Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Réagir - Blog militant de joseph coutant
  • Réagir - Blog militant de joseph coutant
  • : Réagir : S'opposer activement à l'action de qqch, résister. La devise issue de la révolution française "Liberté, Egalité, Fraternité" étant de plus en plus mise à mal, ce blog est un moyen pour moi de faire partager mes réactions sur l'actualité politique, sociale, etc.
  • Contact

Rechercher

Tags

16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 16:55

En plein plan social chez Marks and Spencer, la ministre du Travail a autorisé le licenciement d’un délégué syndical. Ce n'est hélas pas la première fois que Myriam El Khomri prend une décision à l'encontre de l'inspection du travail au détriment de salariés. En poste au ministère du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social depuis le 2 septembre 2015, elle a déjà sévi à l'encontre de délégués CGT de Goodyear, de Sodexo, d'Air France, ou tout dernièrement d'un travailleur handicapé.

 

Le 8 novembre 2016, l’enseigne britannique Marks and Spencer (M&S) annonçait la fermeture d’une centaine de magasins dans le monde, parmi lesquels les sept points de vente installés en France depuis le retour de l’enseigne fin 2011. Le même jour, le ministère du Travail signifiait à Yasin Leguet, délégué du Seci-Unsa dans l’enseigne, qu’il rouvrait le dossier de son licenciement refusé par l’administration trois semaines plus tôt. Un mois plus tard, le ministère donnait son aval au licenciement du représentant du syndicat très actif, fraîchement implanté dans l’entreprise.

 

Jusqu'à début 2015, seule la CFDT était présente dans l’entreprise. C'est alors que le Seci-Unsa s’implante et rafle près de 70 % des voix aux élections professionnelles partielles, notamment grâce à la figure populaire de Yasin Leguet. Il a lancé trois grèves sur les salaires qui ont été bien suivies, il est devenu la bête noire de la direction et les avertissements se sont multipliés alors qu’il n’en avait jamais eu avant son mandat.

 

En février 2016, la direction demande à l’administration l’autorisation de le licencier pour faute grave. Elle accuse le délégué du personnel et membre du comité d’entreprise d’avoir « gravement insulté » le directeur général de M&S France, reproche fondé sur les publications sur la page Facebook du syndicat. D’autre part, il aurait, selon la direction, « agressé verbalement puis physiquement » sa supérieure hiérarchique, lors d’une altercation en décembre 2015 au cours de laquelle il lui aurait même fait un croche-pied. « A cette époque, je savais que j’étais sur la sellette et je faisais très attention, mais ce jour-là, j’ai commis l’erreur de me rendre dans son bureau sans être accompagné, raconte Yasin Leguet. Le ton est monté, en sortant du bureau, je lui ai marché sur le pied involontairement. L’agent de maîtrise présent a subi des pressions pour écrire que j’avais fait un croche-pied. J’ai demandé les images d’une caméra de vidéosurveillance placée à cet endroit, mais la direction ne les a jamais produites ».

 

En avril l’inspectrice du travail avait refusé le licenciement, en pointant que les propos sur Facebook ne pouvaient être attribués au délégué et relevaient de la « liberté d’expression étendue » d’un syndicat. Quant à l’accusation d’agression, la fonctionnaire estimait que la matérialité des faits reprochés n’était pas établie puisqu’ils ne reposaient que sur le témoignage de la cadre elle-même et de l’agent de maîtrise.

 

Marks and Spencer ayant formé un recours contre cette décision, le ministère du Travail disposait de quatre mois pour se prononcer. Mi-octobre, le délai était écoulé, le délégué était en principe tranquille, puisque le silence de l’administration vaut décision implicite de rejet du recours. Mais le 8 novembre, le dossier ressort de l’ombre et le ministère revient sur sa décision en estimant que la matérialité des faits est établie concernant des propos irrespectueux et le fameux croche-pied envers la cadre, justifiant ainsi le licenciement pour faute grave. Contacté par l’Humanité, le cabinet de la ministre du Travail Myriam El Khomri n’a pas donné suite.

 

Après la trahison avec la loi travail, El Khomri montre une nouvelle fois quelle est la véritable image des dirigeants PS. Plutôt du côté du patronat que des syndicats ou du salariat !

Partager cet article

Repost 0

commentaires