Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Réagir - Blog militant de joseph coutant
  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
  • Contact

Rechercher

Tags

29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 17:56
Pour son voyage de 48 heures en Tunisie, le président français était accompagné d'une centaine de patrons dont la présidente du Medef (les affaires), ainsi que de plusieurs ministres et de la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade.

Dès le 1er jour, sa visite  a été consacrée à la signature d'accords et de contrats commerciaux.  Autant le faire avant de parler des sujets qui fâchent, à savoir les droits de l'homme. Un sujet sur lequel était attendu le président Sarkozy, quand on sait que
Ben Ali règne depuis 1987 sur une Tunisie corrompue et totalement verrouillée. Mais visiblement, il ne voulait pas faire de peine en s'adressant à son hôte :

"Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse, ce sont des signaux encourageants que je veux saluer, et la Tunisie peut se comparer sans rougir à tant d'autres pays. Ces signaux s'inscrivent sur un chemin étroit et difficile, mais essentiel, celui de la liberté et du respect des individus sans lesquels un pays n'est pas un grand pays. Ce chemin, aucun pays ne peut prétendre l'avoir entièrement parcouru et personne ne peut se poser en censeur ... Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m'ériger en donneur de leçons. J'ai pleinement confiance dans votre volonté de vouloir continuer à élargir l'espace des libertés en Tunisie".

Quel espace de liberté pour les 2000 opposants politiques, essentiellement islamistes, emprisonnés et torturés ?

Quel espace de liberté pour l’avocat Mohamed Abbou, condamné à trois ans et demi de prison en 2005 pour un article paru sur un site Internet dénonçant la torture dans les prisons tunisiennes, puis finalement gracié en 2007, mais empêché de quitter le pays ?

Quel espace de liberté pour l’avocate Radhia Nasraoui, l’une des figures de proue de la défense des droits de l’homme en Tunisie, qui est la cible de multiples pressions et intimidations de la part du régime ? Elle a subi tour à tour des agressions physiques, des vols de documents, des écoutes et des coupures de ses lignes téléphoniques, l’interception de ses courriers ou encore la mise à sac de son cabinet.

Quel espace de liberté pour les journalistes ? le 3 mars, Sihem Bensedrine, journaliste et présidente du Groupe de travail pour la liberté de la presse en Afrique du Nord ainsi que son mari, Omar Mestiri, directeur de la publication Kalima ont été séquestrés six heures durant et malmenés par la flicaille tunisienne qui a en outre copié le contenu de leurs ordinateurs. Puis, le 24 avril, la voiture de l’épouse du journaliste et opposant Taoufik Ben Brik a été vandalisée alors qu’une semaine plutôt des policiers ont menacé ce dernier de s’en prendre à sa famille. En à peine un trimestre, on déplore également la confirmation de la condamnation à un an de prison du journaliste Slim Boukhdir qui travaille comme correspondant du journal londonien Al Quds Al Arabi et du site web de la chaîne arabe Al-Arabiya. Début avril, l’hebdomadaire Al Mawkif, organe du Parti démocratique progressiste, a été saisi pour la troisième fois en l’espace d’un mois.

Quel espace de liberté pour la population du bassin minier de Gafsa ? Le 6 avril, les forces de police se sont déployées dans cette région, réprimant durement les manifestations de rue, avant de procéder le lendemain aux arrestations d’une vingtaine de jeunes chômeurs et de militants syndicalistes, dont Adnane Hajii, secrétaire général du syndicat des enseignants et membre de l’union locale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT).

Sarkozy n'a pas voulu peiner son ami Ben Ali ! Peut-être que la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme allait rattraper cela. Ce fut une nouvelle déception pour les ONG qui attendaient un geste de Rama Yade. Elle avait prévu de rencontrer les responsables de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD) ainsi que le président de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH) Mokhtar Trifi. Elle a tout bonnement annulé son rendez-vous avec l’ATFD à la dernière minute.  Motif officiel, un programme trop chargé… Puis elle a proposé à M. Trifi de la rencontrer à son hôtel et non plus dans son local. Pressions du président français, tunisien ou simple lâcheté ? Rama Yade n'est pas la secrétaire d'état aux droits de l'homme, ce n'est qu'un bagage présidentiel.

Entre les dossiers économiques et les droits de l'homme, Sarkozy a tranché. Ce qui fait dire à la présidente du Conseil National des Libertés en Tunisie (CNLT), "On n’attend plus rien de la France (…), le pays des droits de l’homme".

Jusqu'où va nous conduire ce triste sire que nous avons à la tête de l'Etat ?



Partager cet article
Repost0

commentaires

A

si sarkosy soutient le plus grand DICTATEUR qua connu la TUNISIE il faut pousser le  parlement europein a faire quelque chose pour sauver ce peuple terrorise depuis 22 ans


Répondre