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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 22:57

Parfois le service public de la radio nous donne à entendre un autre son de cloche que celui du sempiternel discours néo-libéral. Mais ce n'est pas sur France-Inter dirigé par Philippe Val que l'on entend cette différence. Ce ne sont pas en effet les journalistes du Figaro, de l'Express, des Echos ou de Libération qui vont apporter cette différence. Étrange qu'il n'y ait jamais un journaliste de l'Humanité d'invité pour une chronique  ! C'est sur France-Culture grâce au billet politique d'Hubert Huertas du 14 juin que la radio publique a donné une leçon sur l'équité aux chantres du libéralisme.

 

 

Enfin le retour de la morale ! De la vraie ! De la rigoureuse ! Quasiment du jansénisme ! Le débat sur la réforme des retraites apporte une bouffée de pureté. Le discours officiel n’y parle pas seulement d’économie. Il met en avant une valeur immatérielle. Il réclame « l’Équité ». Tous les mêmes ! Tous pareils ! Aucune tête ne doit plus dépasser. Et aussi surprenant soit ce constat, quand on réfléchit aux retraites, plus on est libéral, plus on est communiste !

Ce matin, d’ailleurs, le Figaro est communiste. Le journal de Serge Dassault en a marre des inégalités, et il y consacre sa Une. L’édito est à deux doigts du collectivisme. Il explique que « L’Équité doit commencer par loger tout le monde à la même enseigne », le public et le privé. Sur la manchette, en haut et à gauche, on trouve un sondage qui souligne l’aspiration française à une société égalitaire.

Et sur la droite, on découvre la Une du Figaro Magazine. Elle pourfend les privilèges, en dénonçant « ceux qui bloquent la France » à savoir, assurément, les bourgeois d’aujourd’hui, entendez les syndicats, les lobbies, les intermittents, les corporations, en clair tout ce maillage d’égoïsmes qui empêcherait l’avènement de la société nouvelle, où aucun homme ne pourra plus prétendre à posséder davantage que son voisin.

Une société où toute tension, toute envie, toute jalousie aura disparu parce que chaque citoyen, quasiment chaque camarade, aura le même sort que son prochain.

C’est beau comme du Lénine et ça ne date pas d’hier. Le premier à avoir constaté ce type d’inégalité dans la société française est le bon Raymond Barre, à la fin des années 70, quand il avait fait du fonctionnaire, jadis envié, un privilégié de mauvaise réputation. Une espèce de patron du « Cac- camping » avec son bungalow là où les autres dormaient sous des toiles de tentes.

Par la suite, à partir des années 80, la métaphore du nabab allait s’imposer dans le discours politique. Nabab celui qui avait un treizième mois, il devait s’aligner sur celui qui en avait douze. Nabab celui qui en avait douze, il devait s’adapter aux CDD. Nabab celui qui vivait dans sa région, il devait être mobile. Nabab celui qui se croyait à l’abri dans ses frontières, il devait s’adapter à la mondialisation.

Tous ceux qui disposaient d’un avantage particulier, retraites, convention collective, tarif du gaz et de l’électricité, vacances, trente cinq heures, comités d’entreprises, allaient être dénoncés au nom de l’Équité.

Quarante ans plus tard la réforme sur les retraites va ajouter sa pierre à cette conquête morale.

Avec une petite contrariété, quand même. Dans les années 70, donc à l’époque des privilèges qu’on veut éradiquer, l’écart entre les revenus oscillait de 1 à 20. Désormais que pas une tête ne dépasse, les puissants sont cinq cent fois plus riches.

 

 

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