En 1985, le président François Mitterrand s’engage verbalement à ne pas extrader les anciens terroristes ayant rompu avec leur passé de terroriste. C’est ainsi que nombre d’entre eux vivaient au grand jour, travaillaient, avaient fondé une famille. C’est le cas de Cesare Battisti, que la France avait décidé d’extrader et qui s’est donc enfuit au Brésil, c’est le cas de Marina Petrella qui s’est réfugiée en France en 1993 sur la foi de la promesse présidentielle. Elle a, depuis lors, scrupuleusement tenu sa parole, fondant une famille (elle a 2 filles dont la plus jeune est âgée de 10 ans), passant des diplômes, elle exerçait en tant qu’assistante sociale. Arrêtée en août 2007, les dix mois d'enfermement au cours desquels elle s'est vue refuser une mise en liberté provisoire, ont miné sa santé physique et psychique. Marina Petrella a renoncé aux visites de ses proches et ces dernières semaines, a cessé de s'alimenter normalement, l'administration redoute ouvertement un acte fatal.
Toujours est-il que le 9 juin 2008, le très catholique François Fillon, nourri des valeurs de pardon du christianisme, a signé le décret d'extradition de l'ex-brigadiste réfugiée en France depuis 15 ans. Un appel avait été déposé, mais aujourd’hui, Nicolas Sarkozy vient de faire savoir que la France allait l’extrader. Il décide de ce fait que la parole donnée par la République Française en 1985 n’a plus de valeur.
La Ligue des Droits de l’Homme souligne que "la convention d’extradition franco-italienne comporte une clause humanitaire que la simple équité commande d’appliquer à Marina Petrella".
Alors, quand le président Sarkozy se dit prêt à accueillir les guérilleros colombiens des FARC sous la condition qu’ils renoncent à la violence, on appelle ça un double langage ?
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