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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 17:58

Je reprends le très bon article de Jean-Emmanuel Ducoin paru dans l’Humanité du 9 mars 2009.


Les mots - si possible les plus appropriés et dans le bon ordre - ont leur usage que les passions gouvernent peu. Mais quand on leur fait dire ce qu’ils ne disent pas, jusqu’à sombrer non dans le ridicule (encore que) mais bien dans l’insulte primaire aux évocations pour le moins glauques, nous sommes en droit de nous demander ce que signifie cet acharnement héréditaire contre les Antillais, en particulier les Guadeloupéens, alors qu’un accord historique a été signé jeudi dernier et que, en effet, le gouvernement et le MEDEF ont fini par plier. Ainsi donc, deux phrases prononcées par Elie Domota, le leader du LKP, sont l’objet d’une infâme controverse attisée par toutes les forces les plus réactionnaires du pays. Qu’a dit M. Domota ? Soyons précis. À propos des patrons qui refuseraient d’appliquer l’accord : « Soit ils appliqueront l’accord, soit ils quitteront la Guadeloupe. » Puis il a ajouté : « Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l’esclavage. » À partir de ces mots, dont aucun homme honnête ne saurait déformer la genèse ni le sens, le parquet de Pointe-à-Pitre a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire pour « incitation à la haine raciale ». Bienvenue dans la France de Nicolas Sarkozy !


Accordons-nous sur l’élémentaire.


En république, chaque citoyen a le droit de séjourner et d’entreprendre une activité où il le souhaite.


Mais Elie Domota, qui s’y connaît côté égalité des droits républicains (rappelons qu’il est directeur adjoint de l’ANPE locale !), ne parlait pas de cela, mais bien des patrons békés. Or, qu’on nous reprenne en cas d’erreur. Concentrent-ils les richesses à leur plus grand profit ? Sont-ils oui ou non les descendants des premiers colons esclavagistes, desquels provient leur fortune ? Si nous ne sommes pas responsables de notre ascendance, ni des agissements de nos aïeux, nous savons au moins ce qu’il en est de la situation sociale des Antilles, comme nous savons qui en sont les coupables !


Coup sur coup - il n’y a pas de hasard -, le porte-parole de l’UMP et du Figaro ont dégainé. De la pire des manières.


Pour l’ineffable Frédéric Lefebvre, les membres du LKP sont ainsi comparés à « des sortes de tontons macoutes » aux pratiques de « type mafieux », tandis que la Guadeloupe aurait « une tradition de violence dans les mouvements sociaux ». Nous pensions être passés du « code noir » au « code-barres »…


Mais non, avec Lefebvre, le populiste ne voisine jamais bien loin du néocolonialiste ! Quant au journal de Dassault, l’éditorialiste écrit, ni plus ni moins, que « l’ordre républicain est menacé » par la « tyrannie » du LKP, que la Guadeloupe sombre dans une « dictature » et « est en train d’être mise en coupe réglée », sans oublier évidemment quelques évocations scandaleuses au FLN et à la guerre d’Algérie… Relents nauséeux.


N’en jetez plus ! La haine des luttes sociales n’a décidément pas de limites. Comme le dit Lilian Thuram aujourd’hui dans nos colonnes (Huma du 9 mars) : « Les békés sont montrés du doigt là-bas car, comme les capitalistes qui sont pointés du doigt dans le monde, ce sont eux qui détiennent le pouvoir financier. » Le champion du monde de 1998 a raison : « La spécificité antillaise est d’abord liée à l’histoire. » Est-ce une « incitation à la haine » que de le dire ?


Si tel est le cas sous le régime de Sarkozy, nous réclamons, pour nous aussi, l’ouverture d’une enquête judiciaire !

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