Les chiffres que je veux citer ne sont pas ceux du nombre de suicides, mais on peut considérer que ces derniers ne sont justement pas sans rapport. Le journal L’Humanité a publié cette semaine une enquête sur le cancer financier qui ronge France Télécom.
Au moment où le gouvernement entraîne La Poste vers la privatisation, il est bon de se rappeler que c’est le gouvernement Rocard, le même qui travaille pour le grand emprunt de Sarko aujourd’hui, qui a mis fin en 1990 à l’administration des PTT pour créer deux établissements publics autonomes, La Poste et France Télécom. Puis c’est sous le gouvernement Chirac en 1996 que France Télécom est transformé en Société Anonyme de droit privé. N’est ce pas ce qu’envisage aujourd’hui le gouvernement pour La Poste ? Et c’est le gouvernement Jospin qui en 1997 a décidé d’ouvrir le capital de France Télécom.
Mais venons en aux chiffres qui concernent la période 2000 à 2008 :
Le chiffre d’affaires est passé de 33 674 millions d’euros à 53 488 millions d’euros.
La part des dépenses de personnel dans le chiffre d’affaires est en baisse de 24,9% à 16%.
Les dividendes distribués aux actionnaires sont passés de 1 025 millions d’euros à 3 386 millions d’euros, soit 28% du bénéfice en 2000 et 83% du bénéfice aujourd’hui.
Dans cette gestion capitaliste, les bénéfices servent avant tout à engraisser les actionnaires. Dans le même temps, les
effectifs ont baissé, avec une suppression de 50 000 emplois dont 30 000 liés à des gains de productivité.
Aujourd’hui, France Télécom verse plus en charges financières (les intérêts de sa dette essentiellement) 2,8 milliards d’euros qu’en charges sociales 2,1 milliards d’euros.
Baisse des effectifs, plus de productivité, plus de profits, voilà l’envers du décor d’une entreprise qui a mené certains salariés au suicide.
A lire l'enquête de l’Humanité
Le roman noir des killers de France Télécom
Plus d’argent versé à la finance et aux banques qu’à la Sécu






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