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Mardi 14 avril 2009
Témoignage lu dans l'Humanité Dimanche et repris sur le blog de l'intéressé; en date du 31 mars.

Blog de Claude-Marie Vadrot

Je suis inquiet, très, très inquiet...

Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l’Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l’Education Nationale, dans une opposition difficile à Valérie Pécresse, j’ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l’origine de la protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j’enseigne depuis 20 ans), dans l’espace du Jardin des Plantes (Muséum National d’Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon, avec ce « cours hors les murs », de faire découvrir ces lieux aux étudiants et d’être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.
Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j’ai eu la surprise de me voir interpeller dés l’entrée franchie par le chef du service de sécurité tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles...
- « Monsieur Vadrot ? ».
- euh...oui
- Je suis chargé de vous signifier que l’accès du Jardin des Plantes vous est interdit
- Pourquoi ?
- Je n’ai pas à vous donner d’explication....
- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette interdiction ?
- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum
- Il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’un cours en plein air, sans la moindre pancarte...
- C’est non....
Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers l’entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une heure et demie, dans la rue, devant l’entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l’histoire du Muséum, l’histoire de la protection de la nature, sur Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus, seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers, m’interdisent à nouveau l’entrée.
Evidemment, je finis pas le fâcher et exige, sous peine de bousculer les vigiles, la présence du Directeur de la surveillance du Jardin des Plantes. Comme le scandale menace il finit par arriver. D’abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog. Cela commencer à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes. D’autres enseignants du département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs et Alain Bué, insistent et menacent d’un scandale.
Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur du Muséum (où je pensais être honorablement connu), commençant sans doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par nous faire une proposition incroyable, du genre de celle que j’ai pu entendre autrefois, comme journaliste, en Union soviétique :
- Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étudiants...
Je promets et évidemment ne tiendrais pas cette promesse, tant le propos est absurde.
J’entre donc avec l’horrible certitude que, d’ordre du directeur et probablement du ministère de l’Education Nationale, je viens de faire l’objet d’une « interdiction politique ». Pour la première fois de mon existence, en France.
Je n’ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point cet incident était extra-ordinaire et révélateur d’un glissement angoissant de notre société. Rétrospectivement, j’ai eu peur, très peur...

Cela devient très inquiétant ces bruits de bottes.
Par jco
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Mercredi 4 février 2009

Depuis des mois, le gouvernement proclame sa volonté de réformer le système de l’enseignement supérieur et de la recherche pour le hisser au meilleur niveau mondial. De nombreux représentants de la communauté scientifique, parmi lesquels des signataires de ce texte, ont manifesté un grand intérêt pour ce projet et ont proposé de nombreuses pistes de réflexion. Le ministère les a pieusement écoutés pour ensuite ne tenir aucun compte de leurs suggestions et remarques.


« Dangereuse, hypocrite et contre-productive », ce sont les adjectifs utilisés par Albert Fert, prix Nobel de physique en 2007, pour qualifier la réforme engagée par Valérie Pécresse dans l'université et la recherche. « Loin d'améliorer la qualité de la recherche et de l'enseignement supérieur, la réforme projetée aboutira au « clientélisme » et au « localisme » écrit-il dans un texte de plusieurs pages, signé avec trois autres scientifiques de renom.


La modulation des services est jugée « dangereuse » parce qu’elle « dépend du seul pouvoir du président d’université et de son conseil d’administration » ; « hypocrite » parce qu’elle n’est qu’un moyen d’alourdir la charge d’enseiggnement des universitaires » et « contre-productive » parce que cette mesure « affaiblira durablement le potentiel de recherche des universitaires ».


« La recherche et l’enseignement supérieur valent mieux que des mesures incohérentes et contraires à l’ambition affichée : la performance ! » conclut-il.


Ce gouvernement va-t-il finir par écouter la colère qui monte de partout ?

Par jco
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Mardi 13 janvier 2009


« Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance »  Abraham Lincoln


Sarkozy avait choisi St Lô, petite préfecture de 30 000 habitants dans le centre Manche, zone plutôt rurale et de droite, pour présenter ses vœux au monde de l’éducation. Mais les enseignants avaient refusé de participer à cette cérémonie et ils étaient venus manifester pour réclamer la restitution des 13 500 postes supprimés dans l'Éducation nationale. Mais ce sont les CRS qui sont venus « dialoguer » à coups de matraques avec les manifestants. Des heurts se sont produits entre policiers et manifestants empêchés de rejoindre les abords de l'école que Nicolas Sarkozy devait visiter avant ses voeux à l'éducation, a constaté un photographe de l'AFP, des gaz lacrymogènes ont été lancés par les forces de l'ordre.


Voilà le dialogue de Sarkozy avec le monde enseignant.

Mais si Sarkozy entend poursuivre ses réformes, l’ensemble des organisations à l’origine de l’appel « L’éducation est notre avenir » appelle à amplifier les mobilisations et à faire du samedi 17 janvier dans tous les départements une journée de manifestations pour défendre le service public d’éducation que le gouvernement veut affaiblir par des budgets de régression, des mesures qui amputent son ambition et sa cohérence, et pour réclamer un véritable dialogue social.

L’ensemble des organisations dénonce une politique éducative qui méprise la jeunesse, les lycéens, les étudiants, les parents d’élèves, les collectivités territoriales, le monde associatif et les personnels de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la jeunesse et des sports.


Pour la Manifestation de Paris : rendez-vous à 14h30 place de la République !


Dans les Deux-Sèvres, les organisations syndicales :FSU , SE-Unsa, Sgen-Cfdt, la fédération de parents d'élèves FCPE, La ligue de l'enseignement, la FIDL, les associations complémentaires de l'école appellent les enseignants, les parents et tous les citoyens soucieux de l'avenir du service public d'éducation à se rassembler


le samedi 17 janvier 2009 à 11h00 sur la place de la Brèche à Niort




Par jco
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Jeudi 20 novembre 2008

Ils étaient 1500 manifestants à Niort.


Comme partout en France, l'ensemble du monde éducatif s'est mobilisé à Niort contre la politique du ministre Darcos. Mobilisation contre les suppressions massives de postes, notamment les RASED, et pour l'abandon des réformes entraînant la régression pour les jeunes et le personnel. 


Hélas, la seule réponse du ministre Darcos aux demandes de négociations est de dire que dans son ministère, " il y a une culture de la grève qui nous empêche de parler des choses réelles, de débattre de la réalité qui concerne les élèves."


La réalité ? C'est la suppression des RASED, ce sont les 8 700 suppressions de postes en 2007, les 11 200 en 2008 et les 13 500 prévues pour 2009. A la rentrée 2009, il y aura 15 400 élèves supplémentaires dans le primaire et 6 000 postes en moins.  

 

Si l'éducation coûte trop cher, peut-être Darcos veut-il opter pour un programme de l'ignorance ? C'est déjà son cas en ce qui concerne la règle de trois, entre autres.




Quelques photos de la manifestation niortaise.















Par jco
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Mercredi 19 novembre 2008
A NIORT, RASSEMBLEMENT ET MANIFESTATION
devant l'inspection académique à 14h30

Assez ! Assez de mépris pour les élèves, les enseignants et l’école publique !

Les enseignants des écoles ont participé massivement à la manifestation nationale du 19 octobre. Le ministre de l’Education Nationale n’a apporté aucune réponse au mécontentement et aux revendications exprimées. La limite de l’acceptable est largement dépassée. C’est le métier et l’engagement professionnel des enseignants des écoles au service des élèves qui sont dévalorisés, critiqués et remis en cause en permanence.

Après la parution de programmes plus lourds dont la vision passéiste s’accompagne d’un temps d’enseignement réduit de deux heures, le « Débrouillez-vous » ou encore les propos provocateurs sur les enseignants de maternelle, ce sont les fondements de l’école publique qui sont remis en cause.

Pour la première fois dans le premier degré, une augmentation de près de 20 000 élèves s’accompagnera de la suppression de 5500 postes et, sans aucune concertation ou évaluation, de l’annonce de la suppression des réseaux d’aides aux élèves en difficulté.

Qui peut croire un seul instant qu’avec un horaire diminué, des programmes plus lourds, moins d’enseignants, les réseaux d’aides aux élèves en difficulté supprimés, les élèves pourraient mieux réussir à l’école ?

Dans le cadre de la semaine d’action du 17 au 21 novembre, le SGEN-CFDT, le SE-UNSA et le SNUIpp-FSU ont appelé les enseignants des écoles à faire grève massivement pour :

- Que cesse le temps du mépris, des mesures unilatérales imposées dans la précipitation et sans aucun dialogue social : EPEP, IUFM, SMA

- Exiger un autre budget qui permette de faire face à la hausse des effectifs et permette une transformation de l’école qui favorise la réussite de tous les élèves et l’annulation des fermetures de postes

- Le maintien des RASED

- Un véritable dialogue social et le respect des droits syndicaux


Par jco
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Jeudi 6 novembre 2008
* RASED (Réseau d'aide aux élèves en difficulté)

J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer les suppressions (déjà effectives et à venir) de postes dans l'éducation nationale, mais il y a des suppressions d'un type particulier que j'aurais ignorées si je n'avais pas été lecteur de l'Humanité, pour la simple raison que radio ou télévision publiques n'en ont pas parlé. Ces suppressions de postes touchent cette fois les élèves en difficulté.

Enseignante spécialisée en Rased, Sylvie Rieunier, également présidente de l'association des rééducateurs de l'éducation nationale, est l'invitée de la semaine pour la tribune libre de
l'Humanité.

« Quelques jours de dépaysement auraient dû me faire oublier le quotidien morose, mais non. J’ai essayé d’échapper aux infos, mais elles m’ont poursuivie. Toutes ces usines, entreprises qui ferment, tous ces adultes, parents ou non, plongés dans l’incertitude du lendemain. Comment leurs enfants traverseront-ils tout cela ? Forcément, leurs cartables seront-ils remplis des inquiétudes de papa ou maman.

Après vingt-deux ans devant une classe, j’ai choisi d’aider les élèves en difficulté : j’ai voulu aider l’enfant qui avait du mal à endosser son costume d’élève, comme toi Jérôme pour qui aucun apprentissage ne faisait sens. Trop de préoccupations te traversaient la tête pour pouvoir apprendre à lire. Aujourd’hui, c’est moi, Jérôme, qui ai la tête embrouillée, je ne comprends plus rien : un monsieur qui a fait beaucoup d’études (c’est mon chef) dit : les enfants en difficulté bénéficient d’une aide personnalisée après la classe ou le midi, ils n’ont donc plus besoin des personnels spécialisés qui les aidaient auparavant. Tu te rappelles, Jérôme, s’il avait fallu que tu restes le midi avec la maîtresse au lieu d’aller manger ou en récréation avec les copains ? Je crois que ta tête se serait embrouillée encore davantage ! Même si ta maîtresse avait fait le maximum si consciencieusement comme d’habitude. Et là, je dis à ce monsieur mon chef : « On va où, M. Darcos ? » (1)

En tout cas, je sais où j’irai demain matin : à l’Assemblée nationale avec mes collègues, pour nous faire entendre ! Pas question de laisser 150 000 enfants sans aide (équivalent aux 3 000 suppressions de postes prévues).

Telles des espèces en voie de disparition, nous crierons : Il faut sauver les RASED pour continuer à aider les élèves en difficulté. »  Sylvie Rieunier

(1) Allusion au titre d’un roman bouleversant de Jean-Louis Fournier : Où on va papa ? (Éd. Stock)

Vous pourrez trouver les autres contributions de Sylvie Rieunier dans l'huma quotidienne de cette semaine, ou bien dans les archives sur le site de l'huma à la rubrique tribune libre.

Je vous invite à signer la pétition pour dire non à la suppression des 3000 postes et Sauvons les Rased.


 
Par jco
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Vendredi 24 octobre 2008

Lors de la journée d’action du 7 octobre, je faisais état du service minimum mis en place par la ville de Niort, et de la position des élus communistes qui s’étaient démarqués s’opposant à l’application de cette loi.

En prévision du mouvement de grève du 23 octobre, la maire de Niort PS annonce cette fois dans un communiqué qu’elle n’appliquera pas la loi instituant le service minimum à l’occasion de la grève des enseignants de jeudi.

Et la presse quotidienne régionale se fait le relais aujourd’hui de la réaction du groupe d’opposition (UMP) au travers d’un communiqué. «  Avançant des raisons faussement pratiques, la députée-maire et son équipe campent sur une position idéologique qu’il est difficile de défendre auprès des familles niortaises. » Et le communiqué de conclure « Le groupe de l’opposition appelle la majorité municipale à abandonner sa pratique partisane et à retrouver le sens du service public. »

Vous avez bien lu, l’opposition UMP qui appelle l’équipe majoritaire à retrouver le « sens du service public. ». On croit rêver. De qui se moquent-ils ? C’est quand même le gouvernement de leur ami Sarkozy qui a supprimé 11 000 postes dans l’enseignement à la rentrée 2008, et qui a déjà annoncé 13 500 autres suppressions de postes pour 2009.

Et là je ne parle que de l’éducation nationale. C’est Sarkozy lui-même qui annonçait à Toulon en septembre que 30.600 emplois publics seraient supprimés en 2009, dans le cadre du non-remplacement d’un agent de l’Etat sur deux partant à la retraite.

De grâce, vous qui cassez le service public, (éducation, hôpitaux, transport, la poste, météo, etc…) vous n’êtes pas qualifiés pour parler de « sens du service public. », mieux vaudrait faire profil bas sur ce sujet.


 


Par jco
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Jeudi 9 octobre 2008
Mardi 7 octobre se tenait une journée nationale d'action avec des mouvements de grève. Dans le cadre de la réforme Darcos sur l’éducation nationale, la loi du 20/08/08 oblige les municipalités à mettre en place un service minimum d’accueil pour les enfants dont 25% au moins des enseignants de l’école sont grévistes.

A cette occasion, j'ai lu dans la presse locale que la mairie de Niort dirigée par une maire socialiste, et bien qu'en désaccord avec cette loi, avait mis en place ce service minimum, avec le strict minimum a priori. Je soutiens la position des élus communistes niortais et apparentés qui se sont démarqués de cette position « s’opposant unanimement à cette Loi qui remet en cause le droit de grève des enseignants et des agents territoriaux obligés d’assurer cette garderie. Cela pose le problème plus général de la garde de nos enfants les jours de grève car la loi n’impose aucune qualification des personnels dans ce cadre. » … « Aujourd'hui, la grève en France est (encore !) un des moyens à la disposition du monde du travail pour s'opposer aux attaques multiples contre les garanties sociales, l'éducation, la santé, le droit du travail, les libertés collectives et individuelles, les services publics acquis de la Libération et garantissant l'égalité sur l'ensemble du territoire. »

D'ailleurs certaines communes, y compris dans les Deux-Sèvres n'ont pas mis en place ce service minimum. En mettant en place un service minimum, cela participe à la remise en cause du droit de grève ou pour le moins contribue à casser les effets du mouvement.

Dans un autre domaine, la Loi SRU (obligeant les communes de plus de 3500 habitants de disposer d’au moins 20% de logements sociaux) n’est pas respectée par certaines municipalités de droite depuis plusieurs années, sans que celles-ci soient le moins du monde inquiétées par les pouvoirs publics.
Comme disait Oscar Wilde, "Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !"

 

 

 

Par jco
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Jeudi 4 septembre 2008
Le ministre de l'Éducation nationale Xavier Darcos s'est félicité, mercredi matin, de la rentrée scolaire "réussie"  la veille. Les suppressions de postes ? "Nous aurons un meilleur taux d'encadrement que la rentrée précédente" est sa réponse. Etrange façon de voir les choses ou plutôt, il utilise la méthode Coué. Juste quelques exemples : Comment peut-on trouver normal que le jour de la rentrée, à Aulnay sous Bois, 60 enfants se retrouvent sans enseignant ? Comment peut-on trouver normal que ce collège de Villejuif n'ait pas de professeur d'allemand ni de professeur de musique d'affectés le jour de la rentrée, et un seul surveillant alors qu'il devrait y en avoir quatre ? Ce collège d'un petit peu moins de 400 élèves n'avait d'ailleurs pas de CPE l'an passé, pas plus cette année. Et combien de situations similaires. A part ça, tout va pour le mieux pour X Darcos ! Il faut dire que les moyens ne sont pas les mêmes pour tous.

En effet, pendant que le gouvernement ratiboise les effectifs des profs et les moyens dans l'éducation nationale, Sarkozy veut imposer une réforme géniale. Il a décidé d'offrir aux expatriés, la gratuité des écoles et lycées français de l'étranger. Un cadeau sympa, non? Sauf qu'il va surtout profiter aux plus aisés, et que l'addition, pour l'Etat, s'annonce carabinée.

Ces écoles, très cotées - des stars comme Madona font des pieds et des mains pour y caser leurs gamins - étaient jusqu'à présent payantes. Certains lycées sont des établissements publics, d'autres, privés sous contrat. En tout 160 000 élèves y sont scolarisés, dont 80 000 français. Sous la tutelle du Quai d'Orsay, chaque établissement fixe assez librement ses tarifs et ça atteint des sommets: 5 500 euros l'année à Tokyo, 6 500 à Londres, 15 000 à New York et 17 000 euros -le record- à San Francisco. Au diable l'avarice! Pour les expatriés modestes, un système de bourses plutôt généreux est déjà en place. A New York, par exemple, il faut gagner moins de 65 000 euros par an -pas vraiment le smic- pour décrocher 4 500 euros d'aide. Environ un quart des élèves français bénéficient d'une bourse. Mais pour Sarko, ce n'était pas assez.

Depuis l'an dernier et à la demande express de l'Elysée, l'Etat prend en charge l'intégralité des frais de scolarité des élèves français de terminale... quels que soient les revenus des parents. Plus besoin de bourse! A la rentrée, c'était le tour des premières, puis des secondes l'an prochain, et ainsi de suite. "J'aurais pu commencer la gratuité par la maternelle, a expliqué Sarko, le 20 juin dernier, devant la communauté française d'Athènes. Mais j'ai voulu commencer par l'année la plus chère pour que vous puissiez constater la générosité des pouvoirs publics français."
Mais générosité pour qui ? A Londres, l'une des familles concernées par ce généreux cadeau déclare plus de 2 millions d'euros de revenus annuels. Et deux autres gagnent plus d'un million. Ils doivent dire merci à l'état français qui régale. Et bientôt, ça soulagera aussi Sarkozy puisqu'il se sent personnellement concerné par la question. Après avoir été annoncé à New York puis à Londres, le petit Louis est finalement inscrit au lycée français de Doha... Et il va falloir payer ! La rentrée serait dure pour tout le monde ?

Alors, notez déjà le dimanche 19 octobre 2008 sur vos calendriers, pour une manifestation nationale à Paris dont  "les revendications porteront sur les questions budgétaires et l'ensemble de la politique éducative du gouvernement".

Par jco
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