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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 18:43

Ce soir, la chaîne Arte rediffuse le film "Entre les murs". Dans ce film proche du documentaire, on découvrait la vie d'un collège de ZEP avec les énormes difficultés dans ce type d'établissement. La réalité ne s'est pas améliorée. Il y a un peu plus d'un mois de cela, les enseignants de cet établissement se sont mis en grève. Je vous livre l'article de Laurent Mouloud publié à cette occasion dans le supplément Cactus de L'Humanité.

 

Palme d’or à Cannes en 2008, " Entre les murs " mérite une suite. Mais pas sûr que le gouvernement ait envie de la réaliser. Cinq ans après avoir fait la une en ayant été le théâtre du livre de François Bégaudeau et inspiré le film de Laurent Cantet, le collège Mozart, dans le 19e arrondissement de Paris, est au bord de l’implosion. Et, cette fois, ce n’est pas du cinéma. Depuis lundi, l’ensemble des enseignants se sont mis en grève reconductible, soutenus par les parents d’élèves. « Entre les murs était directement inspiré de la vie difficile de notre établissement, mais aujourd’hui, ces difficultés ont clairement empiré, alerte Isabelle Lamrani, une professeur d’arts plastiques. Les conditions de travail sont devenues insupportables tant pour les adultes que pour les élèves. »

La refondation de l’école ? Ils ne la voient pas venir. Au contraire. Ce collège ZEP de 300 élèves, situé au cœur d’un quartier populaire, est en passe de décrocher la palme du nombre de cours non assurés. Depuis la rentrée, faute de profs remplaçants, les élèves ont raté 1 000 heures d’enseignement, notamment en mathématiques, anglais et espagnol. « La situation est particulièrement grave en 4e où trois classes ont manqué l’équivalent de dix semaines de cours de maths », lâche, désabusée, Isabelle Lamrani. Des absences qui touchent également des élèves de sixième et de troisième, eux qui sont censés passer le brevet d’ici trois mois.

Pas nouveaux, les problèmes de remplacement n’ont cessé de s’aggraver ces dernières années sous l’effet des coupes budgétaires. Au collège Mozart, en cas d’absence, il faut attendre désormais quatre, cinq ou six semaines avant de voir arriver un nouveau prof ! Quand il arrive. Car, pour certaines matières en déficit de recrutement, comme les maths ou les langues vivantes, l’administration n’a rien de sérieux à proposer. Deux contractuels ont été envoyés au feu. « Mais ces jeunes n’étaient pas formés, et surtout pas pour enseigner en ZEP. Ils ont été débordés immédiatement et se sont fait chahuter. L’un d’eux n’a pas tenu un mois », explique Murielle Monchal, prof d’histoire-géo.

Les conséquences sont délétères. Avec, comme le résume l’équipe enseignante, des heures de cours qui se transforment en « heures de cour ». Sur fond de tension latente, des élèves déambulent dans les couloirs et la permanence est régulièrement bondée. « On ne peut même plus exclure ceux qui perturbent la classe et faire respecter une sanction car ils ont nulle part où aller », s’agace Murielle Monchal. L’établissement manque de surveillants. Et ne possède qu’un seul conseiller principal d’éducation (CPE) alors que le collège voisin Sonia-Delaunay en a trois pour 476 élèves. Pourtant, les besoins sont là. Mozart compte 48 % d’élèves boursiers, trente-six origines différentes et un taux de réussite au brevet de seulement 62 % (81 % dans l’académie). « C’est une situation révoltante, poursuit Murielle Monchal. Nos élèves ont l’impression d’être laissés pour compte. Il y a un mépris de l’éducation nationale pour ses enfants les plus défavorisés. »

Depuis des mois, l’équipe enseignante se mobilise à coups de pétitions et de demandes d’audience. Avec de folles revendications : des profs remplaçants formés, des heures de surveillance en nombre suffisant et un CPE supplémentaire... Mais, pour l’instant, le rectorat n’a qu’un mauvais film à leur proposer. Ses solutions ? Que les profs fassent des heures sup pour se remplacer les uns les autres et qu’ils organisent des cours de rattrapage pendant les vacances ! Une nouvelle entrevue devait avoir lieu hier après-midi. Et Isabelle Lamrani de prévenir : « Si rien n’est fait, après Entre les murs, c’est dans le mur que risque d’aller l’établissement ! »

Cinq ans après avoir inspiré le livre de François Bégaudeau puis le film de Laurent Cantet, le collège Mozart, à Paris, est au bord de l’implosion. Depuis la rentrée, plus de 1 000 heures d’enseignement n’ont pu être assurées faute de remplaçants.

 

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