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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 12:10

Interpellé samedi lors des manifestations parisiennes, un étudiant diabétique a achevé sa garde à vue à l’Hôtel-Dieu, où il devait être jugé hier à huis clos. Son avocate porte plainte à la suite de graves négligences policières.

 

Nicolas a vingt ans. Étudiant à la Sorbonne, il manifestait contre la réforme des retraites samedi après-midi lorsque, à hauteur de la place de la Nation, la police lui tombe dessus. « Le cortège était pourtant très calme, témoigne sa petite amie, Natacha. Mais, tout à coup, sans comprendre pourquoi, les policiers l’ont embarqué en même temps qu’une soixantaine de jeunes. » Parmi les nombreux interpellés, beaucoup sont mineurs, donc relâchés rapidement. Mais, pour Nicolas, comme pour une dizaine de malchanceux, la garde à vue se prolonge.

 

Réactive, Natacha parvient à rejoindre rapidement le commissariat du 11e  arrondissement de Paris où l’étudiant est détenu. Elle y organise un sit-in et garde l’oreille tendue. « Nicolas a eu beau leur expliquer qu’il était diabétique, les policiers n’ont rien voulu savoir, raconte-t-elle. L’un d’entre eux m’a même dit, odieux : “Mignonne comme tu es, tu n’as rien à faire avec cette racaille.” » Inquiète, la jeune fille finit par prévenir la mère de son compagnon. Mais quand celle-ci débarque au commissariat pour s’enquérir de l’état de santé de son fils, elle se voit traiter de folle : « On n’est pas à l’hôpital, ici ! »

 

Sans nouvelles de Nicolas, sa mère découvre lundi matin qu’il a été admis en urgence dans la nuit à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu. Son avocate parvient finalement à s’entretenir avec le jeune homme lundi soir, une fois les quarante-huit heures de garde à vue écoulées. Maître Alice Becker le trouve sous perfusion, dans un état limite. « D’après les constats du médecin, son traitement a été interrompu pendant plus de vingt-cinq heures et il a été mal nourri : c’est une défaillance intolérable, qui aurait pu lui coûter la vie », s’indigne-t-elle, décidée à porter plainte pour absence de diligence et de soins.

 

« Son cas est grave, mais les conditions de détention ont été déplorables pour bon nombre de jeunes manifestants. J’en ai vu qui étaient bleus de froid, les policiers refusant de leur rendre leur pull. » Hier après-midi, alors qu’un juge devait faire comparaître Nicolas à huis clos au sein même de l’hôpital, maître Alice Becker ignorait toujours les chefs d’accusation pesant sur son client, n’ayant pas eu accès au dossier.

 

Flora Beillouin

 

Article paru dans l'Huma du 20 octobre 2010

 

 

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