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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 08:16

A peine croyable ! Deux journalistes de l’Humanité, Kareen Janselme et Cyprien Boganda, ont été entendus le 20 février dernier par un juge d’instruction avant d’être mis en examen pour diffamation. Leur forfait ? Avoir relaté, témoignages et preuves à l’appui, la discrimination syndicale qu’a vécu notre camarade Mahamadou Kanté au sein de l’entreprise de recyclage Paprec. « Comme l’illustraient déjà leurs auditions devant les enquêteurs de la police judiciaire au mois de décembre, leurs articles ne sont pas attaqués sur une formule ou une autre, mais bien sur de nombreux passages entiers. Ce qui signifie que, malgré les pièces mises en lumière, l’entreprise entend les censurer ou les réduire au silence. Au passage, elle tente d’obtenir par le biais judiciaire des éléments sur leurs sources », écrivent dans un communiqué le SNJ-CGT et le SNJ.

 

C’est à une procédure bâillon que ces journalistes de l'Huma et, par extension, tous les journalistes  sont confrontés aujourd’hui. La manœuvre vise à empêcher de réaliser une part essentielle du travail d’information sur les conflits sociaux et les luttes syndicales dans les entreprises. Elle doit donc être déjouée. Nous ne comptons pas nous laisser intimider, et nous continuerons à défendre la liberté d’informer, même sur les événements qui se déroulent derrière les murs des entreprises…

 

Et pourtant Paprec est condamné pour discrimination par la cour d'appel

 

La société devra réintégrer le représentant syndical CGT et payer 9 666,34 euros pour les salaires non versés.

«La décision est positive et conforme à la jurisprudence en la matière. » Maître Hervé Tourniquet n’est pas surpris. La décision de la cour d’appel de Paris est claire : le représentant syndical CGT Mahamadou Kanté doit être réintégré à son poste de conducteur d’engin dans l’établissement de la société Paprec Île-de-France de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), qui devra lui payer 9 666,34 euros pour les salaires non intégralement versés. Cette décision confirme la position de l’inspection du travail, qui avait refusé le 21 février 2017 le licenciement du salarié protégé. Le 21 novembre, le ministère du Travail donnait aussi raison à l’inspection du travail. Pourtant, Mahamadou Kanté n’a toujours pas pu réintégrer son poste.

Le conflit qui l’oppose à son entreprise remonte à l’hiver 2016. À la suite de deux vives altercations, son supérieur lui reproche un comportement agressif et menaçant, et des « mensonges sur ses conditions de travail en vue de monnayer son départ de l’entreprise », comme le précise l’arrêt de la cour d’appel. Pour Mahamadou Kanté, c’est le fait de lui imposer le nettoyage de tout l’entrepôt et non de sa seule zone de travail qui lui aurait fait hausser le ton. Il sera mis à pied à titre conservatoire, puis licencié. Mais, pour lui, c’est la création nouvelle de la section syndicale CGT dans l’entreprise qui lui vaut un traitement particulier.

Le 21 février 2017, l’inspecteur du travail refuse son licenciement, considérant également « que l’activité syndicale de M. Kanté, ainsi que celle de la section syndicale CGT, a bien été prise en compte pour décider le licenciement du salarié », se référant entre autres à un mail du directeur de l’établissement adressé à la responsable des ressources humaines. Mais Mahamadou n’arrivera pas à réintégrer son poste. Estimant qu’elle ne peut plus mettre en contact l’employé et son supérieur, craignant un risque psychosocial chez ce dernier, la direction proposera à Mahamadou Kanté un poste dans une entreprise cliente où il est le seul salarié de Paprec. Une situation incompatible avec son mandat syndical, estime-t-il. Or, comme vient de le rappeler la cour d’appel de Paris, un salarié protégé est « fondé à refuser tout changement d’affectation ». Après son refus, l’entreprise aurait dû le réintégrer à son poste initial. Une situation rappelée par l’Humanité en mars dernier qui a valu au journal et à ses journalistes une plainte en diffamation de la part de la société.

 

Kareen Janselme , Journaliste à L'Humanité

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