisage des solutions concrètes pour y remédier. S'inspirant d'études de cas du monde entier, il démontre les répercussions des inégalités croissantes sur les pays riches comme sur les pays pauvres, et s'intéresse aux différentes façons dont les citoyens et citoyennes ainsi que les gouvernements y répondent.

 

Si l’Inde mettait un terme à l’augmentation des inégalités, elle pourrait mettre fin à l’extrême pauvreté de 90 millions de personnes d'ici 2019.

 

En France, les 1% les plus riches possèdent autant que les 70% les moins aisés de la population, soit 46 millions de personnes ! Les fortunes cumulées des familles Bettencourt et Arnault représentent presque autant que ce que possèdent les 20 millions de Français les plus pauvres, soit un tiers de la population. Et ces inégalités s’aggravent, menaçant le pacte social mais aussi la croissance elle-même.

 

Si l’on instaurait aujourd’hui un impôt de 1,5% sur les fortunes des milliardaires du monde, les recettes annuelles pourraient permettre de scolariser tous les enfants sur cette planète et d’offrir une couverture santé universelle dans les pays les plus pauvres.

 

Comme le dit le Professeur Joseph Stiglitz, de l'université de Columbia, lauréat du prix Nobel de sciences économiques, « Les inégalités extrêmes de revenus et d’actifs que nous constatons dans le monde d’aujourd’hui nuisent à nos économies, nos sociétés et diminuent l’impact de nos politiques. Le rapport d’Oxfam tombe à pic pour nous rappeler que tout effort visant véritablement à mettre un terme à la pauvreté doit se confronter aux choix politiques publics qui créent et entretiennent les inégalités. »

 

Oui, tout est bien question de choix politiques !

 

Le tout dernier rapport d'Oxfam "À égalité ! Il est temps de mettre fin aux inégalités extrêmes"

 

Les inégalités économiques atteignent des sommets. Du Ghana à l’Allemagne, de l’Afrique du Sud à la France, le fossé entre les riches et les pauvres se creuse. En 2013, sept personnes sur dix vivaient dans un pays dans lequel l’écart entre les riches et les pauvres est plus grand qu’il y a 30 ans, et en 2014, nous avons calculé que seulement 85 personnes dans le monde détenaient autant que la moitié la plus pauvre de l’humanité. - See more at: http://www.oxfamfrance.org/actualites/inegalites-ont-explose-30-dernieres-annees#sthash.eYZSKUca.dpuf
Quand les inégalités se font de plus en plus criantes
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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 00:54

Puisque le gouvernement fait des cadeaux au patronat sans contrepartie, celui-ci poursuit dans la surenchère. Souvenez-vous de Gattaz arborant un pin's annonçant 1 million d'emplois, mais rejetant toute contrepartie aux milliards d'allègement de charges du pacte de responsabilité. Dans un document de travail du Medef publié dans le quotidien Les Echos, le Medef en réclame toujours plus. Ce document contient des propositions qu'il doit soumettre au gouvernement le 24 septembre prochain.

 

Cette fois, il suggère la suppression de deux jours fériés sur onze, ce qui permettrait la création de 100.000 emplois. Aussi crédible que le million d'emplois dont on n'a pas vu le moindre début. Et puisque le Medef est complètement décomplexé face à Valls qui a dit tout son amour pour l'entreprise, il demande une plus grande permissivité du travail de nuit et du dimanche, ainsi qu'un détricotage de la loi sur les 35 heures. Et ça ne s'arrête pas là. Il faudrait instituer un salaire inférieur au SMIC pour les chômeurs de longue durée trop éloignés de l'emploi.

 

Autant dire on supprime le code du travail et peut-être même qu'on pourrait faire travailler les enfants !

 

Le Medef n'en a jamais assez
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